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SELS

Sulfate de soude

Sulfate de magnésie

Azotate de potasse

Azotate de soude

Chlorure de potassium. .....

Chlorure de sodium

Chlorhydrate d’ammoniaque. . . .

Chlorure de magnésium desséché

à 49° centigrades

Chlorure de baryum

Idem cristallisé

Acétate de chaux

Ces expériences ont été faites par Kirwan, avec des sels privés de leur eau de cristallisation, que l’on faisait digérer dans l’alcool pendant tiois jours, à la température de 45” environ.

Plusieurs des sels solubles dans l’alcool communiquent à sa flamme une couleur particulière : ainsi les sels de strontiane la colorent en pouipre, les sels cuivreux en vert, le chlorure de calcium en rouge, l’azotate de potasse en Jaune, etc.

Il existe des sels si peu solubles dans l’alcool côncenlré, que l’on veut les précipiter de leurs dissolutions aqueuses par l’alcool, qui s’empare de l’eau : tels sont, par exemple, la plupart des sulfates.

L’alcool est susceptible de se combiner avec plusieurs sels, qui le retiennent comme ils retiendraient l’eau de cristallisation. M. Graham a désigné ces nouveaux composés sous le nom d’alcoates, et il a fait connaître ceux de chlorure de calcium , d’azotate de magnésie et de chaux, de prolochlorure de manganèse et de chlorure de zinc : la quantité d’alcool contenue dans ces composés s’élève quelquefois aux trois quarts de leur poids (voy. Journ. depharm., n° de mars 1829).

M. Masson a fait voir que le chlorure de zinc transformait facilement l’alcool de vin en éther hydratique, H^C^O, semblable à celui que l’on obtient avec l’acide sulfurique, et que si l’on élevait la température jusqu’à 200°, on donnait naissance à deux carbures d’hydrogène nouveaux, H'C8, entrant en ébullition à 100°, et H^G^, ne bouillant qu’à 300°. Le bichlorure d’étain, chauffé à 140® avec l’alcool , le transforme en éther et en éther chlorhydrique. Il en est de même des chlorures d’antimoine et d’aluminium , si on les chauffe convenablement.

Si l’on évapore une dissolution de chlorure de platine dans l’alcool concentré, ou obtient pour résidu un sel qui retient une partie des éléments de l’alcool, H'îC^PlCl^, qui, soumis à l’action de certains oxydes, donne naissance à des chlorures et à des corps désignés sous les noms de sels éthérés de Zeize, PtO^, ou bien PtCl, etc.

Ces sels ne sont d’aucun usage (voy. Dumas, t. Y, p. 588).

En distillant de l’alcool sur du chlorure ou du bromure de chaux, on produit des combinaisons éthérées fort remarquables, le chloroforme et le hromoforme. On obtient de Viodoforme avec de l’iode et de la potasse ou de la soude, dissous dans l’alcool (voy. ces mots).

L’alcool exerce sui‘ les azotates d’argent et de mercure une action telle qu’il en résulte de l’argent ou du mercure fulminant. Ces corps n’ont été bien connus que depuis les travaux de M. Liebig et de Gay-Lussac (voy. Ann. de chim. et de phys., t. XXIV et XXV).

Argent fulminant. — Si , après avoir fait dissoudre à chaud une pièce d’argent d’un demi-franc, contenant 2,25 grammes d’argent pur, dans 45 grammes d’acide azotique de 1,36, on fait bouillir l’azotate avec 60 grammes d’alcool de 0,85, et ((u’on éloigne le vase du feu après les premiers bouillons, il sc dépose de l’argent fulminant, que l’on jette sur un filtre pour le laver avec de l’eau distillée jusqu’à ce que celle-ci n’entraine plus d’acide; alors on enlève le filtre, on le développe sur

DE l’alcool de vin.

une assiette que l’on place sur une casserole remplie d’eau à moitié, en la recouvrant d’une feuille de papier, et l’on chauffe jusqu’à l’ébullition pendant deux ou trois heures. Cet argent fulminant est formé, d’après Gay-Lussac et Liebig, de 1 équivalent d’acide fulminique et de 2 d’oxyde d’argent; en représentant l’acide fulminique par du cyanogène et de l’oxygène, on a pour formule 2AgO, Cy^O^. On voit donc que les éléments de l’alcool se sont unis à l’azote et à l’oxygène de l’acide azotique pour former ce nouveau composé.

