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DES HUILES ESSENTIELLES

temps, à une température de 250 à 300°, il perd 2 équivalents d’hydrogène et 2 de carbone, et constitue l’acide palmitonique. On obtient l’acide éthalique en décomposant l’éthalale de baryte par l’acide chlorhydrique, qui s’empare de la baryte, tandis que l’acide éthalique se précipite; quant à l’éthalale de baryte, on le prépare comme je l’ai dit en parlant de la préparation de l’éthal , si ce n’est que l’on substitue la ‘ baryte en dissolution à la chaux. On peut aussi l’obtenir en transformant l’huile de palme en éthalate de potasse au moyen de la potasse, et en (Jécomposant cet éthalate par l’acide taiTrique ou chlorhydrique.

DES HUILES ESSEMXIELLES.

Parmi les huiles essentielles ou essences , il en est qui existent naturellement dans une foule de végétaux aromatiques, tels que la lavande, la rose, le thym, etc. ; d’autres sont le résultat d’une métamorphose qu’éprouvent deux ou plusieurs principes des végétaux par le contact de l’eau ; telles sont les essences d’amandes amères, de moutarde noire, et toutes les matières volatiles et odorantes produites par la fermentation ou la putréfaction des substances organiques, comme, par exemple, rimile extraite de la petite centaurée après sa fermentation dans l’eau ; il en est enfin qui se développent sous l’influence d’une action chimique : ainsi la salicine, traitée par l’acide sulfurique et le bichromate de potasse, produit une huile analogue à celle de la reine des prés.

Les essences sont en général liquides , cependant il y en a de solides: elles sont incolores ou légèrement colorées , d’une odeur plus ou moins agréable, mais forte, et variant pour chacune d’elles, d’une saveur ai’omatique, âcre et brûlante, plus pesantes ou plus légères que l’eau.

Soumises à l’action de la chaleur, les essences entrent en ébullition, et si elles sont pures, elles se volatilisent sans laisser de résidu, le plus souvent à une température qui varie entre 100° et 200°. A l’approche d’un corps en combustion, elles prennent feu et brûlent avec une flamme fuligineuse, en répandant beaucoup de fumée.

Lorsqu’on fait passer les huiles essentielles à travers un tube de porcelaine porté au rouge, elles déposent souvent du charbon ; quand elles contiennent de l’oxygène, il se forme de l’eau et d’autres produits accidentels. Si elles ne renferment que du carbone et de l’hydrogène, elles se dédoublent ordinairement en donnant un produit gazeux et un corps liquide dont la composition est isométrique avec celle de l’essence pri- ^ïiitive, mais dont la molécule est beaucoup plus lourde.

Par l action du froid, elles crislallisent en totalité, ou bien se sépa-

rent en un corps liquide et en un autre qui conserve un élat cristallin.

Au contact de l’air, les essences absorbent l’oxygène , dégagent de ' l’acide carbonique, et se transforment en des produits analogues aux résines; quelques-unes, selon M. Bizio, fournissent aussi de l’acide acétique. L’odeur des essences paraît être intimement liée à l’action que l’air leur fait subir ; car l’on a remarqué que celles qui sentent le plus fort sont précisément celles qui s’oxydent le plus rapidement; tandis que d’autres essences, distillées dans le vide sur de la chaux , perdent toute leur odeur, pour la reprendre aussitôt qu’on les expose à l’air.

Parmi les corps non métalliques, il n’est guère que le phosphore et le j soufre qui puissent se dissoudre dans les essences ; l’iode , le brome et le chlore, au contraire , les décomposent d’une manière brusque.

L’acide sulfurique concentré et tous ses analogues allèrent les essences; ils en séparent souvent l’eau qui s’y trouve toute formée ou bien ils déterminent la formation de ce liquide , de manière à mettre en liberté pour certaines d’entre elles un radical qui, le plus ordinairement, est un carbure d’hydrogètie.

L’acide chlorhydrique est absorbé par certaines essences, qui constituent alors des corps solides, blancs et cristallisés, connus sous le nom de camphres artificiels.

L’acide azotique les transforme en une matière comme résineuse qui a été fort peu examinée. Si les proportions d’acide et d’essence sont assez considérables, l’essence s’enflamme avec une sorte d’explosion; cette inflammation subite a lieu plus facilement avec un mélange d’acides azotique et sulfurique, ou seulement avec l’acide azotique concentré et fumant. Lorsque l’acide, au contraire, est étendu d’eau, il donne naissance à des acides particuliers : c’est ainsi que l’essence d’anis fournit de l’acide anisique.

Les oxydes alcalins décomposent plusieurs essences et se combinent avec d’autres , tandis que les oxydes de cuivre , de plomb , etc. , chauffés avec certaines essences, comme celles de térébenthine, de romarin ou de lavande, sont réduits et ramenés à l’état métallique; dans ce cas, il se forme de l’eau qui se dégage abondamment pendant toute la réaction.

Les essences sont en général solubles presque en toute proportion dans l’alcool, dans l’éther et dans les huiles grasse; c’est surtout aux dissolutions des essences dans l’alcool que l’on donne le nom d’esprits ou d’alcoolats.

L’eau n’exerce qu’une action dissolvante très-faible sur les huiles volatiles ; toutefois celle dissolution est assez marquée pour offrir l’odeur

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