DU GUTTA PERCHA
Le gutta percha, qui vient des Indes et surtout de la Chine, découle üde [’isonhandra gutta, arbre de la famille des sapolées ; elle contient des I résines, de la caséine, un acide particulier, et un carbure d’hydrogène jîolide, comparable au caoutchouc pur, et formé de 87,8 de carbone et
• de 12,2 d’hydrogène. Il ressemble à des rognures de cuir ou à de la corne: il est d’un blanc grisâtre, dur et flexible; sa densité est de 0,979; il devient mou et élastique lorsqu’on le chauffe, et peut être pélri dans
.l’eau bouillante. Distillé, il fournit plusieurs huiles inflammables. Il ; brûleà l’air, comme le caoutchouc, avec une flamme brillante et fulii;gineuse. Il finit par se dissoudre dans l’éther et les huiles es.senlielles, l-landis qu’il est insoluble dans l’eau , l’alcool, les liqueurs acides et al- ■ câlines. On emploie le gutta percha pour faire des manches de fouet, 'ides cravaches, et pour fabriquer des courroies pour les transmissions '‘de mouvement des machines. M. le D'' Philipps a fait fabriquer avec ' elle, des sondes et des bougies qui offrent des avantages marqué.s sui’ ■celles que l’on prépare avec le caoulchouc. On peut aussi volcaniser le igiilla percha (voy. Caoutchouc),
DK» SUCS I.AITKIIX.
Je dois examiner dans cet article les sucs du pavot blanc (oi)iiim), du papayer, de l’arbre de lait, et des plantes qui fournissent des gommes-résines.
V opium est le suc laiteux que l’on obtient, après la floraison, en faisant des incisions longitudinales aux capsules et aux tiges de pavot (papaver album), et que l’on fait épaissir. On cultive cette plante dans l’Inde et dans l’Orient. L’opium est formé, d’après les travaux de Serluerner, de Robiquet, de Pelletier, etc., d’un grand nombre de substances, savoir : de morphine, de paramorphine ou de thébaïne, de pseudomorphine, de narcotine, de méconine, de narcéine, de codéine, de porphyroxine, de papavérine, d’acide méconique, d’un acide brun encore peu connu, d’un acide gras, analogue à l’acide oléique par ses propriétés, d’une résine particulière azotée insoluble dans l’éther, de caoutchouc, de gomme, de bassorine, de ligneux, de sulfate de chaux, de sulfate de potasse ; quelquefois on y trouve aussi un peu de sable et des ])etits cailloux. Suivant M. Dupuy, la morphine, que l’on croit généralement exister dans l’opium à l’état de méconate, s’y trouverait, du moins en partie, à l’état de sulfate. Parmi ces matières, les neuf premières sont électro-positives, faisant fonction de base, quoique la moiphine seule, et peut-être aussi la codéine, doivent être considérées comme des bases salifiables du premier ordre; l’acide méconique, lacide brun, l’acide gras, et probablement aussi la résine, sont électronégatifs, faisant fonction d’acide; enfin les autres substances sont indifférentes.
Mulder, en analysant un opium qui paraît être celui de Smyrne , ou celui de Gonstantinople, a fixé ainsi les proportions des matièies qu’il contient : morphine, 10,842; narcotine, 6,808; codéine, 0,678; narcéine, 0,662; méconine, 0,804; acide méconique, 5,124; caoutchouc, 6,012; résine, 3,582; matière grasse, 2,166; matière extractive, 25,200; gomme, 1,042; mucilage, 19,086; eau, 9,846; perte, 2,148. On voit que, dans cette analyse, qui est loin d’être satisfaisante, on ne tient aucun compte de la thébaïne, de la pseudomoi pliine, des sulfates, etc.
L’opium est ordinairement sous forme de masses assez dures, dun brun rougeâtre, d’une odeur vireuse particulière, et d une saveur amère, chaude et nauséabonde; la chaleur de la main suffit poui le lamollir. Soumis à la distillalion , il se comporte comme les substances azotées. Si on le chauffe avec le contact de l’air, il s’enflamme en absorbant l’oxygène de l’atmosphère. Si on le met pendant quelque temps avec de l’eau froide, il s’y dissout en partie; le liquide, convenablement évaporé, constitue l’extrait aqueux d’opium. La partie insolub e dans l’eau, traitée à plusieurs reprises pendant quelques minutes avec de l’alcool à 40" ou à 50" c., donne un liquide coloré en rouge. Le
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vinaigre agit aussi sur ropiiim à la température ordinaire; il en dissout la majeure partie , se colore en rouge ou en rouge brun , et acquiert des propriétés vénéneuses excessivement énergiques. L’opium est une substance que l’on emploie souvent en médecine. On s’accorde généralei ment à le regarder comme un des plus puissants narcotiques et calmants du système nerveux lorsqu’il est employé en petite quantité.