Le fulminate d’argent est sous forme d’aiguilles cristallines blanches, soyeuses, solubles dans l’eau bouillante, d’une saveur métallique désagréable : il tache la peau comme les sels d’argent; il résiste à une température de 130'’. Chauffé plus fortement, il produit une forte explosion; il suffit du plus léger choc entre deux corps durs pour le faire détoner à la température ordinaire, même au milieu de l’eau; d’oii il suit qu’il ne faut le toucher qu’avec des baguettes de bois, et ne le prendre ({u’avec des cuillers de papier. Traité par la potasse, la soude, la baryte, la stronliane , la chaux, la magnésie et de l’eau, il est décomposé, et laisse précipiter la moitié de l’oxyde d’argent qu’il renferme; la dissolution contient alors des fulminates doubles d’argent et de l’un de ces alcalis; vient-on à saturer l’alcali par l’acide azotique, il se dépose du bifulminate d’argent, que, dans son premier travail, M. Liebig avait regardé comme de l’acide fulminique. L’ammoniaque ne le trouble point, et forme avec lui un sel double très-fulminant. Le mercure, le cuivre, le fer et le zinc, décomposent la dissolution bouillante de fulminate d’argent, précipitent l’argent, et produisent des fulminates de mercure, dé cuivre, de fer et de zinc, qui jouissent aussi de la propriété de fulminer.

Mercure fulminant {fulminate de mercure, poudre fulminante de Ho~ ward). — On l’obtient en dissolvant .50 centigr. de mercure dans 6 grammes 60 centigr. d’acide azotique à 34 degrés, en ajoutant 6 grammes 10 centigr. d’alcool, et en opéi’ant comme i)our l’argent fulminant. Il est en cristaux blancs, soyeux, brillants, doux au loucher, d’une saveur métallique douceâtre ; il détone fortement par un choc ordinaire, et pioduil une vive lumière rougeâtre; il laisse à l’endroit où on l’a fait détoner une tache noire ayant le brillant métallique. On emploie ces produits pour faire les cartes et les bonbons fulminants; ils ne doivent jamais étie préparés qu’en petite quantité, si on veut éviter les dangers qui accompagnent l’opération.

' ^ alcool peut dissoudre les div

erses espèces de sucre, laniaiinite, les

alcalis organiques, tonies les huiles essentielles, riuiile de ricin (1), les résines, le camphre, les baumes, et plusieurs autres substances végétales et animales dont je parlerai par la suite. Les gommes, la fécule, l’inuline, le ligneux, la siibérine, etc. , sont insolubles dans cet agent.

Il est des acides qui perdent la propriété de rougir le tournesol et même de se combiner aux bases , s’ils ont été préalablement mêlés à de l’alcool; ces acides ainsi alcoolisés ne s’unissent aux bases qu’aulant qu’ils peuvent former des sels solubles dans l’alcool.

L’alcool entre dans la composition de toutes les liqueurs spiritueuses; il sert à préparer un certain nombre de vernis siccatifs. On l’emploie souvent comme dissolvant et pour séparer certaines substances les unes des autres. Il dissout en général les gaz en plus grande proportion que l’eau; il est des corps peu ou point solubles dans l’eau qu’il dissout parfaitement.

Il agit sur l’économie animale comme un excitant diffusible énergique; l’excitation qu’il détermine, lorsqu’il est pris à l’intérieur à forte dose, ne larde pas à être suivie de la plus parfaite stupéfaction, comme on le voit dans Vivresse: il produit, en outre, l’inflammalion des tissus avec lesquels il a été mis en contact. .Son action délétère se manifeste aussi quand il est appliqué sur le tissu cellulaire de la partie interne des membres abdominaux : en effet, l’ivresse et la mort sont les résultats constants de cette application.

L’alcool n’est jamais employé en médecine à l’état de pureté , mais il fait partie d’une foule de-médicaments en usage ; tels sont les eaux spiritueuses aromatiques, les boissons vineuses, les teintures, l’alcool camphré. Les acides alcoolisés les plus employés sont Valcool sulfurique (eau de Rabel), composé de 32 grammes d’acide sulfurique à 66 degrés^ et de 96 grammes d’alcool à 36 degrés; Valcool chlorhydrique (esprit de sel dulcifié), composé de 32 grammes d’acide à 22 degrés, et de 96 grammes d’alcool à 36 degrés; Valcool azotique (esprit de nitre dulcitié) ^ composé de 32 grammes d’acide azotique à 35 degrés , et de 96 grammes d’alcool à 36 degrés. Ces divers alcools doivent être considérés comme des mélanges d’acide et d’alcool au moment de leur préparation , mais à la longue les deux substances qui entrent dans leur composition réagissent l’ime sur l’autre, et il se forme un peu d’éther : c’est ce qui arrive surtout à l’alcool azotique.

