DES OXYDES DE PEATIXE
Protoxyde, PtO. — A l’état d’hydrate, il est noir, peu stable; chauffé, il abandonne son eau et son oxygène ; il se dissout dans une dissolution concentrée de potasse et dans plusieurs oxacides avec lesquels il forme des dissolutions brunes qui ne sont pas précipitées par le sel ammoniac. L’acide chlorhydrique bouillant le transforme en bichlorure et en platine. On l’obtient en précipitant par la potasse le protochlorure de platine.
Bioxyde, PtO^. — Il est noir à l’état anhydre, et brun rougeâtre s’il est hydraté; chauffé, il perd facilement son eau , puis son oxygène; il se combine à la fois avec les acides, les alcalis et d’autres oxydes, vis-à-vis desquels il joue en quelque sorte le rôle d’acide. On l’obtient en faisant bouillir du bichlorure de platine avec un excès de potasse; on précipite ensuite par de l’acide acétique le platinate de potasse qui s’est formé et qui restait en dissolution.
Sels de protoxyde. — Ils sont peu connus. Ils sont d’un vert-olive ou bruns verdâtres, incristallisables, excepté l’oxalate, précipitables en vert par l’ammoniaque, en noir par l’acide sulfhydrique, en brun par les carbonates de potasse et de soude. La potasse ne les précipite que quand leurs dissolutions sont très-étendues. L’iodure de potassium les colore d’abord en rouge, puis les précipite en noir.
Sels de bioxyde. — Ils sont jaunes ou jaunes rougeâtres. Le chlorure de potassium précipite de leurs dissolutions concentrées du bichlorure double de potassium et de platine, PtC12,KGl, soluble dans beaucoup d’eau, et laisse du chlorure de potassium et du platine lorsqu’on le calcine (voy. p. 426). Le sel ammoniac se comporte de même; le précipité, PtC12,H3Az, HCl, soluble dans une grande quantité d’eau, laisse de l’éponge de platine dès qu’on le calcine. La soude et les sels de soude forment avec eux des sels doubles solubles : aussi ne remarque-t-on aucun précipité, à moins que les dissolutions ne soient excessivement concentrées. La potasse les précipite en jaune (chlorure double de platine et de potassium) soluble à chaud dans un grand excès de potasse caustique ; l’ammoniaque les précipite aussi en jaune (chlorure double de platine et d’ammoniaque soluble dans une grande quantité d’eau et dans un excès d’ammoniaque). L’acide sulfhydrique et les sulfures y font naître un précipité noir de bisulfure de platine. Le phosphore, le zinc, le fer, le cuivre, etc., en séparent le platine. Les sels de protoxyde de fer et le bichlorure d’étain ne les troublent pas. Le protochlorure d’étain leur communique une couleur rouge s’ils sont concentrés, et jaune s’ils sont étendus ; dans tous les cas , si les sels sont neutres, il se produit un précipité jaune. Le cyanure jaune de potassium et de fer les colore en jaune verdâtre. L’infusion de noix de galle y occasionne un précipité d’un vert foncé, qui devient plus clair par son exposition à l’air. L’iodure de potassium, étendu de beaucoup d’eau, leur communique une teinte jaune qui se fonce peu â peu, et qui , au bout de dix â quinze minutes, a une couleur rouge vineuse; ce caractère est un des plus sensibles pour reconnaître un sel de bioxyde de platine ; au bout d’un certain temps , il se dépose un précipité jaune. Tous les sels de bioxyde de platine sont décomposés â une chaleur blanche et laissent du platine.
Chlorhydrate de bichlorure (composé d’acide chlorhydrique et de 6ichlorure, désigné sous les noms de sel de platine, de muriate, ûihydro-
chlorate et de chlorure de platine). Il est le produit de l’art ; on peut l’obtenir en cristaux bruns, mais le plus souvent il est sous forme d’un liquide jaune s’il est très-étendu , et brun quand il est concentré; il est rouge s’il contient du chlorure d’iridium ; sa saveur est styptique et désagréable; il rougit le tournesol ; il est déliquescent et très-soluble dans l’eau. Évaporé, il se décompose, fournit du gaz acide cblorhydrique et du bichlorure retenant un peu d’acide; chauffé plus fortement, il perd le restant de l’acide et une certaine quantité de chlore; enfin, si la chaleur est beaucoup plus forte, il perd tout le chlore, et il ne reste que du platine en éponge. Il partage d’ailleurs toutes les propriétés des sels de bioxyde de platine. Il est souvent employé comme réactif pour distinguer la potasse et les sels de potasse, de la soude et des sels de soude.
Préparation. On l’oblient en dissolvant le platine purifié dans l’eau régale.
