DE LA POTERIE
avec l’or dissous dans l’eau régale, ou avec le pourpre de Cassius; le verre ambré, avec le chlorure d’argenl. Lorsque le verre est fondu, on y ajoute une petite quantité de l’une ou de l’autre de ces matières colorantes.
Strass colorés. On fait fondre le strass incolore avec des oxydes métalliques. Topaze artificielle: On prend strass incolore, 1000 parties; verre d’antimoine, 40 p. , pourpre de Gassius,!. Rubis artificiel : strass incolore, 8 p.; topaze artificielle, 1 p. Emeraude artificielle : strass incolore, 1000 p. ; bioxyde de cuivre pur, 8 p. ; oxyde de chrome, 0,2. Saphir artificiel : strass incolore, 1000 p. ; oxyde de cobalt, 15 p. Améthyste artificielle: strass incolore, 1000 p. ; bioxyde de manganèse, 8; oxyde de cobalt, 5 ; pourpre de Cassius, 0,2. Aigue-marine artificielle : strass incolore, 1000 p. ; verre d’antimoine, 7 p. ; oxyde de cobalt, 0,4. Grenat styrien artificiel : strass incolore, 1000 p. ; verre d’antimoine, 500 p. ; pourpre de Cassius ,4p.; oxyde de mangansèe , 4.
Gravure sur verre. On peut graver sur le verre par le procédé suivant : on met dans un petit vase de plomb le mélange propre à dégager l’acide fluorhydrique (fluorure de calcium et acide sulfurique); d’une autre part, on applique sur la lame de verre sur laquelle on veut graver une couche de mastic composé de 3 parties de cire et d’une partie de térébenthine. Aussitôt que cette couche est refroidie, on trace avec un burin le dessin que l’on se propose d’obtenir : pour cela, on enlève une portion de mastic, afin de mettre à nu les parties du verre qui doivent donner ce dessin ; alors on recouvre avec la lame de verre le vase de plomb d’où se dégagent les vapeurs d’acide fluorhydrique; celui-ci n’attaque que les portions de verre découvertes; il les dépolit et les décompose; on fait fondre le mastic pour le détacher, et l’on achève les traits du dessin avec le burin.
Théorie. L’acide fluorhydrique est formé de fluor et d’hydrogène; l’hydrogène se combine avec l’oxygène de l’acide silicique pour former de l’eau; tandis que le fluor, s’unissant au silicium, donne naissance à de l’acide fluosilicique (voy. p. 224).
On emploie aussi l’acide fluorhydrique pour tracer les divisions sur les tiges des thermomètres et sur les cloches.
DE liA POTERIE.
On donne le nom de poterie aux vases faits avec de la terre argileuse cuite. Toutes les poteries sont essentiellement formées d’alumine et d’acide silicique; quehiues-uncs d’entre elles conlienncnt de la chaux et
452 rUEMIÈRE PARTIE. •
(lu fer oxydé, de la potasse, de la soude, de la baryte et de la magnésie.
Les principales variétés de poterie sont: 1° les grès, les faïences, les alcarazas, les creusets, les briques, les carreaux, les tuiles, etc., qui sont principalement formés de silicates de chaux et d’alumine , et souvent d’oxyde de fer; 2“ la porcelaine dure ou chinoise (silicate d’alumine et de polasse (voy. p. 454) ; 3° la porcelaine tendre, qui comprend la porcelaine anglaise et l’ancienne porcelaine de Sèvres (silicate d’alumine, de soude et de chaux); 4° la porcelaine de Piémont (silicate d’alumine et de magnésie). Je vais jeter un coup d’œil sur les diverses préparations générales que l’on fait subir aux terres à poterie lorsqu’on veut en faire des vases. On les lave pour en séparer les parties grossières, et surtout l’excès d’acide silicique ; 2" on les mêle avec diverses espèces de terres ou de ciments, pour en faire une pâte; 3” on laisse macérer la pâte, on la broie, on la corroie, c’est-à-dire on l’étend en la comprimant et la repliant sur elle-même plusieurs fois pour lui donner du liant et de l’homogénéité; 4® on fait les pièces ; 5" on les cuit pour les rendre plus denses et plus dures ; 6° on recouvre la })lupart d’entre elles d’une couverte que l’on appelle vernis, et qui n’est autre chose qu’un verre métallique ou terreux, coloré ou incolore, transparent ou opaque, et très-fusible. Les principaux vernis sont le feldspath, les ponces, le sel marin, les alcalis, l’acide borique, le phosphate de chaux, le sulfate de baryte, les silicates de plomb, l’acide stannique, les sulfates métalliques, les oxydes de plomb, de manganèse et de cuivre.
