DU ZINC
stance, ne doit son énergie qu’à la présence de certains métaux étrangers: c’est ainsi que le zincpwr agit à peine sur l’eau; un alliage de 9 parties de zinc et d’une de fer possède, au contraire, au plus haut degré la propriété de décomposer ce liquide. On ignore comment le gaz acide sulfureux agit sur ce métal. L’acide azotique est en partie décomposé par le zinc, qui lui enlève une certaine quantité d’oxygène, et met de l’azote, du bioxyde ou du protoxyde d’azote à nu; l’oxyde de zinc formé se combine avec l’acide azotique non décomposée! se transforme en azotate. L’acide hypoazotique est également décomposé en partie, et il se forme, à la température ordinaire, deVazotite el de l’azotate de zinc. Le gaz acide chlorhydrique sec, chauffé avec ce métal , le fait passer à l’état de chlorure, et l’hydrogène est mis à nu ; si l’acide chlorhydrique contient de l’eau, il est rapidement décomposé à froid, et il se forme du chlorure de zinc hydraté. Le zinc décompose le gaz acide sulfhydrique , s’empare du soufre, et l’hydrogène est mis à nu.
Vammoniaque liquide et concentrée exerce sur ce métal une action remarquable, dont on doit les détails à Delassone. A l’aide d’une légère chaleur, et même à froid, l’eau de l’ammoniaque est décomposée, son oxygène se porte sur le métal , l’hydrogène se dégage, et l’oxyde formé se dissout dans l’ammoniaque; cette dissolution évaporée fournit des cristaux d’où l’on peut dégager l’ammoniaque par la chaleur.
Le carbonate de soude bouillant dissout lentement le zinc, avec dégagement de gaz hydrogène, et il se forme, au bout de quelques jours de repos, des cristaux octaédriques ou tétraédriques de carbonate double de soude et d'oxyde de zinc insolubles dans l’eau ; d’où il suit que l’eau a été décomposée (Wohler).
Caractères distinctifs du zinc. 1° Ses propriétés physiques; 2° la manière dont il brûle à l’air; 3” son action sur l’acide sulfurique étendu d’eau qui le transforme en sulfate de protoxyde (voy. Sels de protoxyde).
Le zinc est employé cà la construction de conduits, de gouttières, de baignoires, de couvertures de toits; on s’en sert aussi pour faire des casseroles et plusieurs autres ustensiles; mais il est imprudent d’en faire usage dans les cuisines, car il est parfaitement prouvé que les dissolutions de sel commun, d’acide acétique, d’acides oxalique et citrique, qui entrent dans la composition de plusieurs aliments , facilitent son oxydation et sa dissolution : or l’ingestion d’une préparation de zinc peut, dans quelques circonstances, être suivie d’accidents fâcheux. Le beurre, fondu dans des vases de zinc, les attaque également, favorise l’oxydation du métal et dissout l’oxyde. On emploie encore le zinc pour la construction delà pile de Voila, pour préparer l’oxyde blanc (fleurs de zinc), le gaz
hydrogène, le laiton, et un alliage d’étain dont on fait usage pour frotter les coussins des machines électriques.
Le procédé de galvanisation du fer consiste dans l’application d’une petite couche de zinc à la surface du fer; pour cela on frotte le fer bien décapé avec du zinc en fusion, sur lequel on a projeté préalablement un peu de chlorhydrate d’ammoniaque. Le fer préparé de cette manière peut être impunément soumis, du moins pendant un laps de temps assez long, à l’action simultanée dé l’air et de l’humidité; car l’action galvanique exercée par la réunion des deux métaux tend constamment à détruire l’oxyde qui pourrait se former. Les fers galvanisés sont principalement employés dans la fabrication des objets exposés aux injures du temps, tels que gouttières, tuyaux de cheminées, etc.
Extraction. On introduit dans des tuyaux de terre, fermés par une de leurs extrémités, un mélange de charbon et de calamine qui a été préalablement exposée pendant plusieurs mois à l’influence des agents atmosphériques , pour la débarrasser des pyrites et de l’argile avec lesquelles elle se trouve mélangée (1). Ces tuyaux traversent un fourneau , et sont légèrement inclinés, de manière que leur extrémité ouverte est plus élevée que l’autre, et communique avec d’autres tuyaux inclinés dans un sens opposé ; c’est en quelque sorte un appareil distillatoire dans lequel la cornue serait représentée par les premiers tuyaux, et le récipient par les autres; on chauffe fortement; la calamine se décompose ; le zinc provenant de la décomposition de l’oxyde et du carbonate de zinc par le charbon se sublime , se condense dans les tuyaux extérieurs , d’où on le fait tomber dans un bassin de réception : on le fait fondre, et on le verse dans le commerce ; on fait cette exploitation dans la Belgique (ancien département de l’Ourthe). En le sublimant de nouveau, on le purifie ; mais il est difficile, pour ne pas dire impossible, de le priver entièrement , par ce moyen, de charbon et des autres métaux que contenait la calamine.
M. Jacquelain est parvenu à l’avoir très-pur en faisant passer à travers du zinc en fusion un courant de gaz hydrogène bien sec qui se salure
(1 ) La composition des calamines n’est pas toujours la même : celle de la Vieille- Montagne, dite ordinaire, contient .5,4 d’oxyde de zinc, 2 d’acide silicique, 0,6 d’eau , 89 de carbonate de zinc, 3 d’oxyde de fer; on trouve aussi dans quelques calamines des oxydes de manganèse et de fer, de l’argile, et quelquefois de l’arsenic et de l’étain. Le silicaie anhydre de la Vieille-Moniagne est formé de 61,2 d’oxyde de zinc , de 25,6 d’acide silicique, de 1 d’eau , de 4,8 d’oxyde de fer, et de 3,4 d’argile.