Sulfate de bioxyde. — Il est brun foncé et soluble dans l’eau. L’ammoniaque en sépare une poudre d’un brun foncé {platine fulminant)., insoluble dans l’eau et dans les acides azotique et chlorhydrique, soluble dans l’acide sulfurique, faisant entendre une très-forte détonation à 204“ c. On obtient ce sulfate en chauffant le sulfure de platine avec l’acide azotique fumant, et en chassant l’excès d’acide azotique.
Azotate. — Il est d’un brun foncé, soluble et très-difficilement cristallisable. On l’obtient par double décomposition en versant du bichlorure de platine dans une dissolution d’azotate d’argent.
DE I-A CAIiVAWOPLASTIE.
L’action de l’électricité sur les sels a donné naissance, dans ces derniers temps, à une nouvelle branche d’industrie dont je dois placer ici les détails. La galvanoplastie a un double but : appliquer sur une surface quelconque (une médaille en plâtre, par exemple) une couche métallique présentant par elle-même une certaine solidité, et, de plus, non adhérente la plupart du temps à la pièce recouverte ; ou bien recouvrir d’une couche mince d’un métal précieux un métal pauvre, mais de manière à ce que l’adhérence soit parfaite.
La première méthode s’applique plus particulièrement aux métaux pauvres, comme le cuivre et le fer; la seconde, aux métaux précieux, l’or, le platine et l’argent.
DE LA GALVANOPLASTIE. 655
C’est à la première de ces méthodes qu’on a i)lus particulièrement réservé le nom de galvanoplastie.
Reproductions de médailles. Les médailles ou autres objets que l’on veut reproduire peuvent être métalliques ou non, c’est-à-dire bons ou mauvais conducteurs de l’électricité : or, la condition essentielle de la réussite consiste précisément dans la conductibilité de la pièce à reproduire ; il faudra donc tout d’abord donner celte propriélé aux objets qui, de leur nature, ne la possèdent pas; de plus, on comprend facilement que si, une médaille en relief étant donnée, on vient à la recouvrir de cuivre, l’empreinte retirée présentera un creux, ce qui parfois est un grand inconvénient. De là deux opérations préliminaires indispensables : 1° le surmoulage , 2“ la métallisation.
Surmoulage. Soit donnée une médaille en relief à reproduire également en relief, une médaille en plâtre, par exemple : on commence par la plonger dans un bain de stéarine (un des acides des graisses), marquant au thermomètre 70®; cette opération a pour but d’éliminer et de remplacer l’air et l’humidité contenus dans le plâtre. La médaille retirée du bain se dessèche presque instantanément; lorsqu’elle est refroidie, au moyen d’une brosse douce, on l’enduit de plombagine, opération qui a pour objet d’empêcher l’adhérence entre le moule et l’épreuve surmoulée que l’on veut obtenir ; on arrive alors au surmoulage ; pour cela , on entoure la médaille à reproduire d’une galerie de carton , dans laquelle on coule de la stéarine tiède; celle-ci ne tarde pas à se figer, et à reproduire très-exactement en creux l’objet primitif ; c’est donc le moule en stéarine que l’on introduit dans le sel de cuivre; mais la stéarine, pas plus que le plâtre, ne conduit le fluide électrique; il faut donc d’abord procéder à la métallisation.
Métallisation. Plusieurs moyens , tels que l’emploi de la poudre de bronze, de l’azotate d’argent et du chlorure d’or réduits, ont été proposés; mais M. Roseleur préfère, comme plus facilement applicable, ce lui de la plombagine; il suffit donc de répéter sur l’empreinte ce que l’on a fait sur le moule.
Les choses étant ainsi disposées, au moyen d’un instrument aigu, on creuse une rigole sur l’exergue de la médaille, et dans cette gouttière, préalablement plombaginée, on place un fil de cuivre qui doit servir de conducteur.
Reproduction. On se sert à cet effet d’un courant voltaïque quelconque, imais préférablement de celui que l’on produit à l’aide de l’appareil de lacobi, membre de l’Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, qui i-çst parvenu à obtenir, à l’aide d’un courant électrique d’une faible in-
65Ô PUEMliRE PARTIE.
lensilé, la reprodiiclion pxacle en cuivre cohérent (rohjels placés au pôle négatif de la pile, au moyen du dépôt métallique provenant de la décomposition d’un sel cuivreux. Voici le procédé qu’il emploie.
