‹ Éléments de chimieChapitre 174 sur 378 · G HO · texte numérisé non relu

G HO

2 SH, H3Az

Ammonialdébyde.

A. sulfhydrique.

Tialdine. *

Eau. ^

Sulfhydrate

d'ammoniaque.

Dans certaines circonstances, l’acide sulfhydrique enlève de l’oxygène I aux corps organiques en formant de l’eau; le soufre de l’acide est déposé.

Les acides puissants hydratés , en réagissant sur les matières organi-

fjues azotées, les décomposent aussi, et l’on obtient, outre quelques-uns des produits que j’ai signalés, de l’ammoniaque.

Lorsqu’on fait chauffer à une température qui n’est pas très-élevée certains corps organiques non azotés, avec un mélange de parties égales de potasse hydratée et de cliaux vive réduite en poudre, ces alcalis agissent comme corps oxydants; l’eau de la potasse est décomposée, l’hydrogène se dégage, et l’oxygène se porte sur la matière organique en donnant naissance à des acides qui se combinent avec la potasse : ainsi l’alcool et l’aldéhyde donnent de l’acétate de potasse; l’huile d’amandes amères, du benzoate de potasse, etc. Voici la formule de celte dernière réaction :

H6Ci^Q2 KO, HQ KO, H5G14Q3 2 H

Huile d’amandes amères. ’ Potasse. Benzoate de potasse. ’ Hydrogène.

Quelquefois les alcalis opèrent un dédoublement de certains corps organiques avec fixation d’eau : ainsi les éthers contenant un acide sont transformés par la potasse en alcool et en un sel dans la composition duquel enti’e l’acide de l’élher; de même les corps gras, pour la plupart du moins, sont changés en glycérine et en acides gras.

H3G403,H5C40 KO, HO KO, H3G4Q3 HeC^QS

Éther acétique. Potasse. Acétate de potasse, ^ Alcool,

Les acides organiques, chauffés avec de \d.chaux ou de la baryte, sont décomposés de manière à fournir des produits volatils qui ne diffèrent desdits acides que parce qu’ils contiennent en moins des proportions d’oxygène et de carbone capables de former de l’acide carbonique: ainsi

H5G1403,H0 2GaO 2CaO,GQ2 H6G^2

Acide benzoïque. Chaux. Carbon, de chaux. Benzine.

2 H9C1002, GaO 2GaO, GQ2 Hi8Gi302

Yalérianate de chaux. Carbon, de chaux. ^ Yalérone.

Les matières organiques azotées sont encore plus facilement attaquées par les alcalis que les autres; il se dégage de l’ammoniaque si la réaction a lieu à une température modérée, tandis qu’à une chaleur rouge on obtient un cyanure alcalin.

Je renverrai aux histoires particulières des corps pour d’autres modes' d’action des alcalis.

DE l’action des DIVERS AGENTS CHIMIQUES OU NATURELS. H Action des bioxydes de plomb et de manganèse. — Ces oxydes, mais surtout le premier, produisent Toxydalion d’un bon nombre de substances non azotées, en donnant naissance à du carbonate et à du formiale de plomb; la plupart des acides fortement oxygénés , ainsi que le glucose, sont dans ce cas. Si les substances sont azotées, elles sont plus facilement altérées par l’acide plombique (bioxyde). Exemple : rallanto'ine fournit de l’urée et de l’oxalale de plomb.

H6C8Az406 2H0 2Pb02 2H4C2Az20a 2Pb0,C203

Allantoïue. Eau. ^ A. plombique. Urée. ^ Oxalate de plomb.

Action de certains chlorures. — Perchlorure de phosphore, PhCl^. Sans action sur les substances organiques qui ne renferment pas d’oxygène, il enlève deux molécules de ce corps à celles qui en contiennent, et se trouve ramené à PhC13 02, parce qu’il a perdu deux molécules de chlore; je choisirai, pour montrer cette réaction, deux exemples pris parmi les matières organiques volatiles susceptibles de l’éprouver, telles que certains acides volatils hydratés, les essences, les alcools, les aldéhydes , -etc. ; celte réaction est alors plus simple que dans le cas où le perchlorure agit sur des substances fixes.

H6Ci^Q2 PhCls PhG130* H6Gi^G12

Huile d’amandes amères. ' ^ Perchlorure. Chloroxyde de phosphore. ’ Chlorobcnzol.

On voit, par ce premier exemple, que les deux molécules d’oxygène sont remplacées dans l’huile d’amandes amères par deux molécules de chlore.

H6C4Q2 PhGls __ PhGlSQ^ HGl HSG^Gl

Alcool. ’ Perchlorue, Chloroxyde de phosp. ’ A. chlorhyd. ’ Éther chlorhyd.

