‹ Éléments de chimieChapitre 208 sur 378 · H6Ç4Q2 ^ HO . H5C4Q · texte numérisé non relu

H6Ç4Q2 ^ HO . H5C4Q

Alcool. Eau. ^ Éther.

Ce qui vient à l’appui de cette théorie , et ce qui prouve bien que l’acide sulfurique n’agit pas eu s’emparant de l’équivalent d’eau qui se forme, c’est que, 1° l’on peut élhérifier presque indéfiniment de l’alcool aqueux avec une même quantité d’acide sulfurique ; 2° l’on forme certains éthers composés, tels que l’éther butyrique, sous l’influence de l’acide sulfurique étendu de beaucoup d’eau; 3" la potasse, corps plus avide d’eau que l’acide sulfurique, ne donne jamais de l’éther quand on la distille avec de l’alcool ou lorsqu’elle est en contact avec les vapeurs de celui-ci à une température rouge (voy. p. 134).

On avait admis que l’acide sulfovinique, composé dé éther et d’acide sulfurique, qui se produit surtout quand on chauffe 1 partie d’alcool absolu et 2 parties d’acide sulfurique concentré, prenait naissance pendant l’éthérification, et se décomposait en éther et en acide sulfurique; mais il est difficile d’adopter qu’il se forme de l’acide sulfovini([ue à la même température à laquelle il serait décomposé; d’ailleurs les expériences suivantes prouvent que les choses ne se passent pas ainsi : 1® en faisant arriver des vapeurs d’alcool chauffées à 100“ et au-dessus, dans un ballon contenant de l’acide sulfurique bouillant, et assez étendu d eau pour qu il bouille à 145°, il passe constamment à la distillation un mélange d éther et d eau mêlé d’une petite quantité de vapeurs alcooliques; 2" Graham , après avoir enfermé dans des tubes des mélanges en proportions différentes d’acide sulfurique concentré et d’alcool d’une densité de 0,841, ajirès avoir scellé ces tubes et les avoir chauffés depuis 140“ jusqu’à 178°, a obtenu de l’éther sans distillation et sans formation cTacide sulfovinique, et il a conclu que la iiroduction de l’acide sulfovini((ue ne |)aiaît pas èire une gradation nécessaire [)our l’éthérification; il a vu en outie (|ue le procédé le plus avantageux consistait dans l’emploi du bisulfate de soude ou de l’acide sulfuriciue, mêlé à une grande jiro-

portion d’alcool et d’eau, ce qui est la condition la plus défavorable à la formation de l’acide sulfovinique; il paraît, au contraire, que la combinaison de l’alcool avec l’acide sulfurique, à l’état d’acide sulfovinique, diminue grandement les chances d’éthérification de l’alcool, car, lorsqu’on augmente la proportion d’acide sulfurique, ce qui tend à augmenter la proportion d’acide sulfovinique, la proportion d éther diminue rapidement. La conversion préalable de l’alcool en acide sulfovinique paraît donc être un obstacle plutôt qu’un auxiliaire à sa transformation en éther {Journ. de pharm., août 1850). 3" MM. Lhermite et Personne, en chauffant de l’acide sulfovinique pur dans des tubes scellés, et en opérant comme l’a fait M. Graham, n’ont pas obtenu la moindre trace d’éther 5 tandis que le savant anglais en a pioduit constamment en agissant sur des mélanges convenablement faits d alcool et d’acide sulfurique concentré.

Préparation de l’éther au moijen de l’acide phosphorique. On ihtioduit dans une cornue 1,000 grammes d’acide phosphorique pur concentré jusqu’en consistance sirupeuse*, on le chauffe jusqu’à 90 , et on fait arriver à travers, et goutte à goutte , 1,000 parties d’alcool à 40 degrés ; le mélange bouillonne avec force; une partie de l’alcool se volatilise, et va se condenser dans le récipient : on le sépare, et ce n est guèie que lorsque les trois quarts de l’esprit-de-vin ont été introduits dans la cornue que l’éther se forme et peut être recueilli dans le ballon. Suivant M. Boullay, on peut également obtenir une certaine quantité de cet élhei en distillant et en recohobant plusieurs fois de l’alcool à 40 degrés sur de l’acide phosphorique au degré de concentration dont j’ai parlé.

Préparation de l’éther au moyen de l’acide arsénique. On fait arriver goutte à goutte 500 grammes d’alcool à 40 degrés dans le fond d une cornue contenant 500 grammes d’acide arsénique, dissous dans 250 grammes d’eau distillée (l’appareil est le même que le piécédent), on chauffe; le mélange est fortement agité : presque les tiois quaits de l’alcool se volatilisent et se condensent dans le récipient , on les sépaie, et ce n’est qu’alors que l’éther commence à se former.

Préparation de l’éther au moyen de l’acide fluoborique. MM. ôhlei et Liebig proposent de distiller la gelée transparente et fumante qui est le résultat de la saturation complète de l’alcool absolu par le gaz fluoborique, puis de traiter par l’eau le liquide contenu dans le récipient.

On peut encore obtenir l’éther ordinaire en chauffant l’alcool avec les chlorures de zinCj dû étain, ùq potassium , etc.

DE l’Éther chlorhydrique.

DES ÉTHERS SIMPLES OU DU PREMIER GENPxE (préparés avec Valcool et un hydracide).

Ces éthers sont l’éther chlorhydrique, l’éther iodhydrique , l’éther bromhydrique, l’éther cyanhydrique, l’éther sulfhydrique, l’éther sélenhydrique et l’éther tellurhijdrique ; ils sont formés, comme je l’ai dit, des mêmes éléments que l’éther ordinaire, si ce n’est que la molécule d’oxygène est remplacée par une molécule de chlore, d’iode, de brome, de soufre, de cyanogène, etc.

H^C^Cl

H^cn H^C'Se H=^C^Br H^^C^Te H^C^Cy

De l’éther chlorhydrliiue. H^C^Gl.

Cet éther peut se présenter sous deux états : au-dessus de 11® therm. c. , il est gazeux; à 11° et au-dessous, il est liquide, pourvu que la pression de l’atmosphère soit de 76 centimètres. A l’état de gaz, il est incolore, doué d’une odeur forte, semblable à celle de l’éther ordinaire, et d’une saveur légèrement sucrée: il n’agit point sur Vinfusum de tournesol ni sur le sirop de violettes : le poids spécifique de sa vapeur est de 2,234 ; sa puissance réfractive est de 3,72.

A l’état liquide, il est incolore, d’une odeur vive, un peu alliacée, d’une densité de 0,921 à 0°; il bout à 11° c.; aussi suffit-il de le verser sur la main pour le faire entrer en ébullition. Si on le fait passer lentement à travers un tube chauffé au rouge blanc, rempli de fragments de porcelaine, pour que la surface se trouve augmentée et la chaleur également distrihuée, on le décompose en totalité, et l’on obtient, suivant les expériences de MM. Colin et Robiquet, un gaz composé en volume de 36,79 d’acide chlorhydrique et de 63,21 de bicarbure d’hydrogène: il ne se produit point d’eau ni d’acide carbonique, et il ne se dépose pas de charbon. S’il est en contact avec le gaz oxygène ou avec l’air et un corps enflammé, ou bien si l’on y fait arriver une étincelle électrique, il absorbe l’oxygène, se décompose, produit une flamme verte, et se transforme en eau, en gaz acide chlorhydrique , et en gaz acide carbonique. Si l’expérience se fait dans des vaisseaux fermés, et que l’on emploie 3 parties d’oxygène contre 1 d’éther, il y a une vive détonation , et l’instrument est brisé.

Le chlore n’agit pas sur lui dans l’obscurité; mais sous rintluence, : d’une vive lumière, au soleil par exemple, il le décompose en se sub- ' stituant à l’Iiydrogène, et le transforme en éther chlorhydrique mono- i chloré, H'^C'^Cl^, offrant la même composition que la liqueur des Hollandais (voy. p. 249 du (. I), dont il diffère cependant parce qu’il bout à 04°, et parce qu’il ne fournit pas , avec la dissolution alcoolique de potasse, du bicarbure d’ hydrogène monochloré , etc. En traitant successivement l’éther chlorhydrique monochloré par de nouvelles quantités de chlore, sous l’influence de la lumière solaire, on obtient, d’après M. Régnault :

1° L’élher chlorhydrique bichloré. . . i.vomdrc avec la liqueur des Hol-

landais monochlorée;

2“ L’éther chlorhydrique trichloré. . tvomè/’e avec la liqueur des Hol-

landais bichlorée ;

3“ L’éther chlorhydrique quadrichloré, U C^Cl®, isomère avec la liqueur des Hollandais trichlorée;

4° L’éther chlorhydrique perrhloré. . C^Cl®, identique avec la liqueur perchlorée des Hollandais ou le sesquichlorure de carbone cristallisé.

