DES SELS DE PROTOXYDE DE ZINC
Ces sels sont incolores lorsqu’ils sont purs, d’une saveur slyptique et amère: leurs dissolutions sont précipitées en blanc, 1° par la potasse, la soude ou l’ammoniaque, qui en séparent l’oxyde; celui-ci ne change pas de couleur à l’air, et se redissout dans un excès de l’un ou de l’autre de ces alcalis concentrés ; la possibilité de dissoudre le précipité dans l’ammoniaque distingue ces sels de ceux d’alumine; 2° par les monosulfures solubles et par l’acide sulfhydrique, qui en précipitent un sulfure de zinc plus ou moins sulfuré: ce dernier ne les précipiterait pas s’ils étaient très-acides; 3° parle cyanure jaune de potassium et de fer (prussiate) ; 4° par les carbonates , les phosphates et les borates solubles. Aucun métal ne précipite le zinc de ses dissolutions.
Sulfate neutre {couperose blanche, vitriol 6^anc), ZnO, S0^»7H0. — Ce sel se trouve dans la nature, mais en petite quantité. 11 cristallise en prismes à quatre pans incolores, terminés par des pyramides à quatre faces; d’une saveur âcre, styptique, amère. Il est efflorescent : 100 parties d’eau à 0" dissolvent 43,02 de sel anhydre et 115,22 de sel cristallisé; tandis qu’à 100“ elles dissolvent 95,03 du premier, et 653,59 du second. Il éprouve la fusion aqueuse lorsqu’on le chauffe, et il perd 6 équivalents d’eau; à une température plus élevée, il perd l’autre équivalent d’eau, puis il dégage de l’acide sulfurique anhydre, du gaz acide sulfureux et du gaz oxygène, et il reste du sulfate basique de zinc. Celui-ci ne laisse que de l’oxyde de zinc , si on le chauffe au rouge. Quand on fait bouillir le sulfate de zinc avec de l’alcool à 36 degrés, il se déshydrate en partie et donne un sulfate à 5 équivalents d’eau.
On vend dans le commerce du sulfate de zinc en masses d’un blanc
DES SELS DE PROTOXYDE DE ZINC, sale, tachées çà el là en brun rougeâtre, qui conllenl du sulfate de zinc, du sulfate de magnésie, du sulfate de fer, et quelquefois un peu de sulfate de cuivre , de l’alun , et des traces de sulfate de cadmium.
Le sulfate de zinc est employé dans les fabriques d’indiennes. Il a été administré dans les mêmes circonstances que l’oxyde, mais il ne paraît pas être aussi avantageux. Il est employé par quelques praticiens comme émétique, à la dose de 60 à 75 centigrammes dissous dans l’eau distillée; on s’en sert souvent, et avec succès, dans les dernières périodes des ophthalmies et des leucorrhées : dans le premier cas, on en fait dissoudre 6 ou 10 centigrammes dans 30 grammes d’eau de roses, à laquelle on ajoute huit ou dix gouttes de laudanum de Sydenham , et on fait tomber une ou deux gouttes de solutum entre les paupières; dans le second cas, on l’administre en injection et étendu de beaucoup d’eau, de crainte d’irriter trop fortement la membrane muqueuse. Pris à forle dose, il donne lieu à des symptômes analogues à ceux que déterminent les poisons irritants ; toutefois je ferai observer qu’étant doué à un très-haut degré de la propriété émétique, il ne tarde pas à être vomi , et que, le plus ordinairement, les accidents qu’il a développés cèdent à l’emploi des médicaments adoucissants que l’on fait prendre. Les lésions organiques qu’il occasionne sont en général peu intenses et bornées à quelques portions de l’estomac et des intestins.
Préparation. On le prépare, dans les laboratoires, en suivant le cinquième procédé (voy. p. 317) ; mais comme, dans cet état, il pourrait contenir du fer , on le fait traverser par un courant de chlore pour suroxyder ce dernier métal; la dissolution est ensuite chauffée avec du carbonate de zinc, qui précipite le sesquioxyde de fer; on filtre, et on fait évaporer. Pour l’obtenir en grand, on fait griller la blende dans un fourneau à réverbère; le sulfure de zinc, et la petite quantité de sulfures de fer, de cuivre et de plomb qui composent ce minéral passent, en absorbant l’oxygène de l’air, à l’état de sulfates ; on les traite par l’eau, qui les dissout tous, excepté le sulfate de plomb; on laisse déposer celui-ci, on décante la dissolution, et on la fait évaporer jusqu’à ce qu’elle soit assez concentrée pour fournir une masse cristalline semblable au sucre en pain , que l’on livre dans le commerce sous le nom de vitriol. Ce vitriol contient, outre le sulfate de zinc, un peu de sulfate de fer et de cuivre, d’alun , etc. ; on le purifie en le dissolvant dans l’eau et en le faisant bouillir avec de l’oxyde de zinc, qui précipite les oxydes de fer et de cuivre.
DU TITAWK, Ti. Ûqiilvnlent = 314,7.
Le titane se (rouve dans la nature, combiné avec l’oxygène; son oxyde est tantôt uni à la chaux et à l’acide silicique, tantôt à l’oxyde de fer. Les cubes métalliques trouvés dans les scories de plusieurs forges, et que Wollaslon regarde comme du titane pur, seraient formés, d’après M. Wôhler, de cyanure et d’azoture de tilane, TiC2Az, 3Ti3Az. Le titane est sous forme de paillettes brillantes, d’un gris foncé ; il est trèsdur, rayant même l’agate, fragile, d’une densité de 5,3, excessivement difficile à fondre, non oxydable à l’air à la température ordinaire. Si on le chauffe au contact de cet agent, il prend feu et passe à l’état d’acide titanique, TiO^, en brûlant avec un éclat vraiment extraordinaire. Il est oxydable au feu, par le moyen de l’azotate de potasse.
Il existe un composé de soufre et de titane, TiS^, jaune en écailles brillantes comme l’or mussif, que l’on obtient en faisant passer de l’acide sulfhydrique saturé de vapeurs de perchlorure de titane à travers un tube de verre chauffé au rouge. On produit un phosphure de titane blanc et fragile, en décomposant le phosphate de titane par le charbon. Lorsqu’on chauffe du chlore avec du titane, celui-ci s’enflamme, et l’on obtient un bichlorure incolore excessivement fumant à l’air, déliquescent, décomposable par une grande quantité d’eau, qui en précipite de l’acide tilanique blanc. Sa formule est TiCl2. On peut encore former un sesquichlorure, T12C13, en paillettes cristallines d’un violet foncé, en chauffant au rouge de l’hydrogène saturé de vapeurs de bichlorure de titane.
Le titane décompose l’eau à 100°, d’après Wôhler (Journ. de pharm., avril 1850).
Il est facilement attaqué par les acides. L’acide azotique le transforme en acide titanique. L’acide chlorhydrique donne un chlorure incolore, TiCl , que l’ammoniaque précipite en noir.
Préparation. On combine du perchlorure de titane avec du gaz ammoniac sec ; il se forme une poudre blanche; on entoure la fiole qui la contient de charbons rouges, et on maintient le courant de gaz ammoniac; il se volatilise beaucoup de sel ammoniac, et le titane reste au fond de la fiole.