CLASSE QUATRIÈME
DES PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA GERMINATION ET DE L’ACCROISSEMENT DES PLANTES.
DE liA OEniUlIVATlOIV.
L’acte par lequel les graines fécondées se développent et donnent naissance à de nouvelles plantes constitue la germination. Quelque précieux que soient les instruments dont la chimie s’enrichit tous les jours, il est impossible de créer des plantes autrement que par la germination. Il n’en est pas de même de certains principes immédiats des végétaux, qu’il est en notre pouvoir de produire : ainsi les acides oxalique, acétique, etc. , peuvent être obtenus dans nos laboratoires tels qu’ils sont : fournis par la nature, et l’on prévoit facilement que les progrès de la chimie nous mettront à même d’en imiter un plus grand nombre par la suite.
Conditions nécessaires pour que la germination ait lieu. — 1° Il faut que la température soit de 10° à 30°; en effet, la chaleur éloigne les molécules, excite les forces vitales, et dispose les parties de la graine à entrer dans de nouvelles combinaisons; cependant il faut éviter une • len)pérature trop élevée ou trop basse, caria graine fortement chauffée se dessèche et ne peut plus se développer: elle ne donne aucun signe de germination au dessous de zéro. 2° La présence de l’eau est indispensable: ce liquide, en s’introduisant dans l’intérieur de la graine, délaie l’albumine, gonfle les cotylédons, ramollit toutes les parties, dissout la matière nutritive et en facilite l’assimilation ; l’expérience prouve que les graines ne germent pas sans eau. ,3" L’air ou le gaz oxygène sont nécessaires pour que la germination ail lieu : c’est en vain que l’on chercherait à
faire germer des graines dans du gaz azote, du gaz acide carbonique, du gaz hydrogène, etc. Comment agit l’oxygène ? Les globules féculacés, déposés dans le périsperme de la graine, autour de l’embryon, se vident, et la fécule qu’ils renferment est transformée en sucre par la diastase, qui elle-même n’existe qu’autant que la germination s’est développée par le contact de l’air; ce sucre sert à nourrir la jeune tige, jusqu’à ce que les organes foliacés et les racines soient développés; le carbone de la fécule , en se combinant avec l’oxygène de l’air , passe à l’état de gaz acide carbonique: il se produit aussi de V acide acétique, comme on peut s’en convaincre en faisant germer des graines de froment, de lentilles, de chanvre, au milieu de carbonate de chaux parfaitement lavé : on verra qu’il se forme de l’acétate de chaux; la production du gaz acide carbonique pendant l’acte de la germination peut être facilement prouvée en plaçant sur la cuve à mercure une capsule contenant un peu d’eau et plusieurs graines, et en la recouvrant d’une cloche remplie de gaz oxygène ou d’air atmosphérique : à la fin de l’expérience, on trouvera, si la pression et la température restent les mêmes , un volume de gaz acide carbonique égal à celui de l’oxygène ({ui aura disparu. L’action de l’air sur les graines explique pourquoi l’on ne peut pas faire germer celles qui sont très-enfoncées dans la terre. La lumière nuit à la germination par l’élévation de température qu’elle détermine ; en effet, que l’on décompose ce fluide impondéré au moyen d’un verre, de manière à en absorber les rayons qui produisent la chaleur, les graines germeront comme à l’ordinaire (Th. de Saussure). Le sol n’influe sur la germination qu’en présentant un point d’appui à la graine, et en lui transmettant la chaleur, l’eau et l’air qu’il contient; aussi peut-il être remplacé avec succès par une éponge humide.
Influence des alcalis et de l’électricité sur la germination. — Les alcalis hâtent la germination ; en effet, M. Matteucci a vu des graines de lentilles placées dans l’eau alcaline dépotasse à la température de-|-15°c. germer au bout de trente heures, tandis qu’elles germaient plus lard dans l’eau, et que celles qui étaient en contact avec les acides azotique et sulfurique commençaient à peine à germer après sept jours ; un résultat digne de remarque, c’est que même les graines qui avaient germé dans la dissolution alcaline étaient acides dans l’inlérieur. Ces expériences lieuvent rendre raison d’un fait intéressant que voici : que l’on fasse toucher des graines de lenl^illes, humectées et placées au milieu de carbonate de chaux, par le pôle |)osilif d’une pile de dix paires de enivre et de zinc, tandis (pie le pi'de négalif de la même pile touchera d’autres graines placées dans les mêmes circonstances, la gerrainaliou
DE l'accroissement DES PLANTES.
