DES TEINTURES ROUGES
meilleures ont un diamètre égal à celui d’un tuyau de plume; leur cassure est d’un jaune rougeâtre très-vif. La poudre qu’elles fournissent est d’un rouge jaunâtre, et contient plusieurs matières colorantes. MM. Robiqiiet et Collin en ont extrait de l’alizarine et de la purpurine ; M.Kulilmann en a séparé une matière d’un jaune fauve, qu’il a nommée xanthine, et qui est entièrement soluble dans l’eau et dans une dissolution saturée de carbonate de soude. Enfin MM. Gaultier de Glaubry et Persoz disent en avoir retiré deux matières colorantes: l’une, rouge, différente de l’alizarine et de la purpurine; l’autre, rose (voy. Ann. de chim., septembre 1831). '
D’après Schunck , la garance contiendrait sept substances différentes, savoir: deux matières colorantes, ïalizarine et la ruhiacine (rouge de garance); un principe amer, la rubiane; deux résines, de l’acide pectique, et une substance brune qui est probablement le résultat d’une oxydation.
M. Debus, de son côté, en cherchant à isoler les matières colorantes de la garance, dit avoir retiré deux acides, qu’il a désignés sous les noms de lizarique et oxylizarique.
Voici comment s’exprime M. Chevreul, à l’occasion de ces analyses : «Si l’on fait agir la garance, ou plutôt ses diverses parties, sur de la laine alunée, on y reconnaîtra trois propriétés colorantes distinctes: celle de colorer l’étoffe en jaune, celle de la colorer en rouge, et celle de la colorer en fauve ou en brun. première propriété me paraît due à un principe jaune, mais je ne pense pas que la œanthine de M. Kulilmann soit ce principe à l’état de pureté. La seconde propriété est rapportée, dans l’état actuel des choses, à l’alizarine et à la purpurine; mais ces deux matières existent-elles toutes formées dans la racine de garance, doivent-elles être considérées comme deux espèces distinctes, ou l’une n’est-elle qu’une variété, qu’une simple modification de l’autre? C’est ce qui n'est pas encore déterminé. Quant à la matière rouge de MM. Gaultier et Persoz, j’ai plusieurs motifs de croire que ce u’esl point un principe immédiat pur. La troisième propriété n’est pas susceptible d’être ramenée maintenant à une matière bien définie.»
D’après MM. Strecker etW^olff, en faisant fermenter la garance, à 1 aide de la leviîre , à la température de 30°, on ne trouve que de la i)url’uiliie; il est très-probable que l’alizarine s’est transformée, dans ces conditions, en purpurine, ce qui pourrait avoir lieu avec dégagement d acide carbonique et d’hydrogène ((7ompt es rendus des séances de V Académie des sciences, n° du 12 aoi'it 1850).
Les couleurs de garance sont très-solides, les rouges qu’elles four-
nissent sont les moins altérables. On emploie cette racine : 1" pour teindre la laine ; il suffit pour cela de plonger dans un l)ain préparé avec 1 partie de garance et 30 parties d’eau 1 partie de laine alunée. Suivant M. Roard, on peut communiquer à la laine, et même à la soie préalablement alunée, une teinte rouge magnifique, en séparant la matière jaune fauve de la garance par le carbonate de soude, et en mettant la matière rouge qui reste dans une dissolution de sel d’étain et de tartre. 2" Pour donner au lin et au coton les teintes désignées sous les noms de rouge de garance et de rouge d’Andrinople (voy. Gbaplal, Sur la teinture ). 3° Pour communiquer aux toiles peintes une foule de nuances qui varient depuis le rouge clair jusqu’au rouge foncé, et depuis le violet clair jusqu’au iioiii; il suffit pour cela d’ajouter au bain de garance des proportions différentes de sels alumineux et ferrugineux. 4” Pour préparer une laque qui peut remplacer la laque carminée (Mérimée) : pour cela on épuise la garance par l’eau froide, afin de dissoudre toute sa matière colorante fauve; on met pendant vingt-quatre heures la portion rouge qui reste dans une dissolution d’alun , à la température ordinaire; la liqueur devient d’un rouge foncé; on y verse peu à peu du carbonate de potasse ou de soude dissous dans une grande quantité d’eau : l’alumine qui fait partie de l’alun se précipite avec la matière colorante; le précipité constitue la laque; les premières portions obtenues sont plus belles que les dernières. On lave le précipité avec de l’eau froide, on le met sur un filtre, et on le dessèche à une douce chaleur.
Bois de Campêche (hœmatoxylum campechianum). Les bûches de ce bois doivent être compactes et lourdes, d’un brun rougeâtre à 1 extérieur, d’un orangé rougeâtre à l’intérieur; elles doivent exlialei une légère odeur de violette. On les emploie à faire des violets et même des bleus; elles forment un des principaux ingrédients des teintures en noir : c’est Vhématine qui fait la base de toutes ces teintures.
Bois de Brésil^ de Fernamhouc , etc. (ccesalpina echinata de Lam.). Ce bois communique à l’eau bouillante une belle teinte rouge qui malheureusement n’est pas solide. On l’emploie cependant assez souvent. 1° pour teindre la laine : on fait bouillir pendant trois quarts dheiiie une partie de ce bois réduit en poudre avec 20 parties d’eau ; on y met () parties de laine, et on continue l’ébullition pendant trois quarts d’heure ; on retire la laine, on la lave et on la fait sécher. 2® Pour faire de faiK cramoisis sur la soie : on procède de la même manière et avec les mêmes proportions, excepté que l’on plonge la soie pendant une heure et demie dans le bain, dont la température n’est que de 300 âCO»'; alors on la