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DES TEINTURES ROUGES

iraile par une dissolution alcaline, afin de lui donner la teinte cra-

moisie.

Orseille. Cette matière colorante n’existe pas dans les végétaux; mais elle se forme lorsqu’on fait pourrir, sous l’influence de l’air et de l’ammoniaque,' certains lichens, tels que le lecanora parella, le variolaria dealbata, leroccella tinctoria, etc. Il suffit, pour l’obtenir, de faire fermenter dans des auges en bois un mélange de ces lichens écrasés, et d'urine et d’ammoniaque, ou d’urine et de chaux , et de le brasser fréquemment à la température de 250 à 3Q0 ; tout porte à croire que, pendant la fermentation, certains principes incolores et cristallisables des lichens, l’acide lécanorique, par exemple, se transforment en orcine, laquelle à son tour se change en orcéine. Quoi qu’il en soit, on retire encore de l’orseille plusieurs matières rouges non cristallines, dont les caractères ne sont pas suffisamment définis pour qu’on puisse les considérer comme des principes immédiats; je citerai entre autres l’azoértjthryne, matière insoluble dans l’eau , dans l’alcool, l’éther, et dans les alcalis ; ceux-ci sont colorés en rouge vineux.

Tournesol. Si, au lieu d’exposer ces lichens, particulièrement le roccella tinctoria, à l’action de l’ammoniaque seule, on fait agir sur eux un mélange de carbonate de potasse et d’ammoniaque, sous l’influence de l’air, il se forme d’abord une matière rouge qui finit par devenir bleue : cette couleur, étant épaissie avec de la craie ou du plâtre, constitue le tournesol en pains du commerce. Si l’on ne solidifie pas la masse par de la craie, mais que l’on fasse dessécher la matière colorante sur des chiffons, on obtient le tournesol en drapeaux.

âl. Robert Kane a extrait du tournesol plusieurs matières diversement colorées (voy. p. 288); cependant on peut dire que la couleur bleue n’est due qu’à la modification que les alcalis ont fait subir à une matière primitivement rouge, ce qui explique très-bien l’action qu’exercent sur celte couleur, tour à tour, les acides et les alcalis. On l’emploie comme réactif dans les laboratoires , soit en dissolution dans l’eau, soit fixée sur du papier. Le papier rouge de tournesol n’est que le papier bleu immergé dans de l’eau légèrement acidulée , et séché.

Cochenille {coccus cacti). La cochenille est un petit insecte qui vit sur le cactus cochenilifer^ au Mexique, à Saint-Domingue, à la Jamaïque, 3u Brésil, etc. On la met dans l’eau houillante pour la faire périr ; on la sèche au soleil et on la passe A travers un crihle. On en connaît deux especes : la cochenille sylvestre et la cochenille fine ou mestèque : celle-ci est plus grosse que l’antre, cl ressemble A une petite graine hémis|)lié- •i'iue, d’un cramoisi violet. Klle est composée, d’après MM. Pelletier et

Caventou , de carminé (acide carmi nique), d’une matière animale particulière, d’une matière grasse, qui elle-même est formée de stéarine, d’oléine et d’un acide odorant (acide coccinique), de phosphate et de carbonate de chaux, de chlorure de potassium, de phosphate de potasse, et de potasse unie à un acide organique.

On emploie la cochenille pour teindre la laine ou la soie en écarlate : cette couleur paraît résulter de la combinaison de la laine avec la matière colorante, les acides tartrique et chlorhydrique, et l’acide stannique. Pour parvenir à la fixer sur les étoffes, on leur fait subir deux opérations, le bouillon et la rougie.— On fait chauffer dans une chaudière d’étain ou de cuivre étamé, à la température de 500, 3 kilogrammes de crème de tartre avec 8 ou 900 kilogrammes d’eau; on y verse 2 hectogrammes et demi de poudre de cochenille, et un instant après 2 kilogrammes et demi de sel d’étain dissous dans l’eau ; on porte le bain à l’ébullition, et deux heures après on en retire l’étoffe; on l’évente et on la lave à grande eau. — Rougie. On fait bouillir la moitié de l’eau de l’opération précédente; on y ajoute 2,75 de poudre de cochenille; on agite, et au bout de quelque temps on y verse 7 kilogrammes de sel d’étain, préparé avec 8 parties d’acide azotique à .30 degrés, une partie de sel ammoniac et une partie d’étain pur en grenaille (la dissolution obtenue doit être étendue du quart de son poids d’eau); cela étant fait, on plonge le drap dans le bain bouillant; on l’agite, on le laisse pendant une demi-heure; on le retire, on l’évente et on le fait sécher. La rougie, qui a servi à donner au drap la couleur écarlate, peut encore être employée pour faire les nuances capucine, orangée, jonquille, couleur d’or, de cerise, de chair et de chamois, pourvu qu’on y ajoute des quantités convenables de fustet, de sel d’étain ou de crème de tartre. On emploie encore la cochenille pour teindre en cramoisi : on fait bouillir le drap dans un bain de teinture composé de 13 à 20 parties d’eau pour chaque partie de drap , de % de partie d’alun , de l/iode crème de tartre, de î/12 de cochenille, et d’une très-petite quantité de dissolution d’étain. Quelquefois aussi on obtient cette couleur en traitant le drap teint en écarlate par l’ammoniaque ou par une dissolution bouillante d’alun , qui ont la faculté d’altérer cette couleur et de la changer en cramoisi.

Kermès {coccus baficus, coccus infectorius , etc.). Insecte plus gros que la cochenille mestèque, plus arrondi , et d’une couleur moins rouge; il contient de la carminé et probablement une matière jaune, car il teint la laine en rouge tirant sur le jaune. Il faut employer bien plus de kermès que de cochenille pour avoir le même ton de couleur.

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