Après avoir préparé une dissolution pure et saturée de sulfate de bioxyde de cuivre, on l’introduit dans un vase cylindrique 5F (pl. 6, fig. 5). Un manchon en verre garni à sa partie inférieure d’une peau de vessie, est destiné à contenir une dissolution peu concentrée de sel marin, ou simplement de l’eau aiguisée de quelques gouttes d’acide sulfurique. On place ce manchon sur une planchette circulaire mm', percée en son milieu et soutenue par trois pieds également en bois. Un disque de zinc d plonge dans l’eau salée ou acidulée; un pareil disque en cuivre d', maintenu dans la dissolution cuivreuse, constitue le pôle négatif de la pile. Ces plaques sont mises en communication à l’aide de deux fils métalliques pouvant se réunir à volonté dans un petit cylindre de cuivre C.
L’appareil étant ainsi disposé, on fixe sur la plaque de cuivre la pièce dont on veut avoir la reproduction, en ayant soin préalablement de l’enduire de plombagine à l’aide d’une brosse douce.
Si l’on abandonne cet appareil à lui-méme, on trouve au bout d’un temps plus ou moins long , et qui varie selon l’énergie du courant et la concentration de la dissolution , la surface du moule recouverte de cuivre; on doit alors, à l’aide d’un coup de lime donné sur l’un des côtés de la pièce , s’assurer de l’épaisseur de la couche métallique : si elle n’était pas suffisamment épaisse pour être détachée, il faudrait la remettre immédiatement dans la dissolution; dans le cas contraire, ou continuerait à limer les bords; on peut ensuite facilement, à l’aide d’une lame de couteau, séparer les deux pièces juxtaposées.
La sensibilité de ce procédé est telle, que non-seulement on est parvenu à reproduire des médailles, des bas-reliefs, etc., mais aussi des épreuves daguerriennes dont l’exactitude ne laisse rien à désirer.
La dissolution de sulfate de cuivre s’affaiblissant peu à peu par l’action galvanique, on place sur la partie saillante de la planchette vim' des cristaux de ce sel; de cette manière, on la maintient constamment au même étal de saturation.
Ce procédé peut également s’appliquer à la précipitation d’autres métaux, tels que l’or, l’argent, le platine, etc.; c’est ainsi que, par une action analogue, M. Delarive parvint à dorer des pièces de laiton, d’argent, etc. , en employant une dissolution de chlorure d’or ; mais la difficulté d’avoir un chlorure parfaitement neutre rendait ce procédé d’une exécution incommode et coûteuse.
DE l’argenture ET DE LA DORURE GALVANIQUES.
DE E’AliGEUTl'RE EX DE LA DOKLRE GALVAHIQIJES.
Dès l’année 1803, Brugnalelli, professeur de chimie à Pavie, l’élève d’abord et ensuite le collaborateur de Volta, avait remarqué que le courant voltaïque jouit de la propriété de décomposer les oxydes métalliques dissous; dès celte époque, ainsi qu’il l’écrivait à Yan Mons, il avait déduit les conséquences pratiques de cette découverte, en l’appliquant à la dorure, à l’argenture, au cuivrage, au platinage et au zincage; en un mol, il avait généralisé sa découverte. Il faisait usage û'ammoniures métalliqnes, c’est-à-dire d’oxydes dissous dans l’ammoniaque, liqueurs essentiellement alcalines^ avec lesquelles il dorait parfaitement des médailles d’argent.
Le 15 juillet 1840, Bœltger publiait, dans le Journal industriel de Francfort, un procédé pour argenter le cuivre et le laiton , qui consistait à décomposer par la pile une dissolution d’azotate d’argent ammoniacal, véritable liqueur alcaline, qu’il obtenait en dissolvant 6 grammes d’azotate d’argent pulvérisé dans 60 grammes d’ammoniaque caustique liquide.
Le 29 septembre 1840, MM. Wreight et Elkington prirent un brevet en France pour la dorure et Vargenture électro-chimiques au moyen des cyanures alcalins; ils dissolvaient 1 gramme de cyanure d’or ou d’argent dans 10 grammes de cyanure de potassium et dans 100 grammes d’eau. Quelque temps après, M. de Ruolz substituait le cyanure de potassium et de fer au cyanure blanc. Les cyanures, étant plus stables que les liqueurs de Brugnalelli et de Bœltger, sont aussi plus économiques et doivent leur être préférés; le perfectionnement apporté par MM.Wreight et Elkington a été fécond en résultats, sous le point de vue commercial et industriel. Toutefois l’emploi des cyanures n’est pas sans inconvénient pour les ouvriers, surtout pour ceux qui travaillent dans des lieux peu espacés; en effet, lorsqu’on chauffe un bain au cyanure en vases clos, et qu’on recueille les émanations dans de l’azotate d’argent, il ne larde pas à se former un abondant précipité de cyanure d’argent : d’où il suit qu’il se dégage du cyanogène pendant l’opération; de plus, sous Tinfliience d’un courant voltaïque, la réduction de l’or favorise encore ce dégagement; d’ailleurs le cyanure de potassium, sel très-vénéneux , peut être absorbé par les ouvriers, qui plongent continuellement leurs mains dans la liqueur.
