DAGUERRÉOTYPE
DAGÜERliKOTVPR.
C’est sur la propriété que possèdent les composés d’argent d’étre modifiés sous l’influence de la lumière, qu’est fondé le daguerréotype; en effet, le procédé consiste à prendre une feuille d’argent plaqué dont le poids ne doit pas dépasser celui d’une forte carte ; on la polit au moyen de tripoli très-pur et de rouge d’Angleterre que l’on étend simultanément, à l’aide d’un tampon de coton imprégné d’acide azotique dissous dans seize fois son volume d’eau. Lorsque la plaque est parfaitement brunie, on l’expose à l’action de la vapeur d’iode à froid, jusqu’à ce qu’elle ait acquis une teinte jaune d’or et qu’il se soit formé de l’iodure d’argent; si on la laissait plus longtemps , elle deviendrait violette et ne serait plus aussi sensible à l’action de la lumière; on la place alors pendant quelques instants au-dessus de la vapeur du brome, obtenue à l’aide d’une dissolution très-étendue de brome dans l’eau ; le brome est une substance accélératrice qui va se condenser sur la couche d’iodure d’argent, en donnant naissance à une petite quantité de bromure d’argent, et en exaltant ainsi la sensibilité de la couche à la lumière; on sait qu’une plaque ainsi préparée acquiert une sensibilité telle, que la durée de l’exposition dans la chambre obscure est réduite à i/go de ce qu’elle serait si l’on n’avait pas fait usage de brome. On introduit alors la plaque ainsi préparée dans la chambre noire, de telle sorte qu’elle se trouve exactement dans le même plan que la- glace dépolie qui y avait été glissée quelques minutes auparavant. Il n’y a pas de guide certain qui puisse déterminer le temps pendant lequel la plaque doit rester ainsi exposée aux rayons lumineux; ce temps varie suivant la teinte plus ou moins foncée de la couche d’iodure et de bromure d’argent, la clarté de l’objet à daguerréotyper, etc. ; lorsqu’on pense que l’épreuve doit être termi-
Inée, on la retire de la chambre noire, en évitant avec soin de la laisser en contact avec la lumière; à cette époque, l’épreuve est dessinée sur la plaque, mais elle n’est pas encore visible; pour qu’elle le devienne, il faut l’exposer à la vapeur mercurielle dans un appareil particulier. Chaque portion de l’iodure et du bromure d’argent qui a été en contact avec la lumière a été altérée, et permet au mercure de se déposer à la surface de l’argent sous forme de globules microscopiques (c’est de cette manière que sont constitués les blancs); chaque portion d’iodure et de bromure d’argent, au contraire, qui est restée dans l’ombre est demeurée intacte; le mercure ne peut donc s’y déposer, et lorsque, par un lavage convenable , on aura dissous l’iodure et le bromure d’argent, il
reslera de l’argent parfaitement bruni (c’est ainsi que sont produites les parties noires de l’épreuve). Une dernière phase de l’opération consiste donc à débarrasser la plaque de l’iodure et du bromure d’argent restant, ce qui se fait très-facilement à l’aide d’une dissolution d’hyposulfite de soude, laquelle forme, aved’iodure et le bromure d’argent, de l’hyposulfite double d’argent et de soude soluble.
Depuis quelques années, M. Fizeau a eu l’heureuse idée de plonger les épreuves daguerriennes dans une solution bouillante de chlorure d’or. On emploie aujourd’hui l’hyposulfite de soude et d’or; de cette façon, les images sont rendues inaltérables et peuvent résister à un frottement même assez énergique ; le sel double de soude et d’or laisse déposer de l’or sur toute la surface de l’image préalablement lavée; l’argent qui forme le fond du tableau est comme bruni par le vernis d’or qui le recouvre, tandis que les globules de mercure, qui forment les clairs, s’unissent tà l’or et augmentent de volume, de solidité et d'éclat; les noirs deviennent aussi plus obscurs.
