‹ Éléments de chimieChapitre 307 sur 378 · DE LA FIBRINE · texte numérisé non relu

DE LA FIBRINE

près comme la précédente, lorsqu’on la traite par l’acide sulfuri(|ue concentré; toutefois, au bout de 72 heures, si on ajoute de l’eau froide, la matière perd sa forme gélatineuse, et les fibres reparaissent très-visiblement.

Si on fait bouillir pendant plusieurs heures la fibrine que l’on a traitée par l’acide sulfurique concentré, et que l’on ajoute de l’eau, il se produit de la leucine (voy. p. 650), une matière extractiforme rougeâtre, d’un goiU légèrement amer de viande fortement rissolée, soluble dans l’alcool, et une autre matière extractiforme animalisée, d’un brun jaunâtre , insoluble dans l’alcool (Braconnot), Chauffée avec de l’acide sulfurique, de l’eau et du bioxyde de manganèse, elle donne les mêmes produits que le gluten (voy. p. 539) , et en outre de l’aldéhyde butyrique et de l’acide caproïque.

azotique un peu affaibli, celui dont la densité est de 1,25, colore de suite la fibrine en jaune; il se produit une assez grande quantité de gaz azote , de la graisse , et la liqueur acquiert une couleur jaune. Au bout de vingt-quatre heures de contact , la fibrine se trouve transformée en une masse pulvérulente , d’un jaune-citron pâle , qui ! parait devoir être regardée, d’après Berzelius, comme un composé de fibrine altérée , de graisse, d’acide malique, et d’acide azotique ou azoiteux. Lavée à grande eau, cette masse devient orangée, perd une porition d’acide, et constitue V acide jaune ou xanthoprotéique , découvert i par Fourcroy et Vauquelin, en traitant la chair musculaire, par l’acide azotique. Ainsi lavée, si on la fait bouillir avec de l’alcool, on ne dissout que de la graisse; le résidu, traité par du carbonate de chaux, donne du malale, de l’azolate et de l’azotite de chaux solubles.

L’acide acétique concentré transforme la fibrine en une masse géla- 'lineuse, qui se dissout dans l’eau' chaude, avec dégagement de gaz azote.

• Ce solutum incolore est précipité par les acides sulfurique, azoti(iue et 'Chlorhydrique, qui se combinent avec la matière animale et donnent 'des produits acides, insolubles dans l’eau ; la potasse, la soude, l’ammo- I Iliaque et le cyanure jaune de potassium et de fer, le précipitent égak- 'menl; mais le dépôt se redissout dans un excès d’alcali : évaporé, il

• fournit un résidu transparent, rougissant Vinfusum de tournesol, insoluble dans l’eau, soluble dans l’acide acétique.

La potasse et la soude caustiques dissolvent assez rapidement la fibi inc du sanq à froid ; à la vérité, môme au bout de trois jours , il reste environ nu dixième de matière floconneuse non dissoute. La fibrine de la chair musculaire épuisée, par Veau froide, semble ne passe dissoudre dans ces alcalis ; car, au bout de soixante-douze heures, elle est en

apparence aussi abondante qu’avant l’opération, et d’une couleur fauve; toutefois la liqueur précipite abondamment par les acides, ce qui prouve qu’il y a eu de la matière dissoute. La même fibrine, épuisée par Veau bouillante, se comporte à peu près de même avec les alcalis, si ce n’est que la matière est encore plus gonflée et plus altérée. L’ammoniaque caustique agit à peine sur la fibrine de la chair musculaire épuisée par l’eau froide ou bouillante , car au bout de soixante-douze heures la liqueur louchit à peine lorsqu’on y verse de l’acide azotique. D’après les expériences de Mulder, lorsqu’on met de la fibrine dans une lessive de potasse moyennement concentrée , et qu’on soumet le tout pendant quelque temps i\ l’action d’une température élevée, elle se change en protéine , que l’acide acétique précipite sous forme de flocons diaphanes et gélatineux.

Si on élève fortement la température des mélanges de fibrine et de potasse ou de soude, il y a décomposition et formation des produits iiidiciués à la page 635.

Le bioxyde d’hydrogène est instantanément décomposé par la fibrine, sans qu’il y ait fixation d’oxygène sur cette dernière, ce qui la distingue ti ès-bien de l’albumine coagulée.

Les sels neutres alcalins , tels que le chlorure de baryum , l’azotate de potasse, le sulfate de potasse, le sulfate de soude , les chlorures de potassium et de sodium , etc., en dissolution concentrée , mis en digestion avec de la fibrine fraîche coupée en menus morceaux , la dissolvent en général au bout de quarante-huit ou cinquante heures ; le liquide , qui peut alors être filtré au papier, quoique coagulable par la chaleur, ne possède pas comme on l’a dit tous les caractères de l’albumine, puis- (pi’il précipite par l’acide acétique. ,

Lorsqu’on met de la fibrine dans une dissolution aqueuse de bichlorure de mercure (sublimé corrosif), ce sel est décomposé; on remarque qu’il se forme sur-le-champ un précipité blanc de protochlorure de mercure (calomélas), qui se combine en partie et intimement avec la matière animale; la liqueur rougit le sirop de violettes, au lieu de le verdir, et contient de l’acide chlorhydrique libre ; l’hydrogène dune portion de fibrine s’empare probablement d’un équivalent de chlore du bichlorure, qui se trouve ramené à l’état de protochlorure, tandis que le chlore et l’hydrogène donnent naissance à de l’acide chlorhydrique qui reste dans la liqueur.

L’azotate de mercure, dont j’ai parlé à la page 627 (voy. Protéine)^ rougit en ((uel(|ues minutes la fibrine sèche; au bout de trois ou quatre heures , celle-ci est d’un brun tellement foncé qu’elle parait noire.

Page 1