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DE LA QUININE

lalades qui vomissent le quinquina supporter facilement le sulfate; présente encore sur l’écorce du Pérou un avantage immense , puisqu’il ■;rive souvent que celte écorce est de mauvaise qualité et contient à eine de la quinine, tandis que le sulfate est un médicament dont la Dinposition est toujours la même. On l’administre depuis 5 jusqu’à 50 a 60 centigrammes dans les vingt-quatre heures, sous forme de sirop, e potion , de pilules, ou dissous dans du vin. On prépare le sirop avec kilogramme de sirop simple et 3 grammes 20 centigrammes de sulfate e quinine ; la dissolution vineuse s’obtient avec 1 litre de vin de Maère et 60 grammes de sel. En général, lorsqu’il s’agira de le donner issous dans un véhicule aqueux , on en facilitera la dissolution à l’aide 'une ou deux gouttes d’acide sulfurique. L’emploi du sulfate de quiine, dans les fièvres intermittentes simples ou pernicieuses, est suboronné aux mêmes règles que celui du quinquina. M. Briquet a admiistré avec grand succès le sulfate de quinine à assez forte dose dans les humatismes.

Préparation du sulfate de quinine. On traite à plusieurs reprises le uinquina jaune réduit en poudre par de l’eau aiguisée d’acide chlorhyrique; on emploie 1 kilogramme d’écorce, 8 kilogrammes d’eau et à grammes d’acide, et on fait bouillir pendant une demi-heure; on hinit les décoctions déjà refroidies, on les concentre, et on salure excès d’acide par du carbonate de soude ; quand on est arrivé près du oint de neutraliser l’eau , on précipite la quinine et la cinchonine par e la soude caustique, jusqu’à ce que la liqueur soit légèrement alcai ne; si l’on employait la chaux hydratée, comme on l’avait d’abord reommandé, on perdrait une portion d’alcali organique, la chaux jouisi ant de la propriété de le dissoudre en partie (Calvert). On dessèche le I récipité, dans lequel se trouvent la quinine et la cinchonine; on le ^ aet en digestion pendant quelques heures, à la température de 60°, dans ' e l’alcool à 36 degrés, et l’on réitère les digestions jusqu’à ce que les iqueurs n’offrent plus de saveur amère ; on filtre et on distille au bainiiarie pour retirer les trois quarts de l’alcool employé; on voit alors |u’il reste dans la cornue une matière brune visqueuse, surnagée par in liquide louche, très-alcalin et très-amer. On sépare ces deux produits >ar décanlalion , et on les soumet aux opérations suivantes : le liquide ouche , qui renferme de la quinine, de la cinchonine et une matière ;iasse, est saturé par l’acide sulfuri((ue, évaporé jusqu’aux deux tiers, il mêlé avec un peu de cliarbon animal ; on le fait bouillir pendant l'iclqiies instants; on filtre, et il suffit de réva[)orer pour faire crislal- '‘5>er le sulfate de quinine. Quant à la matière brune visqueuse, on la

fait bouillir avec de l’eau faiblement aiguisée d’acide sulfurique , et on la transforme presque entièrement en sulfate blanc et soyeux , que l’on dessèche entre des feuilles de papier Joseph. Le sulfate de clnchonine, beaucoup plus soluble que celui de quinine, provenant surtout du Uguide louche, reste dans les eaux mères. Ce procédé fournit plus de 32 grammes de sulfate de quinine pur pour 1 kilogramme de quinquina Jaune de bonne qualité.

Le sulfate de quinine est souvent sophistiqué dans le commerce : on reconnaîtra qu’il contient de la magnésie ou du sulfate de chaux , en traitant le mélange par l’alcool bouillant, qui dissout le' sulfate de quinine, et laisse le sulfate de chaux ou la magnésie. Si on l’avait mêlé avec du sucre , on le ferait dissoudre dans de l’eau légèrement acidulée, on précipiterait la quinine au moyen du carbonate de potasse dissous, et l’on aurait dans la liqueur du sulfate de potasse et du sucre ; on évaporerait Jusqu’à siccité, et on traiterait le produit par l’alcool, qui ne dissoudrait que le sucre. On reconnaîtra qu’il a été mêlé à de la manmte, en traitant par l’eau froide, qui ne dissoudra que la mannite. S’il avait été frelaté par de la stéarine ou de la coloquinte , on traiterait par l’eau aiguisée d’acide sulfurique, qui dissoudrait le sulfate de quinine sans agir sur le corps gras ni sur la coloquinte.

