ÜES PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA DIGESTION
\ précipiler ces flocons blancs , qui , s’ils étaient absorbés , produiraient in trouble dans l’économie animale^ et à céder de l’acide cholé'fque ju’on ne trouve pas dans les excréniertts? Ne se pourrait-il pas aussi (u’en agissant sur les matières albuminoïdes dissoutes dans le suc gasrique, elle les transformât en une matière comme albumineuse, coagulable par la chaleur, et non coagulable par les acides, qui ferait partie ilii chyle ?
hQ suc pancréatique émulsionne les’matières grasses, qui sontensuite bsorbées et font partie du chyle; cette action a lieu dans le duodénum. Quant aux sucs intestinaux, ils transforment, conjointement avec î suc pancréatique, en glucose, les matières amidonnées qui , n’ayant las subi d’altération dans l’estomac , avaient traversé le pylore pour '.asser dans le duodénum.
Par suile de ces transformations, il s’est formé un liquide qui a reçu 'J nom de chyle, qui est absorbé par des vaisseaux dits chylifères, et i*ersé dans le sang de la veine sous-clavière gauche.
Chijle. — On croyait, il y a encore peu d’années, que le chyle con- ‘‘liait tous les principes nutritifs des aliments qui avaient été pris; on lit aujourd’hui qu’il n’en est rien; en effet, le chyle ne renferme que s matières grasses émulsionnées par le suc pancréatique^ et une auti'e atière semblable à la lymphe, ainsi que le démontre l’observation icroscopique.
Dans ces derniers temps , M. Bernard a fait voir que les vaisseaux chyfères ou lactés ne contiennent un liquide blanc laiteux, qu’à la condilon qu’ils ont absorbé des matières grasses dans l’intestin ; de sorle le le chyle limpide et transparent est un chyle dépourvu de matière ! ‘asse, tandis que le chyle blanc laiteux homogène est un chyle chargé [ î graisse; cela étant établi , il est très-facile de démontrer que c’est le ne pancréatique qui émulsionne et modifie dans l’intestin la matière ■asse, et la rend absorbable par les chylifères (voy. p. 697).
'Quant aux matières azotées, à celles que l’on range parmi les 'ibslances amylacées et sucrées, elles sont directement portées, pres- >ie en totalité, dans le sang par l’intermédiaire des veines mésentéques, etc,
' Caractères microscopiques, physiques et chimiques du chyle. A l’aide I niicroscope, on aperçoit dans le chyle deux sortes de globules.— lobules yraisseùœ. Ils sont sous forme de gouttelettes plates et de petits obnles arrondis ou un peu irréguliers, diaphanes, â bords obscurs, de >lumes très-divers.— Globules particuliers. Ils sont grenus, arrondis ,
peu réguliers , et semblables à ceux de la lymphe ; ils sont d’autant plus abondants, qu’il y a moins de globules graisseux; il y en a davantage quand le chyle a passé à travers les ganglions mésentériques. On comprend difficilement comment, après les résultats de cette observatior microscopique, et après tant d’analyses chimiques faites sur le chyle, on ait pu dire que les matières grasses seules sont absorbées par le! vaisseaux chylifères.
Le chyle, pris chez un animal en pleine digestion, est limpide ou laiteux, et toujours alcalin ; il est difficilement coagulable par l’action di l’air, s’il n’a pas encore traversé les ganglions mésentériques; le coagU' lum est mou, contient peu de fibrine, et n’acquiert pas une couleu rosée. Si , au contraire, il a été recueilli dans le canal thoracique, il si divise en deux parties, comme le sang, par l’action de l’air; l’une es liquide comme le sérum, l’antre solide comme le caillot; il prend ei outre une teinte rosée; s’il était laiteux, on aperçoit à la surface di sérum une couche graisseuse. D’après Tiedemann et Gmelin , le chyl du cheval est celui qui se coagule le plus facilement; 100 parties don lient de 1,06 à 5,65 de caillot frais, et de 0,19 à 1,75 de caillot sec. L chyle de brebis est le moins coagulable de tous et ne fournit que 2,5 à 4,75 de caillot frais, et 0,24 à 0,82 de caillot sec. Le chyle du cana thoracique des animaux fortement nourris donne moins de caillot qu le même chyle pris chez les mêmes animaux à Jeun; il y a aussi cha ces derniers plus d’albumine, de ptyaline et de graisse, mais moin d’osmazome que chez les autres. Après l’usage du beurre, on a trouv le cliyle fort riche en graisse, tandis que les animaux auxquels on av<^ fait avaler de ramfdon fournissaient un chyle contenant du sucre. i
Voici les résultats des travaux tentés par Vauquelin, Marcel, Enj mertet Reuss, Leuret et Lassaigne, Macaire, Yvart, etc. Ges résultatj quoique inexacts sous certains rapports, ne méritent pas moins dctji
connus. jj
Vauquelin a trouvé dans le chyle du cheval de la fibrine, ou d moins une matière albumineuse, ayant beaucoup d’analogie avec la | brine, une substance grasse , qui donne au chyle l’apparence du laij de la potasse, du chlorure de potassium, du phosphate de fer et ^ phosphate de chaux. D’après ce chimiste, la composition du chyle v rie suivant qu’il est pris dans telle ou dans telle autre partie: ainsi matière fibreuse est d’autant plus parfaite, que le chyle est plus pt) de son mélange avec le sang. Dupuytren avait déjà obtenu des résulta analogues en analysant le chyle du chien.