DE LA NAPHTALINE
Elle gonfle considérablement le caoutchouc, et finit par le dissoudre ^ une température suffisamment élevée.
Quelques chimistes pensent que Teiipione n’est qu’un mélange de pludeiirs carbures d’hydrogène analogues à ceux qui constituent le pétrole.
Préparation. On distille 8 livres de goudron animal, jusqu’A ce qu’on en ait obtenu 5, que l’on réduit à 3 par une nouvelle distillation. On mêle ces 3 litres avec 500 grammes d’acide sulfurique concentré, auquel il est bon d’ajouter un peu d’acide azotique ; en laissant déposer, nn obtient une couche d’une huile jaune, volatile, qui surnage un liquide acide fortement coloré en rouge. On décante la couche supérieure et on la distille aux trois quarts. Le produit huileux recueilli et incolore est lavé avec une lessive chaude de potasse ; il se forme deux couches que l’on sépare; on distille de nouveau la partie huileuse avec moitié seulement de son poids d’acide sulfurique, jusqu’à ce que les trois quarts aient passé dans le récipient, puis on lave de nouveau à la potasse. Enfin, après avoir desséché ce produit dans le vide, on le fait bouillir avec quelques décigrammes de potassium , qui en sépare des flocons rouges, et l’on continue l’ébullition, tant que le métal se ternit. On sépare en dernier lieu la paraffine, que l’eupione ainsi préparée pourrait retenir, en traitant par l’alcool, qui la précipite. Une chaleur convenable vaporise ensuite l’alcool et laisse l’eupione pure.
M. Reichenbach a retiré encore des goudrons deux autres huiles particulières , qu’il désigne sous les noms de picamare et de capnomor; mais qui n’ont pas été assez étudiées pour que je les décrive.
De la pittaeale.
Matière particulière contenue dans les goudrons , qui ressemble beaucoup à l’indigo, dont elle possède la belle couleur bleue, se dissolvant bien dans l’acide sulfurique, et pouvant être fixée , à l’aide de mordants aliimi(ieux,sur la toile et le colon. On la prépare en la précipitant d’une dissolution alcoolique de picamare ou de goudron par la baryte (voir, pour les détails , le Journ, depharm., t. XX, pag. 362).
De la naphtaline. lUC®®.
La naphtaline a été découverte, par M. Kidd, dans les produits de la distillation du goudron de houille. Elle se forme aussi lorsqu’on décompose par le feu le benzoate de chaux, ou les vapeurs d’alcool ou de camphre. Elle est solide à la température ordinaire, très-blanche, douce
et onctueuse au toucher, d’une odeur analogue à celle du narcisse d’une saveur piquante, d’une densité de 1,048, neutre aux réactifs colorés, fusible à 79^ et entrant en ébullition à 212°; cependant elle peut se sublimer sans fondre; alors elle cristallise en lames rhomboïdales, transparentes et très-brillantes. La chaleur paraît avoir très-peu d’action sur elle.
Lorsqu'on l’enflamme, elle brûle rapidement en répandant beaucoup de fumée. La densité de sa vapeur est de 4,528, et représente quatre volumes.
Elle est insoluble dans l’eau froide, mais un peu soluble dans l’eau chaude , d’où elle se dépose par le refroidissement. L’alcool , l’éther, les huiles grasses et essentielles, la dissolvent en grande quantité, et plus à chaud qu’à froid.
Soumise à l’action du chlore, la naphtaline se liquéfie, s’échauffe, et laisse dégager du gaz chlorhydrique; ce liquide a pour formule H8C20C12 (1 équivalent de naphtaline avec 2 de chlore). Si on prolonge l’action du chlore, on obtient un corps blanc solide, cristallisable s’il a été dissous dans l’éther = H8C20CH (1 équivalent de naphtaline et 4 de chlore). En soumettant ces deux matières à l’action de divers réactifs, ou bien en traitant par le chlore les produits qu’elles donnent par la distillation, on prépare un grand nombre de composés analogues, tels que la naphtaline monochlorée, H^G^OCI, bichlorée, trichlorée, quadrichlorée, sexchlorée, perchlorée ; cette dernière a pour formule C^OCIS. Le brome donne des produits analogues aux précédents ; ainsi M. Laurent a obtenu de la naphtaline mono, bi, tri et quadribromée ; celte dernière est représentée par H'îG20Br4. En faisant réagir successivement sur la naphtaline le brome et le chlore, le même chimiste a donné naissance à des composés plus complexes, tels que les naphtalines bromobichlorée , bibromochlorée , bromotrichloréc et bibromotrichlorée ; celte dernière a pour formule H3G20Br^G13. On peut encore produire des chlorhydrates de naphtaline chlorée ou bromée, ou à la fois chlorée et bromée. Exemples : H7G20G1, HGl ; H4G20Bi'4, HBr ; H5G20Br2Gl, HGl. On voit que les corps dont je viens de parler dérivent en général de la naphtaline par substitution , et qu’un ou plusieurs équivalents d’hydrogène sont remplacés par un ou plusieurs équivalents de chlore ou de brome.