Empoisonnement. Administré <à forte dose, l’opium exerce une action particulière, caractérisée à la fois par des symptômes qui annoncent le narcotisme et une vive excitation ; les animaux soumis à son influence poussent des cris plaintifs ; ils sont en proie à des mouvements convulsifs assez forts; ils sont inquiets, et, si on les secoue pour les tirer de l’état d’assoupissement dans lequel ils paraissent plongés, ils sont réveillés sur-le-champ, s’agitent violemment, et font des efforts pour échapper au danger dont ils sont menacés. Les recherches médico-léi gales doivent avoir pour but d’extraire de l’opium, de son extrait et du ' laudanum de Rousseau ou de Sydenham, la morphine qu’ils renferment,
■ en traitant chacune de ces matières par l’ammoniaque, après les avoir ifait dissoudre dans l’eau, si déjà elles n’étaient pas liquides (voy. Afor- .phine, p. 420). Il faut aussi chercher à reconnaître s’il existe ou non de
l’acide mécanique dans ces diverses matières (voy. Acide mécanique).
■ Les nombreuses expériences faites dans le but de combattre l’empoisonnement par l’opium m’ont conduit à admettre les conclusions suivantes : 1° on doit administrer une infusion de noix de galle, qui jouit de la propriété de décomposer l’opium, et de le rendre moins actif; 2° on doit favoriser l’expulsion du poison par les émétiques, les purgatifs dissous dans une petite quantité d’eau , ou par des lavements purgatifs; 3° on doit pratiquer une saignée au bras, ou mieux à la veine jugulaire; on doit faire prendre souvent et alternativement de petites doses d’eau viiiaigrée, et d’une forte infusion de café. Si le vinaigre était administré avant l’expulsion de l’opium , il serait plus nuisible qu’utile :
• en effet, il dissoudrait la partie active du poison, en favoriserait l’absorption , et déterminerait les accidents les plus graves (voy. ma Médecine légale et ma Toxicologie générale, 4® édition).
L’opium est administré dans la dernière période de la pleurésie, de l’entérite, de l’inflammation de la vessie, etc.; dans les phlegmasies de la peau avec sécheresse de cet organe; dans la petite vérole confluente , surtout lorsqu’elle est prête à suppurer, qu’il y a de la douleur, de la lièvre, etc.; dans la rougeole; dans la fièvre lente nerveu.se, accompagnée de symptômes d’excitation; dans les fièvres intermittentes entretenues par un état spasmodique, surtout lorsque le frisson est long et
fort ; dans plusieurs maladies chroniques, avec douleur, irrilaüon , etc. ; dans une multitude d’affections nerveuses, spasmodiques, telles que l’épilepsie, l’hystérie, le tétanos, etc. On l’administre en pilules, en substance, en extrait, dissous dans du vin, dans du vinaigre, en sirop, etc. ; on commence par en donner 2, 3 ou 5 centigrammes, et on augmente progressivement la dose.
Opium indigène. — On a obtenu de l’opium dans divers pays de l’Europe, et notamment en France, en agissant sur le pavot blanc, et l’on en a retiré de la morphine; celui qui a été préparé aux environs de Provins (Seine-et-Marne) a fourni 18 à 20 p. 100 de cet alcali, c’est-àdire autant que le meilleur opium de Smyrne. Celui d’Eyrès (Landes) a donné à M. Caventou plus de 14 p. 100 de morphine ; mais Pelletier n’y a pas trouvé de narcotine. M. Aubergier a- retiré 17,83 de morphine d’un opium de première récolte obtenu avec un piwot blanc à graine noire.
Suc de papayer (carica papaya). — Le suc de ce végétal , qui croit à l’Ile de France et au Pérou, a été analysé par Vauquelin et par Cadet de Gassicourt : il contient de l’eau, une petite quantité de graisse, et de l’albumine, ou du moins une matière azotée qui , comme celle-ci, est soluble dans l’eau après avoir été desséchée au soleil , et qui fournit une dissolution coagulable par la chaleur, par les acides, etc. Le suc de papayer est employé, dans l’ile de France, contre les lombrics; on le donne aux enfants, à la dose de 6 grammes, sous forme d’émulsion, préparée avec une cuillerée de miel et quatre ou cinq d’eau bouillante, li est caustique et très-énergique.
Suc laiteux de l’arbre de la vache et de l’hura crepitans. — 11 existe dans les montagnes qui dominent Periquito (à l’ouest de Caracas), un arbre connu sous le nom de palo de leche ou arbol de vaca , qui donne abondamment un suc laiteux employé par les habitants aux mêmes usages que le lait des animaux, il résulte des expériences faites par MM. Boussingault et Mariano de Rivero, que ce liquide est formé de cire, de fibrine, d’un peu de sucre, d’un sel magnésien qui n’est pas un acétate, d’eau, d’acide silicique, de chaux, de phosphate de chaux et de magnésie; il ne renferme ni caséum ni caoutchouc. Le suc de Vhura crepitans (tithymaloïde) contient du gluten, une huile essentielle vésicante, un principe âcre cristallisable et alcalin, du malate acide de potasse, de l’azotate de potasse, du malate de chaux, et de l’osmazome.
