‹ Éléments de chimieChapitre 219 sur 378 · HC2C13 4 KO K0,HC2Q3 3KC · texte numérisé non relu

HC2C13 4 KO K0,HC2Q3 3KC

Chloroforme. ^ Potasse. Formiate. ' Chlorure.

Le chloroforme est un agent anesthésique par excellence ; on l’emploie avec le plus grand succès pour déterminer l’insensibilité chez les individus que l’on doit soumettre à des opérations douloureuses, et chez les femmes qui accouchent. Le professeur Simpson, d’Édimbourg, a déjà recueilli plusieurs centaines d’observations de femmes qu’il a chloroformisées pendant le travail, avec grand avantage pour elles , et sans aucun inconvénient pour les nouveau-nés. On sait, d’un autre côté, combien sont déjà nombreuses et satisfaisantes les applications de ce corps chez des individus auxquels on devait faire subir les opérations les plus variées et les plus graves. Il faut cependant dite que l’inspiration des vapeurs de chloroforme peut être suivie des accidents les plus fâcheux et même d’une mort prompte, ce qui tient souvent à la manière imprudente dont il a été employé, et quelquefois probablement aussi à la constitution de l’individu. Le plus ordinairement, pour le faire inspirer, on en met quelques grammes dans une assiette que l’on place à 20 ou 25 centimètres de l’organe de l’odorat du malade, dont la tête a été couverte d’une serviette pendante , et sous laquelle se trouve ladite assiette. D’après M. Ragsky, le sang des individus chloro-

formisés contiendrait des traces de chloroforme.

On a encore employé le chloroforme avec succès, à l’extérieur, pour calmer presque instantanément des douleurs de diverses natures, et notamment celles qui accompagnent le rhumatisme arliculaire aigu. On commence par mouiller un linge avec de l’eau , puis on l’arrose avec quatre, six ou huit grammes de chloroforme, et on le laisse pendant dix tninutes sur la partie souffrante. Si la douleur reparaît au bout dç

DE l’ÉTHEK MÊTlIYLCULORHYDRrQUE BICHLÜRÉ. 107

tjuelque temps, on recommence l’application. Le chloroforme détermine, dans ce cas, une vive rubéfaction de la peau, avec chaleur, etc.

Préparation. MM. Larocque et Huraut ont indiqué un excellent procédé que je vais transcrire. On prend 35 à 40 litres d’eau que l’on place dans le bain-marie d’un alambic, et que l’on porte à la température de 40‘' environ. On délaye dans ce liquide d’abord 5 kilogrammes de chaux vive délitée et 10 kilogrammes de chlorure de chaux du commerce (voy. p. 411 du 1. 1). On y verse ensuite 1 litre et demi d’alcool à 0,85; on porte le plus promptement possible le mélange à l’ébullition. Au bout de quelques minutes, le chapiteau s’échauffe, et lorsque la chaleur a atteint l’extrémité du col , on ralentit le feu ; bientôt la distillation marche rapidement et se continue d’elle-même jusqu’cà la fin de l’opération. Il se condense dans le récipient un liquide aqueux, au fond duquel se trouve un liquide plus lourd : c’est le chloroforme ; on le sépare et on le purifie par des lavages avec de petites quantités d’eau ; on le distille ensuite au bain-marie, après l’avoir toutefois agité à plusieurs reprises avec du chlorure de calcium fondu. Si, au lieu de rejeter les liqueurs qui surnagent le chloroforme dans le récipient, on les conserve pour une opération subséquente que l’on fait immédiatement, on obtient une plus grande quantité de chloroforme. Ainsi on introduit de nouveau dans le bain-marie, sans rien enlever de ce qui s’y trouve, 10 litres d’eau, puis lorsque la température du liquide est redescendue à 40” environ, on y ajoute 5 kilogrammes de chaux et 10 de chlorure de chaux. Le tout étant mélangé avec soin , on verse la liqueur de laquelle on a séparé le chloroforme, additionnée de 1 litre seulement d’alcool; on agite, et l’on termine l’opération comme je viens de le dire. Avec un alambic d’une capacité suffisante, on peut recommencer une troisième, une quatrième distillation, en employant les mêmes doses de substances et en agissant comme il est dit pour la deuxième opération. En pratiquant ainsi quatre opérations successives, on obtient généralement avec 4 litres et demi, ou avec 3 kilogrammes, 825 grammes d’alcool à 85 degrés.

De la r® dislillalion 550 grammes de chloroforme.

