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DU CÀMPHRE DU JAPON

parties d’acide azotique à 25 degrés de l’aréomètre de Baumé ; on chauffe graduellement, jusqu’à ce que la moitié du liquide soit passée dans le récipient; on cohobe, c’est-à-dire on remet le liquide distillé dans la cornue; on distille de nouveau ; on recoliobe, et on continue à distiller jusqu’à ce qu’il ne reste plus dans la cornue que le quart de l’acide azotique employé; alors on laisse refroidir le liquide, et l’acide campliorique cristallise; on le lave pour le débarrasser de l’acide azotique qu’il retient. Il sera pur et exempt de camphre, lorsqu’en le faisant bouillir avec de l’eau, il ne communiquera plus l’odeur du camphre à la vapeur de celle-ci. Pendant cette opération, il se dégage du gaz bioxyde d’azote, qui provient de l’acide azotique décomposé: en effet, une partie de camphre prend 6 équivalents d’oxygène à cet acide; il ne se produit point d’acide carbonique, d’après Liebig.

Acide camphorique anhydre, H^^C^OO®. — Il est obtenu en lavant avec de l’alcool froid le produit de la distillation de l’acide hydraté , que l’on dissout ensuite à chaud dans l’alcool; par le refroidissement, l’acide anhydre cristallise sous forme de prismes à base rhombe. Il n’a pas de saveur; sa densité est de 1,94 à 20°; il est fort peu soluble dans l’eau froide, et ne s’hydrate pas par une ébullition prolongée pendant douze heures. 11 fond à 217°, et bout à 270°; toutefois il se sublime déjà à 130° en aiguilles très-belles, et sans laisser de résidu.

Si l’on fait réagir sur l’acide camphorique anhydre, réduit en poudre, de l’acide sulfurique également anhydre, il se dégage de l’acide sulfureux, eU’on obtientun liquideincolore qui, étant saturé par une base et chauffé au bain-marie, fournit une grande quantité de gaz oxyde de carbone pur. D’après Walter, celte réaction donne aussi naissance à un acide nouveau qui contient les éléments de l’acide camphorique et ceux de l’acide sulfurique, moins un équivalent d’oxyde de carbone formé aux dépens des deux , de telle façon que la composition de ce nouvel acide s’exprimerait par H‘4Ci806,S02.

L’ammoniaque anhydre se combine avec lui , et donne un composé cristallin =H3AzH0,Hi‘îC2005,H2Az, qui, par l’action d’un acide fort, fournil l’acide camphoramique. Celui-ci distillé donne la camphorimide. Chauffé avec Vaniline, l’acide camphorique anhydre se transforme en acide camphoranilique et en camphoraline.

J^e l’acide campholique, H17C2003, HO. — Si l’on fait passer un coulant de vapeur de camphre sur une colonne d’un mélange de chaux et de potasse fojidues ensemble, puis concassées en petits morceaux et poitées à 300° ou 400° environ, le camphre se combine avec la potasse, sans qu’il se dégage aucun gaz. Si l’on traite celle combinaison par

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reau, el que l’on salure par un acide le liquide filtré, on obtient une matière blanche acide qui , étant lavée el cristallisée dans l’alcool , constitue l’acide campholique. Ce corps a la consistance du camphre; il rougit facilement le tournesol, et salure très-bien les bases. Il fond à 80”, et bout sans altération vers 250”. Il est insoluble dans l’eau , mais il se dissout très-bien dans l’alcool et dans l’éther; distillé avec l’acide phosphorique anhydre, il donne le campholène , H^ecis.

Le campholale de chaux, traité parla chaleur, se décompose en carbonate de chaux et en campholone liquide,

Acide camphovinique f H^G'^0, — Il est incolore, transpa-

rent, d’une saveur amère, d’une densité de 1,095 à 20”,5. Il bout à 190 ; si on le chauffe davantage, il fournit Y éther camphorique. Il est trèspeu soluble dans l’alcool et l’éther.

Éther camphorique (voy. p. 175).

Huile de camphre (voy. p. 239, Azotate de camphre).

Du camphre de Bornéo.

La matière visqueuse qui découle du dryabalanops camphora contient, comme l’a prouvé M. Pelouze, du camphre et un carbure d’hydrogène liquide, désigné sous le nom de bornéenne. Le camphre dit de Bornéo, ou de Sumatra, est en petits fragments cristallins, qui sont des prismes à six faces incolores, transparents, fusibles à 195”, et bouillant à 215” environ. Il est insoluble dans l’eau , et très-soluble dans l’alcool et 1 éther. L’acide phosphorique anhydre lui enlève deux équivalents d’eau , et le transforme en bornéenne, HI6C20. Traité par l’acide azotique, il perd deux équivalents d’hydrogène, et se trouve changé en camphre du Japon, H16C2002; en effet, il ne diffère de celui-ci que par deux équivalents d’hydrogène en moins.