Suc laiteux de la laitue officinale (lactucà capitata, famille des synanthérées, tribu des chicoracées).— Ce suc, obtenu par des incisions transversales faites à la lige, connu sous le nom de lalucarium, est
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Jesséclié, et débité dans le commerce sous forme de pains orbiculaires jplatis, d’une couleur terne, recouverts souvent de mannite, d’une 3deur fortement vireuse, et d’une saveur très-amère. Il contient, d’après ‘II. Aubergier, une matière cristallisable , de la mannite, de l’asparai'ine, un acide libre, une matière colorante brune, une résine mélangée de cérine et de myricihe, de l’albumine et de la gomme, de l’azoate de potasse et du chlorure de potassium, des phosphates de chaux :‘t de magnésie; quelques chimistes y ont signalé aussi une certaine , (uantité de caoutchouc. Tout porte à croire que l’extrait de laitue connu ous le nom de thridace a une composition analogue. On prépare cet 'ixtrait avec l’eau distillée de laitue, et le suc de l’écorce de la tige. Le aclucarium et la thridace sont employés comme calmants.
Gommes-résines. — On doit considérer ces produits comme des sucs î.aiteux, renfermés dans les vaisseaux propres des végétaux, obtenus : »ar l’incision faite aux tiges, aux branches et aux racines, qui ont été ilesséchées par l’action de l’air, et qui sont composés d’un plus ou moins grand nombre de principes immédiats.
Toutes les gommes-résines sont plus pesantes que l’eau ; la plupart l'ont opaques, très-fragiles, douées d’une saveur âcre et d’une odeur ^(orle; leur couleur est très-variable; elles sont en partie solubles dans iValcool et dans l’eau ; le solutum alcoolique est décomposé par le derüiier de ces liquides, qui s’empare de l’alcool et précipite la résine K ous forme d’une matière blanche, laiteuse, très-divisée. Les gommesésines .se dissolvent aussi, à l’aide de la chaleur, dans les eaux de po- I asse et de soude (Hatchett). L’acide sulfurique les dissout, les trans- [ orme d’abord en charbon, puis en tannin artificiel. Elles ont été, en j:';énéral , peu étudiées.
Asa fœtida (suc épaissi de la racine du ferula asa fœtida, de la •lamille des ombellifères, plante dé Perse). — Elle est formée, suivant ‘’elletier, de 65 parties d’une résine particulière, à laquelle Johnston ‘assigne pour formule ll^sc^ooio, de 3,60 d’huile volatile, de 19,44 de igoinme, de 11,66 de bassorine, de 0,.30 de malate acide de potasse, -..’asa fœlida est sous forme de masses roussâtres, mêlées de larmes ' ilaiichâlres, friables, douées d’une saveur âcre, piquante, amère, et l’une odeur alliacée très-forte, qui a valu à cette substance le nom de tercus diaboli; elle se ramollit facilement par la chaleur; son |)oids ■pécitique est 1,327. Distillée avec de l’eau , elle donne une huile volaile .sulfurée ( voy. p. 247). On admifiistre l’asa fœtida en médecine 'omme un excellent antispasmodique, dans l’hystérie, l’épilepsie, les ■onvuisions, l’hypochondrie, les coliques nerveuses, l’asthme, les ho-
quels et les vomissements spasmodiques; comme emménagogue, dans le cas où la suppression des règles tient à un relâchement général, suiTout s’il y a chlorose, cachexie, etc.; comme excitant du système lymphatique, dans les empâtements abdominaux; comme anlhelminlliique à l’intérieur; comme antiseptique dans la gangrène, les ulcères anciens et rebelles, etc. On la donne en alcoolat, à la dose de 12, 20 ou 30 gouttes, ou en substance, à la dose de 1 à 2 grammes; on peut aussi la faire prendre dans de l’ammoniaque liquide, sous le nom d’esprit ammoniacal fétide; on l’associe assez souvent à des tisanes 'antispasmodiques, anthelmintliiques, emménagogues, etc., suivant l’indication que l’on veut remplir ; on l’applique aussi quelquefois à l’extérieur, sous forme d’emplâtre, après l’avoir dissoute dans du vinaigre.
Gomme ammoniaque {sucre épaissi du dorema ammoniacum deDop, de la famille des ombellifères).'— Elle est composée, suivant M. Braconnot, de 18,4 parties de gomme., de 70 de résine, H24G4008, de 4,4 de matière glutineuse, et de 6 parties d’eau. Elle est solide en masses ou en larmes, d’un jaune pâle, roussâtre en dehors, offrant dans son intérieur des morceaux de la grosseur d’une amande, plus blancs et plus purs; sa saveur est un peu amère et nauséabonde, son odeur alliacée et désagréable. On doit la regarder comme un médicament stimulant; on l’a administrée avec succès dans les catarrhes chroniques, les toux humides, les pneumonies dites fausses, la suppression des règles occasionnée par une faiblesse générale, dans l’empâtement de certains viscères, etc.; on l’applique aussi quelquefois avec avantage sur les tumeurs indolentes. On en fait prendre à l’intérieur 20 à 30 centigrammes, dose que l’on réitère deux ou trois fois dans la journée; quelquefois aussi on en donne 1 gramme 30 centigrammes. Elle entre dans l’emplâtre de diachylon gommé, dans celui de ciguë, et dans les pilules de Bontius.
