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DES RÉSINES

Baume du Canada, fourni par Vahies balsamea. Il est liquide, presque icolore, transparent, d’une odeur suave, d’une saveur âcre, un peu nère, se desséchant à l’air en prenant une couleur jaune dorée. Il peut re solidifié par un seizième de son poids de magnésie. L’alcool ne le >issout pas complètement. Le baume de giléad, dit aussi baume de Judée baume de la Mecque, confondu avec le baume du Canada , en diffère ar son odeur; il est fourni par le balsamodendron opobalsamum de • famille des térébintliacées.

Encens de Russie. — Résine fournie par le pin laricio. Il est en larmes ohériques assez volumineuses , rougeâtres à l’extérieur, blanchâtres à intérieur, complètement soluble dans l’alcool ; sa poudre a la couleur ‘3 brique pilée.

Préparation. Toutes ces résines découlent spontanément des arbres mi les contiennent, ou s’obtiennent par incision ; on les soumet à l’acon de la chaleur pour les débarrasser de l’huile qu’elles peuvent renrmer.

La térébenthine est fréquemment employée en médecine comme (o- ■ique; on la donne, 1” en injection dans le traitement des gonorrhées ' v’philitiques anciennes , dans les flueurs blanches , les ulcérations des •oies urinaires, etc. : on commence par la dissoudre dans un jaune 'œuf, puis on l’étend d’eau; 2" en lavement dans les coliques nerveu- :s, les diarrhées et les dysenteries anciennes ; on associe 4, 8 ou 12 rammesde térébenthine dissoute dans un jaune d’œuf, à 4 ou 8 gramles de thériaque, que l’on mêle avec la quantité d’eau qui fait la base U lavement. La térébenthine a quelquefois été employée avec succès ' our corriger la fétidité de quelques sinus fistuleux, pour hâter la cica- [’isation de vieux ulcères, etc.

Autres produits résineux tirés des pins oude la térébenthine. — Ge.s prouits sont le galipot, le braisée ou la colophane, poix-résine, la colo > 'hone d’ Amérique, \dipoix noire, le goudron, le brai gras, et le noir de i'umée.

Galipot ou barras. Il est sous forme de croûtes û demi opaques, soides, d’un blanc jaunâtre, d’une odeur de térébenthine de pin, d’une ■aveur amère. Il est complètement soluble dans l’alcool. On le trouve lesséché sur le tronc du pin de Bordeaux , dont on a déjà retiré la té- ’ébenlhine; c’est en quelque sorte de la térébenthine qui ne s’est pas l'ouvée assez fluide pour venir jusqu’au pied de l’arbre.

Rrai sec, arcanson ou colophane, ou colophane. On connaît deux sortes •le colophane, celle que l’on obtient en faisant cuire dans une chaudière IccouveiTe Le galipot préalablement fondu et purifié jiar la (i)tralion et la

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colophane de térébenthine , c’esl- à-dire la résine qui reste dans la cuciirbite de ralambic, après qu’on en a extrait par le feu l’huile essentielle de térébenthine. Celle-ci est solide, d’un brun plus ou moins foncé, vitreuse et transparente quand elle est en lames minces, inodore, friable, cassante, très-soluble dans l’alcool, l’éther et les huiles. Distillée elle donne, sur 1200 kilogrammes, 45 kilogrammes d’huile essentielle, 410 d’huile peu volatile, et 745 kilogrammes de goudron ; c’est dans les produits de cette distillation que l’on trouve les quatre carbures d’hydrogène dont j’ai parlé à la p. 503, savoir le rétinaphte, le rét-yline, le rétinole et la métanaphtaline. Distillée avec de la chaux, la colophane fournit du carbonate de chaux et deux liquides, la résinone bouillant à 78®, et la résinéone, dont le point d’ébullition est à 148". La colophane contient deux acides, l’acide sy Inique et V acide pinique (voy. p. 366).

Poiæ résme. Elle est en masses jaunes, opaques et fragiles, à cassurevitreuse , et peu odorantes ; pour l’obtenir on brasse fortement avec de* l’eau le résidu de la distillation de la térébenthine.

Colophane d'Amérique, Elle est jaune, verdâtre et noirâtre vue par' réflexion ; quand on la pulvérise entre les doigts , elle dégage une odeur aromatique assez agréable.

Poix noire. Elle est d’un beau noir, lisse , cassante à froid , se ra-i mollissant très-facilement par la chaleur des mains , et y adhérant très-* fortement. Pour l’obtenir, on introduit dans les fours la matière résineuse qui reste sur les crasses des fils de paille, lorsqu’on purifie la| térébenthine et le galipotj on y met le feu par la partie supérieiue,( afin de liquéfier la résine et de la faire descendre sur le sol du four,| d’où elle se rend dans une cuve à moitié pleine d’eau, placée à unei certaine distance ; alors on la fait cuire dans une chaudière de fonte! pour lui donner de la consistance et la noircir , et on la coule dans! des moules de terre noire.

Goudron. Lorsque le pin ne peut plus fournir de térébenthine , oiq remploie à la préparation du goudron ; pour cela on met le feu à des! tas de petits morceaux de bois desséchés, placés dans un foui dont af forme est un cène renversé, et dont le sol est carrelé; on ne laide pas avoir la partie résineuse fluidifiée et en partie charbonnée, ou le you dron se porter vers la partie la plus déclive du sol, et de là dans un lé servoir disposé à une certaine distance. Depuis quelques années, on* substitue à la poix noire et au goudron la poix et le goudron qui pi'oviennenl delà distillation de la houille; c’est à tort que l’on agit ainsi, soit que l’on veuille préparer l’onguent basiliciim ou l’eau de goudrons

mi gras. On le prépare en faisant cuire, dans une chaudicir cii'

MS BAUMliS.

oiile, parties égales de brai sec ou colophane, de goudron et de poix •oire. Si on emploie plus de brai sec, on obtient la poix bâtarde.