Il est à remarquer que les éthers chlorhydriques bichloré, trichloré et quadrichloré, diffèrent complètement, par leurs propriétés pliysiques, des produits isomères qui sont le résultat de l’action du chlore sur la liqueur des Hollandais; ainsi le premier bout A 75°, tandis que l’isomère provenant delà liqueur des Hollandais n’entre en ébullition qu’à 115°; l’éther tnc/îioré bout à 102°, et l’isomère à 135°; l’éther quadrichloré bout à 146°, et l’isomère à 153°; ils en diffèrent également par leurs propriétés chimiques. Quoiqu’il en soit, si la densité, le point d’ébullition et la densité de vapeur des éthers chlorhydriques chlorés, augmentent avec la proportion de chlore, leur molécule ne change pas, car la condensation reste toujours la même; les formules correspondent toutes à (juatre volumes de vapeur.

L’eaw à 0° peut dissoudre V50 de son poids d’éther chlorhydrique ; la saveur du solutum est sucrée. Les acides sulfurique, azotique et hypoazotique, ne le décomposent qu’à l’aide de la chaleur, et ils en dégagent du gaz acide chlorhydrique. L’acide sulfurique an/jydre en absorbe une très-grande quantité, et donne un liquide fumant à l’air, que la chaleur décompose facilement. La potasse, la soude et Vammoniaque, n’agissent sur lui qu’après quelques jours de contact, et donnent lieu à des chlorures et à de l’alcool; la décon)position est immédiate si l’alcali est dissous dans l’alcool. Vazotate d’argent et Vazotate de protoxyde de mer-

DE l’Éther iodhydrique. 153

ure, qui jouissent de la propriélé de décomposer sur-le-champ l’acide îhlorhydrique, et de lui enlever l’hydrogène, ne décomposent cet éther ju’au bout de quelques heures ; alors seulement il se dépose une petite (uantilé de chlorure d’argent ou de protochlorure de mercure; la déîomposilion n’est même pas complète au bout de trois mois, comme l’a )i'ouvé M. Thénard : mais si on met le feu au mélange d’éther et de ,’un ou de l’autre de ces sels, il se forme dans le même instant une :rès-grande quantité de chlorure, qui annonce que la décomposition sst subite. L’alcool dissout très-bien l’éther chlorhydrique, et le solutum est décomposé par l’eau, qui s’empare de l’alcool.

L’éther chlorhydrique se combine avec les perchlorures d’étain, d’an- '.inioine, de fer, etc., et donne des produits que l’on peut considérer comme des éthers composés de cet éther simple.

Préparation. L’appareil dont on se sert pour préparer l’éther chlorhydrique se compose d’une cornue de verre à laquelle est adapté un tube de Welter, qui va plonger au fond d’un flacon à trois tubulures A, à moitié rempli d’eau et placé dans un vase B, contenant de l’eau A 25" (voy. pl. 1 , fig. 4) ; de ce flacon, part un tube recourbé qui se rend dans une longue éprouvette F, sèche, vide, et entourée de glace; la troisième tubulure du flacon A reçoit un tube de sûreté droit; l’éprouvette F est fermée par un bouchon percé d’un trou , par lequel s’échappe l’éther, qui ne peut pas se condenser.

On introduit dans la cornue parties égales d’alcool et d’acide chlorhydrique concentrés, on lute les jointures , et on chauffe graduellement le mélange jusqu’à l’ébullition; l’élher se forme et arrive, avec une portion d’acide et d’alcool , dans le flacon -4 , contenant de l’eau; celle-ci dissout l’acide et l’alcool, tandis que l’élher va se condenser dans l’éprouvette F. L’opération doit être conduite de manière que les bulles ne se dégagent ni trop lentement ni trop rapidement dans le flacon A. Pour obtenir l’éther chlorhydrique gazeux, il suffit d’en introduire un peu à 1 état liquide dans une éprouvette pleine de mercure, et renvei'sée sus la cuve de ce métal : il se transformera en gaz à la température de

De réthcr Iodhydrique. IFCH.

Il est liquide, transpaient, incolore, doué d’une odeur forte, analogue A celle des autres éthei-s; son poids si)écifique, A 22",3 th. c. , est de 1,9208. Il pi end, au bout de quel(|ues jours, une couleur rosée <|ui dépend d une certaine quantité d’iode mis A nu ; mais la potasse et la soude

iô4 DEUXIÈME PARTIE.

le décolorent sur-le-champ en s’emparant de l’iode. 11 entre en ébulli- i tion à la température de 70°. Soumis à l’action du calorique dans un ' tube de porcelaine incandescent, il se décompose et fournit, d’après Kopp, un composé, Il n’est point inflammable; mis sur les

charbons ardents, il exhale des vapeurs pourpres. Le chlore le transforme en élher chlorhydrique (Pierre). 11 est inaltérable par la potasse et par les acides azotique et sulfureux. L’arsenic le décompose rapidement à environ 160°; il se forme un liquide rouge de sang, qui par le refroidissement se prend en beaux cristaux formés probablement par de l’iodure d’arsenic. L’étain le décompose aussi. Le fer, le plomb et le cuivre, l’altèrent à peine à 200°. Le zinc forme avec lui duzincoéthyle, H^C4Zn,H0, moins volatil que le zincométhyle, et susceptible de décomposer l’eau (voy. Ether méthyliodhxjdrique).

Préparation. On introduit dans une cornue tubulée 5 parties d’alcool à 38 degrés, et deux parties de phosphure d’iode concassé (ce phosphore est préparé avec 10 parties d’iode et 1 de phosphore); on ajoute une certaine quantité d’iode, que le contact du phosphure fait disparaître en le convertissant en acide iodhydrique (1); on adapte le récipient, et l’on cliauffeà feu nu pour porter A l’ébullition ; on obtient dans le récipient un liquide alcoolique incolore, qui, par l’addition de l’eau, laisse précipiter, sous forme de petits globules, un liquide d’abord laiteux, mais qui ne tarde pas à devenir transparent ; ce liquide est l’éther iodhydrique ; il suffit de le laver avec de l’eau pour l’avoir pur. Le premier alcool étant épuisé, on peut en verser sur le résidu de la cornue une nouvelle quantité équivalente à un tiers de ce qu’on a mis la première fois (Sérullas).

DU STIBÉTHYIiE. H' *0**81} .

MM. Lœwig et Schweitzer viennent de découvrir ce nouveau radical organique , contenant de l’antimoine, en faisant agir sur l’éther iodhydrique un alliage de 88 parties d’antimoine et de 12 parties de potassium. On peut le considérer comme du gaz hydrogène anlimoiiié dans lequel les 3 équivalents d’hydrogène sont remplacés par 3 équivalents de H^C'î (éthyle). Par sa composition et par ses propriétés, le stibéthyle se rapproche beaucoup du cacodyle (voy. ce mot), et des bases

(1) L’eau de l’alcool se décompose, sou oxygène forme de l’acide phosphoreux avec le phosphore, tandis que l’hydrogène fait passer l’iode à l’état d'acide iodhydrique.

DU STIBÉTIIYLE.

‘écoiiverles par M. Paul Thénard (voy. Journ. de pharni.) oct. 1850).

Il est liquide, transparent, très-mobile, fortement réfringent , d’une uieur alliacée fugace, plus pesant que l’eau. II bout à 150°,5, à la )ression de 730"””. Il n’est pas soliditié à 29° — 0°. Une baguette jui en est imprégnée répand à l’air des vapeurs épaisses, et au bout le quelque temps la goutte finit par s’enflammer et brflle avec une lanime blanche éclatante- A la température ordinaire, il se combine 3U dégageant de la chaleur avec 2 équivalents d’oxygène, de soufre, de sélénium, et avec d’autres corps halogènes; les composés qui en résultent correspondent tout à fait à ceux que forme un radical minéral. 11 tombe au fond de l’eau sans s’y dissoudre; il est très-soluble dans l’alcool et l’éther.

Lorsqu’on le fait arriver, sous forme de vapeurs, dans un ballon, il ?e condense en un corps blanc pulvérulent, soluble dans l’eau, possédant les caractères d’un acide faible, d’une saveur très-amère, et insoluble dans l’éther, et en une masse transparente, incolore, visqueuse, soluble dans l’éther. L’acide azotique étendu, chauffé avec le stibéthyle, le dissout et l’oxyde ; en évaporant la dissolution , on obtient de beaux cristaux transparents et incolores.

