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DE LÀ MANNE

DE EA niAIVniE.

La manne est le suc concret des fraxinus ornus et rolundifolia, dcia famille des jasminées,qui croissent en Calabre. On distingue trois variétés icle manne : 1” la manne en larmes la plus pure est obtenue au moyen !de petites branchettes que l’on introduit dans l’arbre; elle est solide, [incolore, légère, douée d’une saveur sucrée; elle est sous forme de • jtalactites, dont la surface est brillante et comme cristalline; 2° la ^i'iianne en sorte, qui coule naturellement de l’arbre, peut être regardée pomme l’intermédiaire entre la manne en larmes et la suivante; 3" la :imanne grasse, la moins estimée, est recueillie en faisant des incisions ):;rès-profondes à l’arbre ; elle est en fragments bruns , moins pesants , l’une odeur et d’une saveur nauséabondes , liés entre eux par un suc r,?lutineux. Plusieurs autres arbres, surtout les mélèzes, fournissent ;nussi les trois variétés de manne dont je parle.

D’après M. Thénard, la manne en larmes est composée de beaucoup iJe mannite, d’une certaine quantité d’un principe muqueux dont on I )eut démontrer l’existence en versant du sous-acétate de plomb dans sa JJécoction aqueuse, d’une matière analogue au sucre, et probablement ‘ l’un autre principe auquel elle doit son odeur et sa saveur. La manne ;n larmes est légèrement acide et se dissout dans l’eau; le solïitum j 'Abandonné à lui-même à la température de 15% donne une certaine piantité d’acide acétique; si on ajoute à ce solutum un peu de levure de bière, on obtient une assez grande quantité d’esprit-de-vin. L’alcool bouillant dissout très-bien la manne en larmes; mais, par le refroidissement, toute la mannite se précipite. A la température ordinaire, l’alcool dissout la matière sucrée et de la mannite. La manne en larmes abonde en mannite; le contraire a lieu dans la manne grasse; la manne en sorte tient le milieu, sous ce rapport, entre ces deux variétés.

La manne doit être regardée comme un purgatif doux que l’on donne il la dose de 30 A 100 grammes, principalement à la fin des maladies inflammatoires, dans les suppurations internes, etc.; on l’associe souvent à d’autres purgatifs, tels que le séné, le sulfate do soude, etc. ; elle est moins nauséabonde quand on la délaie dans l’eau froide, que lorsqu’on la fait dissoudre dans l’eau chaude. La marmelade de Tronchin se fait avec parties égales de manne, de casse cuite et d’huile d’amandes douces. La manne est encore employée avec succès pour faciliter l’expectoration.

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