On peut également , dans la photographie , se servir, au lieu de plaques métalliques , de papiers photogéniques.
DU PLATIIVE. Pt. Équivalent = 1232.
On trouve le platine dans plusieurs parties des Indes occidentales, principalement à Choco, à Barbacoas, à Saint-Domingue, au Brésil, etc.; il en existe une très-petite quantité dans quelques minerais d’Alloué et de Melle, en France. Il est sous forme de petits grains aplatis, contenant, outre le platine, un très-grand nombre de métaux, du soufre, de l’acide silicique, etc.; quelquefois cependant il existe sous forme de masses du poids de 500 ou 750 grammes; on a môme trouvé dans l’Oural un morceau de platine du poids de 4 kil. 320. Vauquelin en a retiré de la mine d’argent de Guadalcanal, en Espagne.
Il est solide, très-brillant, d’une couleur presque aussi belle que celle de l’argent (1), très-ductile et très-malléable; il occcupe le troisième
(1) Leplaiine réduit du protochlorure de platine par une dissolution concentrée de potasse et par l’alcool à chaud est sous forme d’une poudre noire, qui se comporte avec le gaz hydrogène comme l’éponge de platine (voy. p- 56); toutefois il agit encore sur ce gaz avec plus d’intensité. M. Liebig explique l’incandescence par la grande condensation qu’ont éprouvée le gaz hydrogène et l’air {Annales de chimie, novembre 1829).
rang pour la ducülilé et le cinquième pour la malléabilité; il a une ténacité i)resque égale à celle du fer, à moins qu’il ne retienne un peu d’iridium , car, dans ce dernier cas , un fil de platine de 2 millimètres de diamètre se rompt sous un poids de 125 kilogrammes ;'sa dureté est peu considérable, excepté quand il contient de l’iridium; son poids spécifique est de 21,53 lorsqu’il n’a pas été forgé, et de 21 s’il a été fondu. 11 est moins bon conducteur du calorique que l’argent, le cuivre, etc. Le platine en éponge (mousse de platine), celui qui provient de la calcination du chlorure de platine ammoniacal est spongieux, terne, d’un gris cendré, et prend de l’éclat par le frottement.
Le platine ne peut être /bndw qu’au moyen du feu alimenté par le gaz oxygène ou à l’aide du chalumeau de Brook ; dans ce dernier cas, il paraît se volatiliser ; dans aucune de ces circonstances, il ne s’oxyde, d’où il suit que Yair et le gaz oxygène sont sans action sur lui ; cependant, d’après Doebereiner, le platine très-divisé, étant exposé à la lumière et à l’air, absorbe 200 à 250 fois son volume d’oxygène sans se combiner chimiquement avec lui. A la chaleur blanche , il se ramollit, se laisse forger, et peut se souder sur lui-même comme le fer; cette propriété permet de confectionner des ustensiles de platine et de transformer Véponge de platine en platine malléable. Il n’agit pas directement sur le gaz hydrogène, si toutefois l’on en excepte ce qui a été dit à la page 56; on admet cependant l’existence d’un hydrure de platine cristallisé en paillettes , qui résulterait de la décomposition de l’eau par un alliage de platine et de potassium. Le6ore ne s’unit pas directement avec le platine; mais si l’on fait un mélange de charbon , d’acide borique et de platine trèsdivisé, épaissi par de l’huile grasse, et qu’on le fasse chauffer fortement dans un creuset brasqué, on obtient du borure de platine solide, fragile, insipide, inodore et fusible. Si l’on soumet pendant quelques heures à l’action d’un feu très-violent un mélange de charbon et de platine, le métal fond et augmente de poids ; son aspect est blanc grisâtre ; il se lime difficilement et ne pèse plus que 20,5: d’après M. Boussingault, le platine, dans cette expérience, aurait décomposé l’acide siliciqiie contenu dans le charbon pour s’unir au silicium, en sorte que la niasse fondue serait un alliage de platine et de silicium ; quoiqu’il en soit, on obtient un carbure de platine en faisant passer sur un fil de ce métal chauffé jusqu’au rouge blanc du gaz défiant (voy. p. 249j, ou bien en faisant bouillir de l’acide tartrique avec du chlorure de platine, ou en calcinant à une température modérée certains sels organiques à base d’oxyde de platine ; ce carbure est noir et insoluble dans l’eau ; l’eau régale dissout le platine et laisse le carbone. Le phosphore s’unit directement au pla-
line à l’aide de la chaleur, et donne un protopliospliure solide, très-dur, d’un blanc d’acier, plus fusible (jiie le platine, et susceptible de se transformer en acide phosphorique et en platine lorsqu’il est chauffé à l’air ou dans le gaz oxygène; cette action explique pourquoi les creusets de platine sont percés par le phosphore en quelques instants. Le perphosphure de platine est d’un gris de fer, avec un léger éclat métallique.
