‹ Éléments de chimieChapitre 373 sur 378 · SUPPLÉMENT · texte numérisé non relu

SUPPLÉMENT

KXVRAC'l'IOM DIJ SUCRE.

L’industrie sucrière ayant fait des progrès remarquables dans ces -derniers temps, je crois devoir compléter et même rectifier ce que J’ai dit à la page 60 de ce volume.

On doit à MM. Dubrunfaut et Leplay un nouveau procédé de fabrication du sucre de canne, fondé sur la propriété que possèdent certaines bases, comme la baryte et la chaux, de former avec le sucre, dans des conditions données, des sucrâtes insolubles ou peu solubles.

La baryte ayant jusque-lè la préférence , Je décrirai le procédé tel qu’il est pratiqué en ce moment, soit pour le Jus de betteraves, soit pour les mélasses; cette méthode nouvelle promet à la fabrication du sucre d’immenses améliorations.

MM. Dubrunfaut et Leplay ont observé, en 1843, que les mélasses brutes de betteraves ne contiennent que du sucre cristallisable : cette constatation, faite par une méthode saccharimétrique particulière aux auteurs, pouvait laisser quelque doute dans l’esprit; en effet, ces messieurs, à l’exemple d’autres chimistes, dosaient le sucre par fermentation et par distillation , et pour opérer le départ du sucre cristallisable du sucre incristallisable , ils faisaient deux fermentations, l’une sur le corps sucré, l’autre sur le môme corps qui avait subi à chaud une réaction calcique, laquelle détruit tous les sucres autres que le sucre cristallisable. Le nombre alcool donné par la seconde fermentation dosait avec précision le sucre cristallisable, et la différence des deux quantités d’alcool fournies par les deux fermentations donnait le sucre incristallisable. En procédant ainsi à l’analyse des diverses mélasses du commerce, ces messieurs conclurent que les mélasses brutes de betteraves contenaient environ 50 p. 100 de sucre qui était exclusivement du sucre cristallisable; ils constatèrent, en outre, que les mélasses des raftineries de sucre de betteraves contenaient de i/s ^ Vio sucre incristallisable, et que les mélasses de raftinage de canne, sur 60 à 70 p. 100 de sucres divers qu’elles retenaient, offraient de 15 à 35 p. lOÜ de sucre incristallisable. Cette constatation n’était, pour ainsi dire, que l’énoncé d’un théorème qui attendait une démonstration plus directe :

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