‹ Éléments de chimieChapitre 121 sur 378 · DÈS SELS FORMÉS PAR LE PROTOXYDE DE FER · texte numérisé non relu

DÈS SELS FORMÉS PAR LE PROTOXYDE DE FER

ert oxyde de fer noir magnétique et en un mélange d’acide carbonique et d’oxyde de carbone. Il est insoluble dans l’eau. On s’en sert avec grand avantage pour en extraire le fer et pour faire l’acier.

Ce carbonate, lors(|u’il est récemment précipité, se dissout très-bien dans l’acide carbonique et forme un sel acide soluble qui fait partie de la plupart des eaux minérales feri-ugineuses : ce solutum exposé à l’ait' se trouble et laisse précipiter du sesquioxyde jaune rougeâtre; la chaleur en dégage de l’acide carbonique, et il se précipite aussi du sesquioxyde rougeâtre; enfin le même précipité se produit lorsque la dissolution est enfermée dans des vases privés d’air, qui sont exposés à l’action de la lumière solaire. Ces caractères peuvent servir à faire reconnaître les eaux minérales ferrugineuses carbonatées.

Sulfate, Fe0,S03,7H0. — On ne trouve presque jamais ce sel à l’état de pureté dans la nature ; il y existe très-souvent mêlé avec le soussulfate de sesquioxyde, ce qui constitue la couperose verte ou le vitriol vert: on trouve aussi assez fréquemment dans les argiles ferrugineuses un sulfate double d’alumine et de fer qui constitue l’alun de fer connu sous le nom d’alun de plume; enfin l’on conçoit que, selon la nature du minerai qui le fournit, il peut contenir du manganèse, et le plus souvent du cuivre, du sulfate de chaux, et quelquefois du zinc et de l’étain. Lorsque le sulfate de fer a été obtenu par l’art , il est sous forme de rhombes terminés j)ar un biseau partant de la plus grande diagonale du rhombe, transparents, d’un vert d’émeraude, et doués d’une saveur slyptique analogue à celle de l’encre : exposés à l’air, ils s’effleurissent , et leur surface se recouvre de taches jaunâtres ocreuses et opaques, phénomène dû à l’absorption de l’oxygène, qui transforme les molécules extérieures du sel en sous-sulfate de sesquioxyde jaune; lorsque le sulfate, préparé avec soin, a cristallisé dans de l’eau contenant iHi peu d’alcool , ou qu’il a été précipité par cet agent, il absorbe : l’oxygène avec plus de difficulté, et par conséquent se conserve plus ■ longtemps à l’état de pureté. Cent parties d’eau à 10° dissolvent 60 parties de ce sel, et 333 parties si elle est à 100°. Ce so/wtwm est transparent et d’une belle couleur verte; mais il ne larde pas à se décomposer par le contact de l’air ; il en absorbe l’oxygène, passe à l’état de sous-sulfate *de se.squioxyde j'awne insoluble qui se précipite, et de sursulfate de sesiquioxyde rouge qui reste en dissolution. Il peut absorber une grande i quantité de gaz bioxyde d’azote qui se combine avec le protoxyde de fer ■3t semble jouer le rôle de base vis-à-vis de l’acide sulfurique ; le sulfate prend alors une couleur brune noirâtre qui devient d’un beau violet , h l’on ajoute un grand excès d’acide sulfurique. J’ai déjà signalé celle I. 32

coloration comme un réactif des composés oxygénés de l’azote (voy. /ourml de pharm,, décembre 1833 ; mémoire de M. Péligot). Le sulfate de protoxyde de fer est en partie décomposé par la dissolution de sel ammoniac, et il se forme du sulfate ammoniaco de fer et du chlorhydrate des mêmes bases ; celui-ci est plus soluble et cristallise le dernier (Vogel, septembre 1834).

Chauffé dans un creuset à 100°, le sulfate de fer éprouve la fusion aqueuse, se boursoufle, perd 6 équivalents d’eau, et donne une masse blanche opaque ; il ne perd son dernier équivalent d’eau qu’à une température plus élevée. Si on le chauffe au rouge sombre, on le décompose ; les produits de cette décomposition sont du gaz acide sulfureux, des vapeurs blanches très-épaisses ettrès-suffocanles d’acide sulfurique anhydre ou glacial qui pourtant contient un peu d’eau , tant il est difficile de dessécher complètement le sel (voy. ce mot, p. 149). Il reste dans la cornue du sesquioxyde de fer (colcothar).

Théorie. La température étant très-élevée, une portion de l’acide sulfurique se décompose en gaz oxygène et en gaz acide sulfureux ; le premier de ces gaz se combine avec le protoxyde de fer, et le fait passer à l’état de sesquioxyde; le gaz acide sulfureux se dégage, enfin l’acide sulfurique non décomposé se volatilise à l’état anhydre.

2FeO,SQ3 Fe2Q3 SO^ SQ3

Sulfate de protoxyde. Sesquioxyde. ^ À. sulfureux. ^ A. sulfurique.

Si l’on grille à Vair^ à une température inférieure, au rouge sombre, un mélange de sulfate de protoxyde de fer et de chlorure de sodium , on obtient, au lieu de la production de l’acide sulfureux signalée jusqu’ici, un dégagement abondant de chlore", le sodium et le protoxyde de fer sont oxydés par l’oxygène de l’air atmosphérique (Barreswil,/owr». de pharm., Juin 1850),

La couperose verte a des usages nombreux ; elle sert à faire l’acide de Nordhausen, l’encre, le colcothar (rouge d’Angleterre), le bleu de Plusse, les teintures en noir, en gris, etc., à préparer l’or très-divisé que l’on emploie pour dorer la porcelaine, à dissoudre l’indigo, etc.

Préparation. Ilpeutètre obtenu par le cinquième procédé(voy. p. 317); on le prépare toujours ainsi dans les laboratoires, et même quelquefois dans les manufactures : cependant on se le procure le plus souvent en grand, par l’oxygénation de la pyrite naturelle, en suivant la méthode que j’ai décrite à l’article Alun (voy. p. 447).

Azotate, FeO, AzO^. >— Il est liquide, d’un vert clair et peu Stable; en

Page 1