(1) Les autres huiles fixes sont trèS’peu solubles dans ce menstrue.

DE l’alcool de vin.

Alcoométrie. — L’alcool mêlé d’eau pouvant contenir une plus ou moins grande quantité de ce dernier liquide , il importe de savoir à l’aide de quels moyens on parvient à déterminer sa richesse. Valcoomètre de Gay-Lussac remplit parfaitement ce but. Le O” de cet instrument correspond à l’eau pure, et le 100® degré à l’alcool absolu; l’échelle est divisée en 100 parties égales. Il faut agir sur des liqueurs dont la température est de 15° ; à toute autre température, il faudrait faire des corrections , parce que l’alcool se dilate facilement , et que l’alcoomètre n’indique que des relations de volume et non de poids. Si les alcools que l’on essaie contenaient du sucre, des matières salines ou autres qui augmenteraient la densité, on conçoit que les résultats ne seraient plus exacts; dans ce cas, il faudrait distiller 300 ce. de cette liqueur, jusqu’à ce que l’on en eut recueilli 100 cc.; on procéderait alors sur celle-ci, à l’aide de l’alcoomètre, après l’avoir ramenée à la température de 15°. Les eaux-de-vie contiennent à peu près parties égales d’eau et d’alcool; les esprits renferment moins d’eau.

Préparation de l’alcool. J’ai, établi que l’alcool est le résultat de la fermentation spiritueuse ; donc le vin, le cidre, la bière, et toutes les liqueurs fermentées, doivent être plus ou moins propres à l’extraction de ce produit. Les vins les plus généreux en fournissent environ i/g de leur poids; il en est, au contraire, qui n’en donnent que V15; le cidre en fournit à peu près V30 et la bière, V20 environ.

Autrefois on préparait l’esprit-de-vin en distillant le vin dans des vaisseaux fermés jusqu’à ce qu’il n’en restât plus que la moitié dans la cucurbite de l’alambic ; le produit liquide obtenu dans le récipient , connu sous le nom d' eau-de-vie , et composé de beaucoup d’eau , d’une certaine quantité d’alcool, d’une matière biiileuse aromatique, etc., était distillé de nouveau, et fournissait un produit alcoolique plus fort ; celui-ci était distillé deux ou trois fois encore, et ce n’était qu’alors qu’il était converti en alcool pur. Dans ces opérations, la portion la plus volatile ou la plus alcoolique passait la première dans le récipient, avec un peu d eau, tandis que la majeure partie de ce dernier liquide restait dans la cucurbite : aussi se gardait-on bien de pousser trop loin la distillation, pour ne pas volatiliser cette portion aqueuse, qui aurait affaibli l’alcool i)ur déjà condensé dans le ballon.

Lait de la distillation a été singulièrement ])erfectionné depuis l’époque à laipielle Adam prouva qu’il était possible d’établir en grand un appareil piopre à fournir, dans une seule o])ération, de Valcool à un degré donné. MM. Bérard, Lenormant, Dii[)ortal, etc., en France, et M. Jordana, en Catalogne, se sont successivement occupés de simplifier et de

rendre plus économique le procédé qui fait tant d’iionneur à Adam , et que je vais décrire d’iine manière succincte, tel qu’il a été simplifié par M. Duportal (1). L’appareil se compose d’un alambic muni de son chapiteau, et de trois ou quatre grands vases de cuivre, communiquant entre eux au moyen de tubes également en cuivre ; un de ces tubes établit aussi la communication entre l’alambic et le premier vase. Cet appareil est par conséquent semblable à celui de Woulf, dont j’ai déjà parlé, et qui consiste en une cornue et en plusieurs flacons bitubulés, que l’on fait communiquer entre eux à l’aide de tubes recourbés. Voici les pi’incipes sur lesquels est fondé l’art de la distillation au moyen de cet appareil : l" la vapeur aqueuse ou alcoolique, en passant de l’état de gaz à l’état liquide, abandonne une très-grande quantité de calorique latent qui devient libre; T l’alcool est plus volatil que l’eau ; par conséquent, si on a un mélange de ces deux liquides, et qu’on 1 expose à une température qui ne soit pas très-élevée, il se vaporisera beaucoup plus d’alcool que d’eau.

