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DES SUCS SUCRÉS

DES SUCS SVCRÉS.

Suc de la canne (saccharum officinale). — Ce suc renferme de l’eau, de acide lactique , du sucre cristallisable , du sucre incristallisable, et me très-petite quantité de matière verte , de gomme, de ferment, d’allumine, de matières salines et de parties fibreuses qui y sont tenues :;n suspension. La canne de la Martinique contient 72,1 d’eau, 18 de iicre, et autres matières solubles, et 9,9 de ligneux; tandis que celle tie Cuba renferme, d’après M. Casaseca, 77,8 d’eau, 16,2 de sucre et !■ litres matières solubles, et 6 de ligneux. On emploie le suc de la l'oanne à l’extraction du sucre.

Suc de betteraves, voy. p. 49.

Miel. — Le miel de bonne qualité est entièrement formé de trois suaires différents et d’un principe aromatique : tel est le miel de Mahon , llu mont Hymette, du mont Ida, et de Cuba; il est liquide, blanc et iransparent. Le miel de seconde qualité contient , en outre, de la cire .1 1 de l’acide ; il est blanc et grenu , comme, par exemple, celui de Nar- ))onne et du Câlinais (1). Enfin le miel de qualité inférieure, comme '•elui de Bretagne, qui est d’un rouge brun, et dont la saveur est âcre et ’ ’odeur désagréable , renferme encore du couvain , substance blanche , ;;ranuleu.se, fusible, soluble dans quatre parties d’eau froide, soluble i lans l’alcool , communiquant au miel des propriétés laxatives, et le rendant susceptible d’éprouver la fermentation spiritueuse lorsqu’il est itendu d’eau, pourvu que la température soit à 15® ou à 18 c. : il se ■orme alors une liqueur alcoolique sucrée, connue sous le nom d'hydromel (2).

M. Soubeiran , en étudiant récemment le miel de bonne qualité, a vu . |u’il contient : 1® du sucre en grains, semblable au glucose; 2® du sucre liquide qui se rapproche par un grand nombre de caractères du sucre interverti par les acides, mais qui s’en distingue en ce qu’il ne se transforme jamais en sucre en grains, et parce qu’il possède un pouvoir

(1) Si , après avoir délayé ce miel dans un peu d’alcool, on le presse fortement âans un sac de toile serrée, celui-ci retiendra le miel cristallisable, tandis que le •sucre liquide dissous par l’alcool passera à travers les pores, et pourra être obtenu par la simple évaporation du liquide.

d) M. Guibourt a analysé du miel qui contenait de la mannite ; il croit que la nalure et le nombre des principes sucrés qui eiitreiit dans la composition du miel l'cuvent varier suivant les sources végétales où les abeilles vont le puiser.

rotatoire vers la gauclie, presque double de celui du sucre interverti ; 3“ du sucre qui se distingue du sucre en grains, en ce qu’il est intervei'tible par les acides, et du sucre liquide, en ce qu’il exerce la rotation vers la droite; sa proiiortion, qui est assez forte dans le miel liquide des ruches, diminue avec le temps ; il arrive même qu’il disparaît entièrement dans le miel {Journ. de jyharm. , octobre 1849).

On n’est pas d’accord sur l’existence du miel dans les plantes : quelques naturalistes pensent que le suc sucré et visqueux recueilli par les abeilles dans les nectaires et sur les feuilles de quelques végétaux a besoin d’être élaboré par l’animal pour être converti en miel, tandis que d’autres embrassent l’opinion contraire.

Le miel est employé avec succès cà la préparation d’un très-bon sirop connu sous le nom de üvo'p de miel. Pour l’obtenir, on fait bouillir dans une bassine, pendant deux minutes, 3 kilogrammes 128 grammes de miel, 48 grammes de craie (carbonate de chaux), et 416 grammes d’eau ; on y ajoute 160 grammes de charbon pulvérisé , lavé et séché , et 224 gr. d’eau dans laquelle on a délayé deux blancs d’œufs; on agite le mélange, que l’on continue à faire bouillir pendant deux minutes; on retire la bassine du feu , et au bout de sept à huit minutes , on passe le sirop à travers la chausse. On peut ensuite traiter le résidu par l’eau chaude, que l’on fait évaporer pour avoir un sirop de seconde qualité.

Le miel doit être regardé comme relâchant et émollient; associé à des boissons adoucissantes, il est employé dans les catarrhes pulmonaires: on l’administre dans certains cas de constipations longues ; on fait usage de l’hydromel comme rafraîchissant et antiputride; on l’emploie encore pour édulcorer le colchique , la scille,etc. Voxymel, regardé comme résolutif et expectorant, et dont on se sert dans les fièvres dites bileuses , au commencement des fièvres putrides, etc., n’est autre chose que du miel uni au vinaigre.

Préparation. On enlève avec un couteau les lames de cire qui forment les alvéoles des gâteaux; on place ceux-ci sur des claies d’osier et on les soumet â une douce chaleur; le miel vierge s’écoule bientôt goutte â goutte; lorsqu’ils n’en fournissent plus, on les brise, on les laisse égoutter de nouveau, et on élève un peu plus la température; on sépare le rouget et le couvain qu’ils renferment, et on les soumet à une pression graduée : par ce moyen , tout le miel finit par s’écouler. S il est limpide, on ne lui fait subir aucune espèce de purification; mais s’il est trouble, on le laisse reposer pendant quelque temps, on l’écume et on le décante.

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