îommeiicera bientôt dans les graines du pôle négatif, et ne sera aperçue ^ lans les autres que longtemps après ; c’est sans doute à l’action de 1a , >diaux mise à nu par le fluide électrique, et attirée par le pôle négatif, qu’il faut attribuer la propriété qu’a ce pôle de favoriser la 1 germination.
Influence de plusieurs sels sur la germination. — Les dissolutions d’a- ; eétate de plomb , de bichlorure de mercure , d’azotate d’argent , d’aî cétate de cuivre, et les dis'solutions concentrées de sel marin et de chlorure de baryum, s’opposent au développement de la germination.
DE I.’ACCn01j^SEI*lEMT DES PLANTES.
Lorsque la plumule est hors de la terre et s’est transformée en lige, que les cotylédons desséchés sont tombés, et que la radicule, en s’alongeant et se divisant dans la terre, constitue une véritable racine, la :;ermination est terminée , et cependant le végétal continue à s’accroître >)ar l’action de l’air et des gaz qu’il peut contenir, de l’eau, des engrais, ilu sol, etc. Examinons l’influence de ces agents sur l’accroissement des i)lantes.
Influence de certains gaz et de l’air atmosphérique sur les parties 'iertes, telles que les feuilles, les jeunes pousses et les calices, avant eur maturité. — Les plantes qui ont le contact du soleil périssent )romptement si on les expose au milieu du gaz acide carbonique pur , ou Jans un mélange de deux parties de ce gaz et d’une partie d’air; de eunes plantes de pois ordinaires se sont flétries au L|out de sept jours Mans une atmosphère composée départies égales de gaz acide carbonique :l d’air ; leur accroissement a été presque le même qu’à l’air, lorsque le iinélange ne contenait qu’un huitième d’acide carbonique; et il a été ■»lus rapide que dans l’air, dans le rapport de 11 à 8, lorsqu’il entrait 1 m douzième d’acide dans le mélange.
Les plantes exposées à l’action du gaz hydrogène vivent plus long- 'cmps que dans l’acide carbonique pur; mais elles périssent aussi sans ' nspirer aucune quantité sensible de ce gaz.
Théodore de Saussure, Godefroy, Hembstaedt, affirment que Jamais i(;s végétaux vivants n’absorbent le gaz azote qui se trouve dans l’atmo- Hphère, et que s’ils vivent plus longtemps au milieu de ce gaz que dans l’acide carbonique, ils finissent néanmoins par périr. Hembstaedt pense, en conséquence, d’après ses expériences, que l’azote nécessaire à la production du gluten et des autres matières azotées contenues dans les végétaux est fourni par le fumier; cette dernière manière de voir,
conforme à l’opinion émise par Liebig, savoir, que l’azote est absorbé presque toujours à l’état d’ammoniaque, et jamais à l’état libre, ne soutient pas le plus léger examen après les travaux de M. Boussingaulî (voy. t. P’’, p. 83).
La durée des végétaux est plus longue dans le gaz oxygène que dans l’azote et l’hydrogène; mais aucun de ces gaz n’a une influence aussi salutaire que ['air atmosphérique. Le chlore, la vapeur d’acide azotique, le gaz acide azoteux, et les acides suif hydrique et chlorhydrique , sont nuisibles à la végétation pendant 1a nuit (Macaire).
Air atmosphérique ordinaire, contenant par conséquent une faible proportion de gaz acide carbonique. Cet air agit à la fois par l’oxygène et par l’acide carbonique qu’il renferme; indépendamment de cette action chimique que je vais étudier, l’air est quelquefois utile à la végétation , soit en cédant de la vapeur aqueuse aux feuilles, si le sol est très-sec, soit en recevant l’excès d’humidité du végétal, dans le cas contraire.
