DU PHOSPHORE
avec prostration extrême des forces vitales, dans les différentes complications de ces mêmes fièvres, dans les fièvres intermittentes opiniâtres , les affections rhumatismales et goutteuses, la suppression des règles, la chlorose, et les infiltrations avec atonie de la fibre ; mais particulièrement dans l’apoplexie, la syncope, et dans plusieurs maladies nerveuses, telles que la paralysie, les convulsions épileptiques, la manie, la céphalalgie opiniâtre, la goutte sereine, et la cardialgie. La dose de ce médicament ne doit pas être portée au delà de 5 centigrammes dans les vingt, quatre heures, et l'on doit rejeter les préparations où il n’est que suspendu, telles que les pilules, lesloochs, les électuaires, les émulsions, les conserves, etc. La manière la plus convenable de l’administrer est de le faire dissoudre dans de l’éther sulfurique, en y ajoutant un peu d’huile essentielle aromatique. On doit suspendre son usage s’il fait éprouver une ardeur à l’estomac, ou s’il occasionne des vomissements II est très-vénéneux.
On l’a également employé à l’extérieur en frictions, sous forme de pommade phosphorée, camplirée ou non, -et deliniment phosphoré, dans la goutte, les rhumatismes chroniques et la paralysie.
Extraction. On prend des os que l’on calcine à l’air libre pour en détruire la matière animale; dans cet état, ils contiennent environ 77 parties de phosphate de chaux , 20 p. de carbonate de chaux , et 3 p. d’autres sels, etc. On les pulvérise et on les mêle avec de l’acide sulfurique dans le rapport de trois parties pour deux d’acide ; au bout de deux ou trois jours, on délaie dans une suffisante quantité d’eau, pour en faire une bouillie claire; on jette sur un linge. Le liquide passe limpide , et la toile retient tout ce qui est insoluble. Ce liquide ainsi obtenu est évaporé jusqu’en consistance de sirop épais, puis mêlé avec le tiers de son poids de charbon et desséché dans des vases de fonte ; dans cet état, on l’introduit dans des cornues de grès lutées et bien sèches. On dispose ensuite ces cornues dans un fourneau à réverbère (pl. 3, fig. 6), et à leur col on ajuste une allonge courbée en angle droit, dont l’ouverture assez large plonge de quelques lignes dans l’eau d’un vase disposé à cet effet B. Alors on chauffe peu à peu jusqu’au rouge intense; bientôt il se dégage des gaz (1) formés d’oxyde de carbone, de carbure et de phos-
(1) La rapidité avec laquelle se dégagent ces gaz peut servir à régulariser la marche de l’opération.
pliure d’hydrogène; ce dernier s’enflamme subitement au contact de l’air. Vient ensuite le phosphore, qui, distillant dans l’eau, est à l’abri de l’air, par conséquent de toute combustion. — Théorie. L’acide sulfurique produit du sulfate de chaux insoluble avec le carbonate de chaux et avec la moitié seulement de la chaux du phosphate; car, par l’action de l’acide phosphorique mis en liberté, la moitié du phosphate se dissout et échappe ainsi à la réaction. On obtient donc dans la liqueur de l’acide phosphorique uni à du phosphate de chaux (c’est-à-dire du phosphate acide de chaux) :
^Ca 0, 3 Ph 05 5 SO», 5 HO 3 Ca 0, 3 Ph 05 5 Ca 0, 5 S03, 5 HO
Phosphate des os. ’ Acide sulfurique. Phosph. acide de chaux. ’ Sulfate de chaux.
L’acide phosphorique du phosphate acide de chaux , composé lui-même de phosphore et d’oxygène , cède cet oxygène au charbon , qui s’en empare et met ainsi le phosphore en liberté. Le gaz oxyde de carbone, le carbure et le phosphure d’hydrogène , sont le résultat de la décomposition de l’acide phosphorique et de l’eau, et de la combinaison | de l’oxygène de ces deux corps avec une partie de carbone, et de l’hydrogène de l’eau avec une partie de ce dernier corps et avec une portion de phosphore.
Comme en cet état le phosphore peut entraîner quelques parties de charbon, et suivant quelques auteurs , de phosphure de carbone,, qui le salissent, on le purifie, en le faisant fondre dans l’eau chaude et en le mélangeant avec du noir d’os en poudre qui le décolore; on l’enlève ensuite avec une cuiller, et on le plonge rapidement dans de l’eau | froide, afin de le faire prendre en pain. Pour le débarrasser du noir qu’il | contient et des autres impuretés, on le met dans un morceau de peau de chamois; on en fait un nouet bien solide, que l’on comprime au moyen de pinces, en le tenant dans l’eau presque bouillante : le phosphore fond et passe à travers la peau ; alors il est transparent et peut être réduit en cylindres. Pour cela on plonge verticalement l’extrémité la plus large d’un tube de verre légèrement conique, dans la masse du j phosphore recouverte d’eau ; on aspire avec la bouche par l’autre extré- i mité du tube : le phosphore fondu monte dans le tube, et lorsqu’il s’est I élevé jusqu’à la moitié ou aux trois quarts de sa hauteur, on ferme avec l’index l’extrémité inférieure tenue toujours dans l’eau ; on le porte dans ^ l’eau froide, où il se refroidit; à cette époque, on fait sortir le cylindre ; de phosphore en soufflant par l’extrémité la plus étroite du tube. H faut, |