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DE LA MATIÈRE INCRUSTANTE DU LIGNEUX

UE K.A MATIÈIIE IMCUIIISTAIVTE UE LlGIVElIlk. (scIÉROGÈNE).

On iroiive cette matière dans les cellules allongées des tissus ligneux ; ’eux-ci , comme je l’ai déjà dit , sont formés de cellulose et de matière incrustante: elle est plus abondante dans les bois durs et lourds que dans les bois blancs et légers; il y en a plus dans le cœur que dans l’aubier; elle existe aussi très-abondamment dans les noyaux des fruits; c’est elle qui forme les concrétions pierreuses de certaines poires.

Elle est souvent colorée en jaune ou en brun; Turpin, qui l’asigna- » lée le premier, la considérait comme étant la cause de la coloration des 'bois. Elle donne en brûlant plus de clialeur que la cellulose, parce qu’elle contient un excès de carbone et d’hydrogène par rapport à l’oxygène; aussi les bois qui en renferment beaucoup ont-ils un pouvoir calorifique plus élevé que ceux qui en contiennent moins. L’acide azotique est [ décomposé par elle avec dégagement d’acide hypoazotique. L’acide sulfurique la colore en noir. Elle est soluble dans le chlore; ces deux derniers caractères permettent encore de la distinguer delà cellulose.

La matière incrustante extraite des bois ne paraît pas être identique; f:en effet, M. Payen a reconnu qu’elle présentait des différences assez tranitchées pour en faire quatre variétés , savoir : 1° le lignose, qui est inso- I lubie dans l’eau, dans l’alcool, dans l’éther et dans l’ammoniaque, et I soluble dans la potasse et la soude; 2" le lignone, insoluble dans l’eau, l’alcool et l’éther, et soluble dans l’ammoniaque, la potasse et la soude;

! 3° le lignin, insoluble dans l’eau et l’éther, soluble dans l’alcool , la po- ! lasse, la soude et rammonia(iue; 4** le ligniréose, insoluble dans l’eau I et soluble dans l’alcool, l’éther, la potasse, la soude et l’ammoniaque.

Extraction. On peut l’obtenir des concrétions formées dans les poires, de celles qui sont contenues dans le liège , dans l’écorce épaisse du chêne ' blanc et de plusieurs autres tissus; quoique sa dureté soit très-grande, ' elle est assez friable pour se pulvériser sous le pilon , tandis que le tissu cellulaire environnant se déchire seulement; on comprend donc comment les bols broyés et tamisés peuvent fournir celle matière sans forme de poudre, .jue l’on purifie ensuite par l’alcool. ( Payen , Ennuies des sciences naturelles, l. II, p, 27.)

Cellulose.

Acide azotique.

De la pyroxyline (fulmi coton, coton ■poudre').

La pyroxyline (azotate de cellulose) résulte de l’action du coton cardé sur I acide azotique concentré, mêlé d’une certaine quantité d’acide sut-

fiiriqiie à 66 degrés. Elle présente la forme et l’aspect du coton ou de toute autre variété de cellulose avec laquelle on l’a préparée ; seulement le coton est un peu moins doux au toucher, et ses fibres se brisent plus facilement. Elle détone à une température d’environ 170° c. , et donne un mélange de gaz oxyde de carbone, d’acide carbonique, d’azote, et de vapeur d’eau, sans laisser de résidu si elle est pure; toutefois, si on la maintient, pendant un certain temps, entre 60“ et 80°, elle s’altère peu à peu, dégage une odeur azotique, et à un instant donné elle détone brusquement, à une température inférieure à 100°. Quelquefois aussi en brûlant elle répand des vapeurs rutilantes d’acide hypoazotique et des gaz cyanurés. Si , après l’avoir tordue en fils, on la place sur un métal ou sur tout autre corps bon conducteur du calorique, et qu’on la touche avec un charbon , elle brûle lentement et presque sans flamme, en répandant une odeur d’acide hypoazotique. Elle est insoluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther, et légèrement soluble dans un mélange de ces deux derniers liquides. L’acétone, l’acétate de méthylène et l’éther acétique, la dissolvent au contraire complètement. L’éther acétique, versé peu à peu sur la pyroxyline, la ramollit et fournit une masse gélatineuse, transparente et incolore, que l’on transforme en une matière pulvérulente en l’agitant avec le contact de l’air pour vaporiser l’éther acétique. Exposée à l’air, elle en attire à peine 2 ou 3 p. % d’humidité , même au bout de plusieurs mois , sans que ses propriétés balistiques aient été sensiblement modifiées; elle est restée inaltérée en la laissant dans l’eau pendant deux ans. L’acide sulfurique d’une densité de 1,7 la dissout à une température inférieure à 100°; la dissolution est incolore; tandis qu’avec la cellulose, le même acide donne une liqueur brune. L’acide azotique concentré la dissout à chaud , avec dégagement de vapeurs rutilantes, et après l’avoir altérée; la dissolution, traitée par l’eau ou par l’acide sulfurique, donne un précipité blanc pulvérulent, très-inflammable.