Noir de fumée. C’est la vapeur condensée des résidus de goudron et es écorces de pin décomposés par le feu. On l’emploie en peinture et our faire l’encre d’imprimerie, l’encre de Chine, etc.

UES BAVMES.

Les baumes sont des substances concrètes ou liquides, très-odorantes, imères, piquantes, et composées d’une résine et d’acide benzoïque, ou 'une résine et d’acide cinnamique, ou d’une résine et de ces deux ■"ides (1). Soumis à l’action d’une chaleur douce, ils se décomposent; imx qui contiennent de l’acide benzoïquô laissent dégager cet acide, lui se sublime sous forme de belles aiguilles; l’eau bouillante leur enve une portion du même acide; l’alcool, l’éther et les huiles volatiles, -■s dissolvent facilement. Traités par des alcalis , il sont décomposés à :aide de la chaleur, et l’on obtient du benzoate ou du cinnamate so- I blés dans l’eau, et de la résine insoluble. Les acides forts les décomposent également.

Baume du Pérou (suc obtenu par des incisions faites au myroxilum "ruiferum, arbre qui croît au Mexique, au Brésil et au Pérou). 11 existe ' ms le commerce deux baumes du Pérou , l’un liquide , l’autre solide; 3 dernier paraît être une altération du premier.

Baume du Pérou liquide. Il est d’un jaune pâle , et presque liquide; il ’unit ensuite, et prend la consistance d’une pâte ; son odeur est suave, • saveur est âcre et amère. Il contient, outre la résine, de l’acide cmimique, de la cinnaméine et de la métacinnaméine (voy. p. 233); évi- ' enjinent l’acide cinnamique provient de la décomposition de ces deux ibstances. Le baume du Pérou , que l’on désigne sous le nom de baume oir, est le produit de la décoction des branches du même arbre; sa I mleur et sa consistance sont analogues à celles d’un sirop épais un briïlé; son odeur est très-agréable, et il a la même saveur que le léoédent. Le baume du Pérou est souvent eniployé en médecine; on emploie dans les catarrhes chroniques du poumon et de la vessie, et ans les affections nerveuses et atoniques; on l’administre dans un

(1) La résine des baumes diffère, d’après M. Duloiig d’Astafort, des résines I rdinaires par plusieurs propriétés chimiques , et notamment parce qu’elle four- •t.avec l’acide sulfurique concentré, une belle couleur rouge (voy. Journ. de janvier 182C).

jaune d’œuf ou en pilules, à la dose de 20 ou de 50 centigrammes par Jour. Il fait partie de beaucoup de médicaments composés ; on s’en sert pour exciter la surface des vieux ulcères et favoriser leur cicatrisation.

Le liquidambar liquide a beaucoup d’analogie avec le baume liquide du Pérou; il contient probablement de la cinnaméine; le liquidambar visqueux paraît identique avec le baume de Tolu.

Baume de Tolu, ou suc provenant des incisions faites à l’écorce dir myrospermum toluiferum , arbre de la famille des légumineuses, qiiii croit près de Carthagène, dans la province de Tolu. Il est d’abord liquide, transparent, rougeâtre ou grisâtre ; mais il ne tarde pas à séclieiet à devenir cassant; il est doué d’une odeur très-suave; sa saveur est) moins âcre et moins amère que celle du précédent. Lorsqu’on le soumet| à la distillation sèche, on obtient de l’eau, de l’acide benzoïque, de) l’acide cinnamique, du gaz oxyde de carbone, deux liquides huileux,, dont l’un est identique avec l’étlier benzoïque, et l’autre est du 6enzoène; il reste du charbon. En dislillànt 4 kilogrammes de baume de) Tolu avec de l’eau, M. Deville a obtenu 8 grammes d’une essence qui) paraît être un mélange de cinnaméine et de tolène (voy. p. 23.3 et 259)^ L’acide azotique, distillé avec ce baume, donne de l’huile essentielle) d’amandes amères. Le. baume du Tolu est formé d’acide cinnamique, d() cinnaméine, de tolène, et de deux résines, l’une soluble dans l’alcooH froid, l’autre peu soluble dans ce menstrue. C’est, parmi les baumes., celui que l’on emploie le plus souvent en médecine; on ladministit) avec succès dans les affections catarrhales, dans la phthisie pulmonaire; tantôt on fait inspirer sa vapeur, tantôt on le donne à la dose de30- 00 ou 90 centigrammes , dissous dans l’alcool , dans l’éther ou dans un) sirop.

Benjoin. — Il est obtenu par incision de plusieurs arbres , notammenS du styrax benjoin de Dryander ; il nous vient de Sumatra , de Siam , de) Java; on le trouve aussi à Santa-Fé, à Popayan , dans l’Amérique méii-< diooale. Il existe deux espèces de benjoin, celui de Siam ou à odeui dt) vanille, et celui de Sumatra. Le premier est en grandes larmes plates^ anguleuses, blanches, opaques, d’une odeur de vanille. Le benjoin dd Sumatra est amygdaloïde ou commun ; Vamygdalo'ide est en larmes blani elles, opaques, empâtées dans une masse rougeâtre, d’une odeur dai mandes amères; \e commun est en masses rougeâtres privées de larmes, et contenant des débris d’écorces. Le benjoin a une saveur douce samique; il est fragile, et présente une ca.ssure vitreuse. Il est fusible.^ si on le chauffe davantage , il donne des cristaux d’acidc benzoïijiie , <4

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