Le soufre peut s’unir directement, à une chaleur rouge, avec la mousse de platine, et non avec le platine forgé; il se forme un protosulfure ^ Pts , gris bleuâtre , indécomposable en vases clos , décomposable par l’air, à chaud, qui le change en acide sulfureux et en platine. — Bisulfure, PtS2. Il est noir, décomposable, en vaisseaux clos, en soufre et en protosulfure, passant à l’état de sulfate de bioxyde lorsqu’on le traite par l’acide azotique. On l’obtient en décomposant le bichlorure de platine par l’acide sulfhydrique. Ces deux sulfures sont solubles dans les sulfures alcalins et dans les alcalis caustiques ou carbonatés; ce fait explique la formation d’un sulfure double de potassium et de platine lorsqu’on fond du foie de soufre dans un creuset de ce même métal.
L'iode ne peut pas se combiner directement avec le platine, mais on obtient deux îodures , Ptl et PIP, en faisant agir le proto ou le bichlorure de platine sur l’iodure de potassium dissous , le premier à la température de l’ébullition ; ces iodures sont noirs, pulvérulents, et insolubles dans l’eau. Le biiodure se combine facilement à d’autres iodures, et produit des composés doubles cristallisables à proportions déterminées (Lassaigne, 1832).
Le chlore peut former deux chlorures avec le platine.
Protochlorure , PtCl. — Il est solide, vert foncé, insoluble dans l’eau, inaltérable à l’air, soluble dans le bichlorure, décomposable à une chaleur rouge et par les alcalis; il est insoluble dans les acides azotique et sulfurique, et soluble dans l’acide chlorhydrique, qui le transforme en bichlorure et en platine. On l’obtient en décomposant le bichlorure à 200“; il se dégage du chlore, et il reste du protochlorure.
Protochlorure ammoniacal [sel de Magnus) , PtCl, H^Az. — Il est trèsstable , non attaquable par les acides et les alcalis à froid , laissant dégager l’ammoniaque lorsqu’on le fait bouillir pendant longtemps avec les acides et les alcalis les plus énergiques. Il existe sous deux modifications isomériques: 1" il eut vert, en aiguilles, insoluble dans l’eau, dans l’alcool, dans l’éther, et dans l’acide chlorhydrique; on l’obtient en faisant passer du gaz acide sulfureux dans une dissolution bouillante de chlorhydrate de bichlorure de platine, préalablement neutralisée par l’ammoniaque; 2“ il jaune cristallisé; on l’obtient en faisant
ÜÜ PLATINE. 647
dissoudre le précédent à chaud dans l’azotate ou le sulfate d’ammoniaque.
Sels de Gros.— Ils sont formés d’un acide et d’une base, PtGlO, H^Az^ ; celle-ci est produite en faisant bouillir avec une petite quantité d’acide azotique les sels verts ou jaunes de Magnus.
