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DE LA CAFÉINE OU THÉINE

De la caféine ou théine. H®C®Az*0®.!

Elle existe dans le café et dans le thé. Elle est en longues aiguilles soyeuses, contenant deux équivalents d’eau, qu’elle perd à 100“. Elle fond à 180“, et se sublime au-dessus de 300“, en répandant une odeur caractéristique. Elle est soluble dans l’eau , l’alcool et l’éther ; la dissolution aqueuse est précipitée par le tannin. Elle se combine avec les acides, mais elle les abandonne dès que l’on évapore les dissolutions.

L’acide azotique la transforme en une matière cristalline, la nitrothéine. Chauffée avec un alcali , la caféine se décompose en cédant à l’alcali les éléments du cyanogène, que l’on retrouve sous la forme de cyanure.

Lorsqu’on fait passer un courant de chlore à travers de l’eau tenant en suspension de la caféine, de manière à former une bouillie épaisse, la liqueur s’échauffe, sans cependant entrer en ébullition; si l’on continue l’opération jusqu’à ce qu’une goutte de liquide, mélangée avec une goutte de potasse, forme un précipité blanc de caféine, on obtient une liqueur qui renferme de l’acide chlorhydrique , le chlorhydrate d’une base (la formyline), un acide faible {A. amalique), et un produit extrêmement volatil , qu’il a été impossible d’isoler (Rochleder, Journ. de pharm. , janvier 1850 ).

Extraction. On traite par l’eau le café ou le thé ; on verse dans la liqueur filtrée du sous-acétate de plomb, qui précipite un certain nombre de matières; la liqueur filtrée qui contient la caféine est soumise à un courant de gaz acide sulfhydrique, afin de transformer en sulfure noir l’excès d’acétate de plomb ; on filtre de nouveau, et l’on fait évaporer; la caféine cristallise, et on la purifie en la faisant cristalliser plusieurs ' fois. M. Péligot a retiré de 2 à 4 p. °/o de théine cristallisée , en trai- ' tant une infusion chaude de thé par le sous-acétate de plomb.

Acide amalique, H^G^'^Az^OS. — 11 est en cristaux transparents, incolores, rougissant faiblement le tournesol , presque insolubles dans l’eau ' froide, peu solubles dans l’eau bouillante, insolubles dans l’alcool.

' A 100”, il ne perd pas d’eau ; chauffé plus fortement, il fond , se colore en jaune, puis en jaune rougeâtre et en brun, et se décompose en I ' ammoniaque, en un corps huileux, et en un corps cristallisé. Sa dissolution aqueuse produit sur la peau'ties taches rouges; elle réduit les sels d’argent. L’acide amalique forme, avec la baryte, la potasse et la [ soude, des sels violets. Il colore l’ammoniaque en rouge, puis en vio-

let. On l’obtient en évaporant la liqueur résultant de l’action du chlore en excès sur la caféine. Suivant M. Wurtz , la formule de l’acide amalique serait H6C12Az208.

Formyline , H‘iC2Az. On pourrait la considérer comme une combinaison conjuguée de formyle, HG2, et d’ammoniaque, H^Az. Le chlorliydrate est sous forme de grandes feuilles incolores, un peu grasses au loucher; j’ai déjà dit qu’il se produit par l’action d’un excès de chlore sur la caféine (Rochleder, Journ. de pharm., janvier 1850 ). D’après M. Wurtz, la formyline ne serait que de la méthylamine.

AliCAIilS DE L’OPUJM ET D’AIITBEA PAPATÉBACÉES.

Ces alcalis 'sont la morphine, la codéine, lanarcéine, la narcotine, la thébaïne, la pseudomorphine, etc.

De la morpbine. H^®C®^AzO®, 2HO.

La morphine, entrevue dès l’année 1804 par Séguin , a été découverte en 1817 par M. SeiTuerner , pharmacien à Eimbech (Hanovre), qui le premier en a fait connaître les propriétés ; elle n’a été trouvée jusqu’à présent que dans l’opium , et dans les capsules et les liges de tous les pavots indigènes, où elle parait être combinée tantôt avec l’acide sulfurique, tantôt avec l’acide méconique, et le plus souvent peut-être avec ces deux acides ; on n’en a pas retiré des graines.

La morphine est solide, incolore, cristallisée en pyramides tronquées (et alors elle renferme deux équivalents d’eau) , transparentes et trèsbelles, dont la base est un carré ou un rectangle , ou quelquefois aussi en prismes à base trapézoïde ; sa saveur est amère lorsqu’elle a été dissoute dans l’alcool. Chauffée avec précaution à 120°, elle perd toute son eau. Soumise à l’action du feu dans un petit tube de verre, elle fond aisément et devient transparente ; mais elle reprend son opacité aussitôt que le tube commence à se refroidir, caractère qai la distingue de la narcotine. Distillée au delà de 300°, elle se décompose à la manière des substances azotées. Elle s’enflamme vivement lorsqu’on la chauffe avec le contact de l’air. Elle exige 1,000 parties d’eau froide pour se dissoudre, et environ 500 d’eau bouillante. L’alcool la dissout facilement à chaud , et la laisse déposer en grande partie par le refroidissement; ces dissolutions, surtout la dernière, offrent une saveur amère, brunissent le papier de rhubarbe plus fortement que le papier

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