Il arrive souvent que l’on débite dans le commerce du sulfate de quinine mélangé de sulfate de cinchonine. On reconnaîtra ce mélange: 1® par l’hypochlorite de chaux, qui précipite la quinine et la cinchonine, et dont un excès ne dissout que le précipité de quinine; 2“ par le chlorure de calcium , qui ne donne pas de précipité avec le sulfate de quinine, et qui en fournit un avec le sulfate de cinchonine; 3° par l’eau de chaux, par l’ammoniaque ou par le carbonate d’ammoniaque, qui précipite les deux sulfates, mais dont un excès redissout le précipité de quinine et reste sans action sur le précipité de cinchonine {Journal de pharmacie , novembre 1842).

Sulfate acide de quinine, H24C38Az20^ H0,2S03,8H0. — H est en prismes transparents aplatis, de forme quadrangulaire, solubles dans 11 parties d’eau froide et dans l’alcool étendu, rougissant le tournesol, efflorescenis , et perdant leur eau de cristallisation par la chaleur.

Chlorhydrate de quinine. — Il est fusible, plus soluble que le soussulfate neutre, et moins que le chlorhydrate de cinchonine. L’acétate est légèrement acide et en aiguilles longues , larges et nacrées , peu solubles à froid, très-solubles dans l’eau bouillante; sa dissolution salurée à chaud se prend en masse par le refroidissement. Dans ces derniers temps, M, Wei’lheim a oblenii du snlfocyanhydrate de quinine en cris-

DE LA CINCHONINE* iux d'un jaune-citron, du cyanhydrale de quinine et de cyanure de ialine,du cyanhydrate de quinine et de cyanide de platine, du sulfoyanliydrate de quinine et de cyanure de mercure, et du sulfocyanhyrate de quinine et de chloride de mercure (voy. Journal depharm., lin 1850).

De la cluchonine.

■ M. Gomès, de Lisbonne, est le premier qui ait indiqué la présence 'une matière cristallisable dans le quinquina gris; il la désigna sons • nom de cinchonine, et assura qu’elle n’était ni acide ni alcaline. La nchonine découverte par le chimiste portugais n’était pas entièrement ure, et contenait une matière grasse, qui néanmoins ne masquait pas ilièrement ses propriétés alcalines, comme le fit voir Houtou-Labilii’dière. MM. Pelletier et Caventou établirent les premiers , dans leur eau travail sur les quinquinas, que ce principe, dégagé de tout autre :n’ps, était une base salifiable organique, qu’ils décrivirent avec le plus rand soin.

. La cinchonine existe dans plusieurs espèces de quinquina , et surtout iîns le quinquina gris, combinée à l’acide quinique, et avec une ou lusieurs matières colorantes. Elle est sous forme d’aiguilles prismati- :ues déliées, ou de plaques blanches translucides, cristallines, anhyres, d’une saveur amère particulière, qui ne se développe qu’au bout 'un certain temps, à moins que la cinchonine n’ait été rendue soluble ar son union avec les acides. Lorsqu’on la chauffe avec précaution

■ ans des vaisseaux fermés, elle fond plus difficilement que la quinine , e perd pas d’eau , et se sublime presque entièrement en flocons blancs , ui se condensent sur les parties froides de l’appareil ; si la chaleur est rop forte, la cinchonine se charbonne et se décompose entièrement. ■Ile exige deux mille cinq cents fois son poids d’eau bouillante pour se issoudre, et beaucoup plus d’eau froide. Les huiles fixes et volatiles t l’éther la dissolvent à peine; elle est beaucoup moins soluble dans ''alcool que la quinine : ces dissolutions, douées d’une saveur amère , amènent au bleu le papier de tournesol rougi par un acide. Dissoute lans 1 alcool ou dans une eau accidulée , elle exerce le pouvoir rotatoire 'ers la droite, à l’opposé de la quinine. Elle s’unit à tous les acides , !t forme des sels neutres et basiques, amers, précipitables, comme =eux de quinine, par les oxalates, les tartrates, les gallates, et l’infu- 'ion de noix de galle. L’acide azotique ne la rougit point.

Lorsqu’on chauffe en vaisseaux clos de la quinine, de la strychnine,

et surtout de la cinchonine , avec de la potasse caustique fondue, il se développe des vapeurs âcres qui se condensent dans le récipient avec de l’eau. Celte eau est laiteuse, et laisse déposer de la quinoléine sous forme d’une huile incolore ou légèrement jaunâtre ; pendant cette transformation, les alcalis organiques perdent une partie de leur hydrogène, qui se dégage à l’état de gaz, et la totalité de leur oxygène, qui se combine avec la proportion voulue de carbone pour former de l’acide carbonique, lequel reste, dans la cornue, combiné avec la potasse.