Euphorbe (suc de Yeuphorhia canariensis ou de Veuphorbia antiquorum, famille des euphorbiacées). — Il est composé, d’après Pelletier, de 60,80 parties de résine (celle-ci est formée de résine et d’une sousrésine cristalline), de 12,20 de malate de chaux, de 1,80 de malate de jmlasse, de 14,40 de cire, de 2 de bassorine et de ligneux, de 8 d’huile et d’eau (perle, 0,80). Johnston a retiré de l’euphorbe une résine qui a pour formule La résine d’euphorbe est brunâtre et excessi-
vement âcre. L’euphorbe est sous forme de larmes irrégulières, roussàtres en dehors et blanches en dedans, inodores, friables, d’une saveur âcre, caustique; sa poudre irrite fortement l’organe de l’odorat. Il doit être regardé comme un des poisons les plus âcres, il détermine une
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live iiittamnialioii des lissus sur lesquels ou l’applique, et ne larde pas à occasionner la mort; il paraît cependant que son administration (Comme purgatif hydragogue a été suivie de succès dans quelques liydropisies; on l’a employé aussi dans la paralysie, dans l’amaurose, dans la létliargie, etc. On le donne en lavement, cà la dose de 30 à 40 centigrammes, délayé dans un jaune d’œuf et mis dans l’huile; ou bien on •le fait prendre à l’intérieur, en pilules ou en bols, à la dose de 10 à |;20 centigrammes, mélé avec des substances inertes; on l’a aussi em- I ployé comme sternutatoire : cependant la plupart des médecins ont rebaoncé à faire usage d’un médicament aussi dangereux, et qui peut être yii facilement remplacé.
M. John a trouvé dans le suc de Veuphorbia cyparissias 77 parties ij’eau, 13,80 de résine, 2,75 de gomme, autant d’extractif, 1,57 d’albuiiaiine, 2,83 de caoutchouc, et une certaine quantité d’huile grasse, lil’acide tartrlque, de carbonate, de sulfate et de phosphate de chaux.
Galhanum (suc de la racine du galbanum officinale de Don , arbrissieau de la famille des ombellifères qui croît en Afrique et en Asie). —Il est formé, d’après Pelletier, de 66,86 de résine , de 19,28 de gomme, ijJe 7,52 de bois et de corps étrangers , d’un peu de malate acide de i :haux, et d’une huile volatile (perte, 6,34). Il est tenace, blanchâtre j^uand il est récent, jaune fauve lorsqu’il est vieux, et marbré de taches l')Ianches brillantes; il est sous forme de grains ou de masses demi- .ransparentes ou opaques, d’une odeur camphrée, et d’une saveur âcre, chaude et amère. D’après Johnston, la résine de galbanum , H22C4007, distillée, donne une huile d’un beau bleu d’indigo. Le galbanum a été employé pour dissiper les flatuosités, calmer les douleurs des intestins, et certaines névroses; on s’en est servi dans l’asthme et dans la toux ‘Opiniâtre. On l’applique ordinairement à l’extérieur, sous forme de liniment, d’emplâtre, de fumigations, etc. ; on en donne quelquefois 30, ■60 ou 90 centigrammes à l’intérieur, suspendu dans un jaune d’œuf.
Gomme-gutte (suc épaissi de V hebradendron cambogidides , arbre de la famille des gullifères). — Elle est formée, suivant M. Braconnol, de 20 parties de gomme qui, d’après Buchner, aurait la même compo- ’tsilion que l’amidon, et de 80 parties de résine, H'î5G600i2^ cl’un rougeliyacinlhe fournissant une poussière d’un très-beau jaune, acide, donnant avec les alcalis des composés rouges précipitables par le chlorurede sodium. Chrislison a trouvé dans la gomme-gutte de Ceylan 68,8 de résine jaune, obtenue par l’éther, et des.séchée, 20,7 d’arabine, 6,8 de ligneux, et 4,6 d’eau. Quoi qu’il en soit, la gomme-gutte est en masses npaques, fragiles, d’une cassure vitreuse, d’un jaune brun à l’extérieur.
et d’un jaune rougeâtre à l’intérieur; sa poudre est d’un très-beau jaune; sa saveur, d’abord presque nulle, est âcre et amère: elle n’a point d’odeur; elle agit comme caustique, détermine l'inflammation des tissus sur lesquels on l’applique, et ne tarde pas à occasionner la mort. On l’emploie en médecine comme purgatif: 1” dans l’bydropisie; elle est un des ingrédients principaux des pilules hydragogues de Bonüus et des pilules purgatives d’Helvétius ; 2° dans les fièvres intermiUenles, 3“ dans l’asthme , 4° pour expulser le tænia. On l’administre à la dose de 10, 20 ou 30 centigrammes, et môme quelquefois au delà; on la donne dans un acide végétal , mêlée avec quelque poudre inerte ou avec quelque autre substance purgative. On en fait usage en peinture.
