DES MATIÈRES ASTRINGENTES
•ésines, elc., par l’acide azoli(iue, ou bien le camplire el les résines oar l’acide sulfurique, on obtient, entre autres produits, une substance \ laquelle on a donné le nom de tannin ~ artificiel , et qui est toujours composé d’une portion de l’acide employé et de charbon , ou d’une natière charbonneuse provenant de la substance végétale décomposée. ■ >es propriétés physiques, et presque toutes ses propriétés chimiques, ionl les mêmes que celle du tannin naturel. Le tannin artificiel résiliant de l’action de l’acide azotique diffère seulement de celui qui est laturel, en ce qu’il n’est pas décomposé par cet acide, et en ce qu’il ’ournit à la distillation du gaz bioxyde d’azote.
Usages des divers produits qui contiennent du tannin. — On n’emploie •amais le tannin à l’état de pureté; mais on se sert souvent du tan , de la Tioix de galle, du cachou, du kino, etc. — Tan. J’ai déjà dit que la loudre d’écorce de chêne était employée pour tanner les peaux. — Noix lie galle. On se sert de son infusion alcoolique, aqueuse ou éthérée, Momme réactif, pour distinguer les unes des autres certaines dissoluiions métalliques; on fait usage de sa décoction dans la préparation Ile l’encre, qui est essentiellement formée de tannate de sesquioxyde Ile fer. On l’administre, en médecine, comme astringent, dans les Hémorrhagies passives, dans les dévoiements chroniques, les flueurs planches, les maladies venteuses, etc.; on la donne ordinairement en loudre, depuis 60 centigr. jusqu’à 3 grammes. Sa décoction doit être '•egardée comme le contre-poison de l’émétique et de l’opium : en effet, die décompose rapidement ce sel, et le transforme en un produit qui l’a que fort peu d’action sur l’économie animale ; on peut également aire usage de ce décoctum pour conserver les matières animales. — Cachou. Le cachou est un excellent astringent que l’on administre à l’inérieur dans les mômes circonstances que la noix de galle; il est égaleaient utile dans les catarrhes chroniques , la phthisie avec expectoration !rès-abondanle, etc. ; on le donne depuis 2 jusqu’à 8 grammes par jour, en poudre et en décoction; et, dans ce dernier cas, on l’associe souvent a la décoction de riz ou de grande consolide : quelquefois aussi on en fait prendre 2 grammes dans une tasse de chocolat. — Gomme kino. Cetle Rialière Jouit de propriétés astringentes très-énergiques, et doit ÔIre administrée dans tous les cas dont je viens de parler; on l’a encore employée avec succès dans les fièvres intermittentes, surtout en l’associant au quinquina ; sa dose est depuis 60 centigrammes jusqu’à 1 gramme; sa (•issoliuion alcoolique se donne par gouttes. — Tannin artificiel, ün ne fait aucun usage de cette matière.
fncre.— L’encre ordinaire, dont je vais indiquer la préparation, doit
être regardée comme un composé de tannale de sesquioxyde de fer et d’un peu de tannate de bioxyde de cuivre ; elle contient en outre de la gomme, que l’on peut considérer comme y étant à l’état de simple mélange , et qui sert à lui donner de la consistance et du brillant, et à empêcher que le tannate de sesquioxyde de fer ne se précipite. Le chlore décompose l’encre en enlevant l’hydrogène de l’acide tannique ; l’encre est détruite et on ne saurait la faire reparaître en ajoutant un alcali. L’acide oxalique la décolore en s’emparant de l’oxyde de fer ; aussi l’encre reparaît-elle dès que l’on sature l’acide oxalique par un alcali.
Préparation. On fait bouillir pendant deux heures 500 grammes de copeaux de bois de Campéche , 1 kilogramme de noix de galle concassée, et 38 kilogrammes d’eau ; on remplace celle-ci à mesure qu’elle s’évapore ; on môleO mesures de cedécoctum avec4 mesures d’eau saturée degomm^ arabique, et on y ajoute 3 ou 4 mesures d’une dissolution de sulfate de protoxyde de fer, dans laquelle on a mis du sulfate de cuivre dans la proportion de de la noix de galle employée; aussitôt que le mélange est fait , on l’agite, et il devient noir (Chaptal).
Encre indélébile. — Qn l’obtient en dissolvant l’encre de Chine dans l’acide chlorliydrique amené à 1",5 ou à 1°, si on doit employer du papier très-lin et peu collé. Cette encre résiste aux réactifs les plus puissants , et ne disparaît point par un lavage à l’eau prolongé avec une éponge. On prépare encore une variété d’encre parfaitement indélébile, en délayant l’encre de Chine dans de l’acétate de manganèse avec excès d’acide. L’écriture , dans ce cas , a besoin d’être exposée à la vapeur de l’ammoniaque liquide. (Rapport fait à l’Institut par d’Arcet en 1831.) M. Dumoulin prépare une encre indélébile avec un savon composé de soude, de résine et de cire, et avec de la résine-laque, de la colle de poisson, du clilorure de sodium, et du charbon de vigne, du cliaibon animal, du charbon de sucre, et un peu d’indigo. (Yoy. Journ. de chim. wcc?., juillet 1833.)
M. Braconnot a fait connaître une encre que l’on peut employer avec avantage pour écrire sur le zinc lorsqu’on veut étiqueter des plantes dans un jardin botanique. On la prépare avec une partie de vert-degris, une partie de sel ammoniac, une demi-partie de noir de fumée pulvérisée, et deux parties d’eau ; on l’agite de temps en temps au moment de s’en servir ( Annales de chimie, mars 1834 ).
Encre delà Chine. — On l’oblicnt avec du noir de fumée léger, une colle préparée (gélatine bouillie, précipitée par la noix de galle, et le ])récipilé redissous par l’ammoniaciue), et du musc ou un autre aromate-