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DE l’urine. 759
Plus on examine attentivement les résultats des analyses de rurine faites par les savants les plus distingués, plus on est convaincu que leur différence doit être souvent attribuée à ce que le liquide n’est pas toujours le même: en effet, tout en supposant que l’urée et les sels qu’il renferme soient à peu près constants, combien la matière animale •iniuqueuse, gélatineuse, albumineuse, etc. , ne doit-elle pas varier suivant l’état de santé ou d’indisposition légère dans lequel se trouvent les ■ individus, et suivant une foule d’autres circonstances que les pliysio- 'îogistes saisiront facilement! 11 suflira de savoir que l’urine est un des ! fluides de l’économie animale les plus susceptibles d’être altérés dans .une multitude d’affections, comme je le ferai voir en l’examinant dans iles diverses maladies. Le travail de M. Lecanu vient justifier cette as- ^sertion, en même temps qu’il établit d’une manière assez précise la iconstitution normale de l’urine dans diverses circonstances. Voici les I résultats de cent vingt expériences qu’il a tentées sur seize sujets difféirents : 1° La quantité d’urine rendue par un individu est presque toiii jours la même pour une période de temps donnée, quelle que soit (d’ailleurs la quantité d’eau qui a été bue. 2° L’urée est sécrétée en quan- Itités égales, pendant des temps égaux, par un même individu. 3° Il en test de même pour l’acide urique. 4“ L’urée et l’acide urique sont sé- (crétés en quantités variables, pendant des temps égaux, par des individus différents. 5° Les quantités variables d’urée et d’acide urique que différents individus sains sécrètent pendant des temps égaux sont en ; rapport avec le sexe et l’âge de ces individus ; ces quantités sont plus ; grandes chez les hommes dans la force de l’âge , que chez les femmes légalement dans la force de l’âge; elles sont plus grandes chez ces der- ! nières que chez les vieillards et les enfants. 6° Les sels et les autres (éléments urinaires sont sécrétés en quantités variables par le même intdividu et par des individus différents, pendant des temps égaux.
On sait encore, 1° qu’une alimentation animale abondante augmente lia quantité d’acide urique, et que l’inverse a lieu si l’on fait usage td’aliments végétaux; 2“ qu’il y a plus d’urée chez les animaux â jeun et «chez ceux qui se nourrissent de viande, que chez les herbivores; on Urouve dans l’urine de ces derniers de l’acide hippurique; 3° que lors- ( qu’on enlève les reins aux animaux, l’urée est d’abord excrétée par les i intestins, sous forme de sels ammoniacaux; plus lard, lorsque la vie est sur le point de s’éteindre, on la retrouve dans le sang; 4“ qu’il ' n’existe i)as de carbonates dans l’urine des animaux â jeun ni dans celle ' des carnivores, qu’on en trouve dans l’urine alcaline, et qu’on peut les
faire disparaître par une alimentation azotée; 5" que l’iirine acide des carnivores renferme des phosphates acides qui disparaissent sous l’iiifluence d’un régime végétal.
L’urine de l’homme sain est Sofis forme d’un liquide transparent, dont la couleur varie depuis le jaune clair jusqu’à l’orangé foncé, d une saveur salée et un peu âcre, et d’une odeur particulière qui devient ammoniacale lorsqu’il se putréfie; il rougît Vinfusum de tournesol; son poids spécifique est un peu plus considérable que celui de l’eau. Ges divers caractères sont d’autant plus saillants que. l’urine est plus chargée.
