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DES PHÉNOMÈNES CEIIiMIQlÆS DE LA RESPIRATION.
DES PDÉWOIIIÈIVES CDIMIQUES DE LA ItESPlRATlOlV.
J’ai déjà dit que le chyle produit par la digestion des aliments était .•ersé dans la veine sous-clavière gauche, et mêlé avec le sang veineux : i:elui-ci traverse les poumons, et se trouve converti en sang artériel )ar l’action de l’air atmosphérique. Quel rôle jouent l’air et le sang veileux dans celle transformation? — Air. L’air atmosphérique est le seul luide aériforme qui puisse servir à la respiration; les animaux périsent promptement dans tous les autres gaz, sans en excepter Voxxjgène •ur; celui-ci, en effet, produit une trop vive excitation qui finit par roubler l’économie animale. L’expérience prouve que quelques-uns de (les gaz n’exercenl aucune action délétère par eux-mémes, mais qu’ils lient les animaux, parce que leur action ne peut pas remplacer celle Je l’oxygène: tels sont l’azote, l’hydrogène, etc,; tandis qu’il existe des :az fortement délétères, agissant à la manière des poisons les plus éner- ;.;iques: tels sont l’acide sulfhydrique , le gaz arséniure Iriliydrique, •’ammoniac, etc. Voyons maintenant quelle est l’action de l’a^'r atmoiphérique dans la respiration: 1“ la proportion d’air expiré est sensii)lement égale à celle qui a été inspirée; T l’air expiré est mêlé avec i ine assez grande quantité de vapeur, qui constitue la transpiration pul- '\nonaire, dans laquelle, suivant M. Collard de Martigny, on trouve î >07 parties d’eau , 90 d’acide carbonique , et 3 de matière animale ; 3" il mnlient moins d’oxygène que l’air inspiré, et plus d’acide carbonique : uivanl MM. Dulong et Edwards, la quantité d’acide carbonique contenu lans l’air expiré est tantôt sensiblement égale à celle de l’oxygène qui s lisparatt, tantôt elle n’équivaut qu’à un tiers ou à la moitié de cet ox\- :;ène;on a appris depuis que le rapport entre la quantité d’oxygèue i'[ue l’on trouve dans l’acide carbonique expiré et l’oxygène consumé lendant l’expiration dépend suiToutJ de la nature des aliments; ainsi •orsque les animaux sont nourris de .pain ou de grains, ils exhalent me quantité d’acide carbonique qui renferme autant d’oxygène, et quelquefois plus, qu’il y en a eu d’absorbé pendant l’inspiration; évidemment, s’il y en a plus, il faut que l’excédent ait été fourni par les dimenls; quand les animaux sont nourris avec de la viande, constan.- ■nent, l’acide carbonique expiré renferme moins d’oxygène qu’il n’y en ‘ eu d’absorbé; dans ces cas, ce dernier étant représenté iiar 1 , celui lue contient l’acide carbonique expiré est de Ü,C7 ou de 0,74; je dirai •ienlôt que le sang absorbe, pendant l’inspiration, une certaine quanilé d’oxygène qui ne forme point d'acide carbonique dans les poumons,
ce qui rend raison de la différence que j’indique; 4° les animaux à sang chaud et à sang froid, s’ils sont nourris, exhalent pendant la respiration une petite quantité d’azote qui ne s’élève guère, pour les animaux à sang chaud, à plus de 7ioo de la totalité de l’oxygène absorbé pendant l’inspiration; si, au contraire, les animaux sont privés d’aliments, il y â absorption d’une très-petite proportion d’azote; on pourrait se demander si , pendant la respiration , il n’y aurait pas constamment à la fois exhalation et absorption d’azote, et si les phénomènes que je viens de signaler ne tiendraient pas à ce que l’expérience fait seulement connaître la résultante variable de leurs effets opposés. L’absorption , dit Edwards, ne sera appréciable qu’autant que la quantité d’azote absorbée sera plus grande que celle qui sera exhalée.
Sang veineux. Après avoir exposé les phénomènes chimiques que présente l’air par son contact avec le sang veineux dans les poumons, je devrais faire connaître les changements que celui-ci éprouve dans ses propriétés physiques et dans sa composition ; A cet égard , la science est loin d’étre fixée; on sait, pour ce qui concerne les propriétés ])hysiques, que le sang veineux devient d’un rouge vermeil en traversant les poumons, qu’il acquiert une odeur et une saveur plus fortes, quei sa température s’élève, etc.; mais quant à sa composition , les analyses! comparatives des deux sangs n’apprennent pas grand’chose; si la fibrinei et l’albumine sont moins abondantes dans le sang artériel du cheval! que dans le sang veineux , l’inverse a lieu chez le bœuf et chez la brebis ; si le sang veineux du cheval , du bœuf et de la brebis laisse une plus forte proportion de résidu solide que le sang artériel , ne voit-on pas ces deux sangs, chez le chien, renfermer la même proportion de matières solides? Et quel parti peut-on tirer des résultats évidemment erronés obtenus par Magnus, relativement A la proportion des gaz contenus dans le sang artériel et veineux du cheval ? D’après ce savant „i 100 volumes de sang artériel contiendraient plus d’acide carbonique,j d’oxygène et d’azote, que le sang veineux du même animal; d’ailleur^ n’est-il pas certain qu’il doit y avoir des différences notables dans l^ même sang artériel ou veineux d’un animal donné, suivant son âge, sa| constitution , l’état d’abstinence, etc. ? (Voy. Sang.) ■
Lavoisier pensait que l’oxygène absorbé dans l’acte de la respiration! se combinait avec le carbone et avec l’hydrogène du sang veineux, poiiil former de l’acide carbonique et de l’eau, qui consliluaient la transpi-! ration pulmonaire: le changement de couleur du sang était attrihuél dans cette hypothèse, A l’action d’une autre portion d’oxygène siif fer contenu dans le sang.