Pour éviter cet inconvénient, MM. Roseleur et Lanaux ont proposé un
procédé que je décrirai bienlél, et qui donne les résultats les plus satisfaisants.
Préparation des pièces. Quelle que soit la métliode employée pour argenter ou pour dorer, il faut commencer par décaper les pièces, ce à quoi on parvient en les soumettant à un certain nombre d’opérations que je vais indiquer succinctement.
Recuisson. Les pièces que l’on veut dorer ou argenter sont en général recouvertes à leur surface de substances grasses provenant du laminoir, de la filière ou de l’estampille ; on les en débarrasse en les portant dans un feu de braise à une température rouge-brun ; mais en môme temps que la matière organique a été brûlée , l’oxygène de l’air a transformé la superficie du métal en un mélange de protoxyde et de bioxyde de cuivre qui doit nécessairement être enlevé par des décapages ultérieurs.
Dérochage. On projette les pièces encore chaudes dans un mélange de douze parties d’eau et d’une d’acide sulfurique; les pièces, de noires qu’elles étaient, deviennent d’un rouge d’ocre, ce qui annonce que le bioxyde de cuivre a été transformé en sulfate, sans que le protoxyde ait été attaqué.
Passé à l’eau forte. Les pièces sont ensuite plongées dans de l’acide azotique ordinaire; celui-ci se décompose en acide hypoazotique, qui se dégage sous forme de vapeurs rutilantes, et en oxygène, qui transforme le protoxyde rouge de cuivre en bioxyde noir. Voilà pourquoi celte opération porte le nom de noircissage.
Passé à l’eau forte et à la suie. Les pièces sont ensuite plongées dans de l’acide azotique contenant par kilogramme 10 grammes de sel marin et autant de suie; celle-ci transforme l’acide azotique en acide hypoazolique, qui, réagissant sur l’acide chlorhydrique fourni par le sel marin, forme une petite quantité d’eau régale, laquelle transforme le bioxyde de cuivre en cbloriire. Les pièces sortent de ce bain presque complètement débarrassées-de corps étrangers.
Passé aux acides composés. Ces acides sont de deux sortes ! les uns servent à obtenir un brillant parfait, et se composent d’acide sulfurique, 2 litres; d’acide azotique, 1 litre; de sel marin, 10 grammes; les autres servent à obtenir les surfaces mates, et se préparent en inversant les proportions d’acides sulfurique et azotique. On comprend qu’ici l’acide azotique commence par former de l’azotate de bioxyde de cuivre, lequel entache les pièces par son contact avec elles, mais lequel est subitement décomposé par l’acide sulfurique, et forme un sulfate sans action sur le métal.
DE l’argenture.
Passé à l’azotate de mercure. Les pièces ayant été ainsi décapées, il est bon, avant la dorure, de les plonger dans une dissolution extrêmement étendue d’azotate de mercure; celle opération a pour but de faciliter l’adhérence des métaux hétérogènes.
DE li’ARGEIiTtlRE.
On procède à Vargenture soit par immersion, soit par la pile élec~ trique.
Argenture par Immersion on au trempé.
Elkinglon indiqua d’abord, pour ce mode d’argenture, un bain préparé avec un mélange de sel ammoniac, de chlorure d’argent et de bichlorure de mercure ; plus tard il proposa l’emploi du cyanure de potassium comme dissolvant du chlorure d’argent : les résultals qu’il obtint furent loin d’être satisfaisants.
MM. Roseleur et banaux préparent leur bain en faisant dissoudre 100 grammes d’un sel d’argent quelconque dans 1 kilogramme de sulfite acide de soude dissous à la faveur de son poids d’eau. Les pièces préalablement décapées sont argentées à froid et sont douées d’un brillant remarquable; il se produit, par la voie de simple échange, un équivalent de sulfite de cuivre pour un équivalent d’argent qui se dépose ; bientôt après, l’acide sulfureux s’empare de l’oxygène de l’oxyde d’argent pour former de l’acide sulfurique ; il y a donc une nouvelle quantité d’argent mis à nu. Ce mode d’argenture ne s’applique qu’à la menue bijouterie, et n’a que peu de durée.
Argenture par la plie.
