DES ÉTHERS SIMPLES PRÉPARÉS AVEC L’ALCOOL MÉTHYLIQUE
ET UN HYDRACIDE.
Ces éthers, désignés improprement sous les noms de chlorhydrate, d’iodhydrate, de cyanhydrate, etc. , de méthylène, sont formés, ainsi queje l’ai dit, de H3C2Cl,ou deH3C2I, ou deH3C2Cy, etc.; on voit que l’équivalent d’oxygène de l’éther méthylique a été remplacé par un équivalent de chlore, d’iode ou de cyanogène, etc. Les principaux d’entre eux sont les éthers méthylchlorhydrique , méthyliodhydrique , méthylbromhydrique, méthyl fluor hydrique, méthylcijanhydrique, et méthylsulf hydrique.
■le réther méthylchlorhydrique. H^C'Cl.
Il est gazeux, d’une odeur éthérée, d’une saveur sucrée , d’une densité de 1,738, 11 ne se liquéfie pas par un froid de — 18°. Il brfile avec
DE l/ÉTIlER MÉTllYLCllLORIIYDRIQUE BICIILORÉ.
une flamme bordée de vert; les produits de cette combustion donnent du chlorure d’argent avec l’azotate de ce métal. L’eau en dissout deux fois et demie son volume.
11 n’est attaqué par le chlore que sous l’influence des rayons solaires, et dans des récipients froids ; il fournit Véther méthylchlorhydrique monochloré, H2C2C12, puis, avec une plus grande quantité de chlore, Y éther méthylchlorhydrique hichloré, ou le chloroforme , HG^Cl^ (voyez ce mot). Si l’on fait arriver du chlore dans le chloroforme, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’acide chlorhydrique , on obtient V éther méthylchlorhydrique perchloré ou chlorure de carbone , CH ( voy. Pr otocar ^ bure d’hjdrogène , à la page 247 du tome P'').
En faisant passer l’éther méthylchlorhydrique gazeux sur duphosphure de calcium chauffé à 80®, on obtient plusieurs corps solides ou liquides que l’on peut considérer comme des composés de méthylène, H2G2 , et de l’im des divers phosphures d’hydrogène décrits à la page 256 du tome P'', savoir: HPIi2, H2Ph et H^Ph (Paul Thénard).
Le composé HPli2,H2C2 est solide, jaune, inodore, et insoluble dans l’eau. Le second, H2Ph,2H2C2, est liquide, incolore, d’une odeur fétide, bouillant à 250®, et spontanément inflammable. 11 donne avec les acides des sels parfaitement définis, et cristallisables. Le chlorhydrate est transformé, par un excès d’acide chlorhydrique, en chlorhydrate de l’alcali , et en un corps jaune, HPh2, H2C2.
Préparation de l’éther. On chauffe dans un ballon 2 parties de chlorure de sodium, 1 partie d’alcool méthylique, et 3 parties d’acide sulfurique concentré; l’éther se dégage, mêlé d’acide sulfureux et d’acide carbonique, acides que l’on absorbe par la potasse.
De l’éther méthylchlorhydrique bichloré (C0LOROFORIMK). HC’C1“.
Le chloroforme a été ainsi nommé parce qu’en le traitant par une dissolution alcoolique de potasse, il donne du chlorure de potassium et du formiate de potasse. Il a été découvert presque en même temps par MM. Soubeiran et Liebig. M. Dumas en a déterminé la composition et a fait connaître plusieurs de ses propriétés.
Il est liquide, incolore, d’une odeur éthérée très-agréable, d’une saveur sucrée, d’une densité de 1,491 à 17®. 11 bout à 61®, et la densité de sa vapeur est de 4,2; son équivalent est donc représenté par 4 volunies de vapeur. Si on le fait passer à travers un tube de porcelaine rouge, il est décomposé et fournit du charbon, de l’acide clilorhydrique
et un corps cristallisé en longues aiguilles. Il brûle avec une flamme verte quand on le met en contact avec un corps en ignition. Il se solidifie en houppes blanches soyeuses par le seul fait de l’évaporation d’une partie du liquide, absolument comme cela a lieu pour l’acide cyanhydrique. Il est insoluble dans l’eau et très-soluble dans l’alcool. Le chlore , ainsi que je l’ai déjà dit , sous l’influence de la lumière solaire, lui enlève l’équivalent d’hydrogène qu’il renferme et le transforme en un chlorure de carbone, CH. Le potassium et l’acide sulfurique n’exercent aucune action sur lui.
Les alcalis le décomposent en donnant naissance à des formiates et à des chlorures ; la réaction est caractéristique.