Lorsqu’on la fait chauffer dans des vaisseaux fermés, on observe les phénomènes suivants : 1° L’urée et le mucus sont en partie décomposés , et donnent principalement naissance à du carbonate d’ammoniaque et à un peu d’huile empyreuraatique. 2° Les acides libres de l’urine sont transformés en sels ammoniacaux par une partie de ce carbonate , qui, étant assez abondant, change ce liquide acide en un liquide alcalin. 3" Le phosphate d’ammoniaque formé ne tarde pas à passer à l’état de phosphate ammoniaco de soude. 4° Le phosphate de chaux, le phosphate ammoniaco-magnésien, et le mucus non décomposé , qui étaient dissous à la faveur des acides libres, se précipitent; il en est de même de l’urate d’ammoniaque. 5° La présence de l’huile change la couleur de l’urine au point de la rendre d’un rouge brun foncé. 6° La majeure partie de l’eau qu’elle contient se volatilise, et vient se condenser dans le récipient avec une portion de carbonate d’ammoniaque. 7° Le phosphate ammoniaco de soude, les chlorures de sodium et d’ammoniaque , et les autres sels solubles de l’urine, ayant perdu l’eau qui les tenait en dissolution, cristallisent. 8° Enfin l’urée non décomposée a éprouvé un grand degré de concentration.
Abandonnée à elle-même , l’urine se refroidit, et dépose le plus souvent , au bout de quelques Iieures , une plus ou moins grande quantité d’acide urique jaunâtre ou rougeâtre, qui était tenu en dissolution dans le liquide chaud. Si on la laisse assez de temps à Vair, l’urée se décompose , donne lieu à de l’ammoniaque qui agit sur les éléments de l’iirine comme la chaleur, quoique beaucoup plus lentement; en sorte qu’il se forme d’abord un dépôt d’urate d’ammoniaque , de phosphate de chaux, et de phosphate ammoniaco-magnésien; quelque temps après, quand le liquide est presque entièrement évaporé, l’on obtient des cristaux formés par les sels solubles de l’urine. Si ce liquide est à l’abri du contact de l’air, il ne donne aucune trace d’ammoniaque. Proust en a
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conservé pendant six ans dans un flacon de cristal bien bouché : au bout de ce temps, la liqueur s’était foncée un peu en couleiy', et avait déposé; mais son odeur était fraîche, et nullement fétide (1).
L’eau ne trouble point l’urine; U n’en est pas de même de l’alcool, qui en précipite toutes les substances qu’il ne peut pas dissoudre. La .potasse, h soude et V ammoniaque , en saturent les acides libres, et I précipitent le mucus et les divers sels qui étaient dissous à la faveur de ices acides. Les eaux de baryte, de strontiane et de chaux, agissent de la üiiôme manière, et précipitent, en outre, l’acide phosphorique libre et celui que renferment les phosphates de soude et d’ammoniaque. 11 est évident encore que si l’urine contient des sulfates, ils doivent être dé- I composés par la baryte et par la strontiane. L’acide oxalique décomipose peu à peu le phosphate de cliaux de l’urine, et donne lieu à un lléger précipité d’oxalate de chaux. Versé dans l’urine évaporée jusqu’en (Consistance de sirop, l’acide azotique y fait naître une multitude de (Cristaux à! azotate acide d’urée (voy. Urée). L’urine , à raison des sels I qu’ci le renferme, précipite par l’azotate d’argent, par le chlorure de Ibaryum, par les sels calcaires solubles, etc. Le tannin la précipite légalement en se combinant probablement avec le mucus. L’urine, de- \venue ammoniacale en se pourrissant, peut être employée en teinture ipour faire passer des couleurs rouges à l’amarante, au rouge pouri pre, etc. , pour monter les cuves d’indigo dites à l’urine.
Urine d’un aliéné qui n’avait bu ni mangé depuis dix-huit jours. — Sa composition était la même que celle de rurine ordinaire, si ce n’est • qu’elle contenait moins d’eau (Lassaigne).
Urine des ictériques. — 11 résulte des analyses que J’ai faites en 1811, . (que l’urine des ictériques contient de la bile-, quelquefois j’en ai séparé lions les éléments; d’autres fois je n’ai pu y découvrir que la matière ^résineuse verte. Dans tous les cas, on peut recomposer l’urine ictéirique en réunissant les éléments de la bile à l’urine privée de ces éléimenls. Cruikshank avait annoncé, en 1800, que cette urine contenait ide la matière bilieuse, et que l’on pouvait la faire passer au vert par l l’acide clilorhydrique.