Myrrhe. — Elle est fournie par le balsamodendron myrrha^ arbre de la famille des térébintliacées qui croît en Arabie et en Abyssinie. Elle est formée, d’après Brandes, de 54,38 de gomme soluble, de 9,32 de gomme insoluble, de 22,24 de résine molle, de 6,56 de résine sèche, de 2,60 d’huile volatile, de 1,36 de sels à base de potasse et de chaux, et de 1,60 d’impuretés (perte, 2,94). L’huile volatile a reçu le nom de myrrhol, elle est épaisse, d’un jaune vineux, d’une odeur pénétrante, plus légère que l’eau. La résine {rmjrrhine) fond à 94°, et donne de l’acide myrrhique, H32C^‘*08, quand on la chauffe à 168°. La myrrhe est sous forme de larmes ou de grains fragiles, d’un jaune rougeâtre, légèrement transparents lorsqu’ils sont purs, mais souvent opaques; leur cassure est vitreuse, leur odeur agréable, et leur saveur amère, aromatique et légèrement âcre ; leur poids spécifique est de 1,360. Soumise à la distillation , elle donne une huile essentielle particulière. On la regarde comme tonique, stomachique et carminative; on l’administre en poudre, à la dose de 60 ou de 75 centigrammes, ou de 1 gramme, pour faire cesser les flueurs blanches, les pâles couleurs, etc.; quelquefois on fait prendre, comme cordiale, 20 ou 30 gouttes de son alcoolat. Elle entre dans la thériaque, la confection de safran composée, le baume de Fioraventi , l’élixir de Garus, etc.
Bdellium (suc épaissi du balsamodendron africanum, arbre qui croit au Sénégal'. — H est en larmes arrondies, d’un gris jaunâtre ou rougeâtre, demi-transparent, d’une cassure à la fois terne et brillante, d’uneodeur faible et d’une saveur amère. Il contient 59 de résine, 9,2 de gomme soluble, 30,6 de bassorine, 1,2 d’huile volatile et perte (Pelletier)-
Oliban (encens des anciens , suc du juniperus lycia , arbre de l’Arabie et de quelques contrées d’Afrique). — Suivant M. Braconnot, il est formé de résine et de gomme. Des travaux ultérieurs ont prouvé qu’il renferme deux résines: l’une acide, lrès-»abondanle , accoip-
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agnée d’une huile essentielle, et l’autre semblable à la colophane, et laquelle Johnston donne pour formule L’oliban est en
iasses plus ou moins volumineuses, demi-transparentes, sèches, fra- 1 îles, d’un blanc jaunâtre , couvertes extérieurement d’une poussière lanche farineuse, douées d’une saveur âcre, aromatique, et qui réandent une odeur agréable lorsqu’on les met sur les charbons ardents, n l’emploie comme parfum.
Opoponax (suc épaissi de la racine de Vopopanax chironium, plante U Levant, de la famille des ombellifères ):— Suivant Pelletier, il est I amposé de 42 parties de résine, de 33,40 de gomme, de 9,80 de ligneux , e 4,20 d’amidon, de 2,80 d’acide malique, de 1,60 de matière extracve, de 0,30 de cire, de quelques traces de caoutchouc, et d’une petite iiantité d’huile volatile (perte, 5,90). Il est en morceaux d’un jaune . lugeâtre à l’extérieur, blanchâtre à l’intérieur, d’une odeur forte et • ésagréable , d’une saveur âcre et amère ; son poids spécifique est •3 1,622. Plusieurs médecins le regardent comme étant plus emména- "oque et plus antispasmodique que la gomme ammoniaque, mais moins nique.
Scammonée d’Alep ( suc épaissi de la racine du convolvulus scarn-
■ onia, qui croit en Syrie). — M. Clamor-Marquart, ayant analysé plui-eurs scarnmonées du commerce, a trouvé dans celle qui est noirâtre,
! dite belle ou supérieure, 78,5 de résine, 1,5 de cire, 3,5 de matière ' itractive, 2 de sels , 2 de gomme avec sels, 1,5 d’amidon , 1,25 de té- I iimenls d’amidon , de bassorine et de gluten , 3,5 d’albumine et de I brine, 2,75 d’alumine, d’oxyde de fer, de carbonate de chaux et de I lagnésie, et 3,50 de sable. Elle est cendrée, fragile, transparente dans
> cassure, d’une odeur particulière, nauséabonde, et d’une saveur âcre , amère; son poids spécifique est de 1,235. La scammonée d’Alep est iiiployée comme un purgatif fort dans les apoplexies séreuses, dans les
■ laladies de la peau rebelles, etc. ; on la donne depuis 40 centigrammes isqu’à 2 grammes, en poudre, en bol ou en pilules, ou bien on la oêle avec du sucre, avec un sel neutre, etc., et on l’étend dans une mulsion. On peut aussi faire prendre, pour remplir les mêmes indicaons , 10 , 20 , 30 ou 40 centigrammes de résine de scammonée. On ne î sert jamais de la scammonée de Smyrne, qui est beaucoup trop >rte.
