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DEA ESSENCES DE LA SÉRIE EUGÉNIQUE

On trouve dans l’essence de girofles quatre principes immédiats': Veugénine, l’acide eugénique, la caryophylline , et un carbure d’ hydrogène isomère avec l’essence de térébenthine (voy. Essence de girofles, aux Produits immédiats).

De l’eugéuiue. H^*C*®0*

Elle est cristallisée en paillettes nacrées. Elle est isomère avec l’acide eugénique. On l’obtient en distillant de l’eau sur les clous de girofle; elle se dépose du liquide distillé.

Adde eugénique, HttC2003, HO (voy. Acide eugénique).

De (|uclciiic8 autres esseuces oxygénées.

Il existe encore un très-grand nombre d’essences oxygénées dont Je parlerai en faisant l’Iiisloire des produits immédiats; celles d’entre elles qui sont bien connues sont en effet composées au moins de deux Principes immédiats; il est probable qu’il en est de même de celles qui

onl à peine été éludiées ; ces essences sont celles de roses, de thym , de

lavande, d’armoise, elc.

DEIS €A]llPn»E^.

On désigne sous le nom de camphres des stéaroptènes neutres, solides à la température ordinaire, ayant une odeur sui generis, analogue à celle du camphre ordinaire, volatils, et se transformant, sous l’influence de l’acide phosphorique anhydre, en eau et en un carbure d’hydrogène analogue, jusqti’à un certain point, à l’essence de térébenthine. Quoique les camphres soient assez nombreux, je ne parlerai que de ceux du Japon et de Bornéo.

Da cniniihre dn Japon.

Il existe dans le laurus camphora ou camphora officinarum , famille des lauracées ; les huiles essentielles de plusieurs labiées renferment aussi un camphre ayant beaucoup d’analogie avec celui-ci, et qui n’est pourtant pas identique. Quoique les essences de valériane et de semen contra n’en contiennent pas , elles peuvent en fournir si on les a préalablement traitées par l’acide azotique.

Tel qu’on le trouve dans le commerce , il est extrait , particulièrement au Japon, du laurus camphora. Pour le préparer, on divise le bois de l’arbre et on le chauffe avec de l’eau dans de grapds alambics ; Tout le ^ camphre est ainsi entraîné par la vapeur, mais èomme il est encore ; mêlé avec des substances étrangères, on le place dans de grandes bon- : teilles de verre à fond plat, très-surbaissées, et que l’on chauffe ensuite | sur un bain de sable: le camphre se volatilise et vient se condenser à i la, paroi supérieure de ces bouteilles, où il se solidifie en en prenant j tous les contours. 1

Le camphre ainsi raffiné est blanc , solide , cassant, d’une odeur par- 1 ticulière ; sa densité est de 0,986 ; il fond à 175°, et bout vers 205; sa | forme cristalline est l’octaèdre ; on ne peut le réduire facilement en | poudre qu’en l’humectant avec quelques gouttes d’alcool, car par le | frottement il s’électrise Irop fortement. Il s’évapore assez rapidement au contact de l’air; il brûle avec une flamme blanche très-fuligineuse. H est très-soluble dans l’éther, dans les essences, dans les huiles gras- | ses, etc.; 10 parties d’alcool à 12° en dissolvent 12 parties, tandis qu’il | faut 1,000 parties d’eau i)Our dissoudre 1 partie de camphre. Dissous f dans l'alcool, il exerce sa rotation vers la droite, tandis que celui qui a \

ou CAMPHRE DU JAPON.

élé extrait des labiées l’exerce vers la gauche. Lorsqu’on en projette sur l’eau quelques petits grains , on les voit s’agiter et tourner dans tous les sens par le mouvement que leur imprime le dégagement simultané des vapeurs de camphre et d’eau , qui a lieu assez abondamment ; de même , lorsqu’on place un petit cylindre de camphre verticalement dans une assiette pleine d’eau , de manière qu’une partie reste au-dessus du liquide, peu à peu, par l’évaporation qui a lieu, le camphre se trouve usé au point de contact de l’eau , et si l’on prolonge l’expérience , le cylindre peut être entièrement coupé.

Si on le dissout dans le chlorure de phosphore, PhCl^, et qu’on le soumette à l’action du chlore, il donne du camphre chloré, HIOC20CI602. En distillant le camphre avec de l’acide phosphorique anhydre, on lui enlève deux équivalents d’eau, et on le transforme en cymène, sus-

ceptible de s’unir à l’acide sulfurique.