(I; Suivant le D' Prout., les sédiments rouges de l’urine sont formés d’urale d d’ammoniaque , ou d’urate de soude, mêlé avec plus ou moins de pliosphales. Il c dit avoir trouvé plusieurs fois de l’acide azotique dans les sédiments que l’on » appelle briquelés il a pu démontrer l’existence d’un sel d’ammoniaque
f- ou de soude , dont l’acide avait été désigné par lui sous le nom d’acide purpuf rique; ce que l’on concevra si l’on se rappelle l’action qu’exerce l’acide azotique ' sur l’acide urique ( voy. Acide urique ).
Urine dans l’hydropisie générale. — 'îliommi et Fourcroy ont démontré l’existence de l’albumine dans celte m ine. Suivant Nysten, elle est ammoniacale, et renferme de l’acide acétique, de l’albumine, une matière huileuse colorante, et différents sels; elle ne contient presque pas d urée. Brugnatelli dit avoir analysé de l’urine des hydropiques dans laquelle il y avait de l’acide cyanhydrique (prussique).
Urine rouge des individus atteints d’anasarque à la suite de la scarlatine.— Analysée par M. Peschier, cette urine a fourni de l’albumine, le principe colorant du sang, de l’urée, de la gélatine, du mucus , du chlorure de sodium , du chlorhydrate d’ammoniaque, et du phoâphate de chaux {Journal de chimie médicale , juillet 1831).
Urine dans les cas de commotion de la moelle épinière. — On a déjà vu plusieurs fois l’urine, dans ces affections, contenir de l’ammoniaque et être alcaline; elle renfermait aussi beaucoup d’albumine {Journal de chimie médicale , février 1835).
Urine dans le rachitis. — Les analyses de Chaptal, de Jacquin, de Fourcroy, etc., prouvent que cette urine contient beaucoup de phosphate de chaux, fait d’autant plus remarquable, que les os des racJiitiques, sur l’urine desquels on opérait, étaient très-ramollis, et contenaient par conséquent peu de ce phosphate.
Urine des goutteux. — Suivani Berthollet, elle renferme moins d’acide phosphorique que l’urine des individus bien portants, excepté dans le cas de paroxysme. Il paraît à peu près certain qu’à la suite de grands accès de goutte elle contient une quantité variable d’acide urique plus ou moins modifié, et transformé en un corps que l’on a désigné sous le nom d’acide rosacique. Tous les observateurs s’accordent à regarder le phosphate de chaux comme un des principes les plus abondants de l’urine des goutteux.
Urine des hystériques. — Celle urine, claire et incolore, renferme à peine de l’urée, et contient beaucoup de chlorhydrate d’ammoniaque, de chlorure de sodium (Cruikshank et Rollo). Il en est à peu près de même de celle des individus sujets à des convulsions. Nysten a analysé rurine d’une demoiselle affectée d’une maladie nerveuse anomale; il y a trouvé une assez grande quantité d’urée, peu de matière huileuse colorante, de l’acide urique et des sels, en sorte qu’elle se rapprochait beaucoup de l’urine de la boisson.
Urine des syphilitiques soumis à des frictions mercurielles. — D’après M. Cantu , 30 kilogrammes de celle urine auraient fourni environ 1 gramme de mercure métallique. J’ai prouvé depuis qu’en traitant les bédinieut de celle urine par le chlore, on en retirait constamment du >
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iiercure métallique, fait qui ne me paraissait pas suffisamment établi oar les expériences de M. Gantu. Dans une analyse de ce genre, M. Clie- , -allier a remarqué que l’iirine renfermait une grande quantité d’albii- .iiine mêlée de matière grasse.