Il faut autant que possible avoir recours à une pile fonctionnant sans l’aide des acides, la pile dite de Daniel est dans ce cas; un élément de celle pile se compose d’une boîte de cuivre dans laquelle on place un sac en toile à voiles qui sert de diaphragme, et dans ce sac entre une plaque de zinc ; entre la boite et le sac de toile, on introduit une dissolution concentrée de sulfate de cuivre, et entre le sac et la lame de zinc, on place une dissolution de sel marin.
Les causes du courant électrique sont nombreuses : 1° le contact de substances hétérogènes , sulfate de cuivre, cuivre, chlorure de sodium et zinc; 2” la décomposition du chlorure de sodium par le zinc; il se forme du chlorure de zinc, et le sodium est mis à nu ; S'’ la décompo-
GGO
silion du sulfate de cuivre à travers la toile par le sodium, pour former du sulfate de soude; 4“ 1 application du cuivre pur, provenant de ce sulfate sur le cuivre impur.
Dans cette pile, (|ue l’on nomme à coufcmï constant , parce cju’elle fonctionne pendant un temps très-long, la plaque de zinc joue le rôle d’élément négatif, et la boite de cuivre, celui d’élément positif; l’objet à recouvrir est attaché au pôle négatif et porte le nom de catode, l’autre réoplîore porte à son extrémité une feuille d’or ou de platine que l’on désigne sous le nom â’anode.
Théorie. Le courant galvanique est principalement déterminé par des affinités purement chimiques et en vertu de l’endosmose; en effet, d’un côté du diaphragme, il y a du zinc, du chlore et du sodium, et de l’autre côté, de l’acide sulfurique, de l’oxygène et du cuivre. Le zinc décompose le chlorure de sodium , forme avec lui du chlorure de zinc, tandis que le sodium mis à nu s’empare à travers la vessie de l’oxygène et de l’acide sulfurique du sulfate de cuivre, pour constituer du sulfate de soude; le cuivre métallique réduit vient donc s’appliquer sur l’objet à reproduire.
C’est par des moyens analogues que l’on parvient à recouvrir d’une couche de cuivre résistante certains ustensiles, tels que des capsules, des cornues, des tubes, etc.
Argenture par le procédé d’Elklngton.
On prépare le bain en dissolvant 100 grammes d’argent dans l’acide azotique; on précipite la dissolution par du cyanure de potassium; on décante et on redissout le cyanure d’argent précipité dans 500 grammes de cyanure jaune de potassium et de fer calciné ; on ajoute la quantité d’eau nécessaire pour former cinq litres, d’où il suit que chaque litre de liqueur renferme 5 grammes d’argent; on opère à froid. On a remplacé depuis quelque temps, avec avantage, le cyanure de potassium par le cyanure de calcium ; en effet le cyanure de potassium avait l’inconvénient de donner naissance A du carbonate de potasse, qui présentait une certaine résistance au courant électrique et forçait à augmenter la force de la pile, tandis que le cyanure de calcium produit du carbonate de chaux insoluble, qui n’offre pas le même inconvénient.
Sous l’influence du courant, le cyanure d’argent se décompose en argent qui se dépose au pôle négatif et en cyanogène qui se porte au pôle positif ou A Vanode.
Les pièces argenlées sont mates au sortir du bain ; on leur donne l’éclat
de l’argent en les gralle-bossant et les brunissant; on les plonge ensuite dans du borax dissous , on les expose dans une mouflle à une chaleur rouge-cerise, on les trempe dans une eau aiguisée d’aci<Je sul Fini que, et on les fait sécher. D’après M. Barrai, cette opération a pour but de réduire un sous-sel qui s’est formé pendant l’argenture, et d’empéclier les pièces de se ternir et de se sulfurer à l’air.
Argenture au sulflte double neutre de soude et d’argent ( Roseleiir
et I.annux).
On fait dissoudre 20 grammes d’un sel d’argent quelconque dans 100 grammes de sulfite neutre de soude, d’ammoniaque ou de magnésie, et dans 100 grammes d’eau; Use produit du sulfite double de soude et d’argent. Sous l’influence du courant, le sel double et l’eau sont décomposés , le sulfite de soude et l’oxygène de l’eau se rendent au pôle positif, et forment du sulfate de soude, tandis que l’hydrogène et l’oxyde d’argent du sulfite d’argent donnent au pôle négatif de l’eau et un dépôt d’argent métallique.
L’argenture obtenue par ce procédé présente ordinairement un aspect mat; si on veut l’avoir brillante, on a recours au gratte-bosse.
DE EA DORVRE.
On procède à la dorure par trois méthodes différentes : 1° à l’aide d’un amalgame d’or, 2° par la pile, 3® par immersion.
Dorure ou mercure.