A l’obscurité. Pendant la nuit, les parties vertes dont je*j)arle absorbent une certaine quantité d’oxygène de l’air; cette quantité varie selon les végétaux : les plantes grasses , les plantes des marais , en consomment moins que les autres herbes, moins que les arbres, et les arbres toujours verts moins que les arbres à feuilles caduques; ainsi, dans une expérience, Valisma plantago (plantain d’eau) a absorbé ^^/loo de son volume d’oxygène, tandis que l’abricotier n’a consommé que huit fois son volume de ce gaz. L’oxygène reste en partie dans le végétal sans altération; mais il n’y est pas à l’état élastique, car ni la chaleur ni la pompe pneumatique ne le font dégager; la majeure partie de cet oxygène, au contraire, se combine avec le carbone surabondant de la plante, et forme de l’acide carbonique, dont une partie se dégage dans l’atmosphère et vicie l’air, tandis que l’autre partie se dissout dans l’eau de végétation ; d’où il suit que le végétal perd une portion de carbone pendant la nuit.. Tout porte à croire que l’action chimique dont je parle a surtout pour objet de rendre plus soluble et plus facile A transporter dans l’intérieur de la plante le carbone, qui entre dans la sève à l’état de matière soluble végétale ou animale, et qui , étant ainsi changé en acide carbonique , peut s’incorporer plus facilement au suc descendant.
A la lumière. Au moment où les parties vertes sont frappées par les rayons du soleil, la partie de l’oxygène qui avait été absorbée pendant la nuit, et qui était restée sans altération, se dégage dans l’atmosphère; l’acide carbonique formé pendant la nuit, aux dépens du carbone de la
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>éve el de l’oxygène de l’air, est également décomposé par la lumière en arbone , qui reste dans la plante, et en oxygène, dont les deux tiers tiviron se dégagent, tandis qu’un autre tiers reste dans la plante. Cerlines plantes, notamment les plantes grasses, retiennent pendant qiiellUe temps dans leur propre tissu le gaz acide carbonique formé aux ;épens de leur carbone et du gaz oxygène inspiré. — ^ Voyons acluellenent ce qui arrive au gaz acide carbonique qui entre dans la composil'On de l’air : ce gaz est absorbé en partie par la plante; mais une autre )i’tion est décomposée en carbone, qui reste dans le végétal , et en cygène, dont un tiers est retenu dans la plante, tandis que les deux lires tiers se dégagent dans l’atmosphère; le végétal acquiert donc du ; rbone pendant le jour en décomposant l’acide carbonique de l’air : tte absorption compense et bien au delà la proportion de carbone qu’il p‘i’d pendant la nuit, comme je l’ai indiqué plus haut.
Les expériences suivantes mettront plusieurs de ces faits hors de iiite : 1° quç l’on expose dans l’eau de source au soleil une plante rte , on voit la surface de ses feuilles se couvrir de bulles d’un gaz aucoup plus riche en oxygène que l’air atmosphérique; le gaz dégagé ovient de la décomposition de l’acide carbonique contenu dans l’eau, rr il s’en produit d’autant plus que l’eau renferme plus de gaz acide rbonique, et il ne s’en dégage pas si l’on emploie de l’eau qui a bouilli . de l’eau récemment distillée; enfin il ne s’en produit pas davantage , au lieu d’acide carbonique, on met dans l’eau du gaz azote, du gaz drogène ou du gaz oxygène; dans ce dernier cas, on remarque seunent qu’il se dégage une petite quantité d’azote, d’hydrogène ou de xygène qui étaient dissous dans l’eau. Ajoutons que l’oxygène fourni r les feuilles ne provient pas de ces organes, attendu que l’on en tiwit également lorsqu’on fait l’expérience avec des feuilles épuisées gaz sous la pompe pneumatique.
