DES EXCRÉMENTS
est en couches de 16 à 20 mètres , que l’on exploite comme des mines d’ocre et de fer, et dont on se sert comme engrais ( Humboldt et Bonpland). Suivant Fourcroy et Vauquelin, il contient: acide urique en partie combiné avec l’ammoniaque et la chaux Vi ; acide oxalique en partie uni à la potasse et à l’ammoniaque, acide phosphorique combiné aux mêmes bases et à la chaux , des traces de sulfates de potasse et d’ammoniaque, de chlorure de potassium, et de chlorhydrate d’ammoniaque, un peu de matière grasse et du sable en partie quartzeux, en partie ferrugineux. D’après Klaproth, l’acide urique n’y serait pas aussi abondant. On trouve près d’Auxerre, et dans plusieurs grottes, des dépôts de fiente formés par des chauves-souris et entièrement semblables au guano. •
Excréments de foules. — On doit à Vauquelin un travail remarquable sur ces excréments. Il fit manger à une poule 483,838 grammes d’avoine qui contenaient:
Phosphate de chaux. . * . . . 5,944 Acide silicique. 9,182
La poule pondit quatre œufs , dont les coquilles contenaient du carbonate de chaux , du phosphate de chaux et du gluten ; elle rendit des ex- ' créments qui fournirent une cendre composée de carbonate et de phosphate de chaux et d’acide silicique. En comparant les matières avalées à celles qui furent rendues, on trouva que la poule rendit 1,115 grammes d’acide silicique de moins qu’elle n’en avait pris, tandis qu’elle fournit 7,139 de phosphate de chaux et 20,437 de carbonate de chaux ■de plus qu’il n’y en avait dans l’avoine: d’où proviennent ces sels?... I Ces expériences méritent d’être répétées, en ayant la précaution, comme l’indique le professeur Thénard, de nourrir la poule, pendant long- I temps, d’avoine, et de l’empêcher d’avaler autre chose.
Wollaston a retiré Vioo d’acide urique des excréments d’une oie qui ne mangeait que de l’herbe. Ceux d’un faisan nourri avec du millet lui ’ en ont fourni ‘/m* H a trouvé beaucoup d’urate de chaux dans les exeréments d’une poule qui se nourrissait de toute sorte de matières. Ceux ' 4e faucons, d’oiseaux aquatiques, de tourterelles, d’aigles, de vautours,
' de corbeaux, de grues, de rossignols, etc., contiennent aussi de l’acide urique. John a retiré des excréments de pigeons beaucoup d’acide uri-
■ que, de la résine verte, de la bile, de l’albumine, cl une grande quan-
■ filé de matière farineuse.
Excréments des serpents. — Vau(|uelin les a trouvés formés de pin-
nies peu altérées et d’os presque entièrement déiiouillés de gélatine et très-cassants. La matière désignée mal à propos sous le nom d’excrément de serpent est composée d’acide urique et d’une petite quantité d’ammoniaque, de potasse et de matière animale; comme chez les oiseaux , elle est évidemment le produit de l’urine.
Excréments de l’araignée ordinaire des jardins. — D’après MM. Will et Gorup Bezanez, ces excréments renferment de la guanine (voy. j). 667).
Gazdxi canal digestif. Ges gaz, qui paraissent provenir de la réaction qu exercent les unes sur les autres les matières contenues dans ce canal , .sont l’azote et l’acide carbonique en forte proportion, l’hydrogène, l’oxygène, le protocarbure d’hydrogène gazeux, et une petite quantité d’acide sulfhydrique. Il ne faut pas croire que ces divers gaz existent chez tous les individus.
DES /%E1IMEI%TS.
Je rattache à l’article digestion un certain nombre de questions chimiques, relatives aux aliments, afin de compléter tout ce qui se rapporte à ce sujet.
Première question. — Les éléments des corps des animaux proviennentils en totalité des aliments? Si l’on en excepte l’oxygène et une certaine quantité d’eau qui sont introduits dans le corps des animaux soit par la respiration, soit par l’absorption cutanée, tous les éléments, tels que l’azote, le carbone, l’hydrogène, l’oxygène, etc., sont fournis par les aliments.
Deuxième question. — Faut -il ^ pour entretenir la vie , que les aliments soient àla fois azotés et non azotés? II est reconnu que les aliments non azotés, seuls, ne peuvent entretenir la vie; en examinant séparément l’action d’une alimentation exclusivement sucrée , huileuse, butyreuse ou gommeuse, et par conséquent non azotée, M. Magendie a conclu que les animaux ne pouvaient pas vivre; cette conclusion, ainsi que je l’ai déjà dit à la page 45, n’était aucunement justifiée, puisqu’il a été démontré depuis qu’une alimentation azotée conduisait aux mêmes résultats, lorsqu’elle était exclusivement gélatineuse, fibrineuse ou albumineuse ; certes, si M. Magendie, au lieu de tant se hâter, eût cherché à nourrir des chiens rien (|u’avec de la gélatine, de la fibrine ou f de l’albumine, il eut obtenu les mêmes résultats, et il aurait reconnu | l’insuffisance de son travail. Que conclure de ces faits, si ce n’est qu’il i est impossible d’entretenir la vie en donnant aux animaux un principe ■ immédiat seul, azoté ou non? lit ({ue l’on n’objecte pas que le gluten, donné i