Aloès succotrin (suc des feuilles de Valoe per foliata , plante qui croît nx Indes orientales, à Soccotora, aux Barbades, etc.). — 11 est formé, iiivant Perelti, de résinâtes de potasse et de chaux (matière savont'use de Tromsdorff), d’acide gallique, et de trois substances colo-
railles, l’iine d’un jaune vif, l’autre d’un jaune brun , et la troisième d’un rouge brillant. Il est dïin rouge brun jaunâtre , il est demitransparent et fragile; sa saveur est très-amère, son odeur nauséabonde; sa poudre est d’un très-beau jaune; il se dissout presque entièrement dans l’eau. et dans l’alcool faible. — Aloès hépatique, ou suc épaissi retiré, par l’incision, des feuilles du même végétal. Il est composé, suivant Tromsdorff, de 81,25 de principes savonneux, de 6,25 de résine, de 12,5 d’albumine, et d’un atome d’acide gallique. Il a une couleur semblable à celle du foie ; il est plus rouge et plus fragile que le précédent; il n’est pas transparent; il a une odeur plus désagréable et une saveur plus amère que l’aloès succotrin. — Aloès caballin, ou suc reliré, par expression , des feuilles du même végétal. Il est très-impur, et renferme les débris de la plante que l’on a broyée pour en obtenirie suc; il ne sert que dans la médecine vétérinaire.
M. Robiquet fils a extrait de l’aloès Valoétine, (voy. p. 114).
Lorsqu’on traite ces divers aloès par l’acide azotique, il se forme une série de produits dont la composition dépend de la concentration de l’acide et de la durée de l’action ; parmi eux on remarque les acides chrysammique , chrysolépique , aloétique et aloérétinique.
Le chlore transforme l’aloès en chloraldile, C^CIO'^, blanc et cristallin.
L’aloès succotrin est employé souvent comme purgatif hydragogue; on donne son extrait aqueux à la dose de 20 à 50 centigrammes ; comme tonique: il fait partie des pilules gourmandes, de la plupart des élixirs toniques et stomachiques ; comme amer et anthelminihique; comme emménagogue et antihémorrhoïdal , dans le cas où la suppression de ces évacuations tient à des maladies de langueur, à une faiblesse, etc.: il faut alors l’administrer en teinture. On s’en sert aussi dans la jaunisse avec faiblesse générale ; il fait partie des pilules savonneuses. Ou en fait quelquefois usage à l’extérieur sous forme d’emplâtre, de teinture, etc.; on introduit aussi dans l’anus du colon qui en est imbibé, pour tuer des vers. On obtient des couleurs remarquables par leur beauté et leur solidité, en agissant sur la soie et sur la laine, avec le produit acide fourni par l’aloès traité par l’acide azotique.
Acide chrysammique, H2C^SAz20^2^ HO. — Il est en paillettes jaune d oi . solubles dans l’alcool et l’éther. Chauffé, il fait explosion. Il fournit avec l’ammoniaque des aiguilles d’un vert foncé. L’acide sulfurique lei transforme en un corps cristallin qui a la composition de l’acide chry-' sammique anhydre.
Acide chrysolépique. — 11 paraît isomère avec l’acide carbazotiq^‘>^^ (voy. p. 279).
DES VF.RMS.
UES VERIVIS.
On désigne sous le nom de vernis toute dissolution susceptible de ■ester brillante quand elle a été desséchée, et d’adhérer intimement à la urface des corps sur lesquels on l’applique, sans s’écailler. Les dissolants qui entrent dans la composition des vernis sont l’alcool vinique t mélhylique, l’éther, l’acétone, les huiles d’œillette, de lin , de térébenthine et de romarin. Les matières que l’on fait dissoudre sont la réine copal, le succin, le mastic, la sandaraque, la laque, l’élémi, la olophane, le sangdragon, l’arcanson, la résine animée, le benjoin, le ■uamphre, le caoutchouc, la gomme-gutte , l’aloès , le safran , etc. Les 'ernis sont divisés en liquides et gras ; ces derniers ont pour véhicule '.es huiles d’œill,ette ou de lin.
Vernis liquides^ dont le véhicule est l’alcool , l’éther ou certaines Il uiles essentielles. Les vernis à l’alcool sont moins solides que les ver- II is à l’essence de térébenthine, parce que celle-ci s’oxyde au contact ke l’air, et forme une couche comme résineuse qui augmente la fixité l'es résines.