L’acide azotique bouillant transforme la naphtaline en une huile solide mononitronaphtalinc, H7G20,AzO‘î; d’où il suit que l’acideazoliqueacédé un équivalent d’oxygène, qui s’est combinéavec un équivalent d’hydrogène de la naphtaline; en continuant l’action de l’acide, on obtient la
DÉ Ik NAPÎHÂLlNE. 253
binitronaphtalûie et la trinüronaphtaline. La moiionitroiiaphtaline donne, avec le siilfhydrale d’ammoniaque, la naphtalidame ou naphtalidine, base organique = H9C20Az , laquelle, sous l’influence du sesquichlorure de fer et de corps oxydants, se convertit en naphtamène, substance nouvelle d’un beau bleu, assez analogue à l’orcine, tandis que la bi et la trinitronaphtaline produisent d’autres alcaloïdes , tels que H8C20Az2 et H'C20Az3. Si l’on fait agir l’acide azotique sur les naphtalines chlorées^ on obtient d’autres composés dans lesquels tantôt l’iiydrogène est remplacé par AzO^, tantôt par de l’oxygène.
En chauffant une dissolution alcoolique de nitronaphtaline et une dissolution très-concentrée de sulfite d’ammoniaque neutre, M. Piria a transformé la nitronaphtaline en naphtalidine , laquelle, à l’état naissant , s’unit aux éléments de l’acide sulfureux pour former deux composés isomériques acides de la formule H3G20AzS20^,H0, qu’il a désignés sous les noms d’acide naphtioniqiie et thionaphtamique.
L’acide sulfurique concentré à 900 donne, avec la naphtaline, des acides composés, tels que l’acide sulfonaphtalique, H7G20S20®, et l’acide sulfonapktique. Si l’acide était anhydre, on obtiendrait, en outre, deux substances neutres cristallisables , la sulfonaphtaline , H^G20S02, et la sulfonaphialide, R10G24S02. En agissant sur les naphtalines tri et quadrichlorées, l’acide sulfurique monohydralé donne des acides analogues à l’acide sulfonaphtalique.
Le chlorure de naphtaline, H3G20G14, traité par l’acide azotique, fournit l’acide phtalique, 2H0. Le phtalale d’ammoniaque dis-
tillé donne le phtalimide, H^G1904Az.
Préparation. On relirait autrefois la naphtaline du goudron de bouille en distillant celui-ci à une haute température, et en soumettant le produit à l’action du froid pour en faire déposer la naphtaline. Aujourd’hui on distille une ou deux fois la naphtaline que l’on trouve en grande quantité dans les tuyaux de condensation des usines à gaz ; on la dissout ensuite dans l’alcool pour l’obtenir parfaitement pure.
Acide naphtionique , H3G20AzS20^,H0. — Il est blanc, en cristaux aciculaires d’unéclatsaliné, insolubles dans l’eau froide et dans l’alcool, solubles dans l’eau bouillante; il est très-stable et déplace l’acide acélifiuede ses combinaisons; il n’est pas attaqué par les acides sulfurique rt chlorhydrique à 200° ; l’acide azotique bouillant le transforme en une matière résineuse brune; il n’est guère décomposé que par les oxydants énergiques. Les naphlionates sont tous solubles et facilement crislallisables.
Acide thionaphtamique. — 11 n’a pas été obtenu libre. Les thionaphla-
DEUXiÈMli PARTIE, mates de potasse, de soude et d’ammoniaque, sont solubles et cristallisa blés. Lorsqu’on essaie de le séparer de ces' sels, il se transforme en acide sulfurique et en naphtalidine. Ces sels distillés donnent une grande quantité de naphtalidine. (Piria, Comptes rendus, séance du 30 septembre 1850.)