-2” Théodore de Saussure, ayant placé sept plantes de pervenche dans e atmosphère artificielle contenant, sur 5,74(5 centimètres cubes, 431 'itimètres cubes de gaz acide carbonique, vit, après avoir exposé ces uites pendant six jours à la lumière, qu’il ne restait plus d’acide carnique, et que ce gaz avait été décomposé en carbone, qui avait accru poids des plantes de 120 milligrammes, et en 431 centimètres cubes ixygène (on sait que l’acide carbonique renferme un volume d’oxyiie égal au sien ) , dont 292 s’étaient dégagés et 139 étaient restés dans pervenclies.
3n peut tirer des faits ((ui précèdent et d’autres (|ue je passe sous siice les conséifuences suivantes; 1° l’air atmosphérique, contenant
une certaine quantité d’acide carbonique, est le gaz qui favorise le plus l’accroissement des parties vertes des végétaux. 2° L’air est vicié par les plantes , parce que les parties vertes inspirent pendant la nuit une certaine quantité de gaz oxygène qu’elles ne rendent pas complètement pendant le jour, et que d’ailleurs elles produisent du gaz acide carbonique ; ajoutons à ces causes de viciation de l’air que toutes les parties qui ne sont pas vertes forment aussi de l’acide carbonique avec leur carbone et l’oxygène de l’air. 3° L’air est purifié par les végétaux pendant le jour, parce qu’ils décomposent le gaz acide carbonique formé pendant la nuit aux dépens de leur propre substance, ainsi que celui qui leur arrive dissous dans l’eau et celui qui fait partie de l’air. 4° Que de ces deux effets, celui qui a pour objet la purification de l’air l’emporte sur l’autre, parce que l’un des buts essentiels de la végétatioii étant d’augmenter la masse du carbone fixé dans les plantes , et ce carbone ne se fixant dans les végétaux que par la décomposition de l’acide carbonique, ces végétaux doivent augmenter la quantité de gaz oxygène libre, gaz qu’absorbent à leur tour les animaux, et qui' est d’ailleurs continuellement employé à l’oxydation d’un très-grand nombre de corps. 5° Enfin que les parties vertes des plantes absorberont d’autant plus de carbone qu’elles resteront plus longtemps exposées à la lumière, et qu’elles en perdront d’autant moins que les nuits seront plus courtes; que par conséquent la végétation devra être beaucoup plus active dans le Nord, là où la longueur du jour excède de beaucoup celle de la nuit; aussi voit-on dans ces contrées la vie des plantes parcourir en six semaines les mêmes périodes qu’en quatre ou cinq mois dans le midi de l’Europe. D’après M. Liebig , l’acide carbonique, ainsi décomposé, fournirait seul tout le carbone nécessaire à l’accroissement des végétaux, et ce ne serait que sous cette forme que V humus et tous les engrais agiraient.
Des expériences faites postérieurement par Th. de Saussure établissent ; 1“ que les fleurs exposées à l’air détruisent ordinairement plus d’oxygène que les feuilles à l’obscurité ou que le reste de la plante. 2“ que les étamines adhérentes à leur base et à leur réceptacle détiuisent , au moment de la fécondation , une plus grande quantité de ce ga? que les autres parties de la fleur; 3" que la faculté de produire de la chaleur, reconnue aux fleurs du genre arum, par Lamarck, Sennebier, Hubert, etc., appartient également aux fleurs de courge, de bignonfl et de tubéreuse, et probablement à beaucoup d’autres (pie l’on regardtl comme froides. Ce phénomène a lieu surtout au moment de la fécondation.