Le coton-poudre se dissout dans une dissolution a?cah'ne suffisamment concentrée; la température s’élève beaucoup; il se dégage de l’ammoniaque, il se forme de l’acide carbonique et de l’acide azoteux, et le liquide devient d’un brun foncé ; d’où il suit que le coton-poudre est décomposé : deux équivalents d’oxygène de l’acide azotique se combinent avec deux équivalents de carbone. Si l’on verse quelques gouttes d’une dissolution d’azotate d’argent dans la dissolution alcaline, et que l’on ajoute assez d’ammoniaque pour dissoudre l’oxyde d’argent précipité, il suffira de chauffer pendant quelques minutes, au bain-marie, pour précipiter tout l’argent sur les bords du verre; on peut donc ar-

DE LA PYROXYLINE. 91

enter promptement le verre au moyen du coton-poudre (Volh., Journ. e p^arm., février 1850).

Usages. La pyroxyline sert à préparer le collodion. Quoiqu’elle ait ne force explosive quatre fois plus grande que celle de' la poudre à line, force qui est encore augmentée par son mélange avec d’azo- 3le de potasse; quoiqu’elle ait l’avantage, en brûlant complètement, e ne pas laisser, comme la poudre, un résidu qui finit par encrasser 'arme; quoiqu’elle ne s’altère pas par riuimidité pendant son Irans- >ort, comme le fait la poudre, comme elle coûte six fois plus que cellei , qu’elle fait souvent éclater les armes, et que sa fabrication en grand déjà occasionné des accidents graves, on ne saurait l’employer dans es armes de guerre. M. Combes pense qu’elle peut remplacer économi- [uement la poudre de mine pour diviser les roches dures et cassantes , urtout lorsqu’elle a été mélangée avec un dixième de son poids d’azoate de potasse, mélange à l’aide duquel la pyroxyline est complètement ransformée en eau, en acide carbonique et en azote, sans qu’il y ait moduction de gaz oxyde de carbone.

Préparation. On fait un mélange de 3 volumes d’acide azotique con- ;entré, d’une densité de 1,500 à 1,515, et de 5 volumes d’acide sulfuique à 66 degrés; on le laisse refroidir, et on y plonge peu à peu du mton cardé préalablement desséché dans une étuve. Quinze ou vingt ninules après, on relire le coton , on le comprime et on le lave à grande ?au, froide, tiède ou bouillante, jusqu’à ce qu’il ne rougisse plus le oapier de tournesol; on le dessèche alors en le laissant dans un courant d’air à 30° ou 40°, ou bien en le tenant près d’un vase où l’on a mis de la chaux vive. Le papier ordinaire, le papier Berzelius, et toute autre variété de cellulose, peuvent remplacer le colon cardé; en général, tOO parties de cellulose fournissent 175 parties de pyroxyline. On pourrait, à la rigueur, la préparer avec de l’acide azotique concentré, sans addition d’acide sulfurique; mais en employant ce dernier, on a l’avaniage de pouvoir faire usage d’acide azotique moins concentré, parce qu il lui enlève de 1 eau et le concentre ; d’ailleurs l’acide sulfurique absoi be les vapeui s nitreuses que l’acide azotique contient ordinairement, et comme il est moins coûteux que l’acide azotique, il diminue beaucoiq) »es peites (|ui résultent du lavage de la pyroxyline. Voici du reste la formule qui leprésente la réaction de l’acide azotique sur la cellulose ;

II20G24020 5AzQ5, HQ ^ gJJO 7C24017, ôAzO'’'»

Celluloec. Acide azoliijuc. liau. ’ Pyroxyline.