GRÈS. — FAIKWCES. — AI.CARAZAS. — CREUSETS. — TUlUES. — CARREAUX. — RRIQUES.
Grès. — On donne ce nom aux poteries à pâte compacte et opaque faisant feu avec le briquet, et que le fer ne raye point. Ils diffèrent des porcelaines en ce qu’ils contiennent un peu d’oxyde de fer qui les colore, et en ce qu’ils ne renferment ni potasse ni soude. On les obtient soit en chauffant à une température Irès-élevée de l’argile pure, soit en faisant fondre divers argiles avec de la chaux, de la baryte, de la strontiane ou de l’oxyde de fer, et même de l’oxyde de manganèse. Les grès ; colorés de Wedgwood contiennent de la baryte ou de la strontiane. ;
Fa'iences. — Le caractère distinctif des faïences est d’avoir une pâte tou- | jours opaque, et de se cuire convenablement sans éprouver de ramollissement. Dans cette classe, se trouvent la fa'ience fine et la fcCience
commune.
GRÈS, faïences, ETC. 453
Faïence fine. Elle comprend \a poterie fine, la terre anglaise, la terre blanche et la terre de pipe. La pâte de ces faïences est composée de quatre cinquièmes d’argile blanche liante, contenant peu de sable, ne renfermant point d’oxyde de fer, peu fusible, et d’un cinquième de silex noir, ou de cailloux préalablement chauffés au rouge. Après avoir laissé évaporer l’eau de cette pâte, on la cuit et on la couvre d’un vernis composé d’acide silicique, de potasse, ou de soude et de minium (oxyde rouge de plomb), et quelquefois d’acide stannique (bioxyde d’étain); pour cela, on fond ces substances et l’on broie finement le verre obtenu ; puis on suspend la poudre dans l’eau en agitant, et au moyen d’un peu d’argile. On plonge ensuite, pendant quelques instants, dans cette eau trouble, les pièces sèches et poreuses que l’on veut enduire de vernis; par ce moyen , la poudre s’applique à la surface de la faïence ; on soumet ensuite la pièce à l’action du feu pour fondre le vernis. Ordinairement les assiettes ou autres pièces de pipe sont moins cuites que les autres, et presque toujours sans couverte ou vernis ; elles ne contiennent pas non plus de sable ni de silex, mais bien du ciment, qui provient de pipes cuites et cassées : l’argile dont on les fait doit être lavée et épluchée, ensuite bien battue ,.très-divisée, enfin pétrie et corroyée avec le plus grand soin. Si l’on veut vernir la pipe pour éviter qu’elle ne s’attache aux lèvres et qu’elle ne se salisse promptement, on la plonge dans un mélange de savon , de cire blanche et de gomme arabique , fondu dans l’eau , puis on la frotte avec une flanelle.