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Quant aux fruits verts, M. Bérard établit, en 182t , dans son beau inioire sur la maturation, qu’à aucune époque de leur croissance, ils se comportent comme les feuilles au soleil , qu’ils n’y décomposent 5 le gaz acide carbonique , qu’ils n’y dégagent point de gaz oxygène , :jue la seule action qu’ils exercent sur l’atmosphère, dans toutes les 'iodes de leur végétation , est de transformer son oxygène en acide ’bonique : il est même porté à croire qu’en temps égal, les fruits ’ls font encore disparaître plus d’oxygène au soleil qu’à l’ombre. Les jervations de Th. de Saussure l’ont conduit au contraire à ad- ;ttrequeles fruits verts ont sur l’air, au soleil et à l’obscurité, la me influence que les feuilles; leur action ne diffère que par l’inlen- !, qui est plus grande dans ces dernières. (Voyez les Mémoires de ard et Tii. de Saussure, dans les Annales .de chimie et de 'physique , LVl et XIX). Les résultats publiés par M. Couverchel en 1831 vinvit jeter un nouveau jour sur cette question. On doit distinguer deux •ques dans l’existence des fruits. La première comprend son déveoement et la formation des principes qui entrent dans sa composii; pendant cette première période, l’air atmosphérique agit sur le iit comme sur les feuilles, ainsi que l’avait déjà établi de Saussure,
P :ontre l’opinion de M. Bérard. La seconde période comprend la maation, qui s’effectue par la réaction des principes, réaction que faise la chaleur, et qui est purement chimique et indépendante de la étation, puisque la plupart des fruits mûrissent détachés de l’arbre; idant cette époque, les fruits exhalent à leurs propres dépens une nde quantité de gaz acide carbonique , et la maturation peut s’oer sans la présence de l’oxygène de l’air. {Ann. de chim. et de phys.,
:lvi.)
influence de l’électricité sur l’accroissement des plantes. — Il résulte juelques expériences tentées par M. Becquerel, avec de faibles courts électriques , que ceux-ci favorisent la végétation. Quatre oignons jacinthe furent placés dans un vase rempli d’eau contenant 5 centiinmes de chlorure de sodium : l’un d’eux reposait sur un châssis en c, un autre sur un châssis en cuivre, et les deux châssis communiient entre eux par un fd métallique ; à l’aide de cet élément voltaïque, 'égétation se développa avec force dans la jacinthe placée au pèle néif, et avec moins d’intensité dans celle qui correspondait au pèle ce qui tient, suivant M. Bec([iierel, à ce que le sel marin, déiposé par l’électricilé , donne de la soude au pèle négatif et de l’a- '■au pôle positif: or les alcalis favurisent la végétation, tandis (juc
les acides la retardent. Deux autres jacinthes, placées sur des châssis de verre, s’accrurent beaucoup moins. [Journal de chimie médicale, mai 1834. )
Influence de l’eau.— Ldi nécessité de l’eau dans la]végétation est parfaitement établie : on a cru pendant quelque temps qu’elle se bornait à charrier et à dissoudre les principes nutritifs des plantes; mais Th. clf Saussure a prouvé, par des expériences directes, qu’elle était absorbée: elle se fixe dans les végétaux, et leur fournit leur hydrogène.
Influence du tannin, des acides et des alcalis. — 11 résulte des expériences publiées par M. Payen en 1834 : 1" que le tannin, même en faibles proportions, exerce sur les racines de certaines plantes une actior délétère; 2° que les acides, môme en petite quantité , nuisent à la germination et au développement des plantes; 3" qu’une faible réactior alcaline est favorable aux progrès de la végétation , ce qui explique le; effets utiles de la chaux, des cendres et de la marne calcaire; 4"qii( ces mômes substances sont défavorables lorsqu’elles sont employée: en trop forte proportion; 3° que la saturation de l’acidité développé: dans la germination hâte les progrès de celle-ci et favorise les développements ultérieurs [Journ. de chim. méd., numéro d’avril).
Influence des engrais. — Suivant Th. de Saussure, la nourriture de; végétaux a principalement lieu aux dépens de l’eau et du gaz acide carbonique de l’air; les engrais ne fournissent aux plantes qu’un peti nombre de sucs plus ou moins azotés, et une certaine quantité de ga; acide carbonique, qui sont loin de représenter le poids qu’un végéta acquiert dans un temps donné ; ainsi , dans une expérience faite ave: un tournesol, l’engrais ne fournit que 26,85 grammes de matières nutritives, tandis que le poids du végétal s’était accru presque de vingfois autant.