Procédé. On met du vin dans la cucurbite et dans les deux premiers vases, jusqu’à ce qu’ils en soient presque remplis, et on fait bouillir celui (|ui est dans la cucurbite; la vapeur alcoolique et aqueuse formée se rend dans le premier vase, perd une grande quanlité de calori(iue, se condense, et chauffe le vin qu’il contient; bientôt celui-ci entre en ébullilion, donne naissance à de la vapeur qui va se condenser dans le second vase, dont le vin ne tarde pas à être chauffé, et même à éprouver une légère ébullition ; la vapeur alcoolique et aqueuse produite dajis ce second vase se rend dans le troisième, qui est vide, et passe à l’état liquide. Si on maintient ce dernier vase à une température peu élevée, l’alcool , beaucoup plus volatil que l’eau, se vaporise et vient se condenser dans le quatrième : à la vérité, il entraîne avec lui une certaine quantité d’eau. En maintenant ce quatrième vase à une température déterminée, on peut en retirer de l’eau-de-vie ou de 1 alcool plus concentré, suivant que la chaleur est plus ou moins forte. On fait passer la vapeur de cette eau-de-vie ou de cet alcool dans un serpentin plein de vin , où elle se condense; de là on la fait arriver dans un autre sei pentin rempli d’eau, pour la refroidir comj)létement et la soumettre à une autre distillation.

Lorsque le vin contenu dans l’alambic est privé de tout l’alcool qui

(1) Voyez les mémoires de M, Diiporlal {.Inn- de chim ), l’ouvrage qu a publié à ce sujet M. Lenormanl , les mémoires de Cliaptal , el celui de Uarboucll.

i)Ë l’alcool de Vin. 141

entrait dans sa composition, on le fait sortir par un robinet, et on fait arriver dans la cuciirbile celui qui se trouve dans le premier vase; A son tour, ce dernier est remplacé par celui du second , et celui-ci l’est par celui du serpentin, qui est déjà chaud; enfin on met du nouveau vin dans ce serpentin.

Baglioni , distillateur à Bordeaux, découvrit en 1813 un moyen de rendre cette distillation continue, avantage immense qu’obtint également Jordana, sans avoir connaissance du procédé employé par Baglioni.

L’alcool préparé par ce moyen n’est pas encore assez concentré pour certains usages auxquels on le destine en cliimie; il contient d’ailleurs assez souvent un peu d’acide acétique qui faisait partie du vin dont on l’a extrait. Pour le déphlegmer autant que possible et le priver de l’acide, on le fait digérer pendant douze heures sur de la chaux vive éteinte et calcinée jusqu’au rouge, afin de la priver d’eau ; puis on le distille; quelquefois aussi on se borne à lui enlever son excès d’eau en le laissant pendant vingt-quatre lieures en contact avec du chlorure de calcium ou de l’acétate de potasse, et en le distillant: on n’obtient alors, dans le récipient, que la portion la plus spiritueuse, surtout si on a fractionné les produits, et que l’on ait mis à part la première moitié volatilisée. Si, malgré ce qui vieni d’étre fait, l’alcool n’était pas encore anhydre, il faudrait y dissoudre une certaine quantité de potasse causiique fondue, et distiller à feu nu ou dans un bain de chlorure de calcium jusqu’à ce que les V4 de la liqueur eussent passé à la distillation.

On a proposé de rectifier l’alcool à froid, en le plaçant à l’abri du contact de l’air, dans un vase à large surface, près duquel on aurait mis un autre vase de même forme contenant de la chaux vive ou du chlorure de calcium. Des eaux-de-vie de 10 à 15 degrés ont été ramenées par ce moyen à 40 ou 42 degrés. On a encore essayé d’enlever l’eau à l’alcool rn l’enfermant dans une vessie exposée à l’air: par un effet d’exosmose toute l’eau tramssude à travers la vessie, et l’alcool se concentre; mais ^ il faut le dire, cet alcool, ayant dissous la graisse dont la vessie est imprégnée, n’est i)as pur. 11 serait à souhaiter que l’on pût parvenir à concentrer l’alcool par d’autres corps que les alcalis, qui, d’après iM. Hensmans, le décomposent. Quant au chlorure de calcium et à l’acélale de potasse, l’alcool les décompose en formant une petite quantité d’elher chlorhydrique ou d’éther acétique.

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