DES RÉSINES
^ giles, sans odeur ou odorantes , douées d’un certain degré de Iranspa-
i rence, d’une couleur jaune ou tirant sur le jaune , insipides ou ayant une saveur âcre et chaude, et plus pesantes que l’eau. Lorsqu’on les chauffe, elles fondent et ne tardent pas à se décomposer ; si on fait l’expérience dans des vaisseaux fermés , on obtient beaucoup de carbure d’hydrogène gazeux , de l’huile, de l’acide phénique, et un peu de charbon; si on agit, au contraire, avec le contact de l’air, il se produit une grande quantité de fumée noire et unq flamme jaune. MM. Pelletier et Waller ont extrait du produit liquide de la distillation des résines quatre carbures d’hydrogène liquides, qu’ils ont nommés, le premier, rétinaphte, le second ^ rétilyne, Hi2Ci8-le troisième, rétinole,
isomère de la benzine, ; enfin ils ont , en outre, obtenu un produit cristallisé qu’ils avaient désigné sous le nom de métanaphtaline^ et que M. Dumas a appelé rétistérène ; ce corps a la môme composition que la naphtaline. Les résines n’éprouvent aucune altération de la part de l’air ni de l’eaw; ce liquide n’en dissout pas un atome. L’alcool froid dissout la partie résineuse des résines, tandis qu’il n’agit pas sur la partie sous-résineuse ; bouillant, il les dissout presque toutes; la dissolution alcoolique filtrée est transparente ; par l’addition de l’eau , elle devient laiteuse et laisse précipiter la résine sous forme d’une poudre blanche ; si on y verse un sel appartenant aux six dernières classes, excepté ceux d’alumine, de glucyne, d’yttria et de thorine, on obtient un précipité composé de résine et d’oxyde métallique, insoluble dans l’eau, très-peu soluble dans l’alcool bouillant, et décomposable parla plupart des acides, qui agissent en s’emparant de l’oxyde. L’éther dissout presque toutes les résines , surtout à une douce chaleur.
Les huiles fixes, et notamment celles qui sont siccatives, dissolvent également un très-grand nombre de résines ; il en est de môme de l’huile essentielle de térébenthine.
La potasse et la soude liquides opèrent aussi cette dissolution avec facilité, et donnent des résinâtes, improprement désignés sous le nom de savons de résine, si les résines étaient acides. Ces composés savonneux moussent dans l’eau comme les savons formés par les corps gras , niais ils ne sont pas précipités par le chlorure de sodium, comme les savons ordinaires; les acides en précipitent la résine en flocons jaunes par l’addition d’un acide. Ces faits expliquent pourquoi les fabricants de savon sont dans l’usage d’ajouter de la poix-résine à leurs cuites.
L’action des acides sur les résines a fourni A Hatchett des résultats curieux. L’acide sulfuri(|ue concentré dissout très-promptement et à fioid une résine quelconque réduite en poudre fine; le solulum esl
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transparent, visqueux, et d’un brun jaunâtre; par l’addition de l’eau, il laisse précipiter la résine presque sans altération ; si on le fait chauffer sur un bain de sable, il se décompose, sa couleur devient plus foncée, et l’on obtient du charbon, du gaz acide sulfureux, souvent un corps particulier dérivé de la résine primitive, et toujours les autres produits qui résultent de l’action de l’acide sulfurique concentré sur les matières végétales. Si, au lieu de chauffer ainsi le jusqu’à ce qu’il soit
entièrement décomposé, on cesse de le chauffer un peu avant qu’il ait acquis la couleur noire , et qu’on le mêle avec de l’eau, on obtient un lirécipité qui , étant traité par l’alcool, se dissout en partie; en chauffant la dissolution alcoolique, l’esprit-de-vin se dégage ; le résidu, en partie soluble dans l’eau, traité parce liquide, donne une dissolution qui jouit de toutes les propriétés du tannin artificiel , et qui est formée d’acide sulfurique et de matière organique, '
L’acide azotique que l’on fait digérer pendant longtemps sur les ré- > sines les décompose , et opère la dissolution du produit formé ; cette dissolution n’est pas précipitée par l’eau ; lorsqu’on la fait évaporer, elle donne une masse visqueuse d’un jaune foncé, soluble dans l’eau et dans l’alcool, qu’il suffit de faire chauffer avec une nouvelle quantité d’acide azotique pour la transformer en tannin artificiel ; il ne se forme ■ [)oint d’acide oxalique. Les acides chlorhydrique et acétique dissolvent ! aussi les résines , mais plus lentement que l’acide sulfurique; l’eau pré- | dpi te de ces dissolutions les résines non altérées. Hatchett a proposé môme le dernier de ces acides pour séparer ces substances de quelques autres matières insolubles dans l’acide acétique. Je parlerai des usages des résines à mesure que je les ferai connaître.
