DES ALIMENTS
eul, nourrit, car le gluten est un produit immédiat dans lequel on rouve au moins trois principes immédiats , la glutine, la caséine végéale et la fibrine animale (voy. p. 538).
Cela étant, demandons-nous si dans l’alimentation ordinaire, loi'Su’on prend à la fois de la chair musculaire, du pain, des matières féulentes sucrées, et d’autres qui ne contiennent point d’azote, les maères non azotées ne nourrissent point. Ce serait commettre une erreur rave que de le penser : en effet , Liebig a divisé les aliments en aliments lastiques et en ï*espirotoires ; les premiers s’incorporent aux parties ivantes, aux tissus de l’économie animale et nourrissent; tels sont les latières azotées fibrineuses, caséeuses, albumineuses, la chair musulaire, le sang, etc. ; j’adopterai volontiers, quoique cela ne soit pas ncore prouvé, que les matières non azotées n’agissent pas de même, iu’elles ne puissent pas être considérées comme plastiques, et qu’elles !'C servent pas à la nutrition , parce qu’elles ne s’incorporent pas aux sarties vivantes ; mais du moins faudra-t-il admettre qu’elles alimen- :'nt, en leur qualité d’aliments respiratoires ; ainsi la graisse, Vamidon Il gomme, les sucres, les gelées végétales , etc. , sont soumis , dans les npillaires, à l’action de l’oxygène introduit par la respiration, et là ils 31'urnissent leur carbone et leur hydrogène comme aliments ; d’où luit qu’ils nourrissent. Il résulte évidemment de ce qui précède, qu’il ut, pour être nourri, le concours des aliments azotés et des aliments on azotés. On m’objectera sans doute que des animaux ont été nourris reclus ivement avec des produits immédiats azotés, sans le concours de Matières non azotées; ainsi on a vu des animaux vivre très-bien en ne rrenant que de la viande, des os de la tête de bœuf ou de mouton , etc. ; nais on oublie que ces aliments contiennent de la graisse (matière non t cotée); si l’on dit que le pain , le riz, et diverses autres graines de fouriiges, ont servi seuls à l’alimentation, je répondrai aussi que tous ces I iments contiennent des principes immédiats non azotés.
Troisième question. — Les matières azotées neutres, telles que l’al- ■ mine, la fibrine, la caséine, etc., ainsi que la graisse que l’on trouve '•ans les animaux , sont- elles extraites des plantes ou des animaux qui ■rvent de nourriture , ou bien se forment-elles par l’acte de la digeson? M. Dumas a annoncé que l’animal ne crée point de matière orgaique , qu’il ne fait que se l’assimiler pour l’entretien de la chaleur ani- >ale , et que la digestion n’est ((u’une simple fonction d’absorption, dans 'quelle il ne faut plus chercher d’actions mystérieuses: ainsi les maires solubles [lassent dans le sang , inaltérées pour la plupart ; les ma-
714 DEUXlÈMIi PARTIE,
lières insolubles arrivent dans le chyle, assez divisées pour être aspirées par les orifices des vaisseaux chylifères. « L’animal , dit M. Dumas, reçoit et s’assimile presque intactes des matières azotées neutres, qu’il trouve toutes formées dans les animaux ou les plantes dont il se nourrit ; il reçoit des matières grasses qui proviennent des mômes sources; il reçoit des matières amylacées ou sucrées qui sont dans le même cas. » D’où il suit que tous ces tissus animaux si divers, tous ces organes qui, à chaque instant de la vie, se renouvellent, toutes ces substances si variées que sécrète l’économie animale, ne seraient que le résultat d’une assimilation mécanique de ces mêmes corps primitivement formés pai les végétaux. Ces idées ont soulevé plus d’une objection sérieuse, surtout de la part de M. Liebig, qui pense, au contraire, que l’économie animale crée et s’assimile tous les produits dont elle a besoin; que la graisse, par exemple, résulte, non d’une appropriation pure et simple de ce produit , qui serait formé par les végétaux ou par les animaux, mais qu’elle résulte d’une modification de la fécule ou des matières amylacées.