. Uo la imrauaphtaline.
Cette substance est isomère de la naphtaline ; on la trouve aussi dans le goudron de houille. On l’obtient dans les derniers produits de la distillation de ce goudron par les mômes moyens que la naphtaline, seulement on peut la purifier par deux ou trois distillations successives. Elle est blanche et cristallisée en petits grains, ce qui la distingue déjà de la naphtaline; elle n’entre en fusion qu’à 180", et ne bout qu’au delà de 300"; elle est insoluble dans l’eau, et à peine soluble dans l’alcool, môme bouillant, caractère qui la distingue facilement de la naphtaline. Avec l’acide azotique, elle donne les corps suivants ;
H‘'C®»AzO<
H">C®o,2AzO*
H^C^^SAzO*
Elle offre la même composition; toutefois, la densité de sa vapeur étant égale à 6,741 , elle ne représente pour 2 volumes que 3 volumes de naphtaline.
De la parafflno.
La paraffine a été découverte par M. Reichenbach dans les produits de la distillation de beaucoup de matières organiques. Elle est blanche, cristalline, inodore, insipide et ductile; elle peut acquérir par la raclure un aspect gras, analogue à celui de la cétine; elle fond à 43° ou 44" en un liquide incolore, transparent, oléagineux; elle entre en ébullition à une température plus élevée, et distille sans altération. Exposée à l’action de la chaleur dans une cuiller de platine, elle s'enflamme et brûle sans fumée. Elle ne fait pas tache comme la graisse. Sa densité est de 0,870.
Elle ne parait être attaquée par aucun corps; cette indifférence lui a fait donner son nom, qui dérive de parum affinis.
La paraffine est insoluble dans l’eau ; elle est facilement soluble dans
DES CARBUUES.
es huiles de térébeiUhine, de goudron el de naplUe. Cent parties d’étiier , 25° dissolvent 140 parties de paraffine; l’alcool absolu n’en dissout (lie peu A froid; bouillant, il n’en prend que 3,45 pour 100. Elle est leutre aux couleurs végétales.
Préparation. Aujourd’hui on l’obtient très-facilement et en abonlance en distillant un mélange de cire et de chaux; elle passe avec un )eu d’huile , dont on la sépare par expression , et en la traitant par ’alcool, qui la dissout à peine, et qui entraîne les autres produits.
Le premier moyen qui fut employé consistait à distiller plusieurs fois 'huile de goudron pesante; on la mêlait avec de l’acide sulfurique concentré par petites portions (un quart de son poids), et on élevait la température jusqu’à 100°. On abandonnait ensuite le mélange à lui-même, Cendant douze heures au plus, dans une étuve, afin que la paraffine ne eût pas se figer; au bout de ce temps, on trouvait à la surface du mévange un liquide huileux, incolore, que l’on décantait, et qui, par le ’.'efroidissement , laissait déposer la paraffine. On la lavait avec de l’eau, i3t on l’exprimait dans des papiers absorbants; enfin on la dissolvait ! dans l’alcool concentré et bouillant, d’où elle se déposait par le refroi- I Jissement. On l’a obtenue en assez grande quantité, dans ces derniers c'.emps , en distillant des schistes , pour que des fabricants trouvent du ■profit à l’introduire dans les bougies stéariques, qui n’offrent que l’in- ■ 'onvénient de brûler plus vite.
Des carbures
provenant de la décomposition des résines par le feu. ^
Ces carbures sont : 1° le rétinaphte, H^C^'^, bouillant à 108°, isomère avec le benzoène; 2° le rétimjle^ H12C18, bouillant à 150°; 3“ le rétinole, iHGCi2, bouillant à 240®, isomère de la benzine; 4° le rétistérène {métanaphtaline) cristallin, fondant à 65°, bouillant à 325°, isomère de la na- • phtaline. On emploie quelquefois un mélange des deux premiers de ces carbures pour remplacer l’essence de térébenthine; le rétinole sert à ‘ préparer certaines encres d’imprimerie; mélangé à la chaux, il consti- < lue la graisse noire dont on fait usage pour graisser les roues, les machines, etc.; 5° le benzoène ou anisène, H^C^'^, produit de la distillation du sang-dragon et de la résine du baume de Tolu (voy. ces mots) ; ' 6° le colophène, H32G^0; il est liquide, incolore, paraissant quelquefois I bleuâtre, d’une densité de 0,940 ; 7° le styrole, obtenu en distillant le l' styrax liquide; il est isomère avec le benzoène; il est limpide, inco- I lore, soluble dans l’alcool el dans l’élher, bouillant à 315°; il est poly-
256 DEUXIÈME DAUTIE.
mère de l’essence de lérébenlliine ; sa molécule est deux fois plus forte.