La quinoléine est huileuse, incolore ou légèrement jaunâtre, d’une odeur caractéristique très-prononcée qui rappelle celle de la fève de Saint-Ignace, d’une saveur extrêmement âcre et amère, plus pesante que l’eau, peu soluble dans ce liquide, qu’elle rend laiteux; soumise â l’ébullition avec de l’eau, elle distille sans altération, mais seule, elle est facilement décomposée par la chaleur. L’alcool , l’éllier et les huiles essentielles , la dissolvent très-bien. Sa dissolution aqueuse bleuit le papier rouge de tournesol, et précipite en blanc l’azotate d’argent, les chlorures de mercure, d’or et de platine; tandis qu’elle ne trouble pas l’azotate de fer, le sulfate de cuivre et l’acétate de plomb. Elle se combine avec les acides, et donne des sels bien définis et crislallisables, trèsamers. Elle est formée de H^C^^Az (Gerhardt, Annales de chimie, février 1843 ).

Extraction de la cinchonine. On l’obtient en traitant par un léger excès de dissolution de carbonate de potasse ou de soude les eaux mères et les eaux de lavage provenant de l’opération qui fournit le sulfate de quinine (voy. pag. 411) : ces eaux contiennent du sulfate de cinchonine et un peu de sulfate de quinine; la potasse s’empare de l’acide sulfurique, et précipite ces deux alcalis; le précipité, lavé et desséché, est dissous dans 4 parties d’alcool bouillant; on distille, et on laisse cristalliser le résidu spontanément; la cinchonine, se trouvant prédominante, se dépose, et il suffit, pour l’obtenir pure, de la dissoudre de nouveau dans l’alcool et de la faire cristalliser. La cinchonine n’a point d’usages, mais on emploie quelquefois le sulfate.

Le sulfate neutre de cinchonine est sous forme de prismes à quatre pans, dont deux plus larges, terminés par une face inclinée; ses cristaux sont ordinairement réunis en faisceaux; ils sont un peu luisants, flexibles, d’une saveur excessivement amère, fusibles comme la cire â une température un peu supérieure à celle de l’eau bouillante; si on les chauffait plus fortement, ils acquerraient une belle couleur rouge et se décomposeraient. Ce sulfate est très-peu soluble dans l’éther, soluble dans 54 parties d’eau froide, par conséquent beaucoup plus soluble que

DES EAiüX MÈRES, ETC. 415

je sulfate correspondant de quinine, soluble dans 6 V2 parties d’alcool à 0,85. Il est form^ de 845824 parties de cinclionine, de 10,811 d’acide sulfurique, et de 4,865 d’eau (Baup). On l’obtient directement en traitant la base par l’acide. 11 exerce sur l’économie animale la même action que le sulfate de quinine; il agit cependant avec moins d’énergie, et doit être administré à plus forte dose : on le fait prendre sous forme de poudre, ou dissous dans du sirop, pour combattre les fièvres intermittentes (voy. Sulfate de quinine, p. 410).

Chlorhydrate de cinchonine. — Le chlore, à chaud, transforme une dissolution concentrée de ce sel en un sel peu soluble qui , étant redissous dans l’eau et traité par l’ammoniaque, laisse précipiter de la cinchonine 6icA/oree, H22C38C12Az202. Le brome peut donner, dans les mêmes conditions, de la cinchonine bibromée, H22G38Br2Az202.

Voici maintenant, d’après MM. Pelletier et Caventou, les principales :différences entre la quinine et la cinchonine. — Quinine. En masses amorphes ou en houppes soyeuses, d’une saveur amère très-désagréable, s fusible à l’état d’hydrate, soluble dans l’alcool sans pouvoir cristalliï-ser, à moins qu’on ne prenne de grandes précautions (voy. p. 409), i très-soluble dans l’éther, et incristallisable, donnant un sulfate neutre ren aiguilles soyeuses nacrées, un chlorhydrate en houppes soyeuses, U un phosphate en aiguilles nacrées, un arséniate en aiguilles prismatiques, et un acétate peu soluble en étoiles ou en gerbes. — Cinchonine. En aiguilles prismatiques d’une saveur amère particulière, infusibles, solubles dans l’alcool, dans lequel elle peut cristalliser, très-peu J solubles dans l’éther et cristallisant, donnant un sulfate neutre en prismes à quatre pans, un chlorhydrate en aiguilles, un phosphate incristallisable d’un aspect gommeux, un arséniate qui ne cristallise point, et un acétate en petits cristaux grenus très-solubles.