Vernis à l’alcool. Pour préparer le vernis que l’on applique sur les Koîtes , les carions, les écrins , etc. , on laisse, pendant une heure ou (■eux, dans l’eau bouillante, un matras contenant 32 parties d’alcool I oncenlré, 4 parties de verre pilé grossièrement, 6 parties de mastic ur, et 3 parties de sandaraque finement pulvérisée, que l’on agite de împs en temps avec un tube de verre; on y verse 3 parties de térében- ‘ line de Venise, très-claire, et on continue à chauffer le mélange penlanl une demi-heure; au bout de vingt-quatre heures, on décante la "queur, et on la filtre à travers du coton. Suivant Tingry, à qui j’ai emirunté ces détails, le verre dont on se sert augmente le volume du iroduit, et facilite l’action de l’alcool ; il s’oppose, en outre, à ce que ■ü résines adhèrent au matras et se colorent.
Vernis siccatif pour meubles. Alcool, 1,000 p. ; copal tendre, 90; landaraque, 100 ; mastic, 90; térébenthine, 75; verre pilé, 100.
Vernis à l’essence. Ils ne diffèrent des précédents qu’en ce qu’ils con- ■iennent de l’huile essentielle de térébenthine, au lieu d’alcool ; on les •répare par le même procédé, et on en fait usage pour vernir les ta- >leaux, etc. Voici la composition de celui que l’on emploie de préfé- ■ence ; mastic pur en poudre, 360 p.; térébenthine, 45; camphre, 15; erre pilé, 1,50; essence de térébenthine, 1100.
Vernis gras. On applique ces vernis sur les voilures de luxe, les
lampes, le bois, le fer, le cuivre, etc. On les prépare en faisant fondre à une douce chaleur, dans un malras, 16 parties de résine copal, et en y versant 8 parties d’huile de lin ou d’œillet lithargirée et bouillante; on agite le mélange, et lorsque la température est â 60" ou 80", on y ajoute 16 parties d’huile essenliellê de térébenthine ; on le passe de suite à travers un linge , et on le garde dans une bouteille dont l’ouverture est assez large; il né tarde pas à s’éclaircir. {Art défaire et d’appliquer les
vernis, par Tingry, p. 135.)
Ces sucs sont la gomme arabique, la gomme du Sénégal, la gomme de Bassora, la gomme adragante, la gomme du cerisier, et celles de l’abricotier, du prunier, du pêcher, de l’amandier, le mucilage de graine de lin , etc.
Gomme arabique. — La gomme arabique découle naturellement de plusieurs espèces d’acacias, dont les principales sont l’acacia arabica, Adansonii, seyal, verek, gummifera , decurrens, arbres de la famille des légumineuses qui croissent en Afrique, et surtout en Arabie ou au Sénégal, ou bien dans l’Inde et dans la Nouvelle-Hollande. — Elle est composée de 79,4 d’arabine, de 17,6 d’eau, d’un peu de chlorophylle, d’une matière analogue à la cire, d’acétate de potasse, de malate acide de chaux, de quelques traces d’une matière azotée , et de substances fixes au feu.
Elle est sous forme de petites masses jaunâtres, rougeâtres ou brunes, transparentes, concaves d’un côté, convexes de l’autre, fragiles, et par conséquent faciles à réduire en poudre; humectée, elle rougit le papier de tournesol; quelquefois elle a une saveur acide; sa densité est de 1,355; elle est assez soluble dans l’eau , et forme avec ce liquide un mucilage qui n’est pas, à beaucoup près, aussi épais que celui que donne la gomme adragante : la dissolution aqueuse, quoique filtrée , est toujours un peu louche, à cause d’une petite quantité de matière insoluble qui a traversé le filtre, à la faveur de l’arabine. L’alcool bouillant ne dissout que le malate acide de chaux , des chlorures de calcium et de potassium, l’acétate de potasse, de la chlorophylle, et une matière analogue à la cire. Les alcalis agissent sur elle comme sur le sucre.
L’acide sulfurique concentré, loin de la charbonner, la colore â peine; il la décompose et la transforme en une masse mucilagineuse, semblable à celle que fournit le ligneux traité par le môme acide.
La gomme arabique diffère encore de la gomme adragante. en ce
DES SUCS MÜCILAGINEU».
(u’elle donne moins de charbon lorsqu’on la décompose par le feu, et Il ce qu’elle fournit moins d’acide mucique quand elle est traitée par acide azotique. On l’emploie pour donner du lustre aux étoffes et du •rillant à certaines couleurs; elle sert à la préparation des pastilles; nfiii on en fait un grand usage en médecine, à raison de ses propriéés adoucissantes, expectorantes, etc. : on l’administre avec succès dans es catarrhes pulmonaires, les diarrhées, les dysenteries, et les maladies es voies urinaires, dans les empoisonnements par les substances âcres ; l corrosives, etc. ; on en fait dissoudre 4 ou 6 grammes dans un litre ’eau que l’on fait bouillir.
I Gomme du Sénégal. — On la trouve dans deux espèces d’arbres qui I ordent le fleuve Sénégal, et que les naturels appellent uerech et nebueb.