Pour ce qui concerne la graisse , les expériences de Liebig et celles d« lUM. Boussingault et Persoz, prouvent évidemment que la théorie di M. Dumas n’est pas acceptable ; en effet, que l’on élève au régime de la porcherie ou que l’on engraisse des porcs , ceux-ci contiendront plu de graisse qu’ils n’en ont reçu avec les aliments (Boussingault et Persoz) que l’on nourrisse des vaches avec du foin, et l’on verra, comme l’i constaté Liebig, que ces animaux renferment plus de graisse que n’ei contenait le foin. Faudrait-il conclure de ces faits que les animaux n< prennent pas dans les aliments la totalité ou une partie de la graissj qu’ils renferment? Non certes, mais on ne saurait leur dénier la fai culté d’en produire de toutes pièces ;*il doit en être évidemment djf môme de l’albumine, de la fibrine et de la caséine, que contiennent diii verses substances alimentaires végétales ou animales.
DU SAMG.
Quelque nombreux que soient les travaux analytiques qui ont él faits sur le sang, on est encore loin de connaître sa véritable compd sition ; tous les jours, on en retire quelques principes immédiats non veaux, et l’on reconnaît aussi <|ue plusieurs de ceux (|uc l’on avait d^ y exister ne s’y trouvent pas, ou bien n’avaient pas été obtetius pur» Voici, dans l’état actuel de la science, les matières qui paraissei'l
DU SANG
constituer le sang veineux chez l’homme, à l’état normal M. Lecanu.
Oxygène , azote et acide carbonique libres . . Matière grasse phosphorée et cholestérine. . •
•Séroline
Acides oléique et margarique libres
Chlorures de potassium et de sodium
Chlorhydrate d’ammoniaque . )
dulfate de potasse
Carbonates dechaux, de soude et de magnésie.
.Lactate de soude
•Sels à acides gras fixes et volatils .......
Matière colorante jaune . /
itlbumirie du sérum
îaii
fibrine
Hématosine.
tklbumine des globules
/ Sérum. .
2,2700 Caillot. .
d’après
Les globules contiennent :
Hématosine 2,2700
Albumine des globules 125,6273
L’hématosine seule contient le fer qui existe dans le sang. Je ne lasserai pas sous silence quelques autres faits relatifs à l’analyse du ang humain: ainsi de Haen et depuis Deyeux y admettaient de la gé- .latine qui n’y existe pas. Deyeux et Parmentier avaient cru y reconlailre aussi une matière à laquelle ils donnèrent le nom de tomelline, t qui ne s’y trouve pas davantage. Proust annonça, en 1800, que le ang renfermait de l’ammoniaque, du soufre à l’état de sulfhydrate, et :e l’acide benzoïque combiné avec la soude; il dit aussi y avoir trouvé •'e la bile : la présence de ces différents corps n’a pas été confirmée •ar les expériences ultérieures, si ce n’est toutefois celle du soufre, qui Mire comme partie constituante de l’albumine du sang. Traill indiqua, en "utre, dans le sang humain, 4,5 pour 100 d’une huile. En 18.30, Berzelius ilit avoir retiré du san,g de l’acide butyrique; je ferai remarquer, avant l’aller plus loin, qu’il existe dans le sang un grand nombre de ceux des principes Immédiats animaux ou salins qui constituent une grar.de •arlie de ces animaux, et l’un des produits excrémentitiels les plus im- I 'ortanls, l’urée.