Ce procédé, le plus anciennement connu, est employé pour dorer l’argent, le cuivre, le bronze et le laiton; on peut également dorer le fer et l’acier, si on les a préalablement recouverts d’une couche de cuivre en les trempant dans une dissolution chaude de sulfate de bioxyde de ce métal. On commence par décaper les pièces (voy. p.658), puis on les recouvre d’une dissolution d’azotate de mercure en passant sur elles le gratte-bosse (pinceau fait avec des fils de cuivre assez fins) trempé dans cette dissolution. Cette opération a pour but d’appliquer sur les pièces une couche de mercure qui s’amalgame; alors on étend, ô l’aide du gratte-bosse , un amalgame composé de 33 parties de mercure et de
67 parties d or; lorsqu on juge que la couche de cet amalgame est assez épaisse, on lave les pièces et on les soumet a Taction du feu, qui volati” lise lentement le mercure, en laissant l’or sur elles. Si la pièce doit être entièrement brillante, on la polit avec un morceau d’hématite enchâssé dans un manche; on lave ensuite la pièce avec un gratte-bosse trempé dans du vinaigi e, et on la sèche avec soin, Pendant la^dorure au mercure, il se dégage une grande quantité de vapeurs mercurielles dont l’action sur 1 économie animale est funeste; aussi les ouvriers éprouvent-ils les accidents les plus graves et peuvent même périr si , à l’aide d’un fourneau d appel , tel que celui qui a été inventé par d’Arcet, on ne parvient pas à les soustraire aux effets malfaisants de ces vapeurs,
Dorare & la plie.
On se sert d’une pile à courant constant , mais plus intense que celui qui est fourni par la pile de Daniel; on emploie ordinairement la pile de Bunsen (pile à charbon) ; cette pile se compose d’un cylindre en verre dans lequel on introduit de l’acide azotique du commerce; on fait plonger dans cet acide un cylindre creux de charbon animal bien calciné; ce cylindre renferme un diaphragme également cylindrique en kaolin ou en terre poreuse; on met dans ce diaphragme de l’acide sulfurique très-étendu d’eau, et dans cette eau acidulée, on place un dernier cylindre de zinc. Le charbon décompose l’acide azotique, donne de l’acide carbonique et de l’acide hypoazotique ; il fournit aussi le fluide positif de la pile et sert à attacher Vanode; le zinc, placé dans l’eau acidulée de la terre poreuse, dégage de l’hydrogène et fournit le fluide négatif de la pile; c’est donc à ce pôle que doivent être fixées les pièces à dorer.
Dorure à la plie par le procédé d’Elklngton.
On dissout 100 grammes d’or dans l’eau régale; on précipite l’or du sesquichlorure formé à l’aide du cyanure de potassium ; on décante et on redissout le précipité dans environ 750 grammes de cyanure de [)otassium; on étend la liqueur avec de l’eau de manière à en avoir dix litres; on emploie ce bain pour dorer à froid. S’il s’agit de dorer des bronzes, on opère à la température de 75® c., et le bain doit contenir seize litres d’eau , au lieu de dix. Le dépôt de l’or, pendant l’action de la
pile, est régulier et proportionnel au temps de l’immersion, en supposant l’intensilé du courant toujours la même; mais comme celle-ci peut varier, on ne peut évaluer la quantité du métal déposé qu’à l’aide de la balance. Au reste ce procédé permet d’augmenter indéfiniment et à volonté l’épaisseur des couches d’or sur les parties qui exigent une grande solidité, si elles doivent être soumises à un frottement considérable.
Est-il nécessaire de dire que, pendant l’action de la pile, l’or du cyanure d’or se porte au pôle négatif, et le cyanogène au pôle positif ?
Dorure h la pile par le procédé de Allll. üoselenr et liOuaiix.
Dans ce procédé, on emploie le phosphate et le sulfite de soude. Il est bon de faire remarquer que ni les phosphates seuls, ni les sulfites seuls, ne donnent aucun résultat , tandis que , réunis , ils constituent un excellent bain à la pile. Ce bain contient alors du pyrophosphate de soude formé par suite de la décomposition qu’éprouve le phosphate.
On prépare ce bain en dissolvant 375 grammes de phosphate de soude dans un litre d’eau; on y ajoute 5 grammes de chlorure d’or, on laisse refroidir, et on y verse une dissolution de 25 grammes de sulfite neutre de soude; si l’on veut obtenir l’ancienne dorure ou dorure rouge, on opère à froid. Si l’on veut avoir la dorure jaune, on opère à chaud. On produit la dorure verte, ou Vor anglais, en ajoutant à ce bain quelques gouttes d’azotate d’argent.