Dans certaines circonstances, que MM. Lœvig et Schweitzer n’ont pas encore fait connaître, le stybéthyle perd 2 équivalents de HSC'*, et se transforme en un nouveau radical, H^C^Sb, V éihylstihyle , susceptible de se combiner à 5 équivalents d’oxygène, de soufre, de chlore, etc.

Préparation. On place dans un petit ballon un alliage de 88 parties d’antimoine et de 12 de potassium , et on l’humecte avec l’élher iodhydrique; la chaleur qui se dégage fait volatiliser une certaine quantité d’éther; dès que ces vapeurs sont dégagées, on adapte au petit ballon un appareil de condensation ; c’est une large éprouvette dans laquelle on introduit un ballon rempli en partie d’alliage de potassium et d’antimoine; le bouchon qui ferme cette éprouvette est percé de trois trous; le premier donne passage à un tube qui amène^de l’acide carbonique sec au fond de l’éprouvette; un second tube laisse échapper le gaz acide carbonique; tandis qu’un troisième tube, recourbé et plongeant dans le ballon récipient, livre passage aux vapeurs qui doivent s’y condensei. On chauffe le petit ballon, dans lequel la réaction entre l’élher et 1 alliage s accomplit rapidement lorsqu’on chauffe avec une lampe à espiit-de-vin; aussitèt qu’elle est terminée, on remplace le petit ballon pai un autre, et on continue ainsi jus(iu’A ce qu’il se soit rassemblé dans le ballon récipient une quantité suffisante de liquide- On laisse leposer pendant quelques heures, et puis on rectifie ce liquide dans le

ballon même, en employant une disposition analogue à celle qui vient d’être décrite.

Comme l’éther iodhydrique agit avec une grande violence sur l’alliage, il importe d’ajouter du sable, d’opérer sur de petites quantités, et d’employer un grand excès d’alliage. Il faut aussi éviter avec soin l’accès de l’air.

Oxyde de stibéthyle, Hi5Ci2Sb^02. — Il est sous forme d’une masse visqueuse, non cristallisée, limpide, d’une saveur très-amère, fixe, inallérableà l’air. Chauffé, il dégage des vapeurs blanches Inflammables, contenant la majeure partie de l’antimoine, et laisse du charbon antimonié. L’acide azotique le décompose avec déflagration. L’acide sulfurique concentré le dissout sans altération. Le gaz chlorhydrique sec, ainsi que les acides bromhydrique et iodhydrique, le décomposent et donnent de l’eau et du chlorure, du bromure ou de Tiodiire de sttôeV thyle. L’acide sulfhydrique le décompose, sans le précipiter; si l’on évapore la dissolution , on obtient du sulfure de slibéthyle cristallisé. Le potassium le réduit et sépare le stibéthyle.

Préparation. On décompose le sulfate d’oxyde de stibéthyle par la baryte ; on évapore au bain-marie jusqu’à siccité; on traite par l’alcool, qui dissout un composé d’oxyde de stibéthyle et de baryte; à l’aide d’un courant de gaz acide carbonique, on précipite la baryte de ce composé; on filtre, et en faisant évaporer la dissolution alcoolique filtrée, on obtient l’oxyde.

Sels de stibéthyle. — Sulfure, Ht^Ct^Sb, S^, Il esten aiguillesblanches soyeuses ,' d’une saveur amère un peu sulfureuse, d’une odeur désagréable, analogue à celle du mercaptan (voy. p. 158) ; il fond à 100®; il est facilement soluble dans l’eau, l’alcool et l’éther; sa dissolution aqueuse précipite la plupart des sels métalliques, et se comporte comme une dissolution de sulfure de potassium ; il est décomposé par le potassium et le sodium, qui lui enlèvent le soufre. On l’obtient en faisant bouillir une dissolution éthérée de stibéthyle avec du soufre sublimé et desséché; la dissolution se prend en masse par le refroidissement.

lodure, Ht5Ct2 sb, P. — H est en aiguilles incolores transparentes, fusibles à 70°.5, pouvant être sublimées à 100®, et décomposables au delà de cette température, en répandant des vapeurs blanches épaisses. II est (rès-solublc dans l’eau , l’alcool et l’éther. L’acide azotique en déplace l’iode. L’acide sulfurique concentré en dégage de l’iode et de facide iodhydricpie, et il se forme de l’acide sulfureux. On l’obtient en ajoutant de l’iode à une dissolution alcoolique de stibéthyle refroidie par un mélange réfrigérant.

DE L'ÉniER BROMHYDRIOUÈ.

liromuTe , Br^. — Il est liquide, incolore, d’une densité

de 1,953 à 17“ A — 10°, il se prend en une masse blanche cristalline. 11 est insoluble dans l’eau, landis que l’alcool et l’éther le dissolvent facilement. 11 est inflammable, et ne se volatilise pas. On l’obtient en mêlant des dissolutions alcooliques dé brome et de stibéthyle, et en précipitant par l’eau; si on mêlait le brome avec du stibéthyle, il y aurait une vive inflammation.

Chlorure J Hi^C^^Sb, CP.-- Il est liquide, incolore, fortement réfringent, d’une odeur d’essence de térébenlhine, d’une saveur amère, <rune densité de 1,540. A —12’, il est encore liquide. Il est insoluble dans l’eau ; l’alcool et l’éther le dissolvent facilement. On l’obtient en précipitant une dissolution d’azotate de stibéthyle pur par l’acide chlorhydrique concentré.

Sulfate d’oxyde de stibéthyle , H^^Ct^Sb, 0^, 280^. — Il est en petits cristaux d’une saveur amère, fusibles, au delà de 100“, en un liquide incolore, solubles dans l’alcool , prescjne insolubles dans l’éther, et décomposables par l’acide chlorhydrique, qui forme du chlorure de stibéthyle. On l’obtient en décomposant le sulfure par le sulfate de bioxyde de cuivre; la liqueur filtrée, et évaporée au bain-marie jusqu’à consistance sirupeuse, laisse déposer ce sel.

Azotate d’oxyde de stibéthxjle , 10^0*^81) , 0^, 2AzO^. — Il est en beaux prismes rhomboidaux, d’une saveur amère, fusibles à 62°, 5, en un liquide incolore qui se]yend en une masse blanche cristalline à 57°-f-0“; quand on le chauffe, il brfile avec déflagration, comme un mélange d’azolate de potasse et de charbon. Il se dissout très bien dans l’eau, moins bien dans l’alcool, et moins encore dans l’éther. L’acide sulfurique concentré en sépare l’acide azotique, et l’acide chlorhydrique le transforme en chlorure de stibéthyle. On l’obtient en saturant l’oxyde par l’acide azotique, ou en dissolvant le stibéthyle dans ce même acide; dans ce dernier cas, il se dégage dé l’acide hypoazotiqiie sous forme de vai)eurs rutilantes.

De réther i>roniliy(li'if|iic. IPC^Br.

J1 est incolore et transparent après un long repos, d’une odeur forte et éthvrée, d’une saveur piquante, et d’une densité de 1,473 à 0“. Il bout à 4t"et se décompose au rouge sombre. Il se dissout dans l’alcool, d’où il est piécipilé pai 1 eau. Il ne change pas de couleur, comme le j)récédent, lor.squ’on le conserve sous l’eau. On l’obtient par un procédé analogue à celui qui fournil l’éther iodhydrique, en traitant 40 parties

d’alcool par une partie de phosphore et 7 à 8 parties de hrome (voyez j Sérullas, Ann. de chim. et dephxjs., l. XXXIV).

De l’éthev cyanhydrique. H®C*Cy.

Il a été découvert en 1834 par M. Pelouze. Il est liquide, incolore, d’une odeur alliacée très-forte, d’une densité de 0,78. Il bout à 82“ ; l’eau le dissout à peine, mais il est très-soluble dans l’alcool et dans l’éther sulfurique. Il ne trouble pas la dissolution d’azotate d’argent s’il ; .! est pur; il n’est décomposé par le solutum de potasse qu’autant que celui-ci est très-concentré. L’oxyde de ‘mercure le décompose facilement, et il se forme du cyanure de mercure , de l’acide chlorhydrique, et de l’alcool.

On l’obtient en chauffant légèrement un mélange de parties égales de cyanure de potassium et de sulfovinate de baryte ; on lave le liquide distillé avec quatre ou cinq fois son volume d’eau, pour lui enlever l’acool et l’acide cyanhydrique qu’il peut contenir; on le maintient pendant quelque temps à la température de 60° à 70“, et enfin on le distille sur du chlorure de calcium IJourn. de pharm., juillet 1834). Il est trèsvénéneux.

De l’éther sulfhydrique.

