DES OS
propoi tion de graisse (Thomson) et de gélatine. Berzelius a annoncé le premier que l’acide fluorhydrique (fluorique) faisait partie des os humains, résultat qui n’est point d’accord avec les expériences de Wollaston, Brande, Fourcroy et Vauquelin. Voici les proportions données par le savant chimiste suédois : cartilage soluble dans l’eau (gélatine), 32,17 ; vaisseaux sanguins , 1,13 ; fluorure de calcium , 2,00 ; phosphate de chaux, 51,04; carbonate de chaux, 11,30; phosphate de magnésie, 1,16; soude, chlorure de sodium, eau, 1,20.
Dans un travail récent, M. Heintz a déterminé la composition de la partie inorganique des os, et a conclu, 1“ que les os des animaux vertébrés renferment une petite quantité de fluorure de calcium ; 2° qu’ils ne contiennent ni chlorures, ni sulfates, ni fer; toutes les fois qu’on a trouvé ces substances dans les os, dit-il, elles provenaient des liquides qui imprégnaient ces organes, et que les lavages avaient enlevés; 3° que la chaux et la magnésie y sont à l’état de phosphates tribasiques.
Os de bœuf. Os de mouton. Os d’homme.
Carbonaie de chaux
9,06 ou
Phosphate de magnésie , 3MgO,PhO® ,
Phosphate de chaux , 3CaO,PhO^ . . •
Fluorure de calcium
{Journ. de pharm., sept. 1849.)
En comparant les proportions de matière organique et de matière inorganique contenues dans les os d’un homme adulte et d’un nouveau-né, Rees a trouvé dans les côtes du premier 57,49 de matière inorganique et 42,51 de matière organique ; tandis que dans celles de l’enfant, il y avait 53,75 de matière inorganique, et 46,25 de matière 'Organique. Le temporal de l’adulte renfermait 63,50 de matière inorganique, celui de l’enfant n’en contenait que 55,90.
Dès l’année 1800, Vauquelin et Fourcroy avaient publié l’analyse d’un ' crâne humain monstrueux, déterré à Reims environ quarante ans au- ))aravant; ils l’avaient trouvé contenir, sur 1,000 parties, matière ani- ' male , 0,123 ; phosphate de chaux , 0,572 ; carbonate de chaux , 0,222 ; •chlorure de calcium , 0,022; eau, 0,061 ; oxyde de fer et chlorure de sodium. Ils obtinrent des os trouvés dans un tombeau du xi® siècle, du pliosphate acide de chaux, une matière colorante animale soluble dans l’eau et dans l’alcool, qui devenait verte par les alcalis, et un peu de phosphate de magnésie : ces os étaient acides et d’une couleur pourpre. Vogdsang, en analysant un os du cimetière enterré depuis onze cents
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ans, trouva qu’il ne contenait point de matière animale, mais qu’il renfermait i)lus de carbonate de chaux que tes os frais. On peut voir dans les Annales du Muséum (année 1800) plusieurs autres analyses d’os humains pris à différentes époques, et faites par Fourcroy et Vauquelin. Il résulte de ces différents travaux, que les os doivent être regardés comme formés d’une matière animale et d’une partie terreuse.
Les os sont solides, blancs, insipides, inodores, très-durs dans la vieillesse, ductiles jusqu’à un certain point dans l’enfance. Distillés, ils se décomposent à la manière des substances azotées, noircissent, et donnent un liquide contenant une huile empyreumatique (huile de Dippel) et du sesquicarbonate d’ammoniaque. Chauffés avec le contact de l’air, ils s’enflamment et noircissent, 'phénomènes qui dépendent de ce que la partie animale absorbe l’oxygène de l’air et se charbonne. Si on continue à les chauffer, le charbon lui-même se combine avec l’oxygène et passe à l’état d’acide carbonique, en sorte qu’il ne reste plus que la partie terreuse blanchâtre connue sous le nom de terre des os; il suffit de pulvériser, de laver et de mouler celle terre pour préparer les coupelles, les trochisques, etc.
Abandonnés à eux-mèmes, soit à l’air libre, soit dans la terre, les os se délitent, s’exfolient et tombent en poussière : la matière animale finit donc également par être détruite.
Si on les soumet à l’action de l’eau bouillante après les avoir râpés, on ne parvient qu’à dissoudre une petite portion de leur matière organique (gélatine et graisse); mais si on les fait chauffer dans la marmite dePapin, à une pression beaucoup plus considérable que celle de l’atmosphère, on dissout toute la gélatine, on fond la graisse, et il ne reste plus que la partie terreuse friable.
Si on les fait digérer pendant sept à huit jours avec de l’acide chlorhydrique faible, cet acide dissout tous les sels qui entrent dans leur composition, ils se ramollissent, deviennent très-flexibles, et finissent par ne plus contenir que de la matière animale. Si, dans cet état, on les plonge pendant quelques instants dans de l’eau bouillante, et qu’après les avoir essuyés on les soumette à un courant d’eau froide et vive, ils peuvent être regardés comme de la matière gélatineuse pure, ou du moins comme une matière qui, étant dissoute dans l’eau bouillante, , fournil la plus belle colle. Tous les acides faibles, jouissant de la pro- • priélé de dissoudre la partie terreuse des os, agissent de la même ! manière, |
On emploie les os pour préparer le phosphore, l’acide phospliorique. | les sels ammoniacaux, les coupelles, certains trochisques, et la gélatine, |