Influence du sol. — Le sol influe sur les végétaux auxquels il sert d appui, non-seulement à raison de sa température, de l’eau et des engrai: qu’il contient, mais encore à raison des sels qu’il renferme : ains Th. de Saussure a prouvé, 1° que les plantes puisent les sels soluble: qui entrent dans la composition du terrain ; 2° que plusieurs de ces plantes exigent pour leur accroissement des sels d’une nature particulière; par exemple, les plantes marines végètent mal dans un terrain dépourvu de sel marin ; 3” que ces sels ne sont point décomi)osés en pé^ nétrant dans ces plantes; 4° que la nature des sels contenus dans les vé-* gétaux doit varier suivant la composition de ceux qui font partie du sol. •T’ (lue, lorsqu’on présente aux plantes des dissolutions salines, lalH
DE l’accroissement DES PLANTES.
I rpüon de l’eau a toujours lieu dans un plus grand rapport que celle du 1 ; 6° que ce n’est pas toujours la matière la plus favorable A la végéta- )n qui est absorbée en plus grande quantité (1).
Les considérations qui précèdent expliquent aisément l’origine de vxygène, du carbone, de l’azote, et des sels solubles que l’on trouve ns les végétaux; mais il n’en est pas de même de l’hydrogène et de isieurs principes insolubles qui existent dans les plantes. Relative- .'snt à Vhijdrogène , on a pensé tour à tour qu’il pourrait provenir de
• décomposition de l’eau ^ ou bien que celle-ci se fixerait et se combi-
• rait intégralement avec le carbone. Quant aux sels et A quelques ma- :res insolubles des végétaux, telles que le soufre, l’acide silicique , ‘lumine, les oxydes de fer, de manganèse, les phospliates de chaux,
magnésie, etc., Th. de Saussure croit qu’elles sont également four- ■îs par le terreau, qui en contient beaucoup : suivant lui , ces matières ,;i]t combinées de manière à être rendues solubles dans l’eau.
'IDans un travail récent, M. Lassaigne a étudié l’influence qu’exercent {phosphate et le carbonate de chaux dans l’acte de la germination et la végétation, et il a vu, 1° que le phosphate de chaux est soluble is l’eau saturée d’acide carbonique à la température et à la pression ilinaires; ainsi le phosphate basique des os est dissous dans la pronTion de ^^loooooi 2“ que les sels calcaires qui entrent dans la comi' sition des os peuvent, après leur décomposition dans le sein de la ; ire, être en partie dissous j)ar suite de l’infiltration des eaux pluies, et en raison de la quantité d’acide carbonique que celles-ci
• nnent en dissolution ; 3° que le phosphate et le carbonate de i'l; iiux, ainsi dissous, sont absorbés pendant l’acte de la germination et
la végétation , qu’ils se fixent dans les graines ou dans les plantes , 'it ils font ensuite partie constituante; 4° que presque tous les lerns où végètent les céréales contiennent des phosphates terreux, et : 3 l’action de ces sels explique l’effet si puissant des os pulvérisés
I) M. Philipps a annoncé qu’une branche d’un jeune peuplier, près des raes duquel on avait répandu de l’oxyde de cuivre, ayant été coupée quelque ips après, la laine du couteau était couverte de cuivre dans une larf^eur préhnent égale à celle de la branche : l’ab.sorptiori de l'oxyde métallique détermina ntôt le dépérissement de l’arbre. Ou sait que depuis IM, Sarzeau a trouvé du t vre dans du blé, tandis que M. Chevreul n’a pas pu en découvrir. M. nouligiiy I )lique cette dissidence en établissant que, si le vin, le cidre et le blé, recèlent ' dquefois des atomes de cuivre, cela dépend de ce que le sol dans lequel crois - I t les pommiers, la vignç et le blé, enconiieni.
590 nEÜXIÈME PARTIE.