Il est liquide, incolore, d’une odeur alliacée pénétrante, d’une densité de 0,825 ; la densité de sa vapeur est de 3,138. Il bout à 73“ ; l’eau en dissout à peine , tandis qu’il est très-soluble dans l’alcool. Traité par le chlore, il donne un produit huileux très-fétide, HC^GHS. On l’obtient par double décomposition, en traitant l’éther chlorhydrique par du monosulfure de potassium dissous dans l’alcool; on distille au bout de 24 heures ; le liquide volatilisé contient cet éther , de l’alcool , et de l’éther chlorhydrique; on l’agite avec de l’eau, qui dissout ces deux corps; l’éther sulfhydrique surnage; on le décante avec une pipette, et on le distille sur du chlorure de calcium , en ayant soin de rejeter les portions qui passent les premières, parce qu’elles peuvent contenir de l’éther chlorhydrique (Régnault). Voici comment on peut représenter la réaction :

HSC^Cl KS KCl H°CiS

Élher clilorliydriquc. Wonosulfurc. Clilorurc. Klhcr sulfhydrique.

Alcool sulfhydrique ou mercaptan {mercurium captans, parce qu’il se

DE l’Éther sulfhydrique. 159

combine facilement avec le, bioxyde de mercure), On obtient

ce corps en distillant une dissolution alcoolique de sulfhydrate de monosulfure de potassium à travers laquelle on a fait passer de l’é- Iher chlorhydrique; en comparant sa composition à celle de l’alcool de vin, H^C^O^, on voit que les deux équivalents d’oxygène de celui-ci ont été remplacés par deux équivalents de soufre. On le prépare aussi en distillant au bain-marie un mélange de sulfhydrate de monosulfure de potassium dissous et d’une dissolution concentrée de sulfovinate de chaux. Le produit qui distille contient un excès d’acide sulfhydrique, d’alcool et d’eau , dont on le sépare en le soumettant à une nouvelle distillation sur de l’oxyde de mercure, et en le faisant digérer sur du chlorure de calcium.

Valcool sulfhydrique est un liquide incolore, très-fluide, d’une odeur d’oignon pénétrante et insupportable, bouillant à 36°; sa densité est de 0,842 à 15° ; il se solidifie vers — 22°. Il est insoluble dans l’eau, inflammable, et soluble dans l’alcool et dans l’éther.

Il dissout bien le soufre, le phosphore et l’iode. Lorsqu’on le traite par les oxydes métalliques , l’hydrogène de l’acide sulfhydrique est remplacé dans la combinaison par un équivalent de métal , et il se forme un équivalent d’eau; on donne aux combinaisons produites le nom de mercaptides {alcools sulfométalliques)\ mais, chose remarquable, l’affinité du mercaptan pour les sulfures métalliques est en raison inverse de l’affinité qu’ont les métaux de ces sulfures pour l’oxygène : c’est ainsi que la potasse et la soude n’exercent point d’action sensible sur lui , tandis que les oxydes de mercure et d’or sont instantanément transformés en sulfures métalliques , avec lesquels il se combine.

Lorsqu’on verse, peu à peu, une dissolution alcoolique de mercaptan sur du bioxyde de mercure, la température s’élève, et il se forme une substance blanche, H^C'^S, HgS, fusible vers 85°, et décomposable audessus de 120°; l’acide sulfhydrique la transforme en sulfure de mercure et en mercaptan.

L'alcool sulfhydrique, chauffé avec du potassium , donne de l’hydrogène et de l’alcool sulfopotassique, H^G^S, KS. Le mercaptan est sans usages.

M. Pyrame Morin a obtenu un éther bisulfuré sulfhydrique, en distillant du sulfovinate de potasse avec du sulfure de potassium.

Ce corps avait été déjà entrevu par M. Zeize, qui lui avait donné le nom de thialoel.

IGO

î)EüXÎÈMii PAtlTlE-

De l’éther séleiihyilritiiie.

On l’obtient en distillant un mélange de parties égales de siilfovinale de potasse et de séléninre de potassium. 11 est peu connu. On prépare aussi un mercaptan sélénié , H^C^Se, H Se, en distillant du sulfovinate de chaux avec du séléninre de potassium. Ce mercaptan est incolore, très-fluide, d’une odeur désagréable, plus pesant que l’eau, qui ne le dissout pas. Il se combine avec le mercure.

De l’éther telliirhy(lrlc|iie. H^C^Te.

Il est liquide, jaune rougeâtre, plus dense que l’eau; il bout audessus de 100°, et s’oxyde lentemeni à l’air en déposant de l’acide tellureux. On l’obtient en distillant un mélange de tellurure de potassium et de sulfovinate de baryte. Il est très-vénéneux.

DES ÉTHEPiS COMPOSÉS OU DU SECOND GENRE.

Ces éthers, ainsi que je l’ai dit à la page 142, sont neutres ou acides.

DES ÉTHERS COMPOSÉS NEUTRES

Ces éthers sont formés d’éther ordinaire, H^C^îO, et d’un oxacide: ce sont les éthers sulfurique ordinaire neutre, sulfureux, azotique, osoieux , perchlorique , borique, silicique, carbonique, chloroxycarbonique , acétique , formique , benzoïque, oxalique, citrique, tartrique, mucique, vinosalicylique, cyanurique, cxjanique, nitrobenzoique, cinnamique, cuminique, tholuïque, nitrotholuïque, anisique, phénique, œnanthique et camphorique.

De l’éther suiriirique neutre. IPC^O, SO’.

Il est liquide, oléagineux, inodore, d’une saveur âcre, brillante, d’une odeur de menthe iioivrée, et d’un poids spécifique de 1,120. A la température de 140", il se décompose en alcool , en gaz acide sulfureux, et en bicarbure d’hydrogène. L’eau le transforme en acide métbionique,

1)E l’Éther azotique. 161

en acide isélhinnique, et en acide sulfoviniqiie. On l’oblienl en faisant réagir l’acide sulfurique anhydre sur l’éllier ordinaire, H^C'^O.

De l’éther snlfiirenT. IPC^O, SO®-

Il est liquide, incolore, d’une odeur de menthe, d’une densité de 1,085; il bout à 160", 3. 11 brdle avec une flamme bleuâtre, et il est décomposé par l’air humide. Il fournit avec le chlore des cristaux de sesquichlorure de carbone, et un mélange d’acide chlorosulfurique et d’aldéhyde perchloré. On l’obtient en versant de l’alcool sur du protochlorure de soufre; le mélange s’échauffe, il se dégage de l’acide chlorhydrique, et il se dépose du soufre; on distille; il passe d’abord de l’alcool, puis l’éther sulfureux, lorsque la température a atteint 170°.

De rélher azotique. H®C*0, Azü^.

11 est liquide, d’une odeur douce et suave qui ne rappelle aucunement celle de l’éther décrit jusqu’à présent sous le nom d'éthernitreux ; sa saveur, très-sucrée, laisse un arrière-goiit d’amertume légère; sa densité, plus forte que celle de l’eau , est de 1,112 à -j- 17°. Il entre en ébullition à 85°. Il s’enflamme et brûle avec une flamme blanche trèsprononcée. Il se décompose à une température un peu supérieure à son point d’ébullition. Il dissout l’iode, et acquiert une belle colovation violette. Il est complètement insoluble dans l’eau , tandis qu'il se dissout en toute proportion dans l’alcool, d’où il est facilement précipité par une petite quantité d’eau. Il est détruit par l’acide azotique concentré, sans que l’on puisse obtenir de l’acide azotovinique ni des azoiovinates. L’acide chlorhydrique le décompose, et forme de l’eau régale. L’acide sulfurique à un équivalent d’eau di-sout le quart de son poids de cet éther, sans aucun phénomène apparent dans le principe, si l’on ajoute l’éther peu à peu; mais au bout de quelques instants, le mélange répand des vapeurs d’acide azotique, et un peu |)liis tard il se fait im grand échauffement de la liqueur avec production de gaz bioxyde d’azote; l’acide sulfurique noircit, et tout l’éther .se trouve détruit. Une solution aqueuse de potasse causti(|ue concentrée est sans action sur 1 éther azoti(|ue; mais une solution alcoolique le décompose même à fioid, et Ion obtient des cristaux abondants d’azotate de ))otasse, sans le moindre mélange d’Iiypoazolate. 11 a été découvert par M. Millon,

Préparation. On introduit dans une cornue 75 grammes d’acide azo» IL U

tique pur, autant cFalcool à 35 degrés, et 1 ou 2 grammes d’azotate d’urée; on ne doit pas agir sur des quantités plus fortes. On chauffe doucement; le premier produit -de la dislillafion ne contient que de l’alcool affaibli ; mais bientôt l’éther azotique s’annonce par une odeur particulière, et en ajoutant de l’eau au produit distillé, l’éther se précipite; plus tard, cet éther est si abondant qu’il forme une couche plus dense dans le récipient même. Si l’on pousse la distillation Jusqu’à ce qu’on ait chassé tout le mélange d’alcool et d’acide de la cornue qui le contient, on retombe tout à fait, à la fin de l’opération , dans les réactions tumultueuses de l’alcool; mais en s’arrêtant lorsqu’il ne reste plus que le huitième environ du mélange, V azotate d’urée est à peu près intact, et il ne tarde pas à se déposer au milieu du résidu fortement acide ; ce résidu peut servir à une seconde, à une troisième, et même à une quatrième distillation. Quelle est rinterveiition de l’azotate d’urée? Si l’on veut avoir de l’éther azotique, dit M. Millon, il faut^ éviter la présence de l’acide azoteux ; car celui-ci transformerait les éléments de l’alcool en plusieurs produits, parmi lesquels dominerait l’éther désigné jusqu’à présent sous le nom d’éther nitreux: or l’urée a pour but de réagir sur l’acide azoteux en produisant des volumes égaux d’azote et d’acide carbonique {Ann. de chim. , juin 1843).