Le camphre se dissout assez abondamment dans l’acide sulfurique concentré; si l’on maintient au bain-marie, pendant plusieurs heures', un mélange de 1 partie de camphre et de 10 d’acide sulfurique , il se transforme en une huile incolore, qui présente exactement la même composition que le camphre concret. Cent parties de camphre absorbent d -f 2°, 72 parties d’acide sulfureux.

L’acide azotique à froid dissout le camphre sans l’altérer, et donne une masse huileuse {azotate de camphre) d’où, l’eau le précipite; mais si l’on fait bouillir, l’acide azotique change le camphre en acide cam- I)horique. L’acide hypoazotique donne avec le camphre un composé liquide.

L’acide cldorhydrique est absorbé par le camphre, et il en résulte une huile qui contient 144 volumes d’acide pour 1 de camphre.

Lorsqu’on fait passer du camphre en vapeur sur de la chaux potassée , chauffée à 400°, on obtient un camphorate de chaux et de potasse.

Le camphre est administré à l’intérieur avec le plus grand succès comme stimulant diffusible, comme antispasmodique, et comme sudorifique. On l’a employé dans les fièvres dites adynamiques, putrides, ataxiques, principalement lorsque la peau est sèche; dans les phlegmasies culanées aigués dans lesquelles l’éruption ne se fait pas bien , languit et dégénère; dans les angines gangréneuses, et dans toutes les Gangrènes locales; dans certaines douleurs rhumatismales, sciatiques, etc. Il a été souvent utile dans les fièvres intermiltentes, dans la paialysie, et dans une multitude d’affections où les antipasmodiques sont indiqués. On l’a souvent administré avec succès comme anO’-ap/i?’odisiaque. Il prévient l’action des cantharides sur la vessie, et il la fait

‘2iù DEUXlÈMIi EARTlE.

cesser lorsqu’elle existe déjà. Est-ce à dire pour cela que le camphre soit une panacée universelle, comme on a voulu le faire croire dans ces derniers temps? Non certes, et le charlatanisme seul a pu soutenir une pareille thèse, escortée de théories dont l’absurde le dispute à la fausseté. On le donne à l’intérieur, depuis 1 jusqu’à IG grammes dans les vingt-quatre heures; les doses doivent varier suivant la nature et l’inlensité de la maladie, mais on doit éviter d’en faire prendre beaucoup à la fois, parce qu’il agirait comme un poison énergique, capable d’occasionner la mort en très-peu de temps (voyez mon Traité de médecine ;c^aZe,4®édit.). On l’administre ordinairement émulsionné par un jaune d’œuf ou par un mucilage; ou le donne en lavement depuis 2 grammes jusqu’à 4 grammes; introduit par cette voie, il est encore susceptible d’agir comme poison et de déterminer les accidents les plus graves, si la dose employée est trop forte. La dissolution du camphre dans l’huile est souvent employée en frictions sur la partie interne des cuisses et sur quelques autres points ; on se sert aussi d’eau-de-vie camphrée préparée avec 16 grammes de camphre et 1 kilogramme d’eau-de-vie; enfin le camphre entre dans la composition de quelques liniments résolutifs , etc. Son emploi extérieur exige beaucoup moins de précautions que son administration intérieure, car l’expérience prouve qu’il agit bien moins énergiquement dans le premier cas.

Acide camphorique hydraté, H16C2008, 2H0. — L’acide camphorique cristallise en parallélipipèdes opaques et blancs; il a une saveur légèrement amère; il rougit Vinfusum de tournesol. Chauffé dans une cornue, il se décompose, et fournit, 1" une matière blanche, opaque, non cristallisée, douée d’une saveur légèrement acide et piquante, qui se condense dans le col de la cornue, formée par de l’acide anhydre; 2“ de l’eau contenant une petite quantité d’acide acétique ; 3° une huile brune, très-épaisse ; 4° une très-petite quantité de charbon. Il est inaltérable à l’air. Onze parties d’eau bouillante suffisent pour dissoudre 1 partie d’acide camphorique , tandis qu’il en faut 100 parties à la température ordinaire. Cent parties d’alcool en dissolvent 106 parties à froid; l’alcool bouillant le dissout en toutes proportions. L’éther, les acides minéraux, les liuiles fixes et volatiles, peuvent également en opérer la dissolution. Il sature bien les bases et fournit des sels qui, lorsqu’ils sont solubles, donnent, par l’addition d’un acide, un précipité blanc et cristallin d’acide camphorique hydraté. Ces sels contiennent 2 équivalents d’oxyde, parce que l’acide camphorique est

))i basique.

Préparation. On introduit dans une cornue 1 partie de camnhrc et U

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