Faïence commune. Elle peut être avec ou sans couverte. A. Avec couverte. La pâte est rouge ou jaunâtre, ordinairement poreuse, composée d’une argile souvent ferrugineuse , quelquefois calcaire , et d’un sable ferrugineux et quelquefois argileux. On la fait cuire après en avoir laissé écouler l’eau, puis on la recouvre d’un vernis composé de 20 à 25 parties d’étain et de 100 parties de plomb pour la belle faïence, et seulement de 14 à 15 parties d’étain pour la faïence très-commune; ces métaux sont oxydés par l’air, et mêlés avec une fritte obtenue avec du sable blanc et du sel commun. Ce vernis s’applique sur le biscuit absorbant comme celui de la faïence fine. Quelquefois, lorsque la faïence est très-commune, le vernis qui la recouvre est presque entièrement formé d’oxyde de plomb fondu, mêlé d’oxyde de cuivre et d’oxyde de manganèse; les aliments acides, les graisses, etc., peuvent attaquer cette couverte et contracter des qualités vénéneuses. B. Sans couverte. Ce sont les poteries rouges , telles que les pots à fleurs, les terrines et autres poteries communes, les vases étrusques, etc. L’argile qui les constitue est ferrugineuse et dégraissée par du sable ou du ciment de la même i)oterie.
Si ces vases sont destinés à recevoir de l'eau , leur intérieur seulement est enduit d’un vernis plombifère pour empêcher l’eau de traverser leurs pores. On applique souvent à leur surface externe des couleurs métalliques qu’il suffit de faire fondre.
Creusets.— Ih sont de plusieurs sortes. A. Creusets à graphite. Outre la pâte ordinaire dont je vais parler, ils contiennent du graphite ; ils sont excellents , parce qu’ils supportent de hautes températures sans se fondre, qu’ils ne cassent pas au feu, et qu’ils résistent à l’action de beaucoup de corps. B. Creusets de porcelaine ( voy. Porcelaines ). Ils sont imperméables, mais très-cassants. G. Creusets à pâte grossière ou creusets de Hesse, composés de 709 d’acide silicique, de 248 d’alumine, de 38 d’oxyde de fer, et de quelques traces de magnésie. On les jirépare avec une argile très-riche en alumine et au moins le double de sable quartzeux ; ils résislent très-bien aux changements de température , et sont infusibles ; cependant ils sont attaqués par la litharge et les oxydes métalliques très-fusibles. A part la grande quantité d’acide silicique qu’ils renferment, ils offrent encore l’inconvénient d’être traversés par presque tous les sels en fusion , tant ils soûl poreux. On fait aussi des creusets avec 2 parties d’argile pure et 1 partie de ciment trèscuit de cette même argile; ils résistent beaucoup plus à l’action des verres alcalins , à la fusion desquels ils servent.
Tuiles, carreaux et autres terres cuites. — On les prépare avec toute espèce de terre argileuse que l’on fait cuire ; si on veut leur donner une couleur gris de fer , on les enfume à une chaleur rouge, en jetant dans le foyer de petits fagots de bois vert munis de leurs feuilles.
Briques.— On peut en faire avec l’argile qui se dépose au fond des rivières, avec la terre végétale jaunâtre, etc. Quand l’argile est trop tenace, il faut y ajouter du sable; d’autres argiles sont quelquefois mêlées avec des cendres de houille passées au tamis. Si on veut obtenir de la brique à construction , elle n’a besoin que d’une faible cuisson ; si on doit les employer pour faire des tuyaux de cheminée, il faut une argile capable de résister au feu , et la cuisson doit être complète.
DES PORCEIiAlIVES.
Le caractère essentiel des porcelaines est d’avoir une pâte qui se ramollit en cuisant, et qui acquiert une certaine demi-transparence.
Porcelaine dure ou chinoise. Elle est formée dokaolin, SiO^, Al*0^, 2H0, espèce de sable argileux, infusible, conservant au plus grand feu sa couleur blanche, et d’un fondant appelé pétunzé, sorte de roche feld-
DE l’yttrium, du TERBIUM ET DE l’eRBIUM. 456
spalhique quartzeuse. Ces matières se trouvent abondamment à Saint- Yriex-la-Perche, près Limoges. La formule la plus générale du feldspath orthose est Si03, APO^jSSiO^KO, NaO,GaO, MgO.Tout en admettant que le feldspath orthose est en général composé de silicate d’alumine et de potasse , il n’en est pas moins vrai qu’il arrive souven! qu’une partie de la base alcaline est remplacée par de la soude , de la chaux et de la magnésie. On sait , par les expériences de Brongniart , que les kaolins proviennent de la décomposition des roches feldspathiques qui se sont transformées en silicate de potasse soluble dans l’eau, et en silicate d’alumine basique qui constitue ces kaolins.