Azotates de /?fleiüs%. — Lorsqu’on fait bouillir le sel de Magnus mec un grand excès d’acide azotique^ on obtient deux azotates, l’un, Pl^CIO®, H12Az^, 2AzO^, en petits prismes aiguillés décomposables par la chaleur, avec déflagration; l’autre, Pt^ClsQ'*, H^^Az^, 2AzO^ reste dans les eaux mères et ne se dépose que difficilement.
Sels deReiset.— En faisant digérer le sel de Magnus dans un excès d’ammoniaque, en présence de l’eau, on obtient un corps d’un blanc légèrement jaunâtre en prismes volumineux, PtGl, H6Az2, HO. Ge corps traité par le sulfate d’argent, après avoir été dissous dans l’eau, laisse précipiter tout son chlore et devient PtO, H^Az^, SO^, sel incolore, dont on peut extraire par l’eau de baryte la base PtO, fi^AzS, HO ; celle-ci est alcaline, en aiguilles crislaUlnes, d’un blanc opaque, d’une saveur caustique, déliquescentes, bleuissant fortement le papier de tournesol rougi , attirant l’acide carbonique de l’air, et déplaçant l’ammoniaque de ses combinaisons salines ; elle est susceptible de former plusieurs sels avec les acides sulfurique, azotique et carbonique , avec les chlorures, les bromures, les iodures, etc. ; si on la chauffe à 110°, elle perd un équivalent d’ammoniaque et un équivalent d’eau , et se trouve transformée en une autre base, PtO, H^Az, insoluble dans l’eau et dans l’ammoniaque.
Bichlorure de platine, PtGl2. — Il est d’un rouge intense lorsqu’il est solide ou en dissolution concentrée, et jaune s’il est étendu de beaucoup d’eau; il est déliquescent, très-soluble dans l’eau, et soluble dans l’alcool ; on peut l’obtenir cristallisé en prismes, en évaporant le solutum aqueux; il peut s’unir à l’acide chlorhydrique et former un chlorhydrate de bichlorure, qui constitue la dissolution généralement désignée sous les noms de muriate, à' hydrochlorate , de chlorure ou de sel de platine (voy. Sels de platine); si on le chauffe fortement, il fournit du clilore et du platine en éponge; il se combine â presque tous les chlorures, et forme des chloroplatinates. On l’obtient en dissolvant le platine dans l’eau régale, en évaporant et en desséchant; mais il est rare qu’en suivant ce procédé, il soit exempt d’acide chlorhydrique; pour le priver de cet acide, il faut dissoudre le produit de révaporalion dans une petite quantité (l’eau, et y verser de l’acide sulfuri(fue concentré, qui en S(5pare sur-le-cliamp du bichlorure anhydre^
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JHohlorures doubles ou ckloroplalinates , PtCl2, KCl ; PtC12, JNaCl ; PICI2, H^Az, HCl. — Ces biclilorures sont formés de biclilorure de iihitine et d’un aiilrc chlorure, tels que ceux de polassium , de sodium, de baryum , de stronlium , de calcium , etc. ; ceux de potassium et d’ammoniaque sont peu solubles dans l’eau. Les clilorures doubles sont facilement décomposés par le feu ; le chlorure double de platine se transforme alors en platine spongieux si l’autre chlorure est volatil, comme le chlorure d’ammonium (chlorhydrate d’ammoniaque), ou en platine pulvérulent très-divisé, si au contraire il est fixe; on le débarrasse de ce dernier par des lavages à l’eau chaude.
Dans ces derniers temps, M. Gerhardt a obtenu un biclilorure monoammoniacal, en octaèdres d’un jaune-citron, et plusieurs autres sels; il est parvenu à retirer de ces sels l’acide platinique (bioxyde cristallisé). aDans mon opinion , dit-il, mes nouveaux sels, ainsi que les composés de MM. Gros et Raewsky, sont au bioxyde de platine ce que les combinaisons de MM. Reiset et Peyrone sont au protoxyde de ce métal. Tous ces sels contiennent des alcalis particuliers qui représentent de l’ammoniaque dans laquelle une partie de l’hydrogène est remplacée par du platine ; dans ceux de M. Reiset, un équivalent d’hydrogène est remplacé par son équivalent de platine {platinosum) ; dans les miens, deux équivalents d’hydrogène de l’ammoniaque sont remplacés par l’équivalent du platine qui est contenu dans les sels platiniques, équivalent qui pèse moitié moins que \e platinosum , et que je désigne sous le nom deplatinicuni » (voy . Comptes rendus des séances de l’Académie des sciences, numéro du 19 août 1850).
