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DE LA CRÉOSOTE

l’huile brune condensée dans le récipient , et on la distille de nouveau dans un bain d’eau salée; le produit de cette seconde distillation est rectifié sur du potassium, jusqu’à ce qu’il ne soit plus attaqué par ce métal.

De l’essence d’nsa fœtlila. OU S*.

Elle existe dans l’asa fœtida; on l’obtient en distillant cette gommerésine avec de l’eau dans de grands ballons de verre que l’on plonge dans un bain de sel. Elle est d’un jaune clair, limpide, d’une odeur pénétrante d’osa fœtida. Elle est neutre au papier de tournesol, et ne rougit pas la peau, comme d’autres huiles sulfurées ; elle est un peu soluble dans l’eau, et soluble dans l’alcool concentré et dans l’éther. Elle bout à 140'’, en dégageant continuellement du gaz acide sulfhydrique. A l’air, elle devient peu à peu acide, et son odeur se modifie. L’acide chlorhydrique la colore en rouge, en violet, puis en noir. (Hlasiwetz, Journ. de pharm , mars 1850.)

Les oignons fournissent une huile essentielle analogue.

Les essences de lepidium latifolium et de houblon, possèdent des propriétés analogues à celles des essences sulfurées que je viens d’examiner.

Il existe encore beaucoup d’autres huiles essentielles, fournies en particulier par la distillation des gommes-résines; mais elles ont été trop étudiées pour que je m’en occupe.

De la créosote.

La créosote existe dans le goudron de bois, dans l’acide pyroligneux (voy. 5oîs). Elle est liquide, oléagineuse, un peu grasse au toucher, incolore lorsqu’elle est récemment préparée, d’une odeur de fumée désagréable et pénétrante, d’une saveur caustique et brûlante, d’une densité de 1,037 à -f- 20°, et sans action sur les papiers colorés. Elle bout à ^3", sous la pression de 0,720, et ne se solidifie pas à un froid de 27° —0°.

Elle forme deux combinaisons avec l’eau à la température de -}- 20" ; la première est une dissolution de 1 partie de créosote et de 400 d’eau, et la seconde une dissolution de 1 partie d’eau dans 10 de créosote. Elle s’unit en toutes proportions à l’alcool, à l’éther et aux huiles essentielles.

Le soufre, l’iode et le phosphore, sont dissous en assez grande quantité par la créosote. •

L’acide azotique dissout la créosote en toutes proportions, et par la

chaleur donne avec elle des vapeurs rutilantes très-abondantes. L’acide sulfurique concentré, en petite quantité, la colore en rouge; s’il est plus abondant, elle noircit, perd sa fluidité, et il se dépose du soufre. Elle forme avec la potasse et la soude deux composés, l’im anhydre et huileux, l’autre hydraté, cristallin blanc nacré, qui ne constituent pas des savons, car les acides faibles en séparent la créosote non décomposée. Elle dissout un très-grand nombre de sels sans les altérer; je citerai particulièrement les acétates de potasse, de soude, d’ammoniaque , de plomb , de zinc , les chlorures d’étain , de calcium, etc. ; tandis qu’elle décompose et réduit à l’état métallique l’acétate et l’azotate d’argent. L’alcool , les éthers sulfurique et acétique , le sulfure de carbone , l’eupione et le naphte, s’unissent en toutes proportions avec la créosote. Elle coagule l’albumine, et c’est probablement par suite de cette action qu’elle jouit de la propriété d’empêcher la putréfaction de la viande et du poisson; il suffit, en effet, de tremper ces matières pendant un quart d’heure ou une demi-heure dans une dissolution de créosote pour qu’elles soient complètement desséchées et incorruptibles; la propriété que possède sa fumée de conserver les viandes dépend sans doute de la créosote qu’elle renferme.

La créosote agit à la manière des poisons; appliquée sur la langue, elle l’altère instantanément; elle détruit l’épiderme en très-peu de temps, et tue les petits animaux, les poissons, etc. On l’a employée avec succès dans plusieurs cas de carie, surtout de carie dentaire, dans la pourriture d’hôpital, dans certaines affections cancéreuses, dans la brôlure, et en général dans tous les cas où l’huile de Dippel a paru utile. On l’administre pure, en dissolution dans l’eau , ou sous forme d’onguent.

Préparation. On distille le goudron de bois jusqu’à la consistance de la poix des cordonniers; le liquide condensé dans le récipient se divise en deux parties , dont une , plus pesante , occupe le fond ; on sature celle-ci avec du carbonate de potasse , on laisse reposer, et on décante l’huile qui surnage. On distille de nouveau cette huile, mais on ne recueille encore que les parties qui passent en dernier et qui tombent au fond de l’eau du récipient. On agite à plusieurs reprises cette huile avec de nouvelles portions d’acide phosphorique étendu ; on laisse reposer la liqueur, on lave à l’eau jusqu’à ce que celle-ci ne manifeste plus de réaction acide, et enfin on distille dans une cornue avec une nouvelle quantité d’eau chargée d’acide phosphorique, en ayant soin de cohober de temps en temps. On obtient dans le récipient une huile incolore que l’on dissout dans une dissolution de potasse caustique de la densité de 1,12; on enlève l’eupione qui surnage; on laisse

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