Urine des diabétiques. — Lgs, travaux de Willis, Pool, Dobson, Rouelle te cadet, Gawley, Frank le fils, Nicolas et Gueudeville, Rollo, Dupuy- M'en et Thénard , tendraient à faire croire que cette urine ne contient 'jas sensiblement d’urée ni d’acide urique; qu’aucun réactif n’indique lin acide libre; qu’elle renferme à peine des phosphates et des sulfates; liu’au contraire, elle h’est composée que de sucre de raisin, et dune :(;ertaine quantité de chlorure de sodium (1). Des analyses plus récentes liitablissent, au contraire, que l’urée est un des éléments de cette urine : RÎnsi Rarruel en a séparé abondamment de l’urine de trois malades atteints de diabète sucré. M. Chevreul a analysé l’urine d’un diabétique au commencement de la maladie, et il en a retiré du glucose et tous les matériaux de l’urine ordinaire; en examinant de nouveau l’urine de ce malade, rendue plusieurs mois après, il a trouvé un acide organique ;^n partie libre, en partie saturé par la potasse, beaucoup de phosiihate lie magnésie, un peu de phosphate de chaux, du chlorure de sodium,
I lu sulfate de potasse, du sucre, et de Vaciàe urique coloré. M. Chevreul inroit que celte urine contenait de l’urée; il se fonde sur la facilité avec aquelle ce liquide fournissait de l’ammoniaque; il en a séparé la totai‘ité du sucre sous forme de cristaux. L’urine des diabétiques a fourni à hl. Bouchardat : eau, 837,58; matières solides, 162,42; urée, 8,27; ’)oint d’acide urique, tandis que Simon en a trouvé des traces ; glucose, ;34,42; extrait alcoolique, extrait aqueux, 5,27; sels, 8,69; phosphates ;t mucus, 0,24; point d’albumine, tandis que Simon en a trouvé des I races; oxyde de fer, 0,14. Dupuytren et Thénard avaient pensé, avec Uræteus, Rollo, etc., que le diabétès peut être guéri, à toutes ses pé- ’iodes, à l’aide d’un régime animal, qui change la nature de l’urine ' I mesure que chaque organe reprend les fonctions dont il est naturellement chargé; mais l’observation démonlre tous les jours que ce traitement, avantageux dans quelques circonstances, n’a été d’aucun secours ilans plusieurs autres ; et il est même arrivé quelquefois, en l’employant, i pie l’on a fait disparaître la saveur sucrée de l’urine sans guérir la maadie. Le sulfhydrale d’ammoniaque parait avoir été utile dans celle
(1) M. Chevallier dit avoir retiré, de l’uriue d’un diabéliquc, du sucre analogue ^ < celui de canne.
affeclion. M. Boucliardaf,, qui s’esl livré plus récemment à des reclierelles sur 1 urine des diabétiques, a déduit de ses observalions les conséquences suivantes :
1” 11 s’opère chez les diabétiques une transformation de la fécule, ei sucie, comparable à celle qu’on produit dans les laboratoires par l’action de la diastase; cette réaction aurait lieu aussi sous l’influence di gluten et de l’albumine, qui accompagnent la fécule dans l’estomac.
2^ Tous les malades affectés de diabètes ont un goiU prononcé poiii les aliments féculents, le pain et le sucre.
3° La quantité de sucre contenue dans l’iirine des diabétiques es en raison directe du pain et des aliments féculents dont le malade s( nourrit.
4° Leur soif est aussi en raison directe de la quantité de ces substance: qu’ils mangent.
5° 11 suffit, pour guérir les malades atteints de diabétès, de supprimer presque complètement les boissons et les aliments sucrés ou féculents qu’ils prenaient auparavant, et de remplacer le pain ordinaire, si abondant en fécule, par du pain de gruau préparé à cet effet, ou pai une nourriture de substances fort riches en azote.
Urine dans le diabétès non sucré. — Elle renferme beaucoup d’eau, des proportions variables d’urée , d’albumine, de mucus, de sels, et une petite quantité d’un sucre insipide et cristallisable, et que l’on peut transformer en glucose sâpiûe , d’après M. Bouchardat, en le chauffant avec de l’eau et de l’acide sulfurique; sa composition est la même que celle du glucose. Pearson dit avoir vu de cette urine qui n’était pas sucrée , et qui avait l’odeur de vieille bière.