De la 2®

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De la 3®

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De la 4®

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H se i)roduit encore du chloroforme dans plusieurs réactions chimiques ; l”en décomposant le c/t/ora/ hydraté, HC-^C13 02, par une dissolution de potasse; 2” en faisant agir du chlore sur du protocarbure d’hy-

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clrogène; 3® en chauffant l’acide cliloracétiqiie, C-îCl^O^, ou les chloracélates avec un excès d’alcali hydraté; 4» en faisant réagir les chlorures d’oxydes sur l’alcool vinique, sur l’alcool méthylique, sur l’acélone, etc,, ou bien le chlore sur diverses matières organiques. MM. Soubeiran et Mialhe ont prouvé : 1“ que le chloroforme préparé avec l’alcool méthylique et l’hypochlorite de chaux est identique avec le chloroforme proprement dit; T qu’il est trop difficile à purifier pour qu’il y ait avantage à le substituer au chloroforme ordinaire ; 3» qu’il est indispensable de débarrasser le chloroforme obtenu , comme je l’ai dit, d’une huile chlorurée et pyrogénée qui se produit toujours, ce à quoi on parvient en ne poussant pas trop loin la distillation pendant la rectification {Journal de pharmacie, juillet 1849).

Dn bromoforme ) de l’iodofornie, et du snlforormc.

Ces corps ont la môme composition que le chloroforme. Le hromoforme, HC2Br3, est le résultat de l’action des dissolutions alcalines sur le produit queTon obtient en traitant le brome par l’alcool (voy, p. 132). Il est liquide, d’une densité de 2,10, et susceptible d’ôtre transformé par les alcalis en formiate et en bromate alcalin.

Viodoforme, HC213, est solide, jaune, volatil à 100°, décomposable à 120°, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool , décomposable par le chlore, qui le transforme en chloroforme. Il fournit avec les alcalis des formiates et des iodures alcalins. On l’obtient en versant dans de l’alcool saturé d’iode assez de potasse caustique pour décolorer la liqueur ; si , dans cet état, on ajoute de l’eau , l’iodoforme se précipite en paillettes jaunes que4’on purifie en les dissolvant dans l’alcool.

ht suif O forme, HG2S3, est le résultat de la distillation d’un mélange de 1 partie d’iodoforme et de 3 parties de sulfure de mercure. 11 est jaune et oléagineux.

De rétbev méthyllodbydriciiie. H’C*1.

Il est liquide, incolore, d’une densité de 2,237 à 21°, bouillant entre 40° et 50"; sa vapeur irrite fortement les yeux. Par son action sur le zinc, il se dégage du gaz méthyle, et il reste dans le tube une masse blanche de zincométhyle , H3C2Zn, qui décompose l’eau avec énergie, et donne de l’oxyde de zinc et du protocarbure d’hydrogène gazeux (Frankland, Journ. de pharm., février 1850).

On l’obtient en chauffant un mélange de 15 parties d’alcool méthy-

DE l’Éther méthylsulfiiydrique. 199

lique, de 8 parties d’iode, et de 1 partie de phosphore; celui-ci doit être ajouté par petites parties; l’éther distille dans le récipient, et se précipite dès qu’on agite à plusieurs reprises, avec de l’eau, le liquide distillé ; on le purifie en le distillant d’abord sur du chlorure de calcium , puis sur de l’oxyde de plomb.

De l’éther méthylliroiuhydrlqne. H®C*Br.

H est liquide, incolore, d’une odeur éthérée pénétrante, un peu alliacée; il bout à 13°, sous une pression de 0'”,759. Il est le résultat de l’action du brome et du phosphore sur l’alcool mélhylique.

De réther mcthylflnorliydrlqne.

Il est gazeux, incolore, d’une odeur éthérée agréable, d’une densité de 1,186. Il brûle avec une flamme bleuâtre, et l’eau en dissout 1 V2 son volume. On l’obtient en chauffant dans une cornue du fluorure de potassium et de l’acide monosulfométhylique , H^C^O, SO^ (éther métliylsulfurique ). On sait que l’alcool vinique n’a pas donné jusqu’à présent un éther fluorhydrique.

De l’éther méthylcyanhydrlque. H^C’Cy.

Il est liquide, insoluble dans l’eau, et très-vénéneux. Traité par l’eau bouillante tenant de la potasse en dissolution , il donne de Vacétate de pelasse , de l’eau et de l’ammoniaque :

H3Ç4Az ko, 4H0 = K0,H3C4Q3 HO , H3Az Ethc» mithyl. Acétate. ^ Ammoniaquo.