I lie est composée comme la gomme arabique, dont elle diffère cepen- I. ant par plusieurs propriétés. Elle est en morceaux qui sont quelquefois l' e la grosseur du poing, ayant une forme ovoïde, souvent creux ; sa l ensité, plus grande que celle de la gomme arabique, est de 1,65 eniron; lorsqu’on l’a séchée à 37°, 100 parties d’eau distillée à 15° en i.issolvent 72; 108 parties à la température de l’ébullition en peuvent i! issoudre 96 parties ; elle est donc un peu moins soluble que la gomme I rabique, et le solutum qu’elle fournit est plus dense; il empèse aussi avantage le linge que ne le fait la dissolution de gomme arabique; il St susceptible de former une sorte de gélatine, et il est plus sensible ux sels de fer que celui de gomme arabique. L’alcool et les acides sulurique et azotique agissent sur elle comme sur la gomme arabique. 100 •arties, chauffées avec 500 parties d’acide azotique, donnent 16,70 d’aide mucique et de l’acide oxalique (voy. Guérin, Ann. de chim., mars ‘832, et Héberger, Journ. depharm., juillet 1830).
Gomme de Bassora. — La gomme de Bassora se trouve en petite qiianilé dans la gomme du Sénégal; elle existe aussi dans Vasa fœtida, le Hlellium, {'euphorbe, le sagapenum, le nostoc, etc. Suivant M. Cavenou, elle constitue presque la totalité du salep. M. Desvaux pense que la ■îomme de Bassora est le produit d’un cactus. Elle est solide, d’un blanc égèrement jaunâtre, en morceaux d’une grosseur moyenne; les uns offrent des cavités, les autres sont aplatis et sillonnés; d’autres présencnt des excrois^sances; elle est inodore et d’un poids spécifique de 1,359.
Composition. Elle est formée d’arabine (11,20 pour 100), de bassorine 61,31 pour 100), d’eau (21, 89), de chlorophylle, d’une matière analogue la cire , de malate acide de chaux , d’acétate de potasse, et de matières ixes au feu. Soumise à la distillation, elle fournit de l’eau, de l’huile, de 'acide acétique, du gaz acide carbonique, du carbured’hydrogène gazeux
DRtîMlHlF PARTIE.
et (lu clinrhôii coiiLcnanl de la chaux el de l’oxyde de fer. L’eau, quelle que soit sa température, la gonfle considérablement et dissout l’arabine; 100 parties à 20“ c. en dissolvent 17,28 parties, et à 100“ c., 22,98. L’alcool bouillant dissout la chlorophylle, une matière analogue à la cire, de l’acétate de potasse, du chlorure de calcium, et du malate acide de chaux.
Gomme adragante. — On trouve la gomme adragante dansVastragalus tragacantha , qui croît dans l’île de Crète et dans les îles environnantes. Elle est sous forme de petites masses blanches , opaques, semblables à de petits rubans entortillés; elle ne se réduit bien en poudre qii’autant que l’on a fait chauffer le mortier, phénomène qui dépend de ce qu’elle est légèrement ductile; sa densité est de 1,384.
Composition. Cent parties sont formées de 11,10 d’eau, de 2,50 de cendres, de 53,30 d’arabine, et de 33,10 de bassorine et d’amidon insoluble. Les cendres contiennent les mêmes substances que celles des autres gommes. Vue au microscope, la gomme adragante renferme des globules de diverses formes, les uns arrondis, les autres oblongs ; les premiers ressemblent, pour la forme et le volume, à ceux de l’amidon de pommes de terre , dont ils ne diffèrent qu’en ce que la partie intérieure de ces derniers est de l’amidon soluble, tandis que celle des globules de gomme adragante est de l’arabine. Elle fournit plus de charbon à la distillation que la gomme arabique, et plus d’acide mucique lorsqu’on la traite par l’acide azotique. Mise dans l’eau, elle s’y gonfle beaucoup et donne un mucilage fort épais ; une partie de gomme adragante et 100 parties d’eau froide forment un liquide aussi consistant que celui que l’on obtient avec une partie de gomme arabique et 4 parties du même liquide; une partie de gomme adragante et 360 parties d’eau donnent encore un liquide mucilagineux. Lorsqu’on fait bouillir la gomme adragante avec de l’eau de manière à l’amener à l’état d’empois , si l’on verse quelques gouttes d’une dissolution alcoolique d’iode, la partie touchée devient d’un bleu très-foncé d’abord, et il se manifeste des phénomènes analogues à ceux que fait naître l’amidon : c’est à la partie de la gomme adragante insoluble dans l’eau bouillante qu’il faut rapporter la propriété d’être colorée en bleu par l’iode.
La gomme adragante partage les propriétés médicales de la gomme arabique; mais son mucilage est tellement épais, qu’on ne l’emploie guère qu’à la préparation des loochs.
Gommes du cerisier, de l’abricotier, du prunier, du pêcher et de l amowdier.— Gomme du cerisier.— Eau, 12; cendres, 1: arabine, 52,10; cérasine, 34,90.