Des eaux mères qui ont fourni les sulfates de qnlnlne et de cinchonine*

On a cru pendant longtemps que ces eaux mères contenaient une faible proportion de sulfate de quindidine, base que l’on considérait comme un alcali particulier : or , il est avéré aujourd’hui que la prétendue quinoidine est un composé de quinine, de cinchonine, d’un alcaloïde nouveau désigné sous le nom de P chinine, mélangé à une résine de couleur brune ; c’est le mélange de cet alcaloïde nouveau et de cette résine 'lue l’on a appelé chinine amorphe.

De la P chiulue. H‘*C>°AzO*,2HO.

Elle cristallise en prismes transparents, qui deviennent bientôt blancs et opaques, sans pourtant se réduire en poudre, et ayant une faible réaction alcaline. Elle fond, à 110°, en un liquide incolore, qui se prend, par le refroidissement, en une masse transparente et résineuse. Brûlée à l’air, elle répand une odeur qui rappelle celle des fleurs de mélilot, et ne laisse point de résidu ; une partie se volatilise sans se décomposer. Chauffée à 120° ou 130°, elle perd les 2 équivalents d’eau. Elle est soluble dans 1500 parties d’eau froide, dans 750 parties du même liquide bouillant, dans 45 d’alcool et dans 90 d’éther froids, et dans 37 d’alcool bouillant. La dissolution aqueuse est légèrement troublée par une dissolution concentrée de potasse, et précipitée en brun foncé par la teinture d’iode, tandis que le précipité correspondant de la quinine est d’un brun jaune. Les azotates d’argent et de protoxyde de mercure ne la troublent pas, tandis qu’ils précipitent la dissolution de quinine. Elle forme avec les acides des sels neutres et basiques d’une saveur très-amère. Le chlorhydrate est en beaux cristaux solubles dans l’eau et dans l’alcool, tandis que celui de quinine est sous forme de houppes soyeuses. Le sulfate basique est en cristaux solubles dans l’eau ; le sulfate neutre, très-soluble dans l’eau froide, cristallise moins facilement. L’oxalate est beaucoup plus soluble que celui de quinine. Des expériences faites dans l’hôpital militaire d’Utrecht semblent annoncer, de la part de celte base, une action fébrifuge intense (Journ. de pharm., octobre 1849).

De la clnchOTatlne ou arlclne.

MM. Pelletier et Goriol ont retiré de l’écorce du cinchona omfa (quinquina de Jaïn) une nouvelle base salifiable organique, à laquelle Pelletier a donné le nom é’ancine, qui ressemble, par ses propriétés physiques, à la cinchonine, dont elle diffère cependant beaucoup. Elle est blanche, transparente, et cristallise en aiguilles rigides. Chauffée, elle fond et ne se volatilise pas, comme la cinchonine. Elle est insoluble dans l’eau , et n’offre une saveur chaude et acerbe que lorsqu’elle est restée quelque temps dans la bouche. L’acide azotique concentré la colore eu vert intense , tandis que la nuance est plus claire si l’acide est un peu affaibli ; très-étendu, cet acide dissout l’alcali sans le colorer. Le sul-

DÉ l’èmétine. 4lî

fate neutre de celte base n’est pas crislallisable par solution aqueuse, tandis que le sulfate neutre de cinchonine cristallise en prismes rhomboïdaux; si le sulfate est acide, il cristallise en aiguilles aplaties.

Extraction. On l’obtient en traitant l’écorce de cinchona ovata de lâ même manière que l’on traite le quinquina pour en retirer la quinine et la cinchonine {Journ. de pharm., novembre 1829).

De la pltoxlne, de la blanqulnlne, de la parlclne, de la pscudoquinlue.

La china pitoxa contient, d’après M. Perellî, une base non amère, la pitoxine, fusible vers 120®, pouvant être sublimée en aiguilles fines.

Mill dit avoir extrait la blanquinine du cinchona ovifolia.

D’après Winckler, le quina de Para contiendrait de la paricine.

Grimer dit avoir obtenu un alcaloïde particulier du china nova.

Enfin Mengarduque a découvert un alcaloïde auquel il a donné le nom • de pseudoquinine.

De l’émétine.

Vémétine a été découverte par Pelletier dans le cephœlis ipecaeuanha (ipécacuanha annelé) , dans le psychotria emetica (ipécacuanha strié), et dans le viola emetica. Elle lire son nom de èiaïw, vomo, qui indique sa propriété la plus remarquable, celle de faire vomir à petite dose.

Elle est pulvérulente , d’un blanc quelquefois jaunâtre , d’une saveur très-faible et amère, inodore, très-fusible, se liquéfiant vers 50® du ' Ihermornètre centigrade. Exposée à l’air, elle s’y colore légèrement sans "éprouver d’autre altération. L’eau froide la dissout à peine; elle est ' moins insoluble dans l’eau chaude, et très-soluble dans l’alcool. Elle ranmène au bleu le papier de tournesol rougi par un acide. L’éther et les huiles ne la dissolvent pas sensiblement. Elle salure les acides à la manière des autres bases, mais ne forme pas avec eux de sels crislallisables. L’acide azotique concentré la décompose, la change d’abord en •une matière résineuse amère, puis en acide oxalique , sans la rougir. -Le sesquichlorure de fer ne la bleuit point. Comme la quinine, la dissolution d’émélinc est précipitée en blanc par l’acide gallique et par la Doix de galle ; mais elle n’est point troublée par les tartrates neutres â 'base de potasse et de soude, comme cela a lieu pour la quinine. Le sous-acélale de plomb n’exerce aucune action sur l’émétine pure. Elle est formée de 64,57 de carbone, de 4,00 d’azote, de 7,77 d’hydrogène, II. 27

et de 22,95 d’oxygène (Pelletier et Dumas). L’émétine, décrite en 1817 par Pelletier et M. Magendie, était colorée et impure; ils l’administrèrent à plusieurs espèces d’animaux, et conclurent: l°que l’ipécacuanha doit ses propriétés médicinales à l’émétine; 2° qu’elle est vomitive, et qu’elle a une action spéciale sur le poumon et sur la membrane muqueuse du canal intestinal ; qu’elle est également narcotique ; 3® qu’elle peut remplacer l’ipécacuanha dans toutes les circonstances où l’on se sert de ce médicament, avec d’autant plus de succès, qu’à une dose déterminée elle a des propriétés constantes, ce qui n’a pas eu lieu pour l’ipécacuanha du commerce (1) ; 4“ que son défaut d’odeur et son peu de saveur lui donnent encore un avantage marqué dans son emploi comme médicament. M. Magendie a trouvé depuis, que l’émétine pure était trois fois plus active que celle sur laquelle il avait expérimenté en 1817. On administre l’émétine pure comme vomitif, à la dose de 5 centigr. aux adultes, sous forme de pastilles, de potion ou de sirop ; lorsqu’on la donne en potion , il faut préalablement la dissoudre dans une petite quantité d’acide acétique. Il serait imprudent de faire prendre l’émétine à plus forte dose , M. Magendie s’étant assuré qu’à la dose de 10 centigrammes elle pouvait faire périr les chiens de forte taille.

Extraction. Après avoir réduit en poudre la partie corticale de l’ipécacuanha, on la traite par l’éther à 60 degrés, pour dissoudre toute la matière grasse odorante ; lorsque ce véhicule n’exerce plus d’action, on fait bouillir la poudre à plusieurs reprises avec de l’alcool à 40 degrés ; on filtre les dissolutions bouillantes, et l’on obtient un précipité blanc, floconneux , analogue à la cire; on filtre de nouveau les dissolutions et on les fait évaporer au bain-marie; le résidu , d’un rouge safrané , contient de V émétine, de la cire, de la matière grasse et de l’acide gallique; on le traite par l’eau et par une quantité suffisante de magnésie pour saturer l’acide libre, et pour décomposer le gallate d’émétine; le dépôt renferme l’émétine, l’excès de magnésie, de la cire , et une matière colorante que l’on peut enlever par l’eau ; on le dessèche et on le traite par l’alcool rectifié, qui ne dissout que l’émétine. Pour l’avoir plus blanche, on peut la combiner à un acide, traiter le sel par le charbon animal, et reprendre par l’alcool l’émétine précipitée de nouveau par la magnésie.

(1) Je pense qu’ effectivement l’émétine doit être préférée à ripéoacnanha lorsqu’il s’agira de faire vomir, mais je suis loin de croire qu’e’.le le remplacera dans beaucoup de cas où la racine d’ipécacuanha est indiquée.

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