Porcelaine tendre. Elle comprend l’ancienne porcelaine tendre de Sè» vres et la porcelaine tendre anglaise. Leur pâte est translucide, plus fusible, moins dure et moins fragile que la précédente; elle est formée d’une fritte vitreuse, rendue opaque et moins fusible par l’addition d’une marne blanche; son vernis est composé d’acide silicique, d’alcali et d’oxyde de plomb. On n’en fabrique plus à Sèvres, mais on en fait beaucoup à Toiirnay et en Angleterre. Les restaurateurs de Paris n’emploient que la porcelaine tendre de Tournay. La pâte de cette dernière est formée, d’après Berthier, de 753 d’acide silicique, de 82 d’alumine, de 59 de soude , de 100 de chaux , et de 6 d’eau ( voy. l’article Argile du Dictionnaire des sciences naturelles , \mv hi'on^màYi).
DE E’¥TTR11}H1. Y. Équivalent == 402,57. — UK TEBB1KHI
ET DE li’EBBlKlII.
Il résulte des expériences publiées en 1844 par M. Mosander, que la substance considérée jusqu’à présent par les chimistes comme de l’yttria (oxyde d’yttrium) n’est pas un oxyde unique , mais bien un mélange de trois oxydes au moins, savoir : les oxydes d'yttrium^ de terbium et d’erbium. De nouvelles recherches étant encore nécessaires pour éclairer l’histoire de ces corps, je décrirai l’yttrium et ses composés tels qu’ils étaient connus avant les travaux de Mosander, publiés dans le numéro d’août 1844 des Annales de chimie et de physique.
L'yttrium a été obtenu à peu près à la même époque, par MM. Bussy et W obier, en décomposant le chlorure d’yttrium par le potassium. D’après ce dernier chimiste, il est sous forme d’une poudre luisante, d’un gris noir, composé d’écailles d’un noir de fer, avec un éclat métallique parfait; il parait être cassant. Il ne s’oxyde ni dans l’air ni dans l’eau à la température ordinaire , mais il décompose l’eau entre 100® et 200°. Chauffé
456 HUiMIÈUE PARTIE.
jusqu’au rouge à l’air libre, il prend feu , brûle d’un éclat trèS-éblouissani, et se change en oxyde d’yttrium.
DE li’OXYDE D'I'TTBllJM (ïTTIUA).
L'oxyde d'yttrium, YO, existe à Ytterby et à Falilim en Suède; il entre dans la composition de plusieurs minéraux, tels que l’orlhite , le pyrothite. Il est d’un blanc de lait, insipide , d’une densité de 4,842, infusible; il peut se combiner avec les acides, surtout lorsqu’ils sont étendus, et donner des sels. On l’obtient en traitant les minerais qui le contiennent par l’eau régale, et précipitant par le carbonate d’ammoniaque tous les autres corps, excepté l’oxyde d’yttrium, qui reste en dissolution; on filtre , et par l’évaporation de la liqueur on obtient l’oxyde d’yttrium.
DES SELS COYTEYAYT DE L’OXYDE D’YTTRIVUI (yttRIA) ,
ET DES OXYDES DE TERBllIiM ET D’ERBILill.
Ces sels ont une saveur sucrée lorsqu’ils sont solubles dans l’eau. Leurs dissolutions donnent avec la potasse un précipité blanc, insoluble dans un excès d’alcali ; le carbonate d’ammoniaque les précipite aussi en blanc, mais il redissout le précipité lorsqu’on en met un excès ; l’acide sulfhydrique et l’infusion de noix de galle ne les troublent pas ; le cyanure jaune de potassium et de fer les précipite en blanc. Us n’ont point d’usages, et ne se trouvent pas dans la nature.
Chlorure. Il est déliquescent et ne parait pas volatil.