Urme bleue. — Dans certaines maladies aigués des voies urinaires.^ l’urine offre une couleur bleue que les anciens ont désignée sous le nom| d’urine irrinée et d’urine indique, à cause de la ressemblance de sa coiH leur avec celle de la fleur d’ms germanica, ou avec celle de l’indigo, Julia-Fonlanelle a analysé de l’urine bleue, rendue par deux maladesi atteints d’une affection aiguë de vessie , et il y a trouvé beaucoup d’albumine et de gélatine , fort peu d’urée, et du bleu de Prusse (voy. Archives générales de médecine, mai 1823). L’urine d’un enfant de quinze? ans qui avait avalé de l’encrc, et qui était en proie à une forte colique, lui a également fourni du bleu de Prusse. Mojon dit en avoir égalemcnll retiré de l’urine d’une jeune fille qui prenait journellement, depui-^ trois semaines , 30 centigrammes de protoxyde de fer {Journal de chimie^ médicale, 1825). Cantin a analysé de l’urine bleue rendue par un enfant de huit ans atteint de douleurs épigastn’qucs, et qui n’était sou-t
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jis à aucun genre de médication , et y a trouvé du bleu de Prusse t du sucre de raisin {Journ. de chim. méd., février 1833).
L’existence du bleu de Prusse dans l’iirine bleue des individus qui ’ont fait usage d’aucune préparation ferrugineuse a été contestée par '[. Braconnot, qui a au contraire retiré de cette urine, par la simple illration, une matière de cette même couleur, qu’il a proposé de nomiier cyanourine, et qui était distincte de tous les corps connus. Une des propriétés les plus remarquables de la cijanourine est celle de s’unir iiix acides, comme le font les alcalis faibles , et de former des compoés qui, au minimum d’acide, sont bruns, et d’un rouge de carmin lagnifique lorsqu’ils en contiennent une plus grande quantité. L’urine, éparée de la matière bleue par le filtre, renfermait une autre matière . ’un noir très-foncé, désignée par M. Braconnot sous le nom de niéla- . ourine, et à laquelle il attribue la propriété de colorer certaines urines in noir.
Urine des fièvres dites nerveuses. — Cette urine est souvent ardente, t donne lieu à un dépôt rouge rosé, formé d’acide rosacique et d’acide : irique.
Urine des fièvres dites putrides. — Elle contient de l’ammoniaque, et essemble à de l’urine pourrie. J’ai quelquefois examiné l’urine des maades atteints de ces fièvres, et je me suis convaincu qu’elle verdissait ortement le sirop de violeKes au moment où elle était rendue ; on y rouvait une assez grande quantité d’ammoniaque, qui provenait de la lécomposition éprouvée par une portion d’urée dans la vessie môme : m effet, cette urine contenait moins d’urée que celle du même individu lans l’état de santé.
Urine dans la dyspepsie. — Suivant Thomson, celte urine précipite (abondamment le tannin, et se pourrit avec facilité.
Urine laiteuse. — Wurzer dit avoir analysé l’urine d’un homme de I rente ans, sujet à des affections catarrhales, avec gonflement des seins, :3t y avoir trouvé une matière caséeuse , fort peu d’urée, et environ lJu poids de l’urine de l’acide benzoïque. Cabal a trouvé dans l’urine IJ’une femme de vingt-six ans, veuve depuis plusieurs années, et qui n’avait jamais eu de maladie laiteuse, une matière semblable au caséum. M. Hervez de Gbégoin a remis à M. Pétroz, pour l’analyser, de l’urine qui avait été rendue par une femme de quarante-quatre ans, iqni mourut à la suite d’un premier accouchement très-laborieux : on n’avait observé chez cette femme ni le gonflement des seins ni les autres symptômes qui accompagnent et caractérisent la fièvre de lait, t L’urine était blanche et laiteuse; elle laissait déposer par le repos une
matière floconneuse, blanche, qui présentait la plupart des caractères du caséum (Journ. de chim. méd., février 1828).