On l’obtient en décomposant la colophane par le feu.
De l’olcèue et de l’éloènc.
Ils sont le résultat de la décomposition par le feu des acides métaoléique et hydroléique; ils sont isomériques du bicarbure d’hydrogène gazeux. L’oléène, Hi2Ci2^ bout à 550; son odeur est désagréable et pénétrante. L’élaène, bout à IIQO.
Du ccrotène.
On l’obtient en décomposant la cérotine par le feu (voy. Cérotine). Il est cristallin et a l’aspect de la paraffine. Il fond à 570, Il est soluble dans l’alcool et l’éther. Lé chlore humide lui prend 19 équivalents d’hydrogène, et forme du cérotène chloré, H35C54C119.
Dn clnnamène, et du luétaciuuamènc.
Le cinnamène ou styrol est le produit de la décomposition par le feu du styrax, du sang-dragon, du cinnamate de cuivre, etc. Le métacinnamène (rnétastyrol ou draconyle) est isomérique du cinnamène , et fait partie des produits de la distillation du sang dragon (voy. ce mol).
Du carbure
produit pendant la décomposition par le feu des acides stéarique
et margarique.
Ce carbure a pour formule Il a été peu étudié.
Des carbures fournis par le succin.
Le succin décomposé par le feu donne plusieurs carbures d’hydrogène liquides , dont le point d’ébullition varie de 1400 à 1900. Hs sont isomériques de l’essence de térébenthine.
Des carbures fournis par le caoutchouc.
En décomposant le caoutchouc du commerce par le feu, on obtient plusieurs carbures. Le caoutchène, découvert par M. Boucliardal , bout
t 140.5, et cristallise en aiguilles blanches à — 150; il est isomérique ivec le gaz oléfiant. Vhévène ne bout qu’à 3510, et ne se solidifie pas par e froid. Il est également isomérique du bicarbure d’hydrogène gazeux, ünlre 140,5 et 3510, H se produit d’autres carbures. Himly en a isolé Un [u’il a désigné sous le nom de caoutchine, qui bout à 1710, et qui paraît ivoir la composition de l’essence de térébenthine. Ges divers carbures lissolvent très-bien le caoutchouc, dont je ferai l’histoire à la suite des laumes. Celui-ci, quand il a été purifié, constitue-t-il un carbure d’hyilrogène formé de 87,2 de carbone et de 12,8 d’hydrogène, comme emble Pindiquer l’analyse qui en a été faite ? Je n’oserais pas l’affirmer, n ayant égard aux travaux de Faraday, desquels il résulte que le suc taileux récent dans lequel se trouve le caoutchouc contient plusieurs madères azotées dont il est difficile de le débarrasser.
Des carbures
produits pendant la de'composition par le feu de l’acide valérianique.
Ces carbures sont lepropylène, H^CO, Véthylène, H^G^, et peut-être le '•utylène, HOCO.
Des cai bures
provenant du gaz de l’éclairage produit par la décomposition de l’huile.
Lorsqu’on comprime le gaz obtenu par la décomposition de l’huile jsqu’à 30 atmosphères environ, on obtient dans les récipients un li- (uide particulier, tantôt transparent, et sans couleur, et tantôt jaune nu brun, possédant l’odeur du gaz dont il est saturé au moment de la ompression, odeur qui se dégage bientôt si l’on cesse de comprimer. ■In soumettant ce liquide à la chaleur de la main , et en faisant passer es vapeurs dans un tube refroidi à 18° — 0°, ces vapeurs se condensent en un liquide incolore fort mobile, d’une densité de 0,627, bouillant sous ' a pression ordinaire à quelques degrés au-dessous de zéro, et produi- •ant ainsi un gaz incolore qui brôle avec une flamme brillante au conact de l’air, peu soluble dans l’eau , soluble au contraire dans l’alcool, l’où l’eau le précipite. Le chlore l’attaque, et forme avec lui deux 'omposés distincts. Les alcalis sont sans action sur lui. Il s’unit en ' ;rande quantité avec l’acide sulfurique , et produit un corps isomère du îaz oléfiant, II2C2, sans dégagement d’acide sulfureux.