•sur un certain nombre de sels, et leur efficacité comme engrais [Journ de pharm. , avril 1849),
De son coté, le prince de Salm-Hortsmar, en cherchant à déterminer quelles sont les substances minérales nécessaires au développement d’un végétal , est arrivé aux conclusions suivantes : 1° Si le: substances ne consistent qu’en acide silicique , en acide phosphorique et en acide sulfurique combinés à la potasse, à la chaux et à 1; magnésie, la plante végète plus activement qu’elle ne lè ferait dan un sol entièrement dépourvu de matières minérales ; toutefois la vé gétation est assez chétive , même en présence de sels ammoniacaux et pour lui rendre toute sa vigueur, il suffit d’ajouter, au mélang précédent une certaine quantité d’oxyde de fer ; un excès de fer nui rait en desséchant partiellement les feuilles, et en empêchant la for mation des fleurs. Le carbonate de manganèse, ajouté en petite quantil au fer, produit des effets très-avantageux; 2° rutilité de la soude n’es pas bien démontrée; cet alcali ne peut remplacer entièrement la polass qu’au détriment de la végétation; de même la magnésie ne peut pa remplacer la chaux; 3® parmi les acides, l’acide sulfurique et l’acid phosphorique sont nécessaires au développement régulier de la plante l’acide silicique est indispensable. Les expériences, qui ont amené ce résultats , ont été faites en faisant germer les graines dans un milie parfaitement exempt de matières organiques, tel que le charbon prove liant de la calcination du sucre candi le plus pur et le plus blanc {Jourr de pharm. 1849).
Toutes les plantes et toutes leurs parties ne fournissent pas une égal quantité de cendres : les plantes herbacées en donnent plus que h ligneuses , les branches plus que les troncs , les feuilles plus que le branches et les fruits, l’écorce plus que les parties intérieures , l’aubic plus que les bois, les feuilles des arbres qui se dépouillent en hive plus que celles des arbres qui sont toujours verts; enfin les parties qii en fournissent le plus sont celles où la transpiration est plus abondant ( Th. de Saussure).
Expériences de M. Biot. Après avoir examiné les diverses influence exercées sur l’accroissement des i)lantes par les principaux agents, i sera curieux de jeter un coup d’œil sur les résultats obtenus par M. Biotl dont les expériences ont eu pour objet de rechercher quels sont les chan\ gemenls de constitution chimique éj)rouvés par les sucs des végétaui pendant l’accroissement dont je parle.
1° La sève du bouleau , du noyer, du sycomore et de l’érable 7icgundo recueillie à la fin de mars, contient du sucre fermentescible dans un|
DE l’accroissement DES PLANTES.
:>roporlion d’autant plus grande que celte sève a été recueillie plus loin e la racine; le sucre du bouleau est du sucre de raisin, tandis que our les autres arbres, c’est du sucre de canne ; aucune de ces sèves ne ontienl alors de l’acide carbonique libre, en sorte que les jeunes bour- - eons qui reçoivent cette sève se nourrissent d’abord uniquement de ;.icre, qu’ils décomposent pour s’en approprier le carbone. Le 13 mai , •; cambium du bouleau, c’est-à-dire le suc visqueux qui se trouve à la : U’face de la plupart des arbres, et qui sert à la formation dés nouvelles )uches corticale et ligneuse, renfermait du sucre de canne, tandis que sève du même arbre ne contenait plus de sucre; d’où il suit que le acre de canne provenait ou des feuilles dans lesquelles il existe en effet .celte époque, ou de l’écorce, qui, dans ce cas, aurait le pouvoir d’en : rmer.
.2° Les jeunes bourgeons de lilas, déjà découverts et sortis de leurs 1 ailles, au commencement d’avril , par exemple, contenaient du sucre \ raisin, tandis que le suc extrait du tronc et des branches du même I i buste, et à la même époque, renfermait du sucre de canne ou d’amij in; d’où il semble résulter qué la végétation du bourgeon a le pouvoir j changer ces sucres l’un dans l’autre. Plus lard, dans les premiers iiirs de mai, les mêmes bourgeons ayant déjà développé des organes il lacés, qui décomposent l’acide carbonique de l’air en s’emparant de i!i carbone, ne contiennent plus que du sucre de fécule. Les jeunes urgeons de sycomore renferment du sucre de fécule, tandis que la l 'e est très-riche en sucre de canne. Plus tard, lorsque les bourgeons :)t changés en feuilles bien développées, on trouve dans celles-ci du re qui n’est pas du sucre de canne, et une matière gommeuse. Le nbium du sycomore contenait du sucre de canne, différent par coni uent de celui qui existait dans les feuilles, et un autre principe dont iiiature n’a pas été indiquée.