Urine d’un enfant tourmenté de vers. — Elle contenait beaucoup d’oxalale de chaux, qui se déposait (Fourcroy).
Urine dans l’albuminurie. — Celte urine mousse plus que de coutume; la quantité rendue par les malades est au-dessous du type physiologique ; sa couleur varie du brun au rouge, au jaune rougeâtre, etc., suivant la quantité de matière colorante du sang qu’elle renferme; quelquefois cependant celte couleur est normale; elle est tantôt transparente, tantôt trouble; son odeur est faible ou nulle; sa densité, moindre qu’à l’élat normal, n’est souvent que de 1,005 à 1,008. Elle est faiblement acide, neutre ou alcaline. Elle renferme de l’albumine; celle qui offre la teinte du vin blanc est celle qui, en général, en contient le plus ; la proportion de l’urée et des sels est notablement diminuée. On reconnaît la présence de l’albumine dans l’urine en la chauffant pour obtenir un coagulum, et en la traitant par l’acide azotique, qui précipite l’albumine.
Urine de certains individus dans l’estomac desquels on a introduit des substances particulières. — L’urine est sans contredit de tous les fluides celui qui change le plus facilement de nature par l’ingestion de quelques substances. Mange-t-on des asperges, elle devient fétide; la térébenthine, les résines, les baumes, lui donnent une odeur de violettes; elle acquiert une odeur camphrée lorsque le camphre a été introduit dans l’estomac; si , au lieu de camphre, on prend de l’azotate de fer, du cyanure jaune de potassium et de fer, de l’acide arsénieux, du sulfate de soude , etc., on retrouve ces corps dans l’urine. La promptitude avec laquelle ces substances passent de l’estomac dans la vessie a fait penser qu’il y avait une voie directe de communication entre ces deux organes; cette opinion paraissait fortement appuyée par les analyses chimiques, qui ne démontraient pas l’existence du cyanure jaune dans le sang, tandis qu’il se trouvait dans l’urine. M. Magendie réfute cette opinion; il établit, 1” que les réactifs décèlent ce cyanure dans le sang, si on l’a administré en grande quantité; 2® que ces différentes substances sont absorbées dans l’estomac par les veines, qui les transportent aussitôt au foie et au cœur, de manière que la roule suivie par ces matières pour arriver aux reins est beaucoup plus courte que celle qui est admise généralement, savoir : les vaisseaux lymphatiques, les glandes mésentériques, et le canal thoracique.
Il paraîtrait toutefois que les taiTrates, les citrates, les malales, les lactates, et en général tous les sels à acides organiques dont les dissolu-
DES VARIÉTÉS DE l’üRINE DANS LES ANIMAUX, 767
,ons aqueuses peuvenl se décomposer spontanément au bout d’un cerain temps, seraient changés dans l’estomac en carbonates de leurs tases, avant d’être absorbés (Rousseau); l’acide benzoïque subirait . ussi dans l’estomac une modification, et serait transformé en acide lippurique.
MM. Millon et Laveran ont vu depuis, en 1844, qu’en administrant ^0, 30 ou 40 grammes de tartrate double de potasse et de soude (sel de eigneUe) , en huit ou dix heures, l’iirine contenait une proportion valable de carbonate alcalin ; tandis qu’en donnant 40 ou 50 grammes du lême sel en peu de temps, sur 268 fois l’urine était alcaline 175 fois, eide 87 fois, et neutre 6 fois; suivant eux, chez les individus forts, Iteints d’indispositions légères, le sel double est digéré; chez les peronnes faibles, au contraire, le sel agit comme purgatif.
En terminant l’exposé des différences que l’urine présente dans les maladies, je ferai mention d’un fait rapporté par le D*’ Marcel : il s’aiit d’une variété d’urine qui ne contenait ni acide urique ni urée, qui . assait au noir bientôt après qu’elle était rendue , et qui ne tardait pas donner un précipité de la môme couleur lorsqu’on la laissait reposer, iront regarde ce principe noir comme un acide nouveau, qu’il propose
■ e nommer acide mélanique.
Des variétés de l’urine dans les animaux.