Si l’on élève de plus en plus la température , on la voit devenir sla-i II. 17
lionnaire pendant quelque temps entre 80O et 90o, et pendant ce temps, à peu près la moitié du liquide soumis à la distillation peut être recueillie dans les récipients. Si alors on soumet ce produit à un froid de 180 audessous de zéro , il se partage en un corps liquide, et en un produit solide cristallisé , que l’on sépare en comprimant la partie solide, toujours soumise à un froid de 10 à 15 — 0.
La partie liquide qui s’écoule pendant la compression du corps précédent, n’ayant pas été obtenue à l’état de pureté, n’a pas été analysée d’une manière exacte; elle paraît toutefois être isomère du gaz oléfiant.
M. Couerbe a voulu continuer le travail de Faraday, à qui l’on doit tous ces détails. En examinant le liquide provenant du gaz de l’éclairage comprimé, mais recueilli dans les récipients en dehors de toute pression, il a signalé six carbures d’ hydrogène particuliers, qu’il séparait et purifiait en fractionnant les produits de la distillation de cinq en cinq degrés. On conçoit facilement qu’il soit possible de produire de cette manière une quantité innombrable de carbures d’hydrogène par des mélanges de deux ou plusieurs corps, qui, entrant en ébullition à des degrés différents, peuvent présenter, suivant les proportions de chacun de cès carbures dans ces mélanges, des densités variables, et des points d’ébullition susceptibles de croître avec la quantité du corps le moins volatil; ce qui confirme cette opinion, c’est que, dans toutes ses analyses , M. Couerbe signale des pertes qu’il évalue en carbone, et qui s’élèvent jusqu’à 0,445. Ces erreurs d’analyse ne sont guère propres à inspirer de la confiance.
g 11. — €.%RBURES D’H¥DROGÈJ«E
produits par l’art, et qui ne sont pas le résultat de la seule action du feu.
Huile «le Tin légère (voy. p. 182).
De l’étUyle. H®C* = 2 vol.
Lorsqu’on fait agir à la température de 1500, dans un bain d’huile, du zinc sur l’éther iodhydrique, on obtient un gaz composé de 60,03 dethyle, de 25,79 de méthyle, de 21,70 de méthylène, et de 2,48 d’azote. Les trois premiers corps pouvant être condensés à l’état liquide, et le point d’ébullition de l’éthyle étant supérieur à ceux du méthyle et du méthylène, il est évident qu’on peut l’obtenir en ne recueillant que les portions qui passent les dernières à la distillation.
L’éthyle est un gaz incolore, d’une odeur élbérée faible, d’une den-
DU TÉRÉBÊNE. 259
silé de 2,00394, brOlanL avec une flamme blanche très-éclairanle. A3O-|-0, sous une pression de 2 atmosphères %■> il se condense en un liquide incolore , très-mobile; il ne se liquéfie pas à — 180 sous la pression ordinaire de l’atmosphère; il est insoluble dans l’eau , et facilement soluble dans l’alcool. L’oxygène ne l’altère pas à froid, même en présence de l’éponge de platine ; à chaud, l’éponge de platine rougit, il se dépose du charbon , et il se dégage un gaz qui est probablement du protocarbure d’hydrogène. Le chlore et le brome sont sans action sur lui dans l’obscurité; à la lumière diffuse, le volume du gaz diminue considérablement. Les acides sulfurique, azotique et chromique, ne l’al- [ tèrent pas.
Du méthyle. H*C*.
Il est le résultat de l’action qu’exerce un mélange de parties égales id’éther iodhydrique et d’eau sur du zinc à une température peu élevée ; il '<e produit aussi lorsqu’on décompose l’éther cyanhydrique par le potassium, ou l’acide acétique par un courant électrique. Il est gazeux, i incolore, d’une odeur éthérée faible, qui disparaît quand on le traite ! par l’alcool et l’acide sulfurique. Il ne se liquéfie pas à — 180. il est insoluble dans l’eau et un peu dans l’alcool (Frankland, Journ. de pharm., '•^évrier 1850).