Le liquide décrit jusqu’à ce jour sous le nom d’éther nitreux, obtenu en chauffant, dans un appareil de Woiilf, parties égales en poids d’alcool d’une densité de 0,85 et d’acide azotique à 32 degrés, est un composé multiple dont la préparation n est pas sans dangei , a moins que l’on ne prenne de grandes précautions qu’il me paraît inutile d’indiquer.

De l’éthcr aasotcux. AzO®.

11 est incolore, d’une odeur de pomme de reinette, d’une densité de 0,886. Il bout à 21“-j-0'». Il se décompose spontanément, en dégageant du gaz bioxyde d’azote; ce dégagement occasionne souvent la luptiue des flacons dans lesquels on conserve cet éther. On l’obtient en versant avec précaution dans un flacon 1 partie en volume d’alcool à 0,85, puis 1 partie d’acide azotique à 4 équivalents d’eau; le flacon doit être imparfaitement bouché, afin que les gaz puissent se dégager; après deux ou trois jours d’exposition dans un endroit froid , on décante la couche supérieure, qui contient beaucoup d’éther azoteux; on agite celle-ci avec une dissolution étendue de potasse caustique; on la décante de nouveau , et on la laisse pendant quelque temps sur du chlorure de

DES ÉTHERS SILICIQÜES.

calcium ; on la décante de nouveau, et on a l’éther; si l’on opérait à chaud ou avec de l’acide ordinaire et de l’alcool, la réaction serait tellement tumultueuse, qu’il pourrait y avoir explosion.

De l’éther perchloriiiue. CIO’.

Il est liquide, d’une odeur agréable, d’une saveur piquante, plus dense que l’eau, bouillant au-dessus de 100°; il détone avec violence, souvent spontanément, et, à plus forte raison, par l’action de la chaleur ou par le frottement. On l’obtient en distillant un mélange de sulfovinate de potasse et de perchlorate de baryte.

Des éthers lioriques.

II existe deux éthers boriques, d’après MM. Ebelmen et Bouquet. Le premier, découvert par M. Ebelmen = H^C^O, 2Bo3, est sous forme d’un verre transparent, qui se ramollit assez entre 40° et 50° pour qu’on puisse le tirer en fils ; son odeur est faiblement éthérée, et sa saveur brûlante; vers 200°, il donne des vapeurs blanches; à 300°, il se décompose et dégage de l’alcool et du bicarbure d’hydrogène gazeux. Il brûle avec une belle flamme verte, due à l’acide borique. L’eau bouillante le transforme en alcool et en acide borique. 11 est très-soluble dans l’alcool et l’éther; ces dissolutions additionnées d’eau se prennent en masses gélatineuses. On l’obtient en chauffant, entre 100° et 110°, un mélange de parties égales d’acide borique fondu et d’alcool anhydre; la masse qui reste dans la cornue étant traitée par l’éther, et la dissolution éthérée étant évaporée, on a un produit, lequel, étant chauffé dans un bain d’huile jusqu’à 200‘% constitue l’éther borique.

L’autre éther, 6H5G’îO,Bo3, est liquide, incolore, d’une saveur chaude et amère, d’une densité de 0,8849 à 0°; il bout à 119°. OnJ’obtient en faisant agir l’alcool sur du chlorure de bore.

Des» éther» sillclciucsi.

M. Ebelmen a fait voir qu’en traitant le ehlorure de silicium par l’alcool , on obtenait trois éthers dans lesquels les proportions d’acide silicique croissent comme 1, 2, 4, pour une proportion d’éther, H^C^O.

Éther silicique SHSG'îO, SiO^. — Il est liquide, incolore,

tiansparent, d une odeur agréable, d’une saveur poivrée, et d’un poids si)écifiquede0,933 à20°-l-0°. U bout entre 102° et 163°; il brûle avec

1G4 Deuxième partie. ;

une flamme blanche, et laisse de l’acide silicique. Il est soluble en tontes proportions dans l’alcool et l’éther; l’eau ne le dissout point, mais au !

bout d’un certain temps elle en détermine la décomi)osilion en alcool et |

en acide silicique. j

3 H5Ç4Q, SiQ3 3 HO SiQ3 3H6C^Q2

Etiier silicique. ^ Eau. Acide silicique. Alcool.

Exposé à l’air humide, il se solidifie en une masse transparente d’a- '

eide silicique hydraté , qui durcit assez avec le temps pour rayer le verre.

On remarquera que, tandis que les éthers composés du groupe dont je parle contiennent 1 équivalent d’éther et 1 d’acide, celui-ci contient \

3 équivalents d’éther. ■

On l’obtient en versant avec précaution de l’alcool absolu sur du , chlorure de silicium, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de gaz acide | chlorhydrique; on distille; il passe d’abord de l’éther chlorhydrique; ; quand la température est entre 160® et 170", le produit distillé est presque entièrement formé par l’éther silicique tribasique.

Éther sesquibasique , SH^C'^O, 2Si03. — Il est incolore, à peine sapide t

et odorant, d’une densité de 1,079, moins combustible et moins facile |

à décomposer par l’eau que le précédent, insoluble dans ce liquide, très-soluble dans l’alcool et l’éther. On l’obtient en distillant à 350® un mélange de chlorure de silicium et d’alcool contenant 16 pour 100 d’eau.

^i l’on disliliaituhe dissolution d’éther tribasique dans l’alcool trè.s-concentré, l’alcool se volatiliserait entre 90" et 100"; le liquide qui passerait dans le récipient, à la température de 350", traité par l’eau, donnerait de l’éther sesquibasique et de l’alcool, par suite de la réaction suivante .

2 (3H5C40,Si03) 3 HO „ 3H5C-'tQ,2SiQ3 3H6G^Q2

2 (Vclhcr sil. tribasique. ^ Eau. Éllicr sesquibasique. Alcool.

Éther silicique avec excès d’acide silicique, 3H5 C^O, 4Si 03. — H est solide , transparent, d’une couleur ambrée, inaltérable à l’air; il se lajnollit à peine à 100°; chauffé plus fortement, il se transforme en acide silicique et en éther sesquibasique qui distille. On l’obtient en ajoutant un peu d’alcool aqueux à l’éther sesquibasique et en chauffant; létiiei avec excès d’acide silicique reste dans la cornue.

DE l’Éther chloroxycarbonique.

Do réthcr carboulfiiie. H^C^O, CO*.

Il est liquide, incolore, très-fluide, d’une odeur aromatique, d’une saveur brûlante , et d’une densité de 0,975. Il bout à 126° ; il s’enflamme assez difticilement, et ne se dissout pas dans l’eau. A chaud , la potasse le transforme en carbonate de potasse et en alcool. L’ammoniaque liquide le change en alcool et en uréthane , H^C^O, H^Az, C^O^, matière cristalline, blanche, fusible cà 100°, soluble dans l’eau et dans l’alcool, sorte d’élher, composé d’éther ordinaire et d’un acide particulier, H^Az, CW, auquel on a donné le nom d’acide carhamique; d’où il suit que l’uréthane pourrait être considérée comme un éther carhamique.

Le clilore sec, à la lumière diffuse, enlève 2 équivalents d’hydrogène à l’éther carbonique, et il se produit un liquide, H3G'‘GP0, GO^, désigné par M. Gahours sous le nom dé éther hichloré; ce liquide, d’une odeur agréable, plus dense que l’eau, est insoluble dans l’eau, et très-soluble dans l’alcool. Si l’on opère à la lumière solaire, l’éther carbonique absorbe plus de chlore, et se change en un composé solide, cristallin, G'^Cl^O, GO^, nommé éther carbonique perchloré. Ge corps, traité par l’ammoniaque dans certaines conditions, peut donner de la chloracétamide ou de la chlorocarbéthamide. On .obtient l’éther carbonique en distillant l’éther oxalique sur du potassium; il se dégage, pendant toute la durée de l’opération, une grande quantité d’éther carbonique et de gaz oxyde de carbone, et il reste dans la cornue de l’oxalate de potasse; on rectifie l’éther sur du chlorure de calcium.