Dès l’année 1838, M. Pelouze avait obtenu, en immergeant pendant! quelques minutes de la cellulose dans l’acide azotique monobydraté,| une matière d’une excessive combustibilité. En 1846, M. Scliœnbein annonça qu’il avait trouvé une nouvelle poudre beaucoup plus énergiquel que la poudre A canon , et l’année suivante il publia le mode de prépalion que j’ai adopté, lequel du reste avait déjà été proposé par Knopp., Mais bien avant 1838 on savait que l’acide azotique fournissait avec l’indigo les acides carbazotique et indigotique , qui sont combustibles. Depuis la découverte de la pyroxyline, plusieurs chimistes ont obtenu des produits détonants en traitant par l’acide azotique la mannite, la glycérine, etc.

Du collodion. — Lorsqu’on met en contact, dans une capsule de porcelaine, 200 parties d’azotate de potasse sec et 300 parties d’acide sulfurique concentré, et mieux encore fumant, si l’on remue avec des tiges de verre, pendant cinq minutes environ, et que l’on ajoute, aussi promptement que possible, 10 parties de coton pur et bien sec, on obtient un mélange que l’on continue à remuer pendant 3 minutes; si on lave soigneusement le coton avec de l’eau distillée, qu’on l’exprime et qu’on le sèche à une douce température, on voit qu’il se dissout facilement dans l’éther sulfurique alcoolisé (110 p. d’éther, 20 d’alcool, et 5 de colon ainsi préparé); la dissolution offre la composition d’un mucilage épaissie gomme; abandonnée à elle-même, elle laisse le collodion d’un aspect blanchâtre et de consistance sirupeuse. Le collodion est translucide, et s’évapore avec rapidité s’il n’est pas conservé dans des vases bien bouchés; il est visqueux, et adhère fortement aux corps avec lesquels on le met en contact; il s’étend sur eux en formant une pellicule imperméable, transparente, insoluble dans l’eau, et mince comme du vernis; étendu en une. ou plusieurs couches sur une lame de verre, il prend feu comme le coton-poudre, mais il brûle un peu moins rapidement.

Le collodion, jouissant de la propriété d’adhérer fortement à la peau, remplace avantageusement les taffetas dits d’Angleterre. Lorsqu’on veut s’en servir en chirurgie, on a recours à la dissolution élhéro-alcooliqiie évaporée jusqu’en consistance de sirop; on en étend plusieurs couches sur la peau; l elher et l’alcool s’évaporent, et laissent une pellicule imperméable fort adhérente.

«Le collodion, dit M. le |)rofesseur Malgaigne, possède une propriété adhésive sans égale, et sèche en quelques secondes par l’évaporation de l’éther. On peut l’employer seul sur de petites solutions de continuité, en tenant les lèvres rapprochées, jusqu’à ce que la couche de collodion

I)U PRINCIPE GÉLATlNEÜX DES ErUITS , ETC. 93

l dessécliée, ou bien on lremi)e dans le liquide une ou plusieurs banelles de linge, qu’on applique sur des légumenls comme des bandeles de sparadrap, seulement en se hâlanl, de peur que la dessiccation s’opère avant l’application. Enfin je m’en suis servi pour confectionr des appareils propres à fixer les doigts, la main, le pied, dans une silion stable; et ces appareils sont d’autant plus précieux, qu’il suffit coller des bandelettes imbibées de collodion, soutenues au besoin me pièce de carton, sur une des faces du membre, en laissant l’autre :e entièrement à nu; qu’ils peuvent ainsi résister de 15 à 20 jours et is; qu’ils sont imperméables au pus et à tous les liquides, hors l’é- ;t, et conséquemment qu’on peut appliquer des cataplasmes, et môme nner des bains au malade, sans ramollir ni décoller l’appareil. »

I )n a également appliqué le collodion contre certaines hérnorrliagies, > brdlures, et des affections cutanées. On a préparé avec lui le collo^ m cantharidal (I gramme 2.5 cent, de coton-poudre et GO grammes de nture étbérée de cantharides) épispastique, que l’on emploie avec uitage sur une partie du corps où le vésicatoire ordinaire se déplacet facilement par les mouvements du malade. On s’en est servi aussi nme d’un mastic dentaire presque inaltérable.