Résine animée. — On a confondu sous ce nom deux matières différentes: l’une noirâtre et odorante, qui n’est autre chose que le hdellium d'Afrique; l’autre blanche, qui n’est que le copal dur (voy. p, 506).
Baume de copahu. — \\ découle d’incisions faites au tronc du copaifera officinalis , de la famille des légumineuses, qui croît dans l’Amérique méridionale et dans les Indes occidentales. Lorsqu’il est récent, il est de consistance huileuse ; mais il devient peu à peu aussi épais que le miel ; il est transparent, d’une couleur jaunâtre, d’une odeur forte, et d’une saveur piquante et amère; son poids spécifique est de 0,950; chauffé, il fournit l’Iuiile volatile qui entre dans sa composition. S’il a été falsifié par des résidus d’huile de ricin, etc., il ne dissoudra pas le carbonate de magnésie, tandis qu’il en opérera la dissolution s’il est i)ur (Blondeau). Il est très-employé comme astringent dans la dernière période des écoulements vénériens: on le fait prendre à l’intérieur, depuis 2t> à
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[) gouUes jusqu’à 4 grammes , dissous dans un peu d’alcool, et mêlé i -isuile avec de l’eau; ou bien on le triture avec du mucilage pour failiter sa suspension dans l’eau , que l’on peut aussi administrer à l’in- :rieur, mais dont on fait principalement usage en injection. Composition. Il est en général formé de 40 à 45 parties d’huile volale, de 50 parties de résine acide cristalli sable {acide copahuvique)., et s quelques centièmes d’une résine molle , visqueuse, insoluble dans huile de naphte.
Résine de gaiiac. — Elle est fournie par le guajacum officinale, arbre de I famille des rutacées, qui croît dans l’Amérique méridionale ; tantôt :1e exsude spontanément, tantôt il faut, pour l’obtenir, inciser l’éorce ou faire chauffer la lige. Elle est solide, d’un rouge brun ou vert,
' iable, un peu transparente et peu sapide : sa cassure est vitreuse; son >oids spécifique est de 1,2289 ; elle répand une odeur balsamique assez gréable lorsqu’on la triture. Soumise à l’action du feu , elle fond , se -écompose à la manière des substances non azotées , laisse presque le trers de son poids de charbon , et donne de la gaiiacyle et de Vhydrure de ' l'iacyle. Elle se colore en bleu sous l’influence des rayons violets du '■lectre, et se décolore par les rayons rouges; le chlore produit le même ^’hénomène, ce qui prouve qu’il y a oxydation de la résine. Elle comlunique à l’eau une couleur brune verdâtre et une saveur douceâtre, i licluide paraît dissoudre de matière extractive. L’alcool dissout ticilement legaïac; le solutum est précipité en blanc par l’eau , et en n beau bleu pâle par le chlore; par l’action de l’air, celte dissolution fiasse également au bleu; l’acide azotique la verdit au bout de quelques ^ cures, puis la fait passer au bleu et au brun. Le gaïac est soluble dans ^*s alcalis. L’acide azotique le décompose à l’aide de la chaleur, et il se ' Jrme de l’acide oxalique.
