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DES COMPOSÉS DE CHLORE ET D’OXYGÈNE

Ces composés sont au nombre de sept , savoir :

L’acide hypochloreux. . , = Cl O

L’acide chloreux = Cl O®

L’acide hypochlorique. . . = Cl O*

L’acide chlorique = Cl O*

L’acide perchlorique. ... = Cl O''

L’acide chlorochlorique. . = 2 Cl O® Cl O®

L’acide chloroperchlorique = 2 Cl O’' Cl O®

DE li’vtClDE HYPOCHLOREimL. €1 O. Équivalent = 548, t.

Cet acide, qui est le premier degré d’oxygénation du chlore , a été découvert en 1834 par M. Balard.

On le connail sous trois états : gazeux, liquide anhydre, et dissous dans l’eau. A l’état de gaz, l’acide hypochloreux est jaune rougeâtre, d’une odeur vive et pénétrante, d’une saveur des plus énergiques; son poids spécifique est de 2,977. L’eau en dissout à zéro, au moins 200 fois son volume. A un froid de — 20 degrés , sous la pression ordinaire de l’atmosphère, il se liquéfie et constitue l’acide liquide anhydre.

Acide hypochloreux liquide anhydre. Il est rouge comme le sang artériel et plus dense que l’eau; il bout entre 19^ et 20° au-dessus de zéro, et donne une vapeur jaune rougeâtre; sous l’influence d’une légère chaleur, il détone en se décomposant. La lumière solaire le décompose également, mais sans détonation.

Le carbone, le soufre, le sélénium, l’hydrogène, le phosphore, le brome, l’iode, l’arsenic, le potassium, et l’antimoine en poudre, le décomposent instantanément avec une forte détonation et une vive lumière.

Il est formé de 81,59 de chlore, et de 18,41 d’oxygène.

Acide hypochloreux dissous dans l’eau. Cet acide, qu’il provienne de la dissolution du précédent ou du gaz dans l’eau, est jaune orangé; il a une action très-causