DES BOUGIES STÉARIQUES
oxalique (2 kilogrammes d’acide pour 1,000 kilogrammes de tourteaux); cet acide, préférable sous lous les rapports au tarlre brut dont on se servait autrefois, et que l’on n’emploie plus aujourd’hui, enlève aux acides gras la petite quantité de chaux qu’ils auraient pu encore retenir. Alors on fait bouillir pendant un quart d’heure dix blancs d’œufs avec 1 ,000 ■ kilogr. de ces tourteaux, qui se trouvent clarifiés et propres à être convertis en bougies. Pour empêcher celles-ci d’être feuilletées et cassantes^ 'M. de Milly avait imaginé d’employer l’acide arsénieux , qui donnait à la masse l’aspect de la cire; mais ces bougies répandaient, pendant la combustion, une odeur arsenicale qui était surtout marquée après que la mè- 1 :he était éteinte et au lumignon fumant. La police ayant défendu l’emploi lile ce poison, M. de Milly eut recours au procédé suivant: il laisse refroidir kes deux acides gras jusqu’au point où ils vont se solidifier; puis il les ^ /erse, à l’état de pâte liquide, dans des moules préalablement chauffés, L'îl dont la température est à peu près égale à celle de ces acides. On donne mix bougies le dernier degré de blancheur en les exposant à l’action de a lumière solaire.
Des mèches. — M. de Milly inventa la mèche nattée^ laquelle, pendant r-a combustion , s’infléchit du même côté et se consume complètement ■■ans qu’on ait besoin de la moucher; cette mèche doit être trempée i lans une faible dissolution d’acide borique, puis on la dessèche parfaiteinent;sans celte précaution, la bougie stéarique coulerait et aurait be- ;oin d’être mouchée : l’acide borique a pour but de réduire les cendres i un très-petitvolume en se combinant avec elles et en les vitrifiant. Le )hospliale d’ammoniaque paraît être la seule substance qui jouisse, :omme l’acide borique, de l’ulile propriété dont je parle; mais comme ■^ on usage serait dispendieux, on lui préfère l’acide borique.
Les bougies stéariques éclairent mieux que les bougies de cire, mais îlles brûlent plus vite; elles coûtent environ moitié moins que les bou- ^jies de cire. On peut évaluer à 45 pour 100 la proportion des acides so- I ides fournis par le suif.
Emploi de l’acide oléique. L’acide oléique, si abondamment obtenu -«eiidanl la fabrication des bougies stéariques, est utilisé pour faire des ^<iavons jaunes à base de soude ou de potasse ; il ne s’agit que de les cbaiif- ’ér avec une le.ssive alcaline, jus<|u’A ce que l’acide soit dissous. Quant ' * la glycérine qui est mise à nu pendant la saponification, on n’a pas iiieore trouvé moyen d’en tirer parti.
l’réparation des bougies par la chaleur. J’ai déjà dit <iu’en chauffant les eor|)s gras à 325" ou à 330", sous l’influcMice de la vapeur d’eau et ^ous une pression plus faibleque celle de l’atmosphère, la glycérine était
détruite et donnait plusieurs produits solubles dans l’eau, tandis que les acides gras distillaient sans altération; on peut préparer des bougies avec ces acides, après leur avoir enlevé l’acide oléique; mais en général la solidification des acides gras est moins grande, et par conséquent le procédé est de beaucoup inférieur à celui de M. de Milly. Les produits liquides obtenus dans cette opération ne sont tout au plus propres qu’à la fabrication des savons mous.
Préparation des bougies par les acides. On chauffe à 100° au moins, pendant quinze à vingt heures, en agitant vivement un mélange de 6 à 15 parties d’acide sulfurique concentré et des graisses les plus communes ou d’huile de palme; l’acide sulfurique s’empare de la majeure partie de la glycérine , et forme de l’acide sulfoglycérique , tandis que les acides gras prennent une apparence cristalline et se solidifient; il se pro^ duitde l’eau, du gaz acide carbonique, du gaz acide sulfureux, et un dépôt charbonneux et comme glutineux, qui renferme une certaine proportion d’acides gras. On distille ensuite les acides gras, après les avoir lavés avec de l’eau ; cette distillation se fait sous l’influence d’un courant de vapeur d’eau qui traverse des tubes chauffés à SSO" ou à 400°; si la température était moins élevée, la distillation serait trop lente. On presse les acides xlistillés pour en retirer l’acide oléique, et on en fait des bougies.
DEâ SVCS RÉSUVGVX.
Des résines.
Les résines sont des substances composées de plusieurs principes immédiats. Elles sont acides ou négatives, et non acides ou positives. Les premières paraissent , pour la plupart, n’ètre que des transformations de certaines huiles essentielles non oxygénées et isomériques, sous l’influence du gaz oxygène lentement absorbé: telles sont les résines de térébenthine, de copahu, etc. ; l’essence de térébenthine, H16C20, par exemple, se transforme en colophane, H16C2002, en absorbant 2 équivalents d’oxygène. Les résines acides sont anhydres, rougissent les couleurs végétales, et forment, en se combinant avec les bases, des sels également secs que l’on a assimilés aux savons; enfin , comme les huiles essentielles dont elles proviennent, elles sont isomériques entre elles. Les résines non acides sont cristallisables ou incristallisables; les premières ont été désignées sous le nom de sous-résines par M. Bonastre.
Les résines sont pour la plupart (solides, sèches, plus ou moins fra-