716 DEUXIÈMK PAKTlIi.
Il était important , après avoir déterminé la composition du sang à l’état normal, de rechercher si ce fluide ne présenterait pas quelques différences chez des individus de sexe, d’àge et de tempérament différents: c’est ce qu’à fait M Lecanu, qui a soumis’ à l’analyse, dans ce but, le sang de dix hommes et d’autant de femmes; ces individus avaient été saignés à la suite de chutes ou de coups , et leur sang pouvait par conséquent être considéré comme étant à l’étàt normal. Voici les résultats de ce travail : 1® la proportion de sérum varie dans le sang d’individus de sexe et d’àge différents, ainsi que dans celui d’individus du môme sexe, mais d’âge différent; elle est plus grande dans le sang de femme que dans celui de l’homme, et plus aussi dans le sang d’individus lymphatiques que dans le sang d’individus sanguins du même sexe : on ne remarque aucune relation entre la quantité de sérum et l’àge des individus du même sexe, du moins dans les limites de 20 à 60 ans; 2° la proportion d’albumine, de fibrine et d’hématosine, varie également: ainsi elle est moindre dans le sang de femme que dans celui d’homme, et aussi dans celui des personnes lymphatiques, comparativement à celui des individus sanguins du même sexe. Il n’existe: aucun rapport entre les quantités des matières nutritives dont je parle,, et l’âge des individus de même sexe, du moins dans les limites de 201 à 60 ans.
Composition moyenne du sang veineux chez Vhomme et chez la femme.
Hommes.
Femmes.
Eau
Globules
Albumine
Fibrine
Matières extractives et sels
Séroline. .
Matière grasse phosphorée ....
Cholestérine
Cent parties de ce sang contiennent :
Clilorure de sodium
Sels solubles
Phosphates
Fer
DU SANG. 7 il
De son côlé, M. le docteur Denis de Corn mer cy, en examinant le sang •chez le fœtus, chez l’enfant et chez l’homme, à différents âges, était arrivé ■ k des résultats qui ne concordent pas en tous points avec ceux de M. Le- ,:anu. Le sang de fœtus offre la même composition que le sang du placenta, -.equel a fourni; 1° Eau 70,1 5, fibrine 0,20 , albumine 5, globules 22,40, tiels, matières extractives, etc. , 2,25. 2° La proportion d’eau augmente et celle des globules diminue chez l’enfant, depuis l’âge de 2 semaines I usqu’à 5 mois ; l’inverse a lieu de 5 mois à 40 ans, tandis que de 40 à itO ans , les proportions respectives d’eau et de globules sont comme dans id premier âge de la vie. Il est à remarquer que la quantité d’albumine '•este â peu près la même.
Voici en outre les résultats de près de quatre cents analyses publiées .)ar MM. Andral et Gavarret, en 1840 , sur les modifications que diverses iîirconstances impriment aux proportions de quelques principes du sang.
" Ils ont reconnu que, dans l’état physiologique, le sang veineux contenait en poids, sur 1000:
Fibrine • • • 3
Globules 127
Matériaux solides du sérum tO
Eau 790
2° Que les globules sont en plus forte proportion chez l’homme que liez la femme; S” que celle proportion de globules est en rapport diect avec la force de la constitution du sujet ; 4® que les globules sont m petite quantité chez les individus à tempérament nerveux Irès-
I rononcé ; 5° que sous l’influence de toutes les causes débilitantes, des '■émorrhagies, de la diète, d’une alimentation insuffisante , et pendant
II durée de toutes les affections organiques, la proportion des globules I iminue quelquefois dans un rapport excessif; 6" que la proportion
’eau augmente à mesure que celle des globules diminue, elvice versa. Si l’on compare la composition du sang veineux, pris dans différents aisseaux, à celle du sang artériel, on trouve, d’après Simon, pour le 'ang de cheval {Animal chemistry, 1845), d’après Hering, pour celui e bœuf, et d’après Denis, pour celui de chien :
DKUXIÊME PARTIE
SANG DU CHRVAt.
Sang de la carotide.
Sang de la jugulaire.
Eau
Résidus solides
Fibrine
Graisse
Albumine
Globuline
Héinatosine
Matières extractives et sels. . .