Du méthylèue. H*C*.
C’est le carbure d’hydrogène que MM. Dumas et Péligot considéraient comme étant le radical de l’alcool méthylique, H'^C^O^. On le forme eu i traitant l’éther iodhydrique par du zinc.
Du tolèue.
On l’obtient en distillant du baume de Tolu avec de l’eau. Il est li- I quide, d’une densité de 0,858 à lOO; sa saveur est piquante, légèrement poivrée; il a une odeur analogue à celle de l’élémi. Il bout vers 160^.
De l’nmyléue, du puraniylène et du métamyléne (voy. p. 209).
Du térébènc. 10 ®C*®.
Il est le résultat de l’action à chaud de 1 partie d’acide sulfurique sur 20 parties d’essence de térébenthine. Il est d’une odeur agréable, ana-
logiie à celle du thym, sans aclion sur la lumière polarisée, bouillant à 15()0, comme l'essence de térébenthine. Il forme, avec le chlore et avec le brome, deux composés. Il donne avec l’acide chlorhydrique un corp*s, 2H16C20,HCI, dans lequel il y a moitié moins d’acide chlorhydrique que dans le composé obtenu avec l’essence de térébenthine et le même acide. Il fait la base du camphre liquide de la térébenthine.
Du cltrène ot du cltrllène»
En décomposant par la chaux le camphre solide de l’essence de citron, on obtient le citrène, isomérique de l’essence de citron. 11 bout à 1G50, et n’agit pas sur la lumière polarisée. On obtient le citrilène de la même manière, en substituant le camphre liquide au camphre solide. Sa densité est de 0,880; il bout à 1750.
Du stilbène ou du benzoïnène.
Il est le résultat de la décomposition par le feu de l’hydrure de sulfobenzoïle, H12G28S4 (voy. p. 226). Il est solide, incolore, fusible vers 1150, bouillant à 2920, assez soluble dans l’alcool bouillant. Traité par le chlore, il donne quatre chlorures. L’acide chromique le transforme en essence d’amandes amères. Avec l’acide azotique, il fournit les acides nilrostUbique et binitrostilbique.
Du cuuïène.
Il est le résultat de l’action de la baryte sur l’acide cuminique cristallisé. Il est liquide, bouillant à 1510, insoluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool et l’éther (voy. Acide cuminique pour ses autres propriétés, p. 236).
Du ineuthèue. (voy. Essence de menthe).
Du cédrène. H**C®*.
On l’obtient en chauffant l’essence de cèdre avec de l’acide phosphorique anhydre. U est huileux, aromatique, d’une saveur poivrée, d une » densité de 0,98-1 à 15^* 1^ bout à 248o.
ÜE l’anisène ou benzoène.
Du cctèue.
Il es! le résultat de l’action de l’acide phosphorique anhydre sur l’ethal. II bout à 2750 (voy. p. 214).
De la chelestéi'oue.
Elle est en prismes rhombes , brillants , terminés par deux facettes, fusibles à 680, pouvant distiller presque sans altération, brûlant avec :une flamme fuligineuse, se colorant en rouge par l’acide sulfurique, insolubles dans l’eau, très-solubles dans l’éther, et composées de carbone '87,78, et d’hydrogène 12,22. On l'obtient en traitant la cholestérine par l’acide phosphorique concentré.
De la cholestcaroue.
Elle est en aiguilles blanches, soyeuses, fusibles à 1750, s’altérant par Ja distillation, brûlant avec une flamme fuligineuse, peu solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther, et très-solubles dans les huiles grasses, forimées de 87,76 de carbone et de 12,24 d’hydrogène. On l’obtient comme •la précédente.
Du valyle. H®C®.
M. Kolbe dit l’avoir obtenu en décomposant le valérianate de potasse par la pile. Il est incolore, d’une odeur éthérée très-agréable, d’une ' saveur d’abord fade, puis caustique. Il bout à 1080. Il est à peine attaqué par l’acide azotique concentré. Le chlore et le brome le décomposent , sous l’influence de la lumière, en formant des produits de substitution (voy. Journ. de pharm,, novembre i849). M. Wurtz préfère désigner ce carbure sous le nom de hutyrile.
