DES PHÉNOMÈNES CHIMIOÜF.S DE LA DIGESTION
pliale de chaux, en proportions variables. La fibrine est loin d’être en rapport avec la quantité d’azote contenue dans les aliments, puisque le chyle fourni par le sucre et la gomme , matières non azotées , contient autant et même plus de fibrine que tel autre fourni par un régime azoté. '^Voy. le tableau placé à la fin de l’ouvrage, qui a pour titre : Recherches physiques et chimiques pour servir à l’histoire de la digestion.)
Macaire et Marcet établissent, dans un travail publié en 1832 (voy. Annales de chimie et dephys., décembre) , 1® que le chyle des marnlaiifères herbivores et celui des carnassiers sont identiques, pour les proportions d’oxygène, d’hydrogène, de carbone et d’azote, quoique les : lerbivores sur lesquels ils avaient expérimenté eussent été exclusivement :iourris d’herbes, et les carnivores de substances animales; 2° que les ixcréments des carnassiers contiennent plus d’azote que ceux des herbivores ; 3“ que Vazote contenu dans le chyle des herbivores provient 1 les végétaux avec lesquels ils ont été nourris, qui en contiennent effeciivement; 4° qu’à la vérité ces végétaux renfermant moins d’azote que -^es aliments tirés du règne animal , il en faut une plus grande quantité Mour nourrir, et que les organes digestifs sont obligés de faire de plus ;;rands efforts pour extraire la presque totalité de l’azote qu’ils coniiennent; 5° que cela explique pourquoi les excréments provenant des l'égélaiix renferment beaucoup moins d’azote que ceux qui sont i)roduits K>ar des substances animales; 6“ que l’acte de la respiration introduit Mans l’économie animale une certaine quantité d’azote; 7° qu’il n’est Mas encore prouvé que l’azofe puisse ou non être créé par l’action vitale ans le canal digestif; 8° qu’il est impossible de nourrir des carnassiers I U des herbivores avec des aliments privés d’azote.
Rees a trouvé dans le chyle du canal thoracique d’un homme qui avait Mé submergé une heure et demie auparavant : eau, 90,48; albumine •vec traces de fibrine, 7,08; extrait aqueux, 0,56; extrait alcooli- I lie, 0,52; chlorure de potassium , carbonate , sulfate , et traces de phos- I hâte de potasse avec oxyde de fer, 0,44 ; matières grasses , 0,92 ; ces matières, à cela près qu’elles ne contenaient pas de phosphore, offraient is mêmes caractères que celles du sang; la cendre de l’extrait aqueux ^enfermait du fer, et celle de l’extrait alcoolique fournissait jiliis de »arbonate de soude que le sang.
MM. Lassaigne et Yvart ont entrepris une série d’expéi iences d(>s-
I uelles il résulte, 1° que lorsque la mort survient chez les animaux (|ui 'il été nourris d’aliments non azotés , le poids de ces animaux se trouve iminué d’un tiers environ ; 2" que pendant toute la durée de cette aliitinlalion, les fonctions respiratoires ne s’accomplissent j)lus comme
dans l’état normal , qu’il y a moins d’oxygène absorbé et moins d’acide carbonique dans l’air expiré ; 3“ que la température est également diminuée ; 4° que la proportion d’azote contenue dans l’air ne peut jamais suppléer à celle qui manque dans les substances alimentaires , et que tout l’azote qu’on trouve dans les tissus des animaux ou dans leurs liquides provient de celui qui fait partie constituante des aliments dont ils se nourrissent ( Journ. de chim. médic., août 1834 ).
DE» EXCRÉMEIVT» ET DE» GAZ DIJ CAIVAE DIGESTIF.
Matière fécale humaine. — Berzeliûs a retiré de 100 parties d’excréments de consistance moyenne, rendus après avoir mangé une grande quantité de pain grossier avec des aliments de nature animale, 75,3 d’eau , 0,9 de parties de la bile solubles dans l’eau , 0,9 d’albumine, 2,7 de matière extractive particulière, 1,2 de sels, 7,0 de matière insoluble ou résidu des aliments, 14,0 de matière déposée dans l’intestin , consistant en bile, en substance animale particulière et en résidu insoluble. Ils renferment toujours des butyrates alcalins. Les sels des excréments) sont formés, sur 17 parties, de 5 de carbonate de soude, de 4 de cblo-^ rure de sodium , de 2 de sulfate de soude, de 4 de phosphate de chaux 1 et de 2 de phosphate ammoniaco-magnésien ; il y a aussi des traces de soufre , de phosphore, d’acide silicique et de sulfate de chaux. M. Porteu a trouvé que 100 parties de cendres d’excréments solides contienneni G, 10 de potasse, 5,34 de soude, 26,46 de chaux, 10, .54 de magnésie, 2,.50 d’oxyde de fer, 36,03 d’acide phosphorique, 3,13 d’acide sulfurique, 5,07 d’acide carbonique, et 4,33 de chlorure de sodium. Suivant lui, en comparant les cendres des aliments à celles des excréments qu’ils avaient fournis , on obtiendra en moxyenne :