De réthcr chloroxycarboulquo. IPC^O, C*0®CI.'

11 est liquide, incolore, sans action sur le tournesol, d’une odeur as.sez agréable, à moins qu’on ne le respire pur, car alors elle est suffocante , d’une densité de 1,13.3. Il bout à 94° c.; il brûle avec une flamme vei le ; il rend l eau fortement acide; l’eau bouillante le décompose. L’acide sulfurique concentré le dissout avec dégagement d’acide chlorhydri(jue, surtout à laide d’une légère chaleur, |)uis il noircit et donne un gaz inflammable. Ln agissant sur l’ammoniaque , il fournil de l’m'tîthane , de l uréthylane , de l’éther carbonique , du chlorhydrate et du carbonate d ammoniaque. On obtient les mêmes coi’ps en traitant aussi par rarnmonia(|iie le chloroxycarbonate de méthylène.

On peut cotjsidérer l’éther chloroxycarhoni((ue comme étant formé d éther carbonique, 1I''G^0,G0^ et de gaz chlorocai’bonique , GOGI.

Préparation. Si l’on agite dans un ballon de l’alcool absolu avec du ! gaz cbloroxycarbonique , l’alcool s’échauffe et prend une couleur ambrée; si on ajoute un volume d’eau égal cà celui de l’alcool , il se forme deux couches, l’une aqueuse, contenant beaucoup d’acide chlorliydri- i

que, et l’autre pesante, d’un aspect huileux, qui est formée par l’éther !

dont je parle. Il ne s’agit que de lé rectifier sur du chlorure de calcium, i

Il a été découvert par M. Dumas (voy. Ann. de cUm., novembre 1833 ). ,

De l’étüer acétique. H^C^O, H^C^O®.

Il est liquide, incolore, et sans action sur Vinfusum de tournesol; il |

a une odeur agréable d’éther ordinaire et d’acide acétique , et une sa- j

veur particulière, différente de celle de l’alcool ; son poids spécifique ^

à 0“ est de 0,907. Il entre en ébullition à 74“, à la pression de 76 centi- j

mètres. Si, étant exposé à l’air, on le met en contact avec un corps en |

ïgnition , il absorbe l’oxygène , se décompose, produit une flamme d’un j

blanc jaunâtre , et laisse pour résidu de l’acide acétique. Il est soluble j

dans sept fois et demie son poids d’eau à 17", et il n’éprouve aucune al- j

tération de la part de ce liquide. L’alcool, l’éther et l’esprit de bois, le \

dissolvent en toutes proportions. Traité par la potasse, il est décomposé, perd l’odeur éthérée, et fournit à la distillation de l alcool et de l’eau qui se volatilisent, et de l’acétate de potasse fixe; dans cette expérience, l’éther ordinaire dont il est formé absorbe de leau et passe à l’état d’alcool. Mêlé et distillé avec parties égales d’acide sulfurique concentré, il est décomposé, et transformé en éther avec excès d acide acétique, et en éther ordinaire (Planche).

Le chlore le transforme d’abord en un composé, H3C^C120, H3C^03 ; plus tard, ce corps sépare tout l’hydrogène, et l’on obtient de l éthei acétique perchloré — G'^Cl^O, G'^Cl^O^, qui est liquide , huileux, qui bout à 245", et qui, sousTinfluence des alcalis, se change en chloracétate. En distillant avec de l’acide sulfurique et de l’alcool un composé de ce chloracétate et d’un alcali, on obtient de Véther chlor acétique, H^G^O, G'^Cl^O^ (Leblanc).

En traitant l’éther acétique par l’ammoniaque liquide, il se forme de Vaeétamide, RSC-^AzO^, substance blanche, cristalline, déliquescente, d’une saveur fraîche sucrée, fusible cà 78°, et bouillant a 221°. Avec l’acide phosphorique anhydre, l’acétamide fournit V acétonitrile, identique avec le cyanhydrate de méthylène, H^C‘*Az.

L’éther acétique agit sur l’économie animale â peu près comme l’étlier odinaire; il produit du froid etaugraente l’exhalation cutanée. On l’emploie

DE l’Éther formique. 167

avec le plus grand succès, en frictions, dans certains paroxysmes de goutte et de rhumatisme; ces frictions doivent être renouvelées plusieurs fois par jour, et faites chaque fois avec 12 et 16 grammes d’éther ; l’action rubéfiante qu’il produit sur la peau ne doit être attribuée qu’à son acidification au contact de l’air. Il paraît cependant préférable de se servir d’éther acétique solidifié par le savon. Pelletier conseillait de faire dissoudre, à la chaleur du bain-marie, 6 grammes de savon animal dans 32 grammes d’éther acétique, de filtrer la dissolution et de la laisser refroidir ; elle se prend en masse à la température de 10°-|-0”, et constitue alors le savon acétique élhéré; on peut aussi diminuer la quantité de savon , et ajouter un peu de camphre et d’huile volatile. On favorise en même temps l’action de ce médicament à l’extérieur par des boissons sudorifiques dans lesquelles on met 40 ou 50 gouttes du même éther par verre.

Préparation. On introduit dans une cornue 8 parties d’alcool absolu , 7 parties d’acide sulfurique du commerce, et 10 parties d’acétate de soude anhydre, ou 20 parties d’acétate de plomb ; on adapte à cette cornue une allonge et un ballon entouré de linges mouillés, et on chauffe graduellement le mélange; la liqueur entre en ébullition , et il se produit de l’éther acétique qui vient se condenser dans le récipient : il suffit de laisser cet éther pendant une demi-heure en contact avec 10 ou 12 parties de carbonate de soude desséché, qui lui enlève la plus grande partie de l’eau, et qui se combine avec l’acide acétique libre. On distille ensuite sur du chlorure de calcium, qui retient l’alcool. L’acide sulfurique agit, dans cette expérience, en transformant l’alcool en éther sulfurique, c’est-à-dire en s’emparant d’une portion d’oxygène et d’hydrogène capable de former de l’eau.

Autrefois on préparait cet éther en distillant parties égales d’alcool et d’acide acétique rectifiés ; lorsqu’on avait obtenu dans le récipient les deux tiers du mélange employé, on cohobait, on distillait de nouveau, on recoliobait, et ce n’était qu’après plusieurs distillations, et après avoir perdu une certaine quantité du produit, que l’on parvenait à obtenir cet éther, qu il fallait encore distiller avec la potasse, et qui contenait une grande quantité d alcool. Ce procédé est généralement abandonné, à cause de sa longueur.

De l'éther formlfine. HC*0*.

Il a été obtenu par Gehlen. Il est incolore, volatil , '"d’une odeur de noyau de pêche, d’une saveur analogue,! laissant un arrière-goût de

fourmi ; son poids spécifique est de 0,912; il bout à 53», 4; il brdle avec une flamme bleue bordée de jaune. Il reste liquide à — 32", 5. Il se dissout dans 10 parties d’eau. L’alcool et les éthers le dissolvent en toutes proportions. Il fournit avec le chlore un éther chloré — H3C‘îC120,HC203 ; d’où il suit que le chlore s’est substitué à 2 équivalents d’hydrogène; cet éther chloré est liquide , d’une densité de 1,16; il bout vers 100", et se décompose si on le chauffe davantage.

On obtient l’éther formique en chauffant légèrement dans une cornue un mélange de 10 parties d’amidon et de 37 parties de bioxyde de manganèse avec 30 parties d’acide sulfurique à 66 degrés, 15 parties d’eau , et 15 d’alcool à 90 degrés; le liquide distillé contient l’éther; on le purifie en le lavant avec de l’eau et en le distillant deux fois sur du chlorure de calcium (Wehler).

De réther hcnzoïquc.

Il est incolore, liquide à la température ordinaire, doué d’une saveur piquante et d’une odeur faible, différente de celle de l’éther ordinaire; sa consistance est oléagineuse, et son poids spécifique de 1,0539 à-|-10°,5 centigrades; il boutcà 209" centigr. Il se dissout très-bien dans l’alcool, très-peu dans l’eau chaude, et beaucoup moins dans l’eau froide; le solutum alcoolique précipite par l’eau. Soumis à l’influence du chlore, il donne de l’élher chlorhydrique et du chlorure de benzdile. Il est entièrement décomposé lors(iu’on l’agite avec de la potasse.

