DE LA PEAU
DE liA PEAV.
La peau est formée de trois parties : l’épiderme , le tissu réticulaire >et le derme. V épiderme est insoluble dans l’eau et dans l’alcool, fort ipeu soluble dans les acides sulfurique et chlorhydrique étendus, etcomiplétemeut soluble dans les alcalis. Distillé, il fournit beaucoup de sesf.quicarbonate d’ammoniaque. Vauquelin le regarde comme du mucus •durci. Suivant Hatchett, il a beaucoup de rapport avec l’albumine coa- •gulée. Chaptal le comparaît à la corne et à l’enduit de la soie.
Le tissu réticulaire de Malpighi paraît formé de mucus , et peut-être 'de gélatine; celui des nègres et des peuples de couleur brune contient lune matière colorante brune.
Derme ou peau proprement dite. — Il est membraneux , épais , dur, ;i3ssez dense, composé de fibres entrelacées , et arrangées de manière s limiter les poils d’un feutre. Distillé, il se comporte comme les ma- Uières azotées; il se gonfle dans l’eau bouillante, et finit par se dissoudre en grande partie, ce qui explique l’usage des rognures de peau I oour la préparation de la colle; le solutum se prend en gelée par le irefroidissemenl. Les acides et les alcalis faibles ramollissent le derme, !'(e gonflent, le rendent presque transparent, et le dissolvent en partie ; i l’eau froide finit presque par agir sur lui de la môme manière. Il 3sl insoluble dans l’alcool , les éthers et les huiles. La peau , comi binée avec l’acide lannique, est employée sous le nom de cuir.
Du tannage. (7wr. — Après avoir lavé les peaux, on leur enlève l ie poil et l’épiderme qui les recouvre , soit en les plongeant pendant [olusieurs jours dans de l’eau de chaux , ou dans une liqueur légèrement ^jcide, soit en les abandonnant à elles-mêmes, à la température de 33” il 35", après les avoir disposées les unes sur les autres. Par l’un ou 1 ’autre de ces moyens, les peaux se gonflent, les pores s’ouvrent, fil l’on peut facilement, à l’aide d’un couteau rond, détacher le poil '■3t l’épiderme ; alors on les met dans une eau courante afin de les iramollir; on les presse avec le même couteau pour détacher le poil et ’éi)iderme qui n’avaient pas été séparés dans la première opération. On |»rocède ensuite au gonflement^ opération qui consiste à les plonger dans me faible dissolution d’acide ou d’alcali, et dont l’objet principal est li’ouvrir davantage les pores ; on les laisse pendant quelque temps dans l’eau n)êlée de quelques écorces, pour leur faire subir le passement ; f enfin on les combine avec l’acide tanm^ne ; pour cela, on les plonge 'ians de Peau contenant une certaine quanlilé de tan en dissolution
(poudre d’écorce de chêne) ; quelques jours après, on les relire pour les plonger dans une dissolution un peu concentrée; on répète celte opération avec des dissolutions plus concentrées; puis on les laisse pendant six semaines dans la fosse (Séguin) (1). Ces fosses sont des cuves en bois ou en maçonnerie au fond desquelles on met du tan en poudre, sur lequel on étend une peau que l’on recouvre de tan ; on met successivement sur celui-ci une nouvelle peau, du tan, etc.; on fait arriver de l’eau dans ces cuves, peu à peu le tannin se dissout, se combine avec la peau, et donne un composé très-dur qui constitue le cuir (voy. Acide tanmque, pag. 357). On peut, par ce moyen , tanner plusieurs peaux dans 1 espace de trois mois , tandis que par le procédé ancien (celui qui consiste à les mettre dans la cuve avant de les avoir plongées dans les infusions de tan, et â renouveler le tan à mesure qu’il s’épuise), il faut au moins un an pour terminer l’opération.
Si , au lieu de cuir, on veut obtenir de la peau pour empeigne ou pour baudrier, on procède de la même manière, excepté que l’on supprime
les deux opérations connues sous les noms de gonflement et de passement.
Enduit caséeux de la peau des nouveau-nés. — Il est composé d’une substance grassede la nature du beurre, de gélatine modifiée, et d un peu de soufre (Peschier).
ftES TISSUS CEIiUUIiAIRE, MEÎIIBRAÎVEUX , TEADIAEUIU .
APOmÉTROTIQUE ET UIGAMEATEUX.
Tissu cellulaire. — Ce tissu très-délié, qui fait partie de tous les or- i ganes , et qui paraît consister en une multitude de lamelles transpa- ! lentes, est composé, d’après John, de gélatine, d’un peu de fibrine, de ! phosphate de chaux et de soude. ■
Tissu adipeux ou graisseux (voy. Graisse, p. 462 ). ■
Membranes séreuses. — Elles paraissent composées des mêmes élé- | ments que le tissu cellulaire.
Les membranes muqueuses sont formées comme la peau; aussi se dissolvent-elles facilement dans l’eau bouillante.
La membrane moyenne ou fibreuse des artères contient à peu près la
(1) On lit dans le Journal de pharmacie que le marc de raisin que l’on a préalablement distillé pour en retirer tout l’esprit doit, être employé de jiréfércnceautan.