ii° Les liges et les organes foliacés des jeunes pousses de seigle dont ■épis étaient déjà développés, mais encore loin de la floraison, et par l iséquent avant la fécondation (3 mai 1833), ont fourni un mélange t sucre de raisin, de sucre de canne et de gomme. Douze jours après,
^ U’opoiTion de sucre de canne était plus considérable; mais les épis, l .minés le même jour, ne contenaient que du swcre d’amidon. Ici l' 1 peut se demander si les épis dont je parle renferment du sucre jj Tiidon tout formé, ou bien si l’amidon qu’ils contiennent dans les I bules de leurs ovaires ne serait pas changé en sucre d’amidon par t lion d’une matière analogue à la diastase (voy. Diastase et Amidon), i ” Après la fécondation au 15 juin, les jeunes grains de seigle of-
592 DEUXIÈME l'AKTlE.
fraient de la fécule granuleuse parfaitement formée et du sucre de fécule, sans la moindre trace de sucre de canne, ni de sucre de raisin, ni de gomme. Ces deux sucres et la gomme que j’ai dit exister dans les liges et les organes foliacés du seigle encore jeune ont donc changé de nature en traversant le collet des épis, et ont servi de matériaux à la jeune graine , qui les a transformés en fécule et en plusieurs autres produits dont le périsperme est composé.
5° Les tiges des jeunes pousses du blé dont l’épi n’était pas encore sorti contenaient du sucre de raisin, du sucre de canne, et de la gomme (20 mai). Le 4 juin, les épis étaient sortis delà tige et fleuris; le sucre de canne était moins abondant et avait passé dans les é[)is , il y avait encore de la gomme. A cette même époque, les feuilles contenaient, au contraire, beaucoup plus de sucre de canne que de sucre de laisin, et de la dextrine, au lieu de gomme. Lorsqu’après la fécondation les feuilles ont jauni, on n’y trouve plus que des traces presque insensibles des principes sucrés et d’amidon ; d’où il semble résulter qu’à l’époque dont il s’agit, les principes carbonisés passent dans la tige et servent à 1 alimenter; de même que les principes analogues élaborés par les feuille!: des arbres exogènes redescendent sous l’écorce corticale vivante ei dans les premières couches externes de l’aubier, pour nourrir le jeum cylindre de bois et d’écorce qui , semblable à une tige creuse, se forni( annuellement et se moule sur l’ancien squelette de bois.
6“ Après la fécondation , les épis de blé contiennent beaucoup de sucn de fécule et de canne, et une matière analogue à l’amidon. Voici ce qu arrive : la base de la tige, très-riche en sucre, fournit au sommet h suc qu’elle renferme, suc qui est promptement enlevé pra- les épis. / mesure que ces épis fécondés grossissent, les feuilles les plus basse: commencent à jaunir et à se dessécher en transmettant leurs produit carbonisés à la tige. La base de celle-ci se dessèche aussi et jaunit a soi tour, tandis que la partie supérieure , encore verte , continue de nourri l’épi; ainsi, quand le dessèchement du bas de la tige est arrivé, si oi coupe la céréale , quoique le grain ne soit pas mùi cncoie , il ac i ve se nourrir et de mûrir aux dépens de la tige. On lient donc, dès qi'® liges sont sèches, rentrer le grain précisément an point de sa matin ih [Journ. de chim. médic. ^ juin , juillet et août 1838. )
Dès l’année 1831, M. Coiiverchel avait publié, sur la matiirahoi des fruits, des expériences qui l’avaient conduit à admettre que, p*^”! dant la première période de leur développement (voy. p. 587), la sévi est probablement acidifiée dans son passage des jeunes branches à l o vaire, par suite de la décomposition de l’eau et de la fixation de 1 o»l