DU CARBONE
biné avec l’oxygène à l’état de gaz acide carbonique , et quelquefois à l’état de gaz hydrogène carboné (1).
Le diamant ou le carbone pur se trouve dans les Indes orientales, principalement dans le royaume de Golconde et de Visapour ; on en a a aussi découvert dans la Serra do Frio, district du Brésil. Il se présente ordinairement sous forme de cristaux très-brillants, limpides, transparents, incolores, qui sont des octaèdres ou des dodécaèdres, ou des sphéroïdes à 48 faces triangulaires , curvilignes ; quelquefois ces cristaux sont roses, orangés, jaunes, verts, bleus ou noirs; leur poids spécifique varie depuis 3,5 jusqu’à 3,55; leur dureté est telle qu’ils ne sont rayés et usés que par leur propre poudre. C’est sur ces propriétés qu’est fondée la taille des diamants vendus dans le commerce.
Soumis à l’action du calorique dans des vaisseaux fermés, le diamant n’éprouve aucune altération, ainsi que le fit voir Macquer en 1776; son pouvoir réfringent est de 3,1961, celui de l’air étant 1,0000. Newton, s’appuyant sur la propriété de réfracter fortement la lumière que possèdent les corps combustibles , fut amené à soupçonner le premier la combustibilité du diamant. Il est électro-positif par rapport au bore, et électro-négatif par rapport à l’hydrogène (voy. pag. 30). Lorsqu’on soumet le diamant à l’action d’une forte chaleur produite par la pile de Bunsen, il se ramollit, se partage en plusieurs fragments, perd sa transparence, augmente de volume, devient noir, et se change en un charbon d’une densité de 2,677, entièrement comparable au coke et qui peut être brisé entre les doigts (Jaquelain).
Le gaz oxygène n’exerce aucune action sur le diamant à froid ; mais si on élève la température, il se combine avec lui, disparaît, et forme de l’acide carbonique. Dès 1694 , les académiciens de Florence, en sou-
(1) La plombagine ou la mine à crayon qui se trouve en France, en Espagne, en Bavière, en Angleterre et en Norvège, a été longtemps considérée comme formée de 8 à 10 parties de fer et de 90 à 92 de charbon ; mais il est prouvé aujourd’hui que le fer que l’on obtient assez généralement de ses cendres n’y est qu’accidentel , et qu’elle n’est composée que de charbon dans un état particulier
Kartsten ). Mêlée avec l’argile, on l’emploie pour faire des crayons, des creusets , etc.
V anthracite est une variété de charbon contenant, suivant les espèces, de 89,77 à 92,56 de carbone, de 1,67 à 3,92 d’hydrogène, de 2,45 à 3,99 d’oxygène et d’azote, et de 0,94 à 4,67 de cendres (Regnaultj.
Le noir de fumée ne contient guère que 80 p. % de carbone, et se trouve mélangé à des matières résineuses et à des sels de différentes espèces
PREMIÈRE PARTIE, metlanl le diamant à l’action d’un miroir ardent, avaient vu qu’il brillait et disparaissait. Ce fait fut confirmé par François-Étienne de Lorraine, qui subsiilua à une lentille un violent feu de forge. Plus lard , en 1776, Guyton de Morveau et Lavoisier mirent sa combustibilité hors de doute en répétant ces expériences; ils s’assurèrent alors que le diamant brûlé dans le gaz oxygène produisait constamment de l’acide carbonique, d’où ils conclurent qu’il devait contenir du carbone. H. Davy démontra enfin que le diamant était du carbone pur, puisqu’il fournissait, en brûlant dans le gaz oxygène , la même quantité de gaz acide carbonique que le carbone pur, sans que le volume du gaz éprouvât la moindre variation. Il y a quelques années , M. Dumas a non-seulement reproduit ces phénomènes, mais il a déterminé d’une manière irrévocable, on peut le dire, la composition de l’acide carbonique et le véritable poids de l’équivalent du carbone.
On ne connaît pas l’action du soufre sur le carbone pur-(voy. Charbon).
Le bore et le carbone ne se combinent pas.
Caractères distinctifs du diamant. 1® Ses propriétés physiques; 2® son action sur le gaz oxygène ou sur l’air à une température élevée. |
Je bornerai ici l’histoire chimique du diamant, puisqu’il se confond avec le charbon ordinaire, dont les propriétés et les caractères sont beau- | coup mieux connus.
Usages. Le diamant est un objet de luxe; on peut s’en servir pour ’ rayer les autres corps, et surtout pour couper le verre et pour faire des microscopes; il grossit les objets par rapport au verre dans la proportion de 8 : 3. j
DU CHARBOIV.
Sous ce nom, on désigne le produit de la calcination en vases clos, j des matières végétales ou animales. Comme les végétaux contiennent de j l’hydrogène, de l’oxygène et du charbon, et que les matières. animales, ' indépendamment de ces trois éléments, renferment de l’azote, on conçoit facilement que les propriétés du charbon ainsi obtenu ne i soient pas toujours les mêmes; le charbon retient en outre toutes les j matières minérales fixes qui faisaient partie des végétaux ou des ani- ij maux qui ont servi à sa préparation. — Le charbon peut donc cou- : tenir de l’hydrogène, de l’oxygène et de l’azote; ce dernier surtout ca- ; : ractérise le charbon des matières animales (1). On peut purifier le char- i ;
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