Sulfate. Il cristallise en petits cristaux compactes incolores.
Les sels de terbium ont une saveur sucrée et astringente; desséchés, ils offrent une couleur améthyste. Le sulfate est efflorescent.
L'oxyde d'erbium anhydre est d’un jaune foncé; il se décolore dans un courant d’hydrogène, et redevient jaune si on le chauffe au contact de l’air. Sulfate. Il est incolore, cristallisable, et inaltérable à l’air.
Pour séparer de l’yttria les trois oxydes, on la traite par l’acide sulfurique étendu , qui ne dissout que l’oxyde d’yttrium. Les oxydes de terbium et d’erbium insolubles sont ensuite dissous dans l’acide azotique; on verse dans la liqueur du sulfate de potasse, qui précipite l’oxyde d’erbiu7Ti à l’état de sel double insoluble , tandis qu’il forme avec celui de terbium un sel double soluble. On décompose séparément les deux sels doubles par la potasse , et l’on obtient les deux oxydes d’erbium et de terbium.
DU THORINIÜM.
DU GLUCYIVIimi. Gl. Éqiilvulont = 87,06.
Ce métal entre dans la composition d’un oxyde découvert par Vauquelin en 1797, et nommé gliicyne. On l’obtient en décomposant le chlorure de gliicynium par le potassium (Wôhler). Il est en poudre d’un gris foncé, prenant l’éclat métallique lorsqu’on le frotte avec l’ongle ou le brunissoir. L’air n’a aucune action sur lui à froid; si, au contraire, on élève la température, il absorbe l’oxygène, avec un dégagement de calorique et de lumière assez intense, et donne naissance à de la glucyne, qui est une base assez énergique, s’unissant très-bien aux acides. Il ne décompose l’eau qu’à la température de l’ébullition. Ses caractères le rapprochent beaucoup de l’aluminium.
DE E'OXYDE DE GLIICYHIIJIII. G1‘ œ.
Il existe dans le chrysobéril, la phénacite, l’émeraude, l’euclase, la gadolinite, la leucopiiane et l’helvine. Il est blanc, pulvérulent, doux au loucher, sans odeur ni saveur, insoluble dans l’eau, d’une densité de 3,0 environ, et soluble dans une dissolution de potasse et de soude caustiques; il se carbonate à l’air. On l’obtient en calcinant l’émeraude finement pulvérisée avec trois fois son poids de potasse caustique, et en décomposant le produit par l’acide chlorhydrique, qui laisse l’acide silicique indissous ; la liqueur chlorhydrique, mêlée avec un excès de carbonate d’ammoniaque, donne un précipité de chaux, d’alumine et d’oxyde de chrome, tandis que la glucine reste en dissolution ; il suffit de cliauffer celle-ci pour volatiliser le carbonate d’ammoniaque; le carbonate de glucine précipité est ensuite calciné et donne la glucyne pure.
Les sels de glucyne solubles ont une saveur douce, astringente; la jiotasse et la soude en précipitent la glucyne, qui se dissout dans un excès de ces alcalis; l’ammoniaque y fait naître un précipité blanc gélatineux, soluble dans un excès de carbonate d’ammoniaque. Ils ne donnent point d’alun avec le sulfate de potasse; ils ne deviennent pas bleus, comme les sels d’alumine, quand on les calcine avec l’azotate de cobalt.
DU TUOUii-%ii].n. Th. Ét|ulvulcut = 744,90.
Ce métal, découvert par Berzelius en 1830, existe à l’état d’oxyde dans la thorite et dans \apyrochlor. Il est en poudre de couleur gris de plomb,
susceptible de prendre l’éclat métallique; il se combine avec l’oxygène au-dessous du rouge, et brûle avec éclat. On l’obtient en décomposant le chlorure de thorinium par le potassium.
DE li’OXYDE DE THORIMIVIM (thORINB).