Bornéenne, H16C20. — Il existe dans le dryabalanops camphora; il est aussi le résultat de l’action de l’acide phosphorique anhydre sur le camphre de Bornéo. C’est un carbure d’hydrogène isomérique avec l’essence de térébenthine. Il est liquide, incolore, plus légei que leau. Il dévie, comme l’essence de térébenthine, à gauche, le plan de pola risalion; mais son pouvoir rotatoire est plus considérable. U bout à 160”, el se volatilise sans se décomposer. L’acide azotique, à une douce chaleur, lui cède de l’oxygène et le transforme en camphre du Japon. M. Gerhardt pense que, dans l’organisation, c’est la bornéenne qui produit le camphre de Bornéo en l’Jiydratant.

DE l’hELLÉNINE.

Du riirfiirol {huile de son).

En distillant G p. de son avec 5 p. d’acide sulfurique et 12 p. d’eau, , on obtient un liquide huileux, le furfurol , qui a une odeur analogue à celle de l’essence des amandes amères, d’une densité de 1,68, bouillant à 166°, très-soluble dans l’eau et l’alcool, se colorant en pourpre par l’acide sulfurique, et se transformant par l’ammoniaque en furfuramide , Hi^CSOAzO'*, substance cristalline comparable à l’hydrobenzamide, qui se change elle-même en furfurine par l’action d’une dissolution étendue de potasse. La furfuramide donne du thiofurfol , H4G1os202^ lorsqu’après l’avoir dissoute dans l’alcool, on la traite par l’acide sulfhydrique. Le furfurol présente quelque analogie avec les aldéhydes.

Du fiicusol.

On obtient le fucusol en distillant des algues avec de l’acide sulfurique. 11 est isomérique avec le furfurol. Il est liquide, huileux, incolore; mais il se colore au bout de quelques jours à l’air et è la lumière, en jaune, puis en brun; sa densité est de 1,150 à 13°,5. Il bout à 172°; il exige 14 parties d’eau pour se dissoudre. Il colore la peau en jaune, et celle couleur devient rose par son contact avec l’aniline. L’ammoniaque le transforme en /wcMsomîc?e,H42C30Az204, qui se change elle-même en fucusine par l’action de la potasse. L’acide sulfhydrique donne avec une dissolution alcoolique de fucusamide du thiofucusol, H4C10S202.

De l’hcllénfiic.

L’hellénine est extraite de la racine d’aunée {inula helenium) par l’alcool boLiillanl; par le refroidissement, elle cristallise en prismes quadrilatères, incolores,, d’une odeur et d’une saveur très-faibles, plus légers que l’eau, insolubles dans ce liquide, facilement solubles dans l’alcool et dans l’éther. Elle fond à 72°, bout entre 275° et 280°, et se volatilise un peu avant. Lorsqu’on la maintient pendant quelque temps en fusion à une température élevée, elle donne, par le refroidissement, une masse qui a l’aspect de la colophane.

M. Gerhardt dit en avoir isolé, par l’action de l’acide phosphorique anhydre, un carbure d hydrogène, II^C*^. Il mentionne aussi des pro-

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dnils qui résultent de l’action de l’acide azotique et du chlore sur cette matière; mais l’examen et l’analyse de ces produits sont trop incomplets ])our que je les décrive.

L’acide sulfurique la transforme en acide sulfohellénique, et l’acide azotique en nitrohellénine. Le chlore la change en chlorhellénine : dans ces deux derniers composés , 1 équivalent d’hydrogène.se trouve remplacé par 1 d’acide hypoazotique ou de chlore. /

De l’athamanthine» H'®C**0’,H0.

Elle existe dans Vathamantha oreoselinum. Elle est solide, d’une odeur de graisse rance, fusible dans l’eau bouillante, fixe, décomposable par le feu, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles grasses et essentielles. L’acide chlorhydrique l’absorbe, et donne des cristaux décomposables par la chaleur en acide valérianique et en oréosélone, et par l’eau bouillante en acide valérianique et

en oréoséline, Elle fournil aussi de l’acide valérianique quand

on la traite par l’acide sulfurique concentré.

De l’asarinc.

Elle existe dans Vasarum. Elle fond à 120». Le chlore la convertit en une matière verte qui bout à 220°= C^oci2 O^. L’acide azotique la transforme en une matière rouge résinoïde et incristallisable.

ESfSEMCES SIJLFVRÉE8.

De l'esscuce de moutarde uolre. H^C^ÂzS*.

La graine de moutarde noire contient de l’acide myronique combiné avec la potasse et de la myrosine; elle ne renferme pas d’essence; celle-ci prend naissance sous l’influence de l’eau, à peu près comme l’essence d’amandes amères, par la réaction de la myrosine sur l’acide myronique. Isolés, ces deux corps ne produisent point d’essence, même avec l’eau ; mais dès qu’on les mêle, leurs éléments réagissent , et il eu résulte l’essence de moutarde noire.

Cette essence est incolore lorsqu’elle est récente et pure; mais en vieillissant, elle devient jaune ; elle a une odeur forte et irritante, une saveur âcre et caustique ; sa densité varie de 1,038 à 1,015 ; elle n’exerce pas de pouvoir rotatoire. D’après MM. Robiquel et Bussy, son point

DE l’essence de MOUTARDE NOIRE, d’ébullilion, qui commence à 110°, s’élève peu à peu jusqu’à 155°, ce qui dépend d’une altération que lui fait subir la chaleur; en effet, l’essence se partage alors en trois huiles distinctes qui ont des points d’ébullition différents. L’alcool et l’éther la dissolvent aisément; l’eau, au contraire, la précipite de ces dissolutions.