Préparation. On fait chauffer dans un appareil analogue au précédent 30 parties d’acide benzoïque, 60 parties d’alcool, et 15 parties d’acide chlorhydrique liquide concentré; il se dégage d’abord de l’alcool contenant un peu d’acide, puis on obtient dans le ballon un peu d’éther benzoïque; mais la majeure partie de cet éther reste dans la cornue : à la vérité, il est recouvert par une couche formée d’alcool, d’eau, d’acide benzoïque et d’acide chlorhydrique. On traite à plusieurs reprises la masse contenue dans ce vase par l’eau chaude, qui dissout cette couche et laisse l’éther benzoïque, qu’il suffit de laver avec un peu de dissolution de potasse, puis avec de l’eau, pour lui enlever un peu d’acide benzoïque en excès et l’avoir pur (M. Thénard). On peut également l’obtenir en chauffant volumes égaux de chlorure de benzoïle et d’alcool absolu, et en ajoutant de l’eau au mélange , lorsqu’il ne se dégage i)lus de vapeurs d’acide chlorhydrique; l’éther se dépose sous forme d'une huile.

L’éther benzoïctue a été découvert par M. Thénard.

DE l’Éther citrique.

De l’éther oxalique. H^C^O, C*0®.

II est liquide, incolore, oléagineux, d’une odeur aromatique, d’une sa- ,3ur légèrement astringente, et d’une densité de 1,093; la densité de sa ipeiir est 5,078. Il bout à 184". Il est très-peu soluble dans l’eau , tanis que l’alcool le dissout en toutes proportions. L’eau distillée le déjmpose à la longue, et il se dépose des cristaux d’acide oxalique hyraté. Le chlore lui enlève tout l’hydrogène et le transforme en un éther xalique chloré, cristallin , fusible à 144°, =C^ Cl^ 0,0^ 0^, lequel, •ailé par l’ammoniaque, donne le chloroxaméthane ou chloroxéthamide Hher oxamique perchloré) = Cl^ 0, Az G‘^ 0^.

La potasse transforme l’éther oxalique en alcool et en acide oxalique, i les deux corps sont dissous dans l’alcool absolu, et que la quantité de Otasse soit juste celle qui est nécessaire pour saturer la moitié de l’acide xalique contenu dans l’éther, il se précipite des lamelles cristallines ’oxalovinate de potasse, soluble dans l’eau et presque insoluble dans alcool absolu.

En versant de l’éther oxalique goutte à goutte dans de l’alcool absolu

duré de gaz ammoniac, on obtient, si l’on évapore, de Voxaméthane n cristaux feuilletés, d’un aspect gras, fusibles à 100°, volatils à 220", îlubles dans l’eau et dans l’alcool. Ce corps semble constituer un éther jrmé par l’acide oxamique et par l’éther ordinaire ; sa formule serait

Ether ordinaire.

C^Q2 H2AzC2Q3 Acide oxamique.

. Si l’on verse de l’éther oxalique dans

me dissolution aqueuse d’ammoniaque, on obtient facilement de l’oœaaide (voy. ce mot).

Préparation. On distille dans une cornue, A la température de 140°,

partie d’acide oxali((ue desséché à 100°, 0^03 HO, avec 6 parties d’al- :ool absolu ; on verse dans la cornue le produit recueilli dans le réci- )ienf , et on distille de nouveau à 160"; on traite par l’eau la matière lui reste dans la cornue ; l’éther oxalique se précipite; on le lave à pluieurs reprises avec de l’eau , puis on le distille sur de la lilharge (prooxyde de plomb), qui s’empare de l’acide oxalique libre; le liquide voatilisé, laissé pendant quelque temps sur du chlorure de calcium, cons- -itue l’éther oxalique. Cet éther a été découvert par M. Thénard.

De réthcr citrique. 3 ’.

Il est huileux, d une saveur amère désagréable, d’une densité de 1,142. Il boula 283", et se décompose en partie. On l’obtient en faisant bopillir

90 parties d’acide citrique cristallisé, 100 parties d’alcool, et 50 parties» ' d’acide sulfurique concentré; lorsqu’il commence à se dégager de l’é- Hier, on ajoute de l’eau, et l’éther citrique se précipite. 11 contient trois» équivalents de base, comme les citrates. Il a été découvert par M. Thénard.

De rétlier tartrifiiic. IFC^O,

Il est sous forme d’un liquide sirupeux, d’une couleur brune, d’ujiei saveur amère, légèrement nauséabonde ; il est inodore, sans action sur Vinfusum de tournesol, très-soluble dans l’eau et dans l’alcool. Soumis» à la distillation, il se décompose, répand des fumées épaisses, d’iinei odeur alliacée, et laisse un résidu charbonneux qui contient beaucoup de sulfate de potasse et qui n’est pas alcalin. Il agit sur la potasse comme l’éther oxalique. 11 contient presque toujours du sulfate de potasse qui s’est formé pendant sa préparation. Il n’a point d’usages. Sa découverte est encore due à M. Thénard.

Préparation. On emploie pour l’obtenir les mêmes proportions d’alcool et d’acide que pour l’éther citrique , excepté que l’on substitue l’acide tartrique à l’acide citrique; on distille le mélange comme pour l’éther citrique; mais, au lieu de verser de l’eau dans le résidu, on y ajoute peu à peu de la potasse; il se précipite du bitartrate de potasse :

‘ lorsque la liqueur est saturée par l’alcali, on la décante, on l’évapore, et on la traite à froid par de l’alcool très-concentré ; le solutum alcoolique fournit par l’évaporation une matière sirupeuse épaisse , qui est V éther tartrique. Ce corps constitue-t-il un véritable éther, et ne serait-il pas plutôt une combinaison d’alcool et d’acide tartrique ?

De l’éther luuciqne. H^C^O,

Il est sous forme de cristaux aiguillés, fusibles vers 140“, et décom- i posables à 170”. Il est soluble dans l’eau et l’alcool bouillants, d’où il se ! sépare presque en entier par le refroidissement. On l’obtient en dissol- ‘ vanta chaud 1 partie d’acide mucique dans 4 parties d’acide sulfurique, ! en laissant refroidir la liqueur et en y ajoutant 4 parties d’alcool; au ; bout de quelque temps , l’éther mucique se dépose; on le purifie en le i dissolvant dans l’alcool bouillant. \

De l'éthcr lactlfine. H*’C^O,

A. lactique. i

Il est liquide, incolore, odorant, d’une densité de 0,866, bouillant à i

DE l’Éther cyanique. 171

soluble dans l’eau, l’alcool et l’étlier. Les alcalis le transforment en cool et en acide lactique. On l’obtient en distillant 2 parties de lactate ' chaux anhydre, 2 parties d’alcool anhydre, et 2 d’acide sulfurique ’mcentré.

De rétlier sallcyliquc. H^C^O,

Il se combine avec les bases. Il donne de la salicylamide avec l’amloniaque; avec le chlore et le brome, il fournit des éthers chlorés et romés. On l’obtient en distillant 2 parties d’alcool absolu, 1 et demie 'acide salicylique, et 1 d’acide sulfurique concentré.

Des éthers cyanlques.

' M. Wurlz a obtenu trois éthers cyaniques :

L’éther méthylcijanique , ou le cyanate d’oxyde de méthyle,

H3C20, G2AzO = H3C4Az02.

L’éther cyanique,

H5C40, C2AzO = H5G6Az02.

L’éther amylcyanique , ou le cyanate d’oxyde d’amyle,

HiiGioo, G2AzO = HiiGi2Az02.

Ces éthers se forment conjointement avec les éthers cyanuriques , par a distillation d’un mélange de cyanate de potasse et de sulfométhylate, e sulfovinate ou de sulfamylate de potasse. Ce sont des liquides volails, doués d’une odeur très-irritante,îet ayant beaucoup d’analogie avec elle du chlorure de cyanogène.

Par l’ensemble de leurs propriétés chimiques, ils tendent à s’éloigner les éthers composés, dont ils se rapprochent par leur composition.

Ils présentent d!ai Heurs tant d’analogie entre eux, qu’il suffit d’en dérire un, l’éther cyanique ordinaire par exemple, pour déduire ininédiatement les propriétés des autres.

D© l’éther cyanique. Il®C®AzO*.

On le prépare en distillant du cyanate de potasse avec, du sulfovinate le potasse :

—KO, , KO, H^C^O, 2SQ3 2 KO, S03 C2AzO, H^C^O

Cjraoale de potasse, Snifovinalc de potasse. Sulfate de potasse. ’ ÉUier cyanique.

i 7 2 DEUXIÈME PARTIE.