Voxyde de thorinium , ThO, est blanc , d’une densité de 9,402 , infusible, insoluble dans l’eau, pouvant former un hydrate, ThO, HO, insoluble dans les acides, quand il a été calciné, excepté dans l’acide sulfurique. On l’obtient en calcinant le sulfate de thorine.
DES SEIiS DE TBORinîE.
' Ils sont incolores , d’une saveur astringente, et décomposables par le feu ; ils sont précipités en blanc par la potasse et la soude . lalhoiine déposée est insoluble dans un excès de ces réactifs : l’ammoniaque les précipite même quand ils sont acides , ce qui n’a pas lieu avec les sels de magnésie; le cyanure jaune de potassium et de fer, et 1 acide oxalique,
les précipitent en blanc. Ils sont sans usages.
Le sulfate présente une anomalie : il est très-soluble dans l’eau froide, tandis qu’il est presque insoluble dans l’eau bouillante; aussi le carbonate d’ammoniaque dissout-il très-bien l’oxyde de thorinium à froid , comme l’oxyde de zirconium et l’oxyde d’yttrium , tandis qu’il les précipite par la chaleur de l’ébullition.
DU KIRCOIWCM. Zr. ÉqulvMen* = 420.
Le zirconium, obtenu par Berzelius en 1824, existe dans le zircon et j i] dans l’hyacinthe. Il est sous forme d’une poudre grise noirâtre, qui prend i l de l’éclat sous le brunissoir, difficilement fusible, s’enflammant au-des- j sous du ronge, au contact de l’air, qui le fait passer à l’état d’oxyde (zir- ; cône) ; il n’est guère attaqué que par l’acide fluorhydi ique. ^
On l’obtient en traitant à une chaleur rouge par du potassium le fluo- i rure double de zirconium et de potassium.
DE t’OXYDE DE KIRCOYHIM (ziRCOîJE).
Voxyde de zirconium , Zi’2 0^, découvert en 1/89 pai Klapioth, es blanc, insipide, inodore, insoluble dans l’eau, iufusible à la températun de nos fourneaux, soluble dans les acides quand il est hydraté, inso
DU CÉRIUM. 459
lubie, excepté dans l’acide sulfurique, s’il a été calciné au rouge. On l’obtient en calcinant les hyacinthes avec le triple de leur poids de carbonate de potasse.
DES SELS DE ZmCOJVE.
Ils sont incolores et d’une saveur astringente, sans arrière-goût métallique; la potasse, le soude et l’ammoniaque, en précipitent la zircone, insoluble dans un excès de ces réactifs; le cyanure de potassium et de fer, ainsi que l’acide sulfhydrique, ne les précipitent pas; le sulfate de potasse, en dissolution concentrée et en excès, y fait naître, au bout de quelque temps , un précipité blanc , peu soluble dans l’eau et dans les acides , quand il s’est formé à chaud.
DE CÉRIEJH.
On n’a jamais trouvé le cérium à l’état natif; mais il fait partie: 1° de plusieurs minéraux, tels que la cérite, l’ytterbite, l’allanite et l’ortite, qui renferment du silicate de protoxyde de cérium uni ou non à du fer et à de la chaux; 2° de l’yttriocérite, composé de fluorures de cérium, d yttrium et de calcium ; 3° du fluorure de cérium. Ces divers minéraux se trouvent particulièrement en Suède et au Groenland.
On a cru pendant longtemps que le cérium qui existe dans la cérite constituait un métal particulier ; mais on sait depuis 1839 que le métal décrit sous le nom de cérium renferme du lanthane et du dic/yme ( Mo-
sander). Yoici la description du cérium, telle qu’elle était donnée avant 1839 :
Il est pulvérulent , d’un rouge brun ou chocolat foncé, susceptible d’acquérir par le frottement un éclat grisâtre; son poids spécifique est inconnu , il est très-difficile à fondre au feu de nos forges : cependant la cérite fond et se réduit avec la plus grande facilité à l’aide du chalumeau à gaz (Clarke); l’air atmosphérique et le gaz oxygène, à une température élevée, le font brûler et passer à l’état de sesquioxyde blanc, on peut, par des moyens indirects, l’unir à plusieurs corps simples, il donne naissance, par sa combinaison avec l’oxygène, à deux oxydes , un protoxyde et un sesquioxyde.