Urine des mammifères carnivores. — Elle ressemble beaucoup à celle
■ e l’homme; on y a trouvé 846,1 d’eau; 132,2 d’urée, d’extrait alcoo- ' que et d’acide lactique ; 0,22 d’acide urique ; 5,1 de mucus; 1,2 de suinte de potasse; 1,16 de chlorhydrate d’ammoniaque et d’un peu de hlorure de sodium ; 1,76 de phosphates terreux; 8,02 de phosphates de
I Otasse et de soude; 1,02 de phosphate d’ammoniaque; 3,30 de lactate e potasse.
Cette urine ne contient ni de l’acide urique ni des phosphates, si les nimaux ont été nourris avec des substances non azotées, et finit même >ar offrir la même composition que celle des mammifères herbivores.
Urine des mammifères herbivores. Urine du cheval. — D’après M. de I ibra , elle a fourni : eau, 885,09; matière extractive soluble dans l’eau , 1 1,32; idem .soluble dans l’alcool, 25,50; sels solubles dans l’eau, 23,40, I sels insolubles, 17,80; urée, 12,44; acide hippurique, 12,60; mucus, ,05. Celle urine ne renfermait pas la plus légère trace d’acide urique, j'ans une autre analyse, les proportions de ces matériaux n’étaient pas is mômes.
7G8 DEUXIÈME PAUTIÊ.
L’urine de cheval diabétique contient, sur 1,000 parties, 33,30 d’U' rée, 1,40 d’acide hippurique, etc.; il n’y avait point de sucre (John) M. Lassaigne n’a trouvé dans l’analyse qu’il a faite que 15 parties ei urée , en extrait alcoolique et aqueux , en mucus et en acide hippir ri que.
Urine de ôœw/'. — Analyse de Sprengel. Eau, 928,2; urée, 40; albu mine, 0,10 ; mucus, 1,90; acide benzoïque, 0,90; acide lactique , 5, IG acide carbonique, 2,50; potasse, 6,64; soude, 5,54; acide silicique 0,36; alumine, 0,04; oxyde de manganèse, 0,01 ; chaux, 0,65; magné sie, 0,36; chlore à l’état de chlorure, 2,72; acide sulfurique, 4,05 phosphore à l’état de phospliate. M. de Bibra a trouvé, dans 1,000 pan lies d’urine de bœuf, 19,76 d’urée, 3,55 d' hippurique , etc, , e point d’acide benzoïque.
Urine de wcAe. — Suivant M. Brande, elle est formée de 65 partie d’eau, de 3,4 d’urée, d’une certaine quantité de matière animale, d 3 de phosphate de chaux, de 15 de chlorure de potassium et de chlor hydrate d’ammoniaque, de 6 de sulfate de potasse, de 4 de carbonate de potasse et d’ammoniaque, et peut-être d’albumine et d’acide hippu rique. Rouelle le cadet avait annoncé, dès l’année 1771, l’existence d( l’acide benzoïque dans cette urine.
Urine de fœtus de vache. — Elle renferme beaucoup de mucus, um matière animale incristalllsable, de l’acide lactique, du sulfate de po tasse, des chlorures de potassium et de sodium (Lassaigne).
' Urine d’une vache nourrie avec du regain et des pommes de terre. — D’après M. Boussingault, elle contenait de l’urée, de l’iiippurate, dy lactate, du bicarbonate et du sulfate de potasse, des carbonates d^ chaux et de magnésie, du chlorure de sodium, de l’acide silicique, d< l’acide phosphorique, de l’eau, et des matières indéterminées.
Urine de chameau. — Elle paraît formée d’eau, de matière animait coagulable par la chaleur, de carbonates de chaux et de magnésie, d’acidi silicique, d’un peu de sulfate de chaux, et d’un atome d’oxyde de fer de carbonate d’ammoniaque, d’un peu de chlorure de i/btassium et d» sulfate de soude, de beaucoup de sulfate dépotasse, d’un atome de car bonate de potasse, d’acide benzoïque ou hippurique, d’urée, et d’iiuill d’un brun rougeâtre, odorante, communiquant son odeur à Turine. 0# n’y a trouvé ni acide urique ni phosphate de chaux, comme Brande l’ai vait annoncé.