On l’obtient en faisant réagir le cyanure de potassium sur l’acide monosulfométhylique , H3C20, S03 (p. 194).

De réther méthylAulfhydrlque. H®C*S.

Il est liquide, d’une odeur très-désagréable, d’une densité de 0,846 à 21-|-0'’; il bout à 41®. Il donne avec le chlore une série de corps chlorés (Régnault). Il produit, en se combinant avec des sulfures électronégatifs, plusieurs éthers composés, dont les principaux sont : Valcool méthylsulfiiydrique , IPC^S, HS {mercaptan méthylique) ; Vélher sulfo-

carbomcthylsulfhydriquii^^A.^il^^^^ CS2; Vélher méthtylsulfhydrique sul- \ furé, H3G2S2, et un autre produit plus sulfuré, H2C2S-2.

On Tobtient en faisant passer dans une dissolulion alcoolique de nionosulfure de potassium un courant d’éther méthylchlorhydrique.

DES ÉTHERS COMPOSÉS OU DU SECOND GENRE. Ges éthers sont neutres ou acides.

DES ÉTHERS COMPOSÉS NEUTRES

Ces éthers sont formés d’éther méthylique, H3G2 0, et d’un oxacide: ce sont les éthers méthylsulfurique neutre, méthylazotique , méthilbenzoïque, méthyloxalique, méthylacétique, méthyl formique, méthylchloro' carbonique, méthylsulfocarbonique, méthylsalicylique , méthylcitrique , méthylcitrobiméthylique , méthylcyanurique , méthylcyanique , méthijlœnanihique , méthylcinnamique , méthxjlnitrotholluique , méthylallophanique.

De l’étlier méthylsulfurique neutre. H*C*0, SO®.

Il est liquide, incolore, d’une densité de 1,324; il bout à 188", la densité de sa vapeur est 4,37 ; d’où il suit que son équivalent est représenté par 2 volumes de vapeur. Il est décomposé par l’eau , plus rapidement si elle est bouillante, et il donne de l’alcool méthylique, H3C20,H0, et de l’acide bisulfométhylique, H3C2 0, 2SQ3. Avec l’ammoniaque il fournit la sulfométhylane , H3C2Q, H2AzS02,S03 {éther méthylsulfamidique ).

On obtient l’éther, H3C2Q, SQ3, en combinant directement l’éther méthylique avec l’acide sulfurique anhydre, ou bien en distillant une partie d’alcool méthylique avec 8 ou 10 parties d’acide sulfurique concentré.

De l’éther luéthylazotliiue. H*C*0,Az0®.

Il est liquide, incolore, d’une densité de 1,182, bouillant .à 68", à une température un peu plus élevée, sa vapeur détone avec une violence

i DK l’Éther métiiylsülfocarbonique. 201

ixlrènie. Un l’obtient en chauffant 1 partie d’alcool méthyliqiie, 1 partie I l’azotate de potasse , et 2 parties d’acide sulfurique concentré.

De l’éthev méthylbcuzoïque.

11 est liquide , huileux , et bout à 108°. On l’obtient comme l’éther -benzoïque (voy. p. 168), si ce n’est que l’on substitue l’alcool méthylique à l’alcool vinique.

De l'éther lucthyloxalique. H®C’0,C*0*,

Il est solide, fusible à 51°, bouillant à 161°, soluble dans l’eau , l’alcool, l’éther et l’alcool méthylique, décomposable par l’eau, surtout à chaud, en alcool méthylique et en acide oxalique. On l’obtient en dis- I tillant parties égales d’alcool méthylique, d’acide oxalique cristailisé, ^:et d’acide sulfurique concentré.

De l’éther méthylacétlqae.

Il est liquide , incolore , d’une odeur semblable à celle de l’éther acétique, d’une densité de 0,919; il bout à 58°. Il est décomposé par l’eau 'bouillante en alcool méthylique et en acide acétique. Il est soluble dans l’eau. 11 existe dans l’alcool méthylique impur. On l’obtient en distillant 2 parties d’alcool méthylique, 1 partie d’acide acétique monohy- draté, et 1 d’acide sulfurique concentré.

De l’éther méthylformlque. H*C^0,HC®0®

Il est très-fluide, et bout à 37°. On l’obtient comme l’éther formique, seulement on remplace l’alcool vinique par l’alcool méthylique.

De l’éther méthylchlorocarhoulquo. H’C*0,C’C10®.