Dans ce cas, une molécule de chlore s’est substituée à une molécule d’hydrogène de l’alcool pour former de l’éther chlorhydrique, et il s’est produit de l’acide chlorhydrique.

Les composés organiques sul/urés donnent, avec le perchlorure de phosphoie, des produits du même ordre que ceux qui sont fournis par les corps oxygénés (Cahours).

Chlorure de calcium. En général il agit en s’emparant de l’eau des matières organiques liquides , quelquefois cependant il contracte des combinaisons avec elles; l’alcool, l’esprit de bois, etc., sont dans ce cas.

Cnlorure de zinc. Il agit également en déshydralant les substances üiganiqiies, mais dans certains cas, il ne borne pas là son action, puisqu’il décompose ces substances : ainsi le camphre, Hi6C20(j2, fournit

du campliogène, et l’huile de pomme de terre, H12C1002 de

l’amylène, Hiocio. ’

Action des ferments. Il existe un certain nombre de corps azotés qui n affectent pas de formes cristallines déterminées, qui se décomposent facilement par 1 action combinée de l’air et de l’eau, et qui jouissent de la singulière propriété, en agissant uniquement par leur présence , de décomposer un grand nombre de substances organiques : c’est à ces coi'ps que l’on a donné le nom de ferments. Exemples : la levure de bière transforme le sucre en alcool et en acide carbonique; la synaptase change l’amygdaline en glucose, en acides formique et cyanhydrique, et en huile d’amandes amères. J’examinerai plus loin tout ce qui se rapporte à la fermentation, et par conséquent aux fermenis; il me suffira de dire ici que non-seulement les ferments produisent des dédoublements de certains corps, mais qu’ils peuvent les hydrater, leur faire éprouver des transformations isomériques, provoquer leur décomposition putride, au contact de l’air, etc. ; ces altérationssontquelquefois accompagnées d’un dégagement de gaz acide carbonique ou d’hydrogène, ou de ces deux gaz à la fois : ainsi le sucre, dans certaines conditions autres que celles où il donne de l’alcool et de l’acide carbonique, fournit un acide isomérique avec le glucose; placé dans des circonstances différentes, il se change en mannite et en une substance mucilagi lieuse isomériijne avec le sucre, et il se dégage de l’hydrogène; il peut enfin se transformer en acide butyrique, en acide carbonique, et en hydrogène.

Action des corps simples non métalliques. — Cette action est beaucoup trop compliquée et offre trop de particularités pour que je puisse la présenter d’une manière générale ; cependant le chlore, le brome, Viode, V oxygène, etc., offrent dans plusieurs de leurs réactions une série de phénomènes si distincts et toujours si faciles à prévoir, que M. Dumas a formulé ces réactions en une loi très-simple, qu’il a nommée loi des substitutions, et qu’il énonce ainsi :

Loi des substitutions (1). « Quand on traite une substance organique hydrogénée par le chlore, le brome, l’iode, l’oxygène, etc., ces corps

(1) Voyez Comptes rendus des séances de V Acadfémie des sciences, du 3 février 1840.

DE lVcTION des divers AGENTS CHIMIQUES OU NATURELS. 13

lui enlèvent généralement de l’hydrogène, et pour un équivalent d’hydrogène enlevé, il se tixe un équivalent de clilore, de brome, d’iode ou d’oxygène dans le composé... La loi des substitutions exprime que dans un corps organique on peut enlever 1,2,3 équivalents d’hydrogène, les remplacer par 1, 2, 3 équivalents de chlore, de brome, d’iode ou d’oxygène. Elle indique que ces substilutions donneront naissance à des corps nouveaux dont il est souvent possible de prévoir les propriétés. Elle annonce que ces réactions sont les plus faciles que le corps puisse subir, les plus fréquentes, les moins altérantes» (1).

Indépendamment de cette action de substitution, le chlore peut se combiner avec certaines substances organiques, sans leur enlever de l’hydrogène: ainsi le bicarbure d’hydrogène gazeux, donne avec C12 la liqueur des Hollandais, H^C'^CP ; il peut déterminer l’oxydation de quelques-unes d’entre elles, en provoquant la décomposition de l’eau; enfin il peut enlever l’hydrogène, sans que le corps nouvellement formé soit chloruré: ainsi

H6G4Q2 2 Cl 2 HCl

ÂtcooL Chlore» A. chlorliyâriqoe* Aldéhyde»

Le brome agit d’une manière analogue à celle du chlore, mais avec moins d’énergie; toutefois ses réactions sont plus nettes et donnent plus souvent naissance à des corps cristallisés.