Urine de /opin. — Suivant Vauquelin , elle contient de l’eau, de l’iH< rée très-altérable, du mucus gélatineux, des carbonates de potasse, d)i chaux et de magnésie, du sulfate de potasse, du chlorure de pola-îi:
DES VARIÉTÉS DE l’uRINE DANS LES ANIMAUX. 769
iium, du sulfate de chaux et du soufre; son odeur est souvent analogue \ celle des herbes qui ont servi à nourrir le lapin.
Urine d’dne. — D’après Braiide, cette urine contient beaucoup d’u- •ée, du mucus, beaucoup de phosphate de chaux, du carbonate et du ulfate de soude , du chlorure de sodium , et des traces de chlorure de oülassium. Elle ne renferme ni acide urique ni acide hippurique.
Urine de cochon d’Inde.— Elle ne contient ni phosphates ni de l’acide trique; mais on y trouve des carbonates de potasse et de chaux, du hlorure de potassium, etc.; elle est par conséquent analogue aux pré- I édentes (Vauquelin).
Urine de cochon domestique. — Cette urine est composée d’urée, de lilorhydrate d’ammoniaque, de chlorure de potassium, de sulfate de ôtasse , d’un peu de sulfate de soude, d’une trace de sulfate et de caronate de chaux (Lassaigne, Journ. depharm., avril 1819).
Urine de castor. — Elle contient de l’eau, de l’urée, du mucus anilal, du benzoate ou de rhippurate de potasse, des carbonates de taux et de magnésie, du sulfate et du chlorure de potassium, de l’aétate de magnésie, du chlorure de sodium, une matière végétale u’ante, et de l’oxyde de fer (Vauquelin).
Urine de chiens nourris avec des substances ne contenant point d’azote. -Cette urine était alcaline, au lieu d’ôtre acide; elle n’offrait aucune 'ace d’acide urique ni de phosphate de chaux, caractères qui a^ipar*ennent en général à l’iirine des animaux herbivores.
Urine du chat. — Elle contient de l’acide benzoïque, suivant Gièse; après Bayen , elle laisse déposer des cristaux qui paraissent composés urée et de sel ammoniac.
Urine du lion et du tigre royal. — Celte urine renferme de l’eau , de urée, du mucus animal, des phosphates de soude et d’ammoniaque, ^s atomes de phosphate de chaux, du chlorhydrate d’ammoniaque, iaucoup de sulfate de potasse, et très-peu de chlorure de sodium Vauquelin).
Urine des oiseaux. — Urine d’autruche. Elle contient beaucoup d’acide ’ique, du mucus, une matière huileuse, des sulfates de potasse et de laux, du chlorhydrate d’ammoniaque, du phosphate de chaux, et !Ul-êlre de l’acide phosphorique ; elle ne renferme point d’urée. L’urine du vautour et de l’aigle contient aussi de l’acide urique (Vaulelin et Fourcroy).
Wollaston a fait, sur l’urine des oiseaux, des remarques fort intéresnles; il résulte de .son travail que la quantité d’acide urique qu’elle nfermeesl presque nulle, lorsque les oiseaux se nourrissent d’herbcfi II. 49
ou de substances non azotées; elle est au contraire très-grande si les aliments qui servent à leur nourriture contiennent beaucoup d’azote.
Urine des reptiles. — L’urine des tortues , qui est liquide, ne fournit qu’un peu de mucus et de chlorure de sodium, et des traces d’acide urique ; celle des crocodiles contient beaucoup de carbonate et de phosphate de chaux et de l’acide urique ; celle des lézards est complètement composée d’acide urique; celle des serpents est presque entièrement formée par cet acide; celle de la grenouille-taureau {rana taurina)., et surtout celle du crapaud brun {hufo fucus de Laurentini), contient de l’urée (J. Davy).