L’essence de moutarde dissout à chaud et en grande quantité le phosphore et le soufre, qui s’en séparent à l’état cristallin. Le chlore l’attaque très- fortement.

Lorsqu’on la chauffe avec du potassium, il se forme du sulfure et du sulfocyanure de potassium ; celte réaction doit être faite avec précaution, car elle détermine une explosion quelquefois assez violente.

En chauffant l’essence de moutarde avec la chaux sodique, on obtient l’oxyde d’allyl , H^G^O. Lorsqu’on mélange peu à peu de l’ammoniaque avec de l’essence de moutarde, elle s’y unit, et donne naissance à de la thiosinammine. L’hydrate de protoxyde de plomb transforme l’essence de moutarde en sinapoline. On peut considérer l’essence de moutarde noire comme un composé d’essence d’ail, H^G^S, et de sulfocyanogène, G^AzS. Elle possède une action vésicante très-énergique.

On l’obtient en distillant avec de l’eau le tourteau de graines de moutarde noire dont on a extrait l’huile grasse; l’eau a été préalablement laissée en digestion pendant quelques heures à la température de 25° à 30 .

Thiosinammine, H^G^, H^Az, AzS^. — Alcaloïde cristallisable en bases rhombes, d’un blanc éclatant, fusibles à 70°, solubles dans l’eau, dans l’alcool et l’éther; ces dissolutions sont neutres au papier de tournesol. Elle se dissout également dans les acides sulfurique, azotique et acétique; mais les sels qu’elle forme ne cristallisent pas. Chauffée avec le protoxyde de plomb ou le bioxyde de mercure, elle perd son soufre, et se transforme en un autre alcaloïde, la sinammine,

HoC8,H3Az,AzS2 2PbO __ H6C8Az2 2PbS 2H0

Tbiosintmmine. ’ Oxyde de plomb. Sinammine. * Sulfure de plomb. *

Sinammine, H6C®Az2. — Elle est solide, inodore, d’une saveur amère; elle a une réaction fortement alcaline ; elle ne forme qu’un petit nombre de sels cristaUisables ; elle précipite les sels de cuivre, de plomb, (i’argenl, et de sesquioxyde de fer.

Sinapoline, Hi2Ci^Az202. — Alcaloïde en paillettes d’un éclat gras, bleuissant le tournesol rougi, soluble dans l’eau; cette dissolution

donne, avec les bichlorures de mercure et de platine, des précipités cristallins.

Acide myrotiique (voy. Acides).

Myrosine. — Elle existe dans la graine de moutarde noire; elle est incristallisable, et susceptible d’être coagulée, comme l’albumine, par la chaleur, les acides et Talcool ; dans cet état, elle ne jouit plus de la propriété de transformer en essence de moutarde noire le myronate de potasse contenu dans la graine de cette plante, à moins qu’on ne la laisse pendant longtemps sous l’eau. Pour l’obtenir, on épuise par l’eau froide la graine de moutarde blanche; on évapore la liqueur filtrée, et on précipite la myrosine de cette dissolution à l’aide de l’alcool. La graine de moutarde noire ne donnerait pas trace de myrosine, parce qu’aussitôt qu’elle a été mise en contact avec l’eau, elle se change en essence de moutarde noire. La myrosine est le ferment par excellence pour développer la fermentation sinapique.

De l’essence de raifort.

L’essence de raifort est plus pesante que l’eau , à laquelle elle communique son odeur et sa saveur âcre et mordicante, quoiqu’elle ne soit que fort peu soluble dans ce liquide. Elle précipite les sels de plomb et d’argent à l’état de sulfures.

C’est à cette huile que le raifort parait devoir ses propriétés.

L’essence de cochléaria est analogue à la précédente.

De l’essence d’all. H*C«S {monosulfare d’allyl).

Elle existe dans les gousses d’ail; on l’a considérée comme une combinaison de soufre avec de Vallyl (carbure d’hydrogène, RSC®). Elle est liquide, incolore , transparente, d’une odeur repoussante, plus légère que l’eau, décomposable à 150°, légèrement soluble dans l’eau, trèssoluble dans l’alcool, et l’éther. Elle est rapidement décomposée par l’acide azotique. Dissoute dans l’alcool , elle donne , avec le bichlorure de mercure, un précipité blanc, avec le bichlorure de platine, un précipité jaune, et avec l’azotate d’argent , un précipité de sulfure d’argent mêlé d’un composé blanc cristallin, soluble dans l’eau bouillante, AgO, Ht^C^O, AzQ5 , lequel, traité par l’ammoniaque, donne V oxyde d’allyl, sorte d’huile volatile, incolore, d’une odeur désagréable, H5C60.

L^ssence djail, appliquée sur la peau, y détermine une vésication accompagnée de douleurs assez vives.

On l’obtient en distillant les 'gousses d’ail avec de l’eau ; on décante

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