DES PHÉNOMÈNES CHIMIQUES DE LA DIGESTION
Marcel a publié, en 1815, un Iravail sur le chyle retiré du canal thoracique des chiens, qu’il avait soumis préalablement à un régime purement végétal ou à un régime animal. Voici les résultats qu’il a obtenus : je désignerai ces deux espèces de chyle sous les noms de chyle végétal et de chyle animal.
Chyle végétal. — Il est liquide et j)resque toujours transparent, à peu près comme le sérum ordinaire; il est inodore, insipide, et plus pesant que l’eau. Abandonné à lui-méme, il se coagule à la manière du sang: ie coagulum est presque inodore, et ressemble à une huître; sa surface ne se recouvre pas d’une matière onctueuse, analogue à la crème; le poids spécifique de la portion séreuse paraît être 1021 à 1022.. Distillé, il fournit un liquide contenant du carbonate d’ammoniaque et une huile fixe pesante, et il reste beaucoup de charbon dans lequel on trouve des «sels et du fer. Il peut être conservé pendant plusieurs semaines sans se iputréfier.
Chyle animal. -—l\ est toujours laiteux, inodore, insipide, plus pesant 'i]ue l’eau ; il se coagule comme le précédent; le coagulum est opaque et n une teinte rosée; il est surnagé par une matière onctueuse semblable a t de la crème. Le sérum pèse autant que celui du chyle végétal. Distillé, il ülonne beaucoup plus de carbonate d’ammoniaque et d’huile, mais il l'ournil trois fois moins de charbon : ce produit renferme, comme celui llu précédent, des sels et du fer. Le chyle animal se décompose au bout i le trois ou quatre jours, et la putréfaction a plutôt lieu dans le coaguum que dans la partie séreuse. Suivant Marcel, l’élément principal de a matière animale de ces deux espèces de chyle est l’albumine; ils ne '•enferment point de gélatine. Mille parties fournissent de 50 à 90 paries de substances solides, dans lesquelles il y a environ 9 parties de = els.
Voici maintenant les observations faites par Vauquelin sur le chyle de I heval. Le sérum, semblable à celui du sang, est formé d’albumine, et ! ient en suspension un corps gras, soluble dans l’alcool et insoluble dans i^es alcalis. Il est coagulé par l’alcool, par les acides et par la chaleur;
coagulum obtenu par la chaleur est composé de matière grasse et ï’albumine. Lorsqu’on le traite par la potasse, l’albumine seule est dissoute : le contraire a lieu quand on le fait bouillir avec l’alcool, qui ne ‘ issout que la matière grasse.
1 Le coagulum, qui se forme en abandonnant le chyle à lui-même, est composé, d’après ce savant chimiste, de sérum, de fibrine et de matière j lasse. On peut enlever le sérum au moyen de l’eau , et séparer la ma-
lière grasse par l’alcool bouillant; la matière fibreuse qui reste ne peut pas être regardée comme de la fibrine pure, car elle n’en a ni la contexture, ni la force, ni l’élasticilé ; elle est plus promptement et plus complètement dissopte par la potasse caustique : on peut la considérer en quelque sorte comme de ralbumine qui commence à prendre le caractère de la fibrine. Il résulte du travail de Vauquelin que l’on pourrait regarder, jusqu’à un certain point, le chyle de cheval comme du sang, moins de la matière colorante, plus de la graisse.
Emmert et Reuss , en analysant le chyle des vaisseaux lactés d’un cheval, rendu impotent par l’éparvin , y ont trouvé de la soude, de la gélatine , de ralbumine , de la fibrine , des chlorures de sodium et d’ammoniaque , du phosphate de chaux et beaucoup d’eau. Suivant Eramert , le chyle extrait du réservoir de Pecquet et du canal thoracique des chevaux contient de l’eau , une matière albumineuse analogue à la fibrine, de la soude caustique, de la gélatine, du soufre et plusieurs sels •, il pense <iue l’on ne trouve de l’huile ou de la matière grasse que dans celui qui provient des gros vaisseaux lactés. Le chyle de la parliè supérieure des intestins grêles a fourni à cet auteur de la gélatine et du fer très-oxydé; il était acide, fortement coloré par la bile et ne renferi niait pas d’albumine. Celui qui se trouvait dans la partie inférieure de^ intestins grêles n’était pas acide, et contenait du fer peu oxydé, de la gélatine, une substance albumineuse, non coagulable par la chaleur, du soufre et de la bile. Simon a analysé le chyle de trois chevaux nourris: le premier avec des pois, et les deux autres avec de l’avoine, et il 3 trouvé qu’ils étaient formés de
Puis.
Avoine.
Eau
Graisse
Albumine •
Fibrine
Hématosine
traces.
Matières extraciives et plyaline.
Chlorhydrate et lactate de soude
avec traces de sels de chaux. .
Sulfate et phosphate de chaux
avec traces d’oxyde de fer. . .
Suivant MM. Leuret et Lassaigne, le chyle, quel que soit l’animal dort il a été extrait, et ['espèce d'aliment qui l’a fourni, est formé de fibriiHfi d’albumine, de graisse, de soude, de chlorure de sodium et de phofi'