Les acides simples n’exercent aucune action sur le platine ; toutefois il est dissous par l’acide azotique, quand il est allié à une quantité suffisante d’or et d’argent. Veau régale le dissout , et se comporte avec lui comme avec l’or, avec cette différence qu’elle agit très-bien sur ce dernier métal lorsqu’elle ne marque que 10 ou 11 degrés à l’aréomètre, tandis qu’elle n’exerce aucune action sur le platine, à moins d’étre à 15 ou 16 degrés : sa dissolution est un chlorhydrate de biclilorure. Cent |i. d’eau régale formée de 75 p. d’acide chlorhydrique à 15 degrés, et de 25 p. d’acide azotique marquant 35 degrés, peuvent dissoudre 13,2 de jilatine.
Le platine peut s’allier avec presque tous les métaux et avec l’acier. Uni avec dix fois son poids d’arsenic, il donne un produit blanchâtre, très-fragile, fusible un peu au-de.ssus de la chaleur rouge; chauffé avec le contact de l’air, cet alliage se décompose, l’arsenic se volatilise à l’état d’acide arsénieux, et le platine reste. Jeanuety mit celte propriété à profit pour extraire le plcitine de sa mine ; mais le métal ainsi obtenu
n’est jamais complètement débarrassé des matières étrangères. Chauffé fortement avec l’or^ le platine donne un alliage plus fusible que lui, sans action sur l’air ou sur le gaz oxygène, et attaquable par l’acide azotique, phénomène d’autant plus exti'aordiuaire qu’aucun des deux métaux n’a d’action sur cet acide; cet alliage est encoi'c remarquable en ce qu’il a la même couleur que le platine , lors même qu’il est composé d’une partie de ce métal et de 11 j)arties d’or.
La potasse, la lilhine, et môme la soude, ainsi que l’azotate de potasse, fondus dans un creuset de platine , l’attaquent, et il se forme une poudre noire qui, mise en contact avec l’acide chlorhydrique, se transforme sur-le-champ en bichlorure de platine et de potassium ou de sodium. La facilité avec laquelle ces substances, le phosphore et le foie de soufre, agissent sur ce métal, diminue singulièrement les avantages que l’on avait cru d’abord retirer des creusets de platine, pour les opérations chimiques.
Caractères distinctifs. 1" Ses propriétés physiques; 2° son action sur l’eau régale, qui le dissout et donne un chlorhydrate de chlorure facile à reconnaître (voy. p. 653).
Le platine est employé pour préparer des cornues, des creusets, des capsules, et divers ustensiles de chimie : il serait à souhaiter qu’on pût l’obtenir avec assez d’économie pour que son usage devint plus général, car il est le moins fusible et le moins altérable de tous les métaux connus; oivs’en sert pour faire des chaudières avec lesquelles on concentre l’acide sulfurique en grand ; on est môme parvenu à souder deux bouts de platine sans addition d’aucun autre métal, ce qui peut devenir d’une très-grande utilité pour réparer les vases de ce métal qui ont été perforés.