Théorie. Le chlorure d’or et une partie du sulfite de soude sont décomposés; l’oxygène de la soude se porte sur l’or pour former de l’oxyde d’or, lequel se combine avec l’acide sulfureux et donne naissance à du sulfite d'oxyde d’or qui reste dissous; d’un autre côté, le sodium, mis à nu , s’unit au chlore et produit du chlorure de sodium ; par l’action de la pile, l’oxyde d’or est décomposé en oxygène et en or; celui-ci dore la pièce; quant à l’oxygène de cet oxyde, il se porte en partie sur l’acide sulfureux, qu’il fait passer à l’état d’acide sulfurique; Vautre partie se combine avec le chlore et donne du chlorate de soude. L’acide sulfurique produit enlève au phosphate de soude un équivalent de soude, et le transforme par conséquent en pyrophosphate, NaO, HO, PhO^. Si le bain ne contenait que du sulfite de soude, l’acide sulfurique formé décomposerait ce sel et précipiterait l’or à l’état d'oxxjde, tandis que, par suite de la présence du phosphate de soude, 2 NaO, PhO^, HO, l’acide sulfurique se porte, comme je viens de le dire, sur un des deux équivalents de la soude, et transforme le phosphate hydraté à deux équivalents
de soude en phospliale monobasique hydraté, NaO, PliÛ^, HO; de telle sorte que l’on a avant la dorure ’ ’
2 NaO PhQ5 HO
Soude. * Acide phosphorique. ’ Eau.
et après la dorure ,
NaO SQ2 Au 2Q3, SO2
Sulfite de soude. ’ Sulfite ”irôî\
NaO
Soude.
HO ^ NaO SQ2 NaO SO^ Au2
A. phosphorique. ’ Eau. ’ Sulfite de soude. ’ ^Sulfate de soude. ’ ~ÔT
Après ces différents genres de dorure, les pièces doivent être grattebossées et séchées dans la sciure de sapin chaude. On opère le grattebossage de la dorure avec le gratte-bosse ordinaire, imprégné d’une décoction de racine de réglisse qui adoucit le frottement.
Je ferai remarquer que, dans le bain d’Elkington, l’acier ne peut être doré sans avoir été préalablement cuivré, tandis que dans celui de MM. Roseleur et Lanaux , l’application se fait immédiatement.
Dorure au trempé par le procédé d’Elkington.
On dissout 100 grammes d’or laminé dans une eau régale préparée avec 250 grammes d’acide azotique pur, marquant 36 degrés à l’aréomètre, 250 grammes d’acide chlorhydrique également pur, et autant d'eau distillée; on verse par petites parties, dans celte dissolution de sesqnichlorure d’or, Au2CP, placée dans une capsule de porcelaine, 3 kilogrammes de bicarbonate de potasse; il se fait une vive effervescence; on introduit la liqueur dans une marmite en fonte dorée intérieurement, et on la fait bouillir pendant deux heures, en ayant soin de remplacer l’eau à mesure qu'il s’en évapore ; le bain est alors préparé pour la dorure. Les bijoux, avant d’être dorés, doivent avoir subi les opérations de la recuisson, du dérochage^ etc., dont j’ai parlé à la p.658. il s’est déposé pendant l’ébullition du bain, et surtout pendant la dorure, un précipité noir dont on se débarrasse parla décantation, s’il est trop abondant; ce précipité est formé, d’après M. Barrai, de carbonate de cuivre hydraté, de pourpre de Cassius (stannale de protoxyde d’or), de chlorure de potassium, et de carbonate de chaux; ce dernier sel provient des sels calcaires contenus dans l’eau ; quant au pourpre de Cassius, il doit son origine à l’étain, qui entre toujours dans la composition des bijoux que l’on dore.
Voici, d’après M. Barrai, ce qui se passe pendant la dorure au trempé :
- ?oiir 2 équivalents d’or qui se déposent du sesquiclilorure, 2 équivalents le cuivre entrent en dissolution; ainsi
Au2 C13 2 Cu Au^ 2 CuCl Cl
Sesquiclilorure d’or. ’ Cuivre. Or. ^ Chlorure de cuivre. ^ Chlore.
Un équivalent de chlore du sesquichlorure d’or est donc mis en li- )erté ; cet équivalent de chlore, se portant sur une partie de la potasse du )icarbonate, donne naissance à du chlorate de potasse et à du chlorure le potassium, sels que l’on trouve constamment dans le bain; il se dégage üusside l’acide carbonique. La formule suivante représente donc la véitable action du sesquichlorure d’or sur le bicarbonate de potasse :
UAu2C13,6K0,12C0’, 12Cu 12CuCl, 5KCI , KO CIQS, 6 Au2, 12 C02
>Sesquichl. Bicarb. de pot. Cuivre. Chl. de cuiv. Chlorure. Chl. de pot. Or. A. earb. d’or.
Le procédé de dorure au trempé ne s’applique bien qu’aux objets qui ont faits en cuivre laminé. La dorure est moins solide que celle qui a .jté obtenue par le mercure ; ainsi l’or déposé sur les métaux par la méthode du trempé ne s’élève jamais au delà de 45 milligrammes par ilécimètre carré, tandis que par la dorure au mercure on peut fixer sur -es pièces jusqu’à 260 milligrammes par décimètre carré. La dorure au rempé ne coûte que 18 à 20 francs par kilogramme, landis que par le iiiercure elle coûtait souvent jusqu’à 120 francs. L’acide acétique froid i tonne nais.sance à du ueri-de-^'m (sous-acétate de cuivre) lorsqu’il agit ! ur des bijoux dorés au trempé, tandis qu’il n’attaque pas ceux qui sont dorés au mercure; c’est que l’objet doré au trempé peut être considéré •omme un réseau dans lequel il existe beaucoup d’intervalles non dorés.
Dorure nu trempé par le procédé de MM. Roscleiir et Lnnnux.
I Pour préparer le bain, on dissout dans 5 litres d’eau 400 grammes d’un I njrophosphate soluble; on ajoute 5 grammes d’or à l’état de chlorure I aussi neutre que possible; à peine ce bain commence-t-il à chauffer j j(u’on peut l’employer. La quantité de dorure obtenue par ce bain est ! aresque le double de celle que fournit le procédé d’Elkinglon; non pas l(ue les pièces contiennent moins d’or, mais parce que le bain au pyroahosphate, avant de servir, n’a pas, comme celui d’Elkington, laissé l léposer un tiers de son or, et qu’en outre ici on épuise complètement le
bain, tandis qu’Elkinglon ne peut pousser le sien que jusqu’aux deux tiers.
Mise en couleur. Il arrive souvent dans la pratique que, soit faute d’un décapage suffisant, soit parce que le bain tire à sa fin, les pièces sortent ternes et noirâtres; on remédie à cet inconvénient en leur faisant subir une préparation ultérieure qu’on nomme mise en couleur. Pour cela on dissout dans 1 litre d’eau 500 grammes de sulfate de protoxyde de fer, autant de sulfate de zinc, d’azotate de potasse et d’alun. On plonge dans ce mélange les pièces ternes, on les secoue légèrement pour qu’elles soient seulement humectées, on les chauffe dans une mouffle jusqu’à cç que les sels entrent en fusion , on les plonge ensuite dans une légère eau seconde d’acide sulfurique; elles ont alors repris tout leur éclat. On conçoit que dans ces diverses réactions il s’est formé des acides qui ont attaqué et réduit l’oxyde de cuivre et l’oxyde d’or ,qui s’étalent déposés à la surface des bijoux.
Moyen de reconnaître si un objet a été doré au trempé ou au mercure. D’après M. Barrai, il suffit de dissoudre les pièces dans de l’acide azotique étendu, qui dissout le cuivre en laissant une pellicule qui conserve la forme de l’objet. Si on a doré au mercure, cette pellicule est toujours noire sur la partie qui était en contact avec le cuivre, tandis qu’elle est brillante des deux côtés, si la dorure avait eu lieu au trempé; cela tient à ce que, dans le premier cas, le cuivre est recouvert d’un alliage d’or et de cuivre , tandis que dans la dorure au trempé il n’y a qu’une couche d’or appliquée sur le cuivre sous-jacent.
Je dirai en terminant que les procédés d'argenture et de dorure de MM. Roseleur et banaux doivent être préférés à ceux deWreight etElkington.
On peut encore dorer sur verre, porcelaine, sur bois, sur plâtre, etc. On applique l’or sur le verre et sur la porcelaine à l’aide d’un pinceau, puis on chauffe à un feu de mouffle; l’or pulvérisé avait été préalablement broyé avec du borate de soude et de l’essence de térébenthine. Pour dorer le bois, plâtre, pierre, les statues, les grilles, les balcons, etc., on applique l’or en feuilles sur ces différents corps, après les avoir enduits de plusieurs couches d’un mélange d’huile de lin lithargirée, de carbonate de plomb et d’essence de térébenthine, ainsi que d’une couche de mordant préparé avec l’huile de lin siccative et un peu de vernis au copal dur. On emploie le blanc d’œuf comme moidant lorsqu’il s’agit de fixer des feuilles d’or sur le cuir, sur la couvetture des livres, etc.
Anneaux colorés (voy. p. 279).