Du carbure de l’ essence de rue.
En distillant l’essence de rue sur du chlorure de zinc fondu , on ob- I tient un carbure qui a été peu étudié.
Du compholène (voy. p. 242).
De rniilMèiic ou liciizoi>no (voy. p. 235).
S lli- — DES CARBURES OVE U’ON TROUVE DAMS UA A'ATURE.
De l’idrlaliuc, HG^.
Celte substance, signalée primitivement par Payssé, a été examinée depuis par M. Dumas. Elle existe dans un minerai provenant de la mine à mercure d’Idria, et qui offre l’aspect de la houille, si ce n’est qu’il est plus brun. En chauffant ce minerai dans une cornue tubulée,sous l’influence d’un courant d’acide carbonique, l’idrialine vient se condenser sous forme de paillettes très-larges dans le récipient et dans le col de la cornue , que l’on a soin de placer dans une position presque verticale; quelquefois il distille en même temps un peu de mercure, que l’on sépare de l’idrialine en dissolvant celle-ci dans l’essence de térébenthine bien pure et bouillante, d’où elle se précipite en abondance par le refroidissement. L’idrialine est volatile, mais non sans altération. L’acide sulfurique peut en déceler les moindres traces; car, chauffé avec elle, il prend une couleur bleue très-riche.
Des carbures retirés du naphte ou du pétrole.
En chauffant le naphte, produit naturel, on obtient plusieurs carbures, suivant la température à laquelle on agit; toutefois on n’est pas encore parvenu à séparer un liquide présentant un point d’ébullition constant, et l’on n’a obtenu que des mélanges. De nouvelles recherches sont donc nécessaires pour admettre comme carbures définis ceux qui ont été désignés par quelques chimistes sous les noms de naphtène, Hi6Ct6, bouillant à 115<>, de naphtole, H22C24, bouillant à 180<L M. Boussingault parait avoir retiré du bitume de Bechelbronn un carbure liquide , le pétrolène, H32C40, dlslilla'nt à 280<>.
De la scbeercrltc, HC*, de l’omokérltc, et de l’hatchétine.
La scheererite existe dans un charbon fossile. Elle fond à 45®, et bout à 2000. Kiie parait isomère de la benzine. L’ozokérite est isomère du bicarbure d’hydrogène gazeux, on la trouve en Moravie; elle
est solide, blanche, et d’une cassure conchoïde. h’hatchétine , isomère aussi du gaz oléfiant, est solide, et fond à 76».
Du cymèiic. (voy. Série cuminiquc, p. 236).
PRlNaPES NEUTRES AZOTÉS.
DU gonlthcpylcne, (voy. Série gauUhérique, p. 231).
Du carvèue.
Il existe dans l’essence de carvi. Il est huileux, incolore, plus léger que l’eau, d’une odeur aromatique agréable ; il bouta 1730. 11 est presque insoluble dans l’eau, très-soluble dans l’alcool et l’éther. 11 fournit avec l’acide chlorhydrique du carmcrol, essence oxygénée, et un composé • solide, cristallisé, fusible à 5Q0, analogue au camphre artificiel. Le carvène peut être produit en faisant agir de l’acide pliosphorique sur
l’essence du carvi ou sur le carvacrol.
Dn bornéenne (voy. p. 242).
Du caoutchouc pur. H^C*.
Il existe dans le çaoutchouc en poires ou du commerce, lequel n’est autre chose que le suc laiteux desséché du siphonia cahucha et du ficus ’ elastica (voy. Caoutchouc, aux Produits immédiats). Le caoutchouc pur ■ est blanc, élastique, d’une densité de 0,925. On l’obtient en abandon- : nant au repos pendant vingt-quatre heures le suc laiteux préalablement : mêlé avec quatre fois son poids d’eau ; il se forme à la surface une crème ' de caoutchouc ; on enlève celle-ci , et on l’agite avec un mélange d’eau , de chlorure de sodium et d’acide chlorhydrique ; le caoutchouc se rassemble de nouveau à la surface ; on le sépare et on le lave , puis on le dessèche en le comprimant entre des papiers et en le mettant dans le vide. Il est sans usages , tandis qu’on emploie souvent le caoutchouc impur du commerce (voy. Caoutchouc).