DU ZINC
peu à peu du phosphore et une petite quantité de résine sur le zinc fondu ; celle-ci s’oppose à l’oxydation du métal : le phosphure qui en résulte est brillant, d’un blanc de plomb, légèrement malléable, presque aussi fusible que le zinc , et répand une odeur alliacée lorsqu’on l’aplatit sous le marteau. Le soufre en vapeur peut se combiner avec ce métal incandescent, et donner naissance à un sulfure solide, ZnS, terne, jaune, sans saveur, moins fusible que le métal, décomposable par la chaleur, et qui s’empare de l’oxygène de l’air à une température élevée. On l’obtient en calcinant pendant une heure, à une cJialeur blanclie, du sulfate de zinc anhydre dans un creuset brasqué, ou bien un mélange de protoxyde de zinc et de soufre sublimé. On prépare le sulfure hydraté de protoxyde en versant du sulfure de potassium dans un sel de zinc. Le sulfure naturel, que l’on trouve principalement en France, dans les départements de l’Isère, du Pas-de-Calais, dés Côtes-du-Nord et des Hautes-Pyrénées, et qui porte le nom de blende, est jaune, roussâtre, brun ou noir, suivant la quantité d’oxyde de fer qu’il renferme; il perd le soufre lorsqu’on le soumet à l’action du chalumeau de Brook (Clarke), tandis que le métal s’oxyde et est entraîné dans l’air ; il est formé de sulfure de zinc et de protosulfure de fer en proportions variables suivant les espèces; en général, on peut dire que la proportion de sulfure de zinc est de 82 à 95 pour 100 de blende ; celle de protosulfure de fer, de 18 à 6;' on s’en sert pour préparer en grand le sulfate de zinc.
Oxysulfure de zinc, ZnO,ZnS. — On peut obtenir ce produit en dé-r composant le sulfate de zinc par l’hydrogène au rouge naissant (Arfwedson). Il existe dans les environs de Freyberg et à Rosiers, près de Pontgibaud, un oxysulfure, ZnO, 4 ZhS.
Viode se combine facilement avec ce métal réduit en poudre, même à une température peu élevée.
Le zinc dont la température a été élevée absorbe rapidement \e chlore, le solidifie et le transforme en chlorure, ZnCl; il y a dans cette expérience dégagement de calorique et de lumière ; le chlorure obtenu (beurre de zinc) est blanc, d’une saveur styptique, très-fusible, volatil à une chaleur rouge, et cristallisant alors en aiguilles; il est très-déliquescent, très-soluble dans l’eau; l’alcool anhydre le dissout également. On 1 obtient cristallisé et hydraté lorsqu’on évapore le solutum aqueux et qu’nn le laisse refroidir; quand on concentre, par l’ébullition, celte dissolution, la température s’élève jusqu’à 250'’; alors le chlorure est anhydre, quoique liquide; on peut ensuite le chauffer jusqu’à 400*’ sans qu’il donne des vapeurs li'ès-abondantcs : on a tiré parti de cette pro-
priélé pour former des bains dans lesquels ou peut chauffer des corps à une température donnée et assez élevée; on prépare le chlorure hydraté en traitant le zinc par l’acide chlorhydrique liquide. Il est considéré par les médecins allemands comme antispasmodique; on l’a aussi employé dans la blennorrhagie, et à l’extérieur comme caustique dans le traitement de certaines affections cancéreuses. Il sert à détruire les punaises; pour cela on met une dissolution concentrée dans les jointures et les fentes des lits. M. le D‘' Sucquet a démontré qu’il était préférable à tout autre corps pour conserver les pièces anatomiques. Si l’on injecte dans l’aorte ou dans toute autre artère d’un cadavre six à neuf litres de ce sel dissous dans l’eau, marquant 38 degrés à l’aréomètre, le corps est parfaitement embaumé, tandis que par le procédé Gannal (sels d’alumine) la putréfaction marche avec une rapidité effrayante. (Voyez, dans le rapport fait à l’Académie de médecine, les expériences tentées par les deux procédés.)
Le chlorure et l’oxyde de zinc peuvent s’unir et donner plusieurs composés hydratés d’une composition définie.
Lorsqu’on fait arriver du brome en vapeur sur du zinc chauffé jusqu’au rouge, on obtient un bromure incolore, très-déliquescent, soluble dans l’alcool et l’éther, BrZn. Vazote n’exerce aucune action sur ce métal. Si l’on fait passer de Veau en vapeur dans un tube de porcelaine rouge contenant du zinc, celui-ci en absorbe l’oxygène, et l’hydrogène est mis à nu ; la décomposition de l’eau commence à être sensible à 100°, lorsque le métal est très-divisé. Le gaz oxyde de carbone est sans action sur le zinc. On ignore comment l’oxyde de phosphore agit sur lui. Il décompose le protoxyde d’azote à une température élevée, et il est probable qu’il opère aussi la décomposition du bioxyde d’azote.
Il est sans action sur l’acide borique. Il décompose l’acide carbonique A chaud et le ramène à l’état de gaz oxyde de carbone ; lorsqu’on le met en contact avec l’acide carbonique dissous dans l’eau , celle-ci est rapidement décomposée; il se dégage du gaz hydrogène, et le métal oxydé se combine avec l’acide. A une température très-élevée, il enlève l’oxygène A l’acide phosphorique. L’acide sulfurique concentré cède une portion de son oxygène au zinc lorsqu’on chauffe le mélange, et se transforme en gaz acide sulfureux, tandis que le métal oxydé passe A l’état de sulfate en se combinant avec l’acide non décomposé; à froid, l’action est A peine sensible; il se dégage lentement quelques bulles de gaz hydrogène, par suite de la décompositit^n de l’eau , et il se produit un peu de sulfate. Si l’acide sulfurique est très-affaibli par l’eau, celle-ci est rapidement décomposée A froid; il y a dégagement de gaz hydrogène et formation de sulfate de zinc. M. de La Rive s’est assuré que le zinc , dans cette circon-