DES RÉSINES. Ô
a préparation des vernis , mais il n’est pas entièrement soluble dans 'alcool.
Sandaraque. — Celte résine découle 6u thuya articulata, espèce de confère qui croit au Maroc. Elle est en larmes d’un jaune très-pàle , iiiipides, d’une odeur très-faible; on peut facilement la distinguer du naslic , parce qu’elle est très-fragile, même lorsqu’on la met dans la •ouclie, par sa plus grande transparence et par son entière solubilité dans l’alcool. Elle entre dans la composition de quelques vernis; on ‘'emploie pour empêcher le papier de boire. Suivant Johnston , elle est ormée de trois résines acides.
Sang-dragon. — On l’obtient par incision du calamus draco, arbre de .a famille des palmiers, qui croit à Santa-Fé, dans les Indes orienales, etc. ; il est en bâtons longs de 30 à 50 centimètres, épais comme te doigt, d’un rouge brun foncé, opaque, friable, fragile, insipide, Miodore; sa poudre est d’un rouge-vermillon. Distillé il donne du ben- ‘ oène , du cinnamène, de l’acide benzoïque, de l’acétone , et une huile ■ ixygénée. Il est regardé par plusieurs praticiens comme un excellent slringent, très-utile dans les anciens dévoiements séreux et sanguins, !'l dans les hémorrhagies passives de l’utérus : il y a cependant beaucoup Me cas de ce genre où son emploi n’a été suivi d’aucun succès. On le M.onne en poudre à la dose de 40, 60 ou 60 centigrammes par jour; eii ‘ .ilules, uni à l’alun et à une poudre styptique; dissous dans l’alcool ‘.t étendu dans un véhicule, etc. On l’emploie aussi pour préparer la )âte de Rousselot, certains vernis, etc.
Le sang-dragon du pterocarpus draco est en petites masses irrégui ières , couvertes d’une poussière rouge ; sa cassure est brune , vitreuse ; : 1 est opaque dans ses fragments les plus minces.
Térébenthines. — On donne le nom de térébenthine à tout produit vél’gélal coulant ou liquide, essentiellement composé d’une huile essentielle ‘t de résine, ne contenant ni de l’acide benzoïque ni de l’acide cinnaniique. Les térébenthines fournies par les conifères sont la lérébenlliinedu mélèze, celle du sapin , celle de Bordeaux, celle de Boston, la l’poix des Vosges, le baume du Canada , et l’encens de Russie.
Térébenthine du mélèze i^larijx europœa). Elle est épaisse, très-con- "Sistante, d’une odeur faible peu agréable, d’une saveur très-amère et ”àcre, n’offrant aucune proi)riélé siccative, soluble dans 5 parties d’al- ‘•oel à 35 degrés, fournissant, par la distillation avec de l’eau , 15,24 parles p. 100 d’une Imile essentielle, incolore, très-fluide, d’une odeur ^ssez agréable.
Térébenthine du sapin argenté (pinus picea de L., abies peclinata de de
Candoile) ; c’est la térébenthine de Venise. Elle est très-tliiide, quelquefois! presque aussi liquide que de l’huile, peu colorée, d’uue odeur analogue à celle du citron, d’une saveur légèrement amère et légèrement âcre; elle se solidifie avec un seizième de magnésie; l’alcool ne la dissout qu’imparfaitement, ce qui la distingue de la précédente. M. Caillot, en soumettant cette résine à l’action de la chaleur en vases clos, a fait voir qu’elle est formée de 33,50 d’une huile essentielle incolore , très-fluide,, d’une odeur très-agréable, analogue à celle du citron, de 6,20 d’une; sous-résine insoluble dans l’alcool froid, de 10,85 d'ahiétine., sorte de; résine insoluble non saponifiable, ni acide ni alcaline, très-fusible, très-soluble dans l’alcool, et facilement cristallisable , de 46,39 d’acide; abiétique , et de 0,85 d’un extrait contenant de l’acide succinique. Perte 2,21.
Térébenthine de Bordeaux, fournie par \e pinus maritima. Elle aune; consistance grasse; exposée à l’air en couches minces, elle se dessèche; au bout de vingt-quatre heures, tandis que si on la conserve dans un vase fermé, elle donne un dépôt résineux comme cristallin, au-dessus duquel nage un liquide consistant; l’alcool rectifié la dissout complète-* ment; avec un trente-deuxième de magnésie, elle donne un produit cassant. Elle contient environ le quart de son poids d'huile essentielle' de térébenthine ; c’est en distillant la térébenthine de Bordeaux, sans; eau , dans de grands alambics en cuivre, que l’on obtient cette huile; la: résine reste dans la cucurbite; celle-ci contient de l’acide pimarique^ (voy. p. 366).
Térébenthine de Boston, fournie par le pinus palustris et par le pinus t tœda. Elle est opaque et blanchâtre, coulante comme certains miels, sans i ténacité, d’une odeur forte, analogue à celle de la térébenthine de Bordeaux, d’une saveur amère; chauffée avec de l’eau, elle fournit une; essence.
Poix des Vosges, poix de Bourgogne, poix jaujie , poix blanche, fournie par pinus abies de L. Elle est incolore, demi-fluide, trouble,, d’une odeur analogue à celle de la térébenthine du sapin; desséchée à i l’air, elle prend çà et là une couleur lie de vin, et acquiert une odeur |)lus forte, ayant quelque ressemblance avec celle du castoréum. Si on la fait fondre dans l’eau, elle donne une poix opaque, d’une couleur’ fauve assez foncée, très-tenace, adhérant fortement à la peau, d’une odeur balsamique et d’une saveur douce parfumée. Elle est imparfaitement soluble dans l’alcool. On doit éviter de confondre avec elle une poix blanche faite avec du galipol du pin maritime et de la térébenthine de Bordeaux.