Viode forme des combinaisons moins stables que les combinaisons chlorées et bromées correspondantes, lorsqu’il agit sur les corps organiques.

Action de Veau, de l’alcool, de V éther , des huiles grasses et volatiles, etc., considérés comme dissolvants. — Veau , surtout quand elle est chaude, dissout un grand nombre de matières organiques, sans les altérer; quelquefois cependant elle décompose, à froid, des sels à acide organique, comme par exemple le stéarate neutre de potasse, qu’elle transforme en bistéarate insoluble et en potasse; quelquefois aussi, par une action prolongée, surtout lorsqu’elle est chaude, elle change la naturedu corps: ainsi elle produit du glucose, HI<C120N, avec du sucre

(1) I.es substitutions du chlore à l’hydrogène ont été observées pour la première fois par Gay I.ussac ; il a reconnu que la cire traitée par le chlore abandonnait un équivalent d’hydrogène qui se dégageait à l’état d’acide chlorhydrique, et gardait un équivalent de chlore. Depuis M. Laurent a décrit des phénomènes de substiiuiion, dans ses savantes recherches sur la naphtaline.

de canne, H11C12011. Valcool, Véther, Vesprit de bois, etc., dissolvent les corps gras, les résines, les alcalis organiques, etc. ; on peut dire que l’eau, étant un liquide assez fortement oxygéné, dissoudra tous les principes immédiats acides où l’oxygène domine, et n’agira que peu sur ceux qui sont alcalins , et dans lesquels prédomine un autre élément que 1 oxygène; elle sera sans action sur les corps hydrogénés et carbonés, tels que les huiles, les graisses, les résines, etc. ; il est d’autres corps sur lesquels les effets de l’eau ne peuvent pas être déterminés d’une manièie assez tranchée pour qu’on puisse les généraliser. Les acides et les alcahs dissolvent plusieurs corps organiques, sans les altérer : tels sont les alcalis du quinquina, de la noix vomique, etc. ; aussi emploie-t-on des acides pour extraire ces alcalis ; mais il est un grand nombre de ^ substances organiques qu’ils décomposent promptement; le sucre de i canne est très-rapidement changé en glucose par une liqueur acide, et le | tannin est immédiatement altéré par de l’eau alcaline, au contact de l’oxygène ou de l’air.

Les matières organiques , et plus particulièrement celles que j’ai dé- • signées sous le nom de matières organisées, subissent, sous l’influence de l’humidité ou de l’eau comme dissolvant, une décomposition spontanée que je décrirai plus tard sous le nom de fermentation putride ; ce phénomène est caractérisé par la production de corps très-variés, parmi lesquels on trouve le plus ordinairement de l’eau, du gaz acide carbonique, du carbure d’hydrogène gazeux, de l’acide acétique^, une matière noire ou moisissure, etc. Tous ces phénomènes s’accomplissent plus rapidement lorsque les corps organisés ont le contact de l’air, et qu’ils sont exposés à une température limitée entre 20^’ et 30°.

ARTICLE III. j

DES PltlIVeiPES llinil^DIjtTS, DES CABACTÈRES DE L’ESPÈCE ! ORGAMIQIJE, ET DE L’AIVALTSE OBGAAIQIJE IIUIIIÉDIATE. j

Principes immédiats (voy. p. F® pour la définition). — Ces principes ' immédiats sont excessivement nombreux, et l’on peut dire que leur étude ' absorbe presque les trois quarts de la chimie organique. Beaucoup d’en- | tre eux existent tout formés dans les végétaux et les animaux : tels sont ' les acides oxalique, taiTrique, etc., le sucre, le ligneux, l’urée, l’albu- i mine , la fibrine , etc. ; plusieurs d’entre eux sont exclusiveirient le pro-» '

DES PRINCIPES IMMÉDIATS, ETC. lâ

tluit de l’art: tels sont l’alcool, les éthers, et une foule d’autres que l’on obtient en faisant réagir des réactifs chimiques très-variés soit sur des principes immédiats, soit sur des produits immédiats naturels. Ceux de la première catégorie, c’est-à-dire ceux que l’on trouve tout formés dans les végétaux et les animaux , peuvent quelquefois être faits de toutes pièces dans nos laboratoires, en traitant certains corps par des agents chimiques : ainsi on prépare le sucre de fécule par exemple (glucose), en soumettant l’amidon à l’action de l’acide sulfurique; on obtient de l’urée en faisant agir du cyanate de potasse sur du sulfate d’am-^ moniaque; la fermentation de certains corps neutres, tels que le glucose, le sucre , les gommes , donne de l’acide lactique ; l’acide oxalique est le résultat du traitement du sucre, de l’amidon, etc., par l’acide azotique; on fait de l’acide formique en chauffant de l’acide sulfurique et du bioxyde de manganèse avec du sucre, de la fécule ou de la gomme ; on obtient l’acide butyrique en faisant fermenter le glucose.