Extraction. On l obtient en chauffant l’oxyde de cérium dans un creuset brasqué.
DES SELS EOllMÉS DAli LIK MÉLAHIGE DE PltOTOXYDE DE CÉltlLIll, DE LAIVTAA'E ET DE DIDIAIE.
Ils sont incolores, d’une saveur sucrée; la plupart sont solubles dans l’eau ; ils rougissenti le tournesol et précipitent en blanc par les alcalis, par les carbonates, par les sulfures de potassium et de sodium, par le cyanure jaune de potassium et de fer; la noix de galle et l’acide sulfliydrique ne les précipitent pas ; le zinc, le fer et l’étain, n’opèrent point la réduction du métal.
DES SELS FOKHIÉS PAR LIV MÉLANGE DE SESQL'IOXYDE DE CÉUIIIJII, DE LAIVTAAE ET DE DIDYIHE.
Ils ont une couleur jaune ou jaune-orange et une saveur douce aigrelette fortement astringente; les alcalis en précipitent du sesquioxyde jaune clair hydraté; l’acide chlorhydrique bouillant les change en sels de protoxyde incolores; ils précipitent en blanc par les carbonates, par les sulfures, par le cyanure jaune de potassium et de fer; la noix de galle, l’acide sulfhydrique, le zinc, le fer et l’étain, agissent sur eux comme sur les sels de protoxyde.
Voici maintenant des faits pouvant servir à élucider l’histoire de ces métaux, d’après Mosander, qui est parvenu à séparer les oxydes de ces trois métaux.
PROTOXYDE DE CÉRllIM. CeO.
Il est blanc , et devient jaune au contact de l’air ou par l’action du chlore. On l’obtient en précipitant le protochlorure par l’ammoniaque caustique.
Sesquioxyde, Ce^O*. — Anhydre, il est rouge-brique; hydraté, il est gélatineux et d’un jaune clair. On l’obtient sous ce dernier état en décomposant par la potasse un sel de sesquioxyde. Ces deux oxydes forment des sels avec l’acide sulfurique. Le sulfate de protoxyde est rose pale , celui de sesquioxyde est jaune-citron.
OXYDE DE LAMTAME. LaO.
Il est d’un blanc légèrement jaunâtre et ne change pas de couleur à l’air; il se dissout dans les acides concentrés ou étendus, même après
DU MANGANÈSE. "îf‘l
avoir été calcine, et donne des sels incolores. On le prépare en calcinant le carbonate de lanthane.
OXYDE DE DlDYiUE. DO.
Hydraté, il est violet, et d’un gris verdâtre quand il est anhydre; il est insoluble dans l’eau et soluble dans les acides étendus, et donne des dissolutions rouges tirant sur le bleu. On l’obtient en précipitant par la potasse caustique le sulfate de didyme.
DE niYYGAMÉSE. Mn. Équivalent = 344,7.
Le manganèse n’a jamais été trouvé dans la nature à l’état natif; il y existe combiné : 1° avec l’oxygène , 2° avec le soufre; 3® avec l’oxygène et l’acide carbonique, l’acide phosphorique, l’acide lungstique ou l’acide silicique. Il est solide, d’un gris blanc, beaucoup plus brillant que le fer, très-cassant, très-dur et grenu; son poids spécifique est de 7,05, d’après Berthier. Il est aussi difficilement fusible que le fer. S’il a le contact de l’air ou du gaz oxygène, H s’oxyde avec dégagement de calorique et de lumière, lance en tous sens des étincelles, et se transforme, si la température est très-élevée , en un oxyde brun composé de 2 équivalents de protoxyde et d’un de bioxyde; ces gaz humides le font également passer à l’état d’oxyde à la température ordinaire, mais beaucoup plus lentement et sans dégagement sensible de calorique et de lumière.