Il est liquide, incolore, d’une odeur suffocante, décomposable par l’ammoniaqueen chlorhydrate d’ammoniaque et en uréthylane, substance cristalline déliquescente = C^O, AzH^, CO, GO^. On l’obtient en versant de l’alcool méthylique dans un flacon rempli de gaz chlorocarbonique, CO Cl.

De l'éther luéthylNuirocnrhouique. IFC^O.CS*.

Il est liquide^ de couleur ambrée, d’une densité de 1, 143 à 15»; il

bout à 170°. On l’obtient en traitant le sulfure de carbone dissous dans^ la potasse caustique par de l’alcool méthylique anhydre.

De l’éther iiiéthylsalicylliiuc. H®C*0,H^C“ü^.

Il est liquide, incolore ou légèrement jaunâtre, d’une densité de 1,18 â 10®, bouillant à 220°, presque insoluble dans l’eau , et très-soluble dans l’alcool et dans l’éther. Il existe dans l’huile essentielle du gaul~ theria procumbens, de la famille des bruyères. Avec un excès de potasse à chaud, il se transforme en alcool méthylique et en acide salicylique. Une dissolution concentrée d’ammoniaque en excès le change en salicylamide, R2 Az, 0^, HO. Il se combine aux bases à la manière

des acides, et donne des sels désignés sous le nom de gaulthérates. Distillé sur la chaux, il se dédouble en acide carbonique et en anisol. Le chlore, le brome et l’acide azotique, le décomposent et lui font subir des transformations nombreuses. On l’obtient en distillant 2 parties d’alcool méthylique, 2 parties d’acide salicylique, et 1 partie d’acide sulfurique concentré.

De l’éther iuéthylcitrlf|uc. 3H"C®0,H*’C'®0”.

Il est en prismes réunis en groupes rayonnés, inodores, d’une saveur . d’abord fraîche, puis amère, fusibles à 75°, décomposables par le feu , solubles dans 20 parties d’eau à 15”, assez solubles dans l’alcool vinique et méthylique, décomposables par l’eau et par les alcalis en acide citrique et en alcool méthylique. On l’obtient en faisant dissoudre 1 partie ' d’acide citrique dans 2 parties d’alcool méthylique, et en saturant la | dissolution par le gaz acide chlorhydrique. Il a été découvert par i M. Saint-Evre. i

De l’éther citroblméthylhiue. 2H®C*0,H’’G'*0”,3H0

Il cristallise en prismes d’une saveur acide, solubles dans 30 parties ; d’eau à 15°, décomposables par les alcalis en acide citrique et en alcool méthylique; l’eau agit de même mais plus lentement. On l’obtient en mélangeant parties égales d’acide citrique, d’alcool méthylique et d’acide chlorhydrique ordinaire. Il a été découvert par M. Demondésir.

De réther luéthyieyânuriquc ifvoy. p.*l72). De l'éther luéthylcyauiqne (voy. p. 171).

DE l’Éther méthylallophanique.

De l’éthcr méthyloeuauthiquc. tPC*0,H*®C4’*0*.

On l’obtient en chauffant un mélange d’alcool méthylique, d’acide iilfurique concentré, et d’acide œnanlhique.

Des éthers méthylcaproïque ,

mctbylcoprlllque, H®C^0,H*^G’®0^, méthylsuhcrique , H®C’0,H®C®0®.

Ils sont peu connus.

De réthcr métbylindigotique.

H^Ct^AzQ-î,05H

Acide indigoliquc.

Il est en aiguilles jaunâtres, fusibles à 90°, en grande partie volatiles, ^•rés-peii solubles dans l’eau, assez solubles dans l’alcool bouillant. En higissant sur l’ammoniaque, il donne de Vanilamide en petits cristaux i aunes très-brillants, à peine solubles dans l’eau froide = H® Cd-i Az2 0^.

De l'cther méthyllccauorlqnc.

Il est plus soluble dans l’eau que l’éther lécanorique. On l’obtient en .ihauffant l’alcool méthylique avec l’acide lécanorique.

De l’clher métliylérytrlque.

Il est peu connu.

De l’éther luéthylcinuamique. H®C°0,li^C'®0®.

Il est liquide, d’une densité de 1,106; il bout à 141°.

Do réthcr méthyliiltrotholliilqiic.

Il est solide et cristallisable (voy. Essences de la série cuminique).

De l’éthcr méthylnllophnnlqiic.

On obtient cet éther en faisant passer des vapeurs d’acide cyaniqiie dans l’alcool méthylique.

DEUXIÈME l’ARTlE.

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