!»!' PRIIVCIPE GÉL.^TIIVEIIX DES PUVITS, DE EA PECTO.SE,

DE E.% PECTIIVE.

Lorsqu’on traite convenablement les sucs de tous les fruits charnus A at de maturité, on obtient des gelées qui paraissent dériver d’un ncipe immédiat que l’on n’a pas encore isolé, et auquel on a cepenit donné le nom depectose.

Pectose.— On la trouve intimement mêlée avec la cellulose dans la pulpe < fruits verts, dans les carottes, les navets, etc. Elle parait insoluble fis l’eau, l’alcool et l’éther, et très-facilement altérable par un grand mbie de leactifs, ce qui fait qu on n a pas pu la séjiarer de la cellue. Lorsqu’on traite à la fois par la chaleur et par les acides forts, ‘Opté I acide acétique, la pulpe des fruits verts, on transforme la pece en pectine; la cellulose ne produit rien de semblable. C’est la pece qui communique aux fruits verts leur dureté, et qui se change en 'line pendant leur maturation ou leur cuisson; c’est elle qui, en se mbinanl avec la chaux des .sels contenus dans certaines eaux, durcit lacines que 1 on fait bouillir avec ces eaux.

Pectine, Elle ne se trouve toute formée que dans les fruits

us; quand on la relire des fruits verts par la chaleur, ou de la pulpe

des carolles ou des navets à l’aide des acides, c’est qu’elle s’est formée pendant l’opération , et que la pectose a été changée en pectine.

Elle est blanche, incristallisable, neutre aux réactifs colorés, sans action sur la lumière polarisée, .soluble dans l’eau. L’alcool la sépare en une masse gélatineuse de .sa dissolution aqueuse étendue, tandis qu’il la précipite en longs filaments, si la dissolution est concentrée. L’acétate de plomb ne la précipite qu’aulant qu’elle contient de la parapectine. Le sous-acétate de plomb, au contraire, la précipite. Abandonnée à ellemême pendant plusieurs jours , la dissolution aqueuse de pectine devient fortement acide et ne précipite plus par l’alcool; elle contient alors de l’acide métapectique : le même phénomène se produit, mais plus promptement , si la pectine est en présence de la pectose ou de la pulpe des fruits verts, ou bien si on la fait bouillir avec des acides étendus. Les alcalis la transforment instantanément en pectates. Sous l’influence d’un ferment particulier appelé ^ectase, elle fournit de l’acide géla-

tineux.

Préparation. On exprime à froid la pulpe des poires très-mûres ; on filtre, et l’on ajoute avec précaution de l’acide oxalique pour précipiter la chaux; on filtre, et à l’aide d’une dissolution concentrée de tannin, on précipite l’albumine de la liqueur filtrée; on filtre de nouveau, et l’on verse de l’alcool dans la liqueur; la pectine se dépose sous forme de longs filaments, qu’on lave à l’alcool et que l’on fait dissoudre ensuite dans l’eau pour les précipiter de nouveau par l’alcool ; on répète ces dissolutions dans l’eau, et ces précipitations par l’alcool, jusqu’à ce que les réactifs n’indiquent plus dans la liqueur la présence du sucre ou des acides organiques. La pectine a été découverte par Braconnot.

Parapectine = , si elle a été desséchée à 100°. — Elle est le

résultat de l’action de l’eau bouillante pendant plusieurs heures sur la pectine. Elle est solide, blanche, incristallisable, neutre aux réactifs colorés, très-soluble dans l’eau, et insoluble dans l’alcool, qui la précipite en une gelée transparente. A 140°, elle perd 2 équivalents d’eau. On la distingue de la pectine en ce qu’elle précipite par l’acétate de , plomb. Elle forme avec le protoxyde de plomb deux composés qui ont pour formule: l’un, PbO , 11^8064064, HO , et l’autre, 2PbO, H46C64062. Les alcalis la transforment en pectates. Elle n’a point d’usages.

Métapectine {acide métapectinique) = H48G64064, si elle a été desséchée à 100°. — Elle est le résultat de l’action des acides très-étendus sur la parapectine, à la température de l’ébullition. Elle est solide, incristallisable, et rougit le tournesol. Soluble dans l’eau et insoluble dans l’alcool , elle est précipitée par celui-ci de sa dissolution aqueuse. A 140°,

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