V hydrogène elle bore n’exercent sur lui aucune action. Le carbone se combine avec lui; du moins lorsqu’on réduit les oxydes de manganèse par le charbon, obtient-on un culot métallique toujours carburé. Le phosphore peut s’unir avec lui â une température élevée, et donner un phosphure blanc, brillant, très-cassant, plus fusible que le manganèse, qui se transforme en phosphate lorsqu’on le fait chauffer avec du gaz oxygène ou de l’air. En chauffant un mélange de soufre et de protoxyde de manganèse, on obtient un protosulfure vert, terne, insipide, plus fusible que le manganèse, inaltérable à l’air, indécomposable par la chaleur, à moins qu’il ne soit en conlact avec l’air ou avec le gaz oxygène; car alors il passe â l’état de sulfate ou de sesquioxyde, suivant que la 'température est plus ou moins élevée, et il se dégage du gaz acide sulfureux; si le protosulfure a été obtenu par la voie humide en versant du sulfure de potassium dans un sel de protoxyde de manganèse, il est hydraté et blanc rosé.
Viode fournit avec le manganèse un prolo et un hiiodure de ce métal ('Wôhler, Ann. de chim. et de phys., janv. 1828).
Chauffé et mis en contact avec le chlore gazeux, le manganèse l’absorbe, rougit, et se transforme en cAtomre de manganèse solide, verdâtre, squameux, brillant et fusible. A l’état d’hydrate, ce prolochlorure, MnCl,6H0,qui est toujours le produit de l’art, est d’un blanc rosé; sa saveur est styptique; il cristallise en tables quadrilatères lorsqu’il est abandonné à lui-même; il attire l’humidité de l’air et se dissout trèsbien dans l’eau et dans l’alcool. Il est employé pour teindre les toiles en couleur brune dite solitaire.
Préparation. On peut l’obtenir avec le métal et l’acide chlorhydrique faible; mais le plus souvent on le prépare en faisant chauffer le bioxyde ou le sesquioxyde avec ce même acide; il se dégage du chlore, elle sel reste en dissolution ; mais comme ce sel contient du chlorure de fer, on l’évapore jusqu’à siccilé pour chasser l’acide chlorhydrique en excès ; on dissout le produit dans l’eau, et on le fait bouillir pendant quelque temps avec du carbonate de manganèse, qui déplace et précipite le fer.
Le sesquichlorure est très-instable et sans usages , Mn2 CP.
Le perchlorure, 2 Mn , 7 Cl. — Gaz vert brun , donnant un liquide verdâtre à — 15®, obtenu par M. Dumas, en versant de l’acide sulfurique concentré sur un mélange de chlorure de sodium et de caméléon minéral.
Le manganèse décompose Veau à 100°, et, à plus forte raison, à une température rouge, et s’oxyde; la décomposition de ce liquide s’opère instantanément et à froid sous l’influence des acides énergiques. Il n’agit point sur le gaz oxyde de carbone ; mais il enlève l’oxygène au protoxyde d’azote, et il exerce probablement la même action sur le bioxyde d’azote. Il ne paraît point décomposer l’acide borique. On ignore comment il agit sur le gaz acide carbonique. Il s’empare de l’oxygène de l’acide pAospÆonçwe à une température élevée. Il décompose l’acide sulfurique concentré à l’aide de la chaleur, et il en résulte du gaz acide sulfureux et du sulfate de protoxyde de manganèse; à la température ordinaire, l’acide n’est point décomposé; toutefois une très-petite partie du métal s’oxyde aux dépens de l’oxygène de l’eau, en sorte qu’il se dégage quelques bulles de gaz hydrogène , et il se produit du sulfate de protoxyde ; mais l’action est presque nulle; on obtient le même sulfate en employant l’acide sulfurique affaibli; mais, dans ce cas, l’eau est décomposée, et par conséquent il y a dégagement de gaz hydrogène. On ignore comment les acides sulfureux, iodique et chlorique, agissent sur ce métal. L’acide azotique est en partie décomposé par lui, et le trans-
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