‹ Éléments de chimieChapitre 275 sur 378 · DU CAOUTCHOUC · texte numérisé non relu

DU CAOUTCHOUC

de dents , etc. ; elle faisait partie des médicaments dont ils se servaient pour panser les plaies et les blessures.

DU CAOVTCnOlIC (GOMME ÉLASTIQUE)^

Le caoutchouc est le suc laiteux obtenu par incision de Vhœ'oea caoutchouc, du jairopha elastica, du siphonia cahucha, du ficus indica, de Vartocarpus integrifolia ,\AYhvQS, qui croissent dans les Indes occidentales et dans l’Amérique méridionale. Il est formé, d’après Faraday, dé 32 parties de caoutchouc pur, de 2 de matière végétale azotée, de 7 d’une matière brune également azotée, de 3 d’une substance insoluble dans l’eau et dans l’alcool, et de 55 d’eau. Lorsqu’il a été desséché, il est solide, blanc, inodore, insipide, mou, flexible, très-élastique, • tenace, et plus léger que l’eau ; son poids spécifique est de 0,925; le caoutchouc du commerce est brunâtre, au lieu d’ètre blanc, parce que les Indiens le soumettent à l’action de la fumée; il est alors ordinaire- 1 ment sous forme de poires. Lorsqu’il a été coupé récemment, les sur- : faces fraîches, étant rapprochées, adhèrent fortement les unes aux au- ' 1res ; c’est par ce moyen que l’on prépare les tubes dont on se sert eu chimie pour joindre les diverses pièces des appareils. Soumis à l’action de la chaleur, le caoutchouc se ramollit, et fond vers 120° en une sorte d’huile qui ne se dessèche qu’au bout d’un temps très-long, et dont ou se sert avec avantage pour luter des bouchons et graisser des robinets, surtout s’il a été délayé dans une petite quantité d’huile grasse. Si on chauffe plus fortement dans un appareil dislillatoire , on obtient des huiles dont le point d’ébullition varie , mais qui ont toutes une composition semblable â celle de la térébenthine. Ces produits, séparés par 'MM. Himly’d’une part, et Bouchardat de l’autre , constituent la caoutchine, Vhévéeneei lecaoutchène (voy. Carbures d’hydrogène , p. 25G).

Si, étant exposé à l’air, on le met en contact avec un corps en ignilion, il absorbe l’oxygène, et brûle avec une flamme brillante ei Irèsi fuligineuse. Il ne s’altère point dans l’atmosphère; il est insoluble dans l’eau et dans l’alcool. L’eau bouillante le gonfle et le ramollit. L’élher sulfurique, privé d’eau et d’alcool , le dissout. Les alcalis ne le dissolvent pas, même à la température de l’ébullition ; il devient seulement perlé sur ses bords. L’essence de térébenthine et quelques huiles essentielles le dissolvent. Le carbure hydrique, obtenu par la compression 'lu gaz qui sert à l’éclairage, le dissout très-bien, d’après Faraday; il ; Pn est de même de l’huile obtenue en distillant ce carbure. Suivant La- ’ coma, le meilleur procédé pour dissoudre le caouichouc consiste â le

fondre dans une terrine , à le mêler avec trois fois son poids d’huile de lin presque bouillante, à retirer aussitôt le mélange du feu, et A l’étendre, lorsqu’il est sensiblement refroidi , dans une quantité d’huile de térébenthine double de celle de l’huile de lin employée. Le chlore, l’acide sulfureux , l’acide chlorhydrique, l’acide fluosillcique et l’ammoniaque , sont sans action sur lui. L’acide sulfurique concentré ne le charbonne qu’au bout de quinze à vingt jours. L’acide azotique froid ne fait que le jaunir faiblement. On emploie le caoutchouc pour préparer les sondes et certains vernis, et pour effacer les traces du crayon. MM. Raltier et Guibal obtiennent avec le caoutchouc des fils très-fins, qui , étant recouverts d’autres matières textiles , telles que soie, laine-, coton ou lin, sont convertis en tissus souples. La dissolution de ce corps dans une huile volatile étendue sur un tissu , sur lequel ensuite on colle une autre partie de la même étoffe ou d'une autre, constitue les tissus doubles imperméables avec lesquels on fait des vêtements. 11 sert aussi à faire des souliers, des gants imperméables, etc. ; il ne s’agit pour cela que de l’appliquer sur des moules avec un pinceau. Dissous dans riuiile essentielle de goudron et mêlé à la gomme-laque , il constitue la glu marine, que l’on emploie, à la température de 120", pour la construction de mâts d’assemblage , pour réparer en mer les cassures faites dans la mâture, les vergues, etc.

Préparation. Après avoir fait une incision aux arbres qui peuvent fournir le caoutchouc ( voy. p. 515) , il en découle un suc laiteux, dont on applique une couche sur un moule terreux pyriforme; on le soumet à l’action de la fumée pour le dessécher, puis on applique une seconde couche, que l’on dessèche par le même moyen, et ainsi de suite; on

brise le moule, et on en relire les fragments par un trou pratiqué exprès à la partie supérieure; on fait des dessins en creux sur les poires de caoutchouc obtenues par ce moyen, lorsqu’elles sont encore peu consistantes. On est parvenu depuis peu, en ramollissant les rognures de caoutchouc dans la vapeur d’eau , et en les comprimant fortement, à les réunir de manière à en former des plaques entières d’un très-grand diamètre.

Si l’on voulait avoir le caoutchouc plus pur, on mêlerait le suc avec quatre fois son poids d’eau , et on abandonnerait le mélange au repos pendant vingt-quatre heures; les globules de caoutchouc se rassembleraient à la surface sous forme de crème; celle-ci , agitée avec de l’eau tenant en dissolution un peu de chlorure de sodium et d’acide chlorhydrique, revient à la surface; si on la soumet à de nouveaux lavages, jusqu’à ce que l’eau ne dissolve plus rien , qu’on la comprime entre des

DES SUCS LAITEUX

papiers et qu’on la dessèche dans le vide de la machine pneumalique, on aura le caoulchouc pur, formé de 87,2 de carbone et de 12,8 d’hydrogène.

Caoutchouc volcanisé. M. Hancock a donné ce nom A du caoutchouc pélri avec du soufre et exposé cà une température de 9® c. , ou bien à du caoulchouc dissous dans l’essence de térébenthine préalablement saturée de soufre; ainsi préparé, il conserve son élaslicilé à toutes les températures; il ne se laisse pas comprimer, même lorsqu’il reçoit le choc d’un boulet de canon ; des ressorts de caoutchouc soufré ne se rom- : peut jamais, même sous les secousses les plus violentes; on peut l’ap- : pliquer avec le plus grand avantage aux voitures des chemins de fer.

'D’après M. Parkes, de Birmingham, il suffit de plonger, péndanl une ou

'deux minutes, des feuilles de caoulchouc dans un mélange de 40 par- :ties de sulfure de carbone et d’une partie de chlorure de soufre, pour

• qu’elles soient suffisamment modifiées {Journ. de pharm., mars 1850).

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