Extraction. La mine de platine renferme du platine, du rhodium, du palladium, du cuivre, du plomb, du mercure, du fer, du soufre, de l’osmium, de Viridium, du chrome, du titane, de l’alumine et du sable. On la traite en vases clos par cinq ou six fois son poids d’un mélange fait avec 3 parties d’acide chlorhydrique et 1 partie d’acide azotique (eau régale); on obtient une dissolution brune jaunélre, que l’on décante; on fait bouillir à plusieurs rei)rises avec une nouvelle quantité d’eau régale, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’action : dans cette expérience, le soufre est acidifié, tous les métaux sont oxydés, excepté une grande partie de l’iridium et de l’osmium; plusieurs de ces oxydes sont dissous; il reste au fond de la cornue une poudre. La dissolution A renferme des sels de platine, de rhodium, de palladium, de cuivre, de plomb, de mercure, de fer, d’un peu d’iridium et d’osmium; elle cou-
lient en outre de l’acide sulfurique. Le résidu noir pulvérulent B est formé d’iridium, d’osmium, de sable, d’un peu d’alumine, d’oxyde de fer, d’oxyde de chrome et d’oxyde de titane; ces trois derniers sont unis entre eux et ne se dissolvent pas dans l’eau régale. Enfin le liquide C condensé dans le récipient renferme, d’après les expériences de Laugier, beaucoup d’acide et une certaine quantité d’osmium oxydé.
On mélange 100 grammes du résidu 5 avec 300 grammes d’azotate de potasse; on introduit ces deux corps dans un grand creuset, et on les chauffe pendant une heure à une température rouge dans un fourneau à vent. Après cette calcination, la masse est coulée sur une plaque métallique; cette opération doit être faite à l’air, et il est môme indispensable de se couvrir le visage, car, sans celte précaution, les vapeurs d’acide osmique agiraient vivement sur la peau ; pendant celte calcination, on perd une certaine jciuanlilé d’acide osmique. La masse décantée, qui contient Vosmiale elViridiate de potasse, est traitée dans une cornue par l’acide azotique, qui dégage l’acide osmique, que l’on condense dans une dissolution concentrée de potasse. Le résidu de celle distillation est traité d’abord par l’eau, qui enlève le nitre, puis par l’acide chlorhydrique, qui dissout Voxxjde d’iridium. On obtient donc ainsi l’osmium à l'état d’osmiate dépotasse, et l’iridium à l’état de chlorure soluble. Pour retirer l’osmium de cet osmiale, on le transforme en osmite, sel rouge, cristallisant en beaux octaèdres; pour cela on verse une petite quantité d’alcool dans la dissolution d’osmiate de potasse; la liqueur s’échauffe, devient rouge, et il se dépose de l’osmite de potasse; celui-ci , calciné dans un courant d’hydrogène, donne V osmium pur. Pour extraire l’mdium, on traite le chlorure d’iridium, précédemment indiqué, par le sel ammoniac; il se forme un précipité d’un rouge brun, provenant de la combinaison de ce sel avec les bichlorures d’iridium et d’osmium ; l’osmium n’ayant pas été dégagé cà l’état d’acide osmique par l’acide azotique, il doit en rester dans le résidu de la distillation dont il a été parlé plus haut. En traitant le précipité rouge brun par l’acide sulfureux , on déchlorure le sel double d’iridium, et on le rend très-soluble dans l’eau ; tandis que le sel double d’osmium n’éprouve aucune réduction. Le sel soluble d’iridium, calciné dans un courant d’hydrogène , donne l’trtditim pur; celui d’osmium, traité de la môme manière, fournit de l’osmium. (Frémy, Journ. depharm., mars 1844.)
La dissolution A, contenant le platine, le palladium, le rhodium et plusieurs autres métaux (p. 649), doit être évaporée et concentrée pour en chasser l’excès d’acide ; on l’étend de dix fois son poids d’eau , et l’on y verse un excès de dissolution concentrée de chlorhydrate d’ammo-
Iliaque: il se produit sur-le-champ un précipité jaune de chlorhydrate d’ammoniaque et de platine, que l’on lave et que l’on chauffe peu à peu liour en volatiliser le sel ammoniac et le chlore, et l’on obtient le platine sous forme d’une masse spongieuse. Il suffit d’allier cette masse avec 1/^ d’arsenic et de la chauffer ensuite graduellement Jusqu’au rouge blanc, avec le contact de l’air, pour avoir le platine en lingots;
: l’arsenic que l’on a employé pour rendre le platine fusible passe à l’état d’acide arsénieux et se volatilise.