La dissolution alcoolique de gaïac est employée comme stimulant et 'idorifique dans le rhumatisme et la goutte, dont elle éloigne les accès ; ■tendue d’eau , on s’en sert pour raffermir les gencives; on l’a vue uebiuefois guérir des douleurs sciatiques. On en donne une cuillerée dans une infusion amère, telle que la petite centaurée, la gentiane, etc.
Gaïacyle, H^C*002. Klle est incolore, d’une odeur d’amandes amères, l’une densité de 0,874; elle bout à 118"; à l’air, elle absorbe l’oxygène 1 SC transforme en une substance blanche crislallisable en très-belles anies.
Ilydrure de gdiacyle , Il contient donc 2 équivalents d’hy-
li ogène de plus que l’hydrure de salicyle. Il est incolore, d'une densité •c 1,110 à 22"; il bout à 210"; il est peu soluble dans l’eau, soluble
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dans l’alcool et l’éther ; 11 donne avec les bases des composés cristallins. , Il réduit les sels d’or et d’argent.
Résine copal. — Elle est fournie par Vhymenœa verrucosa, arbre quii croît dans l’Amérique septentrionale. Elle est d’un blanc légèrement| brunâire, quelquefois parfaite.menl transparente; suivant Brisson, sont poids spécifique est de 1,139; elle répand une légère odeur lorsqu’on laj frotte, et se distingue des autres résines par la difficulté avec laquelle| l’alcool, l’huile essentielle de térébenthine, et les huiles fixes, en opèrent) la dissolution; il faut môme, pour parvenir à la dissoudre, prendre des) précautions que j’indiquerai en parlant de la préparation des vernis ,| pour lesquels elle est employée. Si , après l’avoir broyée, on la garde à) l’étuve pendant un mois, elle absorbe l’oxygène, perd du carbone, et| devient très-soluble dans l’éther et môme dans l’alcool. Elle contientl trois résines, d’après M. Filhol, savoir ; soluble dans l’alcoolj
anhydre; insoluble dans l’alcool et l’éther; inso-]
lubie dans tous les dissolvants. j
Résine élémi. — Elle est fournie par l’incision des écorces de Vicic(^ icicariba, arbre de la famille des térébinthacées , qui croît au Brésil. Ell^^ est demi-transparente, cassante, d’un blanc jaunâtre avec des points verdâtres; d’une odeur forte, agréable, analogue à celle du fenouil | d’une saveur parfumée, d’abord douce, puis très-amère; enlièremen| soluble dans l’alcool bouillant, qui , par le refroidissement, laisse dépo-ji ser de Vélémine, résine aiguillée blanche opaque, inodore et insipide^ La résine élémi contient 60 d’une résine transparente soluble dans l’al-ji cool froid, 24 d’élémine, 12,50 d’essence, 2 d’extrait amer, et 1,5(| d’impuretés (Bonastre). Elle entre dans la composition des onguent5| martiatum f de styrax et d'Arcceus, dans Vopodeldoch, et dans divei^ autres emplâtres. Autrefois on l’administrait à l’intérieur dans le trai-| tement des écoulements passifs , et on l’employait sous forme de lini-|^ ment dans certaines douleurs rhumatismales.
Résine laque (voy. p. 301).
Mastic. — On le retire par incision du pistachia lentiscus, arbre de Is famille des térébinthacées , qui croit dans le Levant, et particulièiement dans l’ile de Cliio. Il est sous forme de larmes ou de grains jaunâtres, fragiles, demi-transparents, dont la saveur n’est pas désagréable. Lorsqu’on le chauffe, il fond et exhale une odeur suave; il se ramollif dans la bouche, et détermine la salivation, ce qui l’a fait mettre ai| rang des masticatoires. On l’a employé quelquefois pour remplir le» cavités des dents cariées, et les Turcs en font usage j)our fortifier le^ gencives et corriger la mauvaise odeur de l’haleine. On s’cn sert dan-^j