Le produit de la distillation est un mélange d’éther cyanique avec so*i isomère, l’éther cyanurique. Pour séparer ces deux éthers, il suffit dl :| rectifier au bain-marie le liquide obtenu ; l’éther cyanique passe à U i distillation entre 60'* et 70°, tandis que son isomère, l’éther cyanurique* j; ne se volatilise qu’à une température beaucoup plus élevée. J

L’éther cyanique est un liquide incolore, qui se colore à l’air au bou< 1 de quelques jours, d’une odeur extrêmement irritante qui provoquai au plus haut degré le larmoiement et une toux convulsive, pluï i pesant que l’eau, et très-réfringent. 11 offre trois propriétés chimiques remarquables. Les alcalis le dédoublent, avec le concours de l’eau, eu acide carbonique et en éthylamine ;

2 KO H5C6Az02 2H0 2K0,CQ2 H’C^Az i

Polassc. ’ Ellior cyanique. ’ Eau. Carb. de potasse. ’’ Eiliylamine.

L’ammoniaque le dissout à l’instant même, et le transforme en élliylurée :

H3Az H5C6Az02 H8C6A202

Ammoniaque. ^ Éther cyanique. Blhyluréc.

L’eau pure le décompose en acide carbonique et en biéthylurée: 2H5C6AZ.02 2H0 2C02 H12CIOA202

Éther cyanique. ’ Eau. Acide carbonique. ’ Biéthylurée.

Des éthers cyau uriques.

Ces éthers, au nombre de trois, sont polymériques avec les éthersli cyaniques. Une molécule d’éther cyanique se triple pour constituer unep. molécule d’éther cyanurique. |

3 H3C4AzO^ H9Ct2Az3Q6

3 molécules d'éther 1 molécule d’éther

méthylcyanique . mélylcyanurique.

= C6Az303

( H®C*0 tUC^O ( H^C'O

f3H5C6Az02 H'5Ci8Az306

3 molécules d'éther 1 molécule d’éther

cyani<iue. cyanurique.

= C6Az303

3]]iiCd2AzQ2

3 molécules d’éther aiiiylcyauique.

H33C36Az3QC

I molécule d’éther amylcyanurique.

= C6Az3C»3

lU'C'oü

La troisième colonne de formules exprime la constitution des éthers

DE l’ÉTIIER NlTROTHOLülQUE 173

anuriques. On voit qu’une molécule d’acide cyanurique tribasique, Az30‘^ , se combine. à trois molécules d’un éther simple, pour colistier les éthers cyanuriques composés.

Ces élhers se distinguent des éthers cyaniques par leurs propriétés ysiques et par leurs caractères chimiques. Us sont solides, cristalli- )les, volatils à une très-haute température. Ils sont insolubles dans au , qui ne les altère pas , solubles dans l’alcool et l’éther. L’ammoaque est sans action sur eux. La potasse les dédouble, comme cela a >u pour les éthers cyanyques.

De réther nitrobenzoïque. H®C*0, H®C’^AzO*0*.

Il est en cristaux incolores, fusibles à 47° et bouillant vers 300. On ibtient en faisant passer un courant de gaz acide chlorhydri(|ue à trars une dissolution alcoolique d’acide nitrobenzoïque (voy. Acide ni- )benzoïque).

De réther ciuiiauii<|ne. tPC^O,

Il est liquide, d’une densité de 1,26 à 0" ; il bout à 162". L’acide azojue le transforme en éther nitrocinnamique.

De l’éther ciimlnlqne. H^G'^O,

A. cuminiqiie.

Il est liquide, incolore, plus léger que l’eau, d’une odeur de pomme î reinette. Il bout à 240°; sa vapeur brûle avec une flamme bleuâtre, est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther. On l’obtient 1 faisant passer un courant de gaz acide chlorhydi-ique sec à travers le dissolution d’acide cuminique dans l’alcool anhydre.

De réther tholiiïque. H®C^O,

H7C16Q3 A. tholuïque.

11 est liquide, aromatique, d’une saveur légèrement amère, bouillant A 28°. On l’obtient en faisant pa.sser un courant de gaz acide cidorhydriue A travers une dissolution d’acide toluïquedans l’alcool vinique.

De réilicr nitrotholuïque.

H6C16,Az0^0'3

A. nitrotholu’fquc.

Il est solide, cristallisable , d’un jaune clair et d’une odeur agréable,

De l’éther auisiqiie.

’ A. anisiquc.

Il est liquide, incolore, d’une odeur d’anis, d’une saveur chaude eh aromatique, plus dense que l’eau, bouillant à 255°, insoluble dans l’eau^ soluble dans l’alcool etl’élber. On l’obtient en faisant passer du gaz acidei cblorbydrique à travers une dissolution d’acide anisique dans l’alcooh absolu.

De l’éther phéuif|ue (salithol). H®C^O , — —

^ ' 'A, phcmque.

Il est incolore, d’une odeur aromatique agréable, bouillant à 173“, | insoluble dans l’eau , soluble dans l’alcool et l’éther. Le brome forme^ avec lui le salithol mono, bi et tribromé; ce dernier est représenté paii HS O, H2 C^2 Bi’3 0. L’acide azotique fumant et bouillant le transforme! en binitrosalithol ou phénetol binitrique, lequel, traité par un couranli d’acide sulfhydrique et d’ammoniaque , donne la phénétidine nitrée, H10C16Az206. ;

De l’éther œnauthique. ( de oîvoç,

A. œnanthique.

vin, avôoç, fleur).

Il existe dans le vin, constituant l’iiuile essentielle à laquelle on attri-| bue en grande partie le bouquet des vins; mais tout porte à croire qu’il se produit pendant la fermentation du raisin, puisque celui-ci n’en renferme pas. Il est liquide, incolore, d’une odeur de vin, d’une saveur âcre désagréable, d’une densité de 0,862, bouillant à 230°, insoluble dans l’eau , soluble dans l’alcool et l’éther. La potasse le transforme en alcool et en œnanthate de potasse. On l’obtient en distillant le vin et en recueillant l’huile qui passe à la fin , et qui contient cet éther et de l’acide œnanthique; on agite cette huile avec du carbonate de soude, qui dissout! l’acide œnanthique; on fait bouillir pour que l’étber vienne à la sur-j face; on décante; on soumet l’éther décanté cà l’action du carbonate de| soude; on dessèche sur du chlorure de calcium l’éther qui est venu de| nouveau à la surface et on le distille. i

Acide œnanihique, Hi3Ci402,H0. — 11 est incolore, d’une consistance! butyreiise, inodore, insipide, rciigissant le tournesol, bouillant entre | 260" et 295"; si on le distille, il donne de l’eau et de l’acide hydraté, | et plus tard de l’acide anhydre. Il est très-soIuble dans l’alcool, dans|

DE l’Éther érythrique. 175

éther et dans les alcalis caustiques et carbonalés. On l’obtient en chaufint l’éther œnanthique avec une dissolution concentrée de potasse ou de )ude; il se dégage de l’alcool, et il se produit un œnantliate que l’on •éconipose par l’acide sulfurique étendu ; l’acide œnanthique est séparé n;s forme-d’une couche huileuse qu’il suffit de laver avec de l’eau haude et de dessécher dans le vide ou à l’aide de chlorure de calcium.

De l’éther camiihorliine. 2IT’C''0,

A. camphonque.

Il est liquide, d’une consistance huileuse, d’une odeur légèrement nibrée, d’une saveur amère, d’une densité de 1,02D. Il bout à 285®. On obtient en distillant l’acide camphovinique.

De l’éther ludlgoticiue. tP'G^O,

lI4Ct4AzQ4, Q5, H

Acide indicotique.

On l’obtient en traitant l’éther salicylique par l’acide azotique fumant. 1 est en aiguilles jaunâtres, solubles à froid dans la potasse et la soude austiques, qui, à la température de l’ébullition , le transforment en alool et en acide indigotique.

De l’éther allophauiquo.

Il est solide, cristallin, incolore, inodore, insipide, insoluble dans ’eau froide, soluble dans l’eau et dans l’alcool bouillants. Traité cà froid )ar l’eau de baryte, il donne de l’allophanate de baryte et de l’alcool. Il l’a point d’usages.

De réther lécanorhiae. 2H®C^O,

A. lécanoriqup.

Il est solide, fusible, et peut être sublimé; il est neutre, très-soluble Elans l’alcool et l’éther. Les alcalis le transforment en alcool et en orcine. )n l’obtient en chauffant l’alcool et l’acide lécanorique.

De l’éther érythrlfiuo. H«C*0,3H0, —

A. érythrique.

11 est en aiguilles cristallines, solubles dans l’eau bouillante. On l’ob» Lient en faisant bouillir l’alcool vinique absolu avec l’acide érythrique,

DEtJXlÉME PARTIE.

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