La dissolution A, dont on a séparé le platine, renferme beaucoup de métaux, parmi lesquels se trouvent \q palladium et le rhodium^ et même une certaine quantité de platine. On y plonge des lames de fer, et l’on (Obtient un précipité noir composé de fer, de cuivre, de plomb, de mer- (Cure, de palladium, d’iridium, de rhodium, d’osmium et de platine : (ces cinq derniers métaux paraissent être combinés et oxydés. On traite tce précipité à froid par l’acide azotique, qui dissout du fer, du cuivre, "du plomb, du mercure, et un peu de palladium; le résidu est mis en contact avec 1 acide chlorhydrique à la température ordinaire , qui dissout beaucoup de fer, du cuivre, un peu de palladium, de platine et de ! -liodium ; on recommence le traitement par l’acide azotique et par l’alûde chlorhydrique, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’action ; le résidu con- 1 ient la majeure partie du rhodium et du palladium, du platine, de l’i- •idium, du chlorure de mercure, du mercure, du chlorure de cuivre, ilu fer et du cuivre. On le lave et on le fait dessécher fortement; il se i volatilise du mercure, du chlorure de cuivre, du chlorure de mercure, l’t peut-être un peu d’oxyde d’osmium ; on le fait chauffer à deux reprises différentes avec de l’eau régale concentrée , qui en dissout la majeure partie : la portion non dissoute contient beaucoup d’mv^mm.
La liqueur obtenue avec l’eau régale, qui renferme du platine, du : hodium , du palladium , de l’iridium , du fer et du cuivre , est évaporée lusqu’à consistance de sirop, étendue de dix fois son poids d’eau, et ■récipitée par une dissolution concentrée de chlorhydrate d’ammonia- I lie, afin d’en précipiter du platine à l’état de chlorhydrate double; on filtre et on l’évapore de nouveau presque jusqu’à siccité; on l’étend eau, et il se séparé encore une portion du même sel coloré en rouge- M-enade par un peu de chlorure d’iridium. Cette liqueur, privée de tout |''3 platine, est rendue acide par un peu d’acide chlorhydrique; alors on wi satine pai l ammoniaque, et l’on voit paraître un précipité cristallin, lirillant, d’un beau rose, formé par le sous-chlorure de palladium, qu’il l'Liffit de laver et de calciner pour en extraire le métal.
La dissolulion ainsi précipitée , et qui conlienl encore le rhodium et les autres métaux dont j’ai parlé, est évaporée jusqu’à ce qu’elle puisse cristalliser par le refroidissement; on égoutte les cristaux et on les traite à plusieurs reprises par l’alcool à 36 degrés, qui dissout les chlorures de fer, de cuivre et de palladium non séparés, et il reste une poudre rouge, qui est du chlorhydrate d’ammoniaque et de rhodium ; on la dissout dans une petite quantité d’eau et d’acide chlorhydrique pour la séparer d’un peu de chlorhydrate d’ammoniaque et de platine qu’elle peut contenir; on fait évaporer la dissolution et on la chauffe jusqu’au rouge pour avoir le rhodium.
La liqueur C condensée dans le récipient renferme beaucoup d’acide et d’oxyde d’osmium; on sature l’acide par un lait de chaux, et on soumet le mélange à la distillation ; l’oxyde d'osmium se volatilise (Laugier).
Le procédé dont je viens d’exposer les détails appartient en grande partie à Vauquelin; il en existe un autre de Wollaston, à l’aide duquel on peut aussi se procurer très-bien ces divers métaux, et qui diffère beaucoup du précédent (voy. Ann. de chim. ; on consultera également avec fruit les mémoires de Berzelius et de Wôhler, insérés dans les Annales de chimie de janvier, de février, de mars et d’octobre 1829, et de novembre 1833).