Des caractères de l’espèce organique. — On donne exclusivement le nom d'espèce organique aux principes immédiats et aux composés définis de ces principes entre eux ; les produits que j’ai considérés comme des mélanges de ces mêmes principes, tels que les sucs sucrés, huileux, la bile, l’urine , etc., ne constituent pas des espèces : en effet on peut toujours séparer, par des opérations mécaniques ou par des procédés chimiques, les principes immédiats qui les forment, sans altérer la nature de ces principes. Pour caractériser une espèce, on a recours à des moyens variés que je vais examiner succinctement. 1° La cristallisation. On admet généralement qu’une substance est une espèce lorsqu’elle cristallise d’une manière régulière, et avec une forme constante; quand, cela n’a pas lieu et que la substance est acide ou basique, on la transforme en sel, et l’on voit si celui-ci est susceptible ou non d’affecter une forme cristalline régulière. 2“ La volatilisation et la constance du point d’ébullition. Toute substance qui , soumise à l’action de la chaleur, bout à une même température, quelle que soit la durée de l’opération, est une espèce : tels sont l’alcool, qui entre en ébullition à 78°,4, et l’éther sulfurique, qui bout à 35°,6. On aurait tort de conclure cependant qu’une substance n’est pas une espèce, parce que la température s’élève à mesure qu’elle bout : en effet il est des corps, comme les acides succinique, œnanthique (véritables espèces), etc. , que la chaleur déshydrate, et dont le point de l’ébullition augmente au fur et à mesure qu’ils perdent de leau. 3° Le point de fusion ou \q point de solidification, si le corps est solide et fusible. On doit considérer comme une espèce tout corps

deuxi^:me partie.

qui fond à une température constante , quel que soit le mode de préparation employé pour l’obtenir : ainsi l’acide margarique (espèce) fond toujours à 60«, et l’acide stéarique (espèce) à 70°. La môme valeur doit être accordée au point de solidification.

On conçoit que pour obtenir, à l’aide de ces méthodes, des résultats irréprochables, il faille agir sur des substances /litres ; en effet, la plus petite quantité d’un corps étranger qui serait mêlé au principe immédiat sur lequel on opère influerait nécessairement sur la forme cristalline ^ et sur les points d’ébullition, de fusion et de .solidification. Pour s’assurer de la puretéde ces principes, on emploie divers procédés. A. On cherche, en les analysant, s’ils contiennent toujours les mômes proportions de caibone, d hydrogène, d’oxygène et d’azote, alors qu’ils ont été obtenus pai des méthodes différentes 5 si cela est, ils sont purs. 5. On les combine, quand cela peut se faire, avec certains corps, puis on les sépare des composés que 1 on a produit ; si leurs propriétés et leur composition élémentaire sont les mômes avant et après la combinaison, c’est qu’ils sont puis. C. On a l’ecours à la méthode des dissolvants. Si les principes immédiats solubles dans l’eau , dans l’alcool , dans l’éther, etc. , sont traités par ces liquides, et s’il est avéré que 20 parties d’un de ces liquides dissolvent autant de principe immédiat que 20 autres parties, et ainsi de suite, et que, les dissolutions formées, chacune d’elles, de ces 20 parties, soit identique, il est évident que si le principe finit par être complètement dissous, il était pur. En effet, admettons qu’il contienne une ou plusieurs matières étrangères, ne. voit-on pas qu’il arriverait nécessairement ou qu’il ne serait pas complètement dissous dans l’un ou l’autre de ces dissolvants employés tour à tour, ou bien que les dissolutions aqueuses, alcooliques et éthérées, ne seraient pas identiques dans les diverses fractions de 20 parties chacune?

Analyse organique immédiate. — On désigne sous ce nom l’ensemble des opérations mécaniques ou chimiques ayant pour but de séparer les principes immédiats qui entrent dans la composition des produits végétaux ou animaux; en parlant bientôt de l’analyse organique médiate ou élémentaire, on verra que celle-ci a pour objet de faire connaître hi nature et les proportions des corps élémentaires qui constituent les divers principes immédiats, ce qui est tout autre chose.

Les opérations mécaniques auxquelles on a principalement recours dans quelques circonstances sont le triage mécanique à la loupe et au microscope et la lévigation ; on conçoit, en effet, pour ce dernier mode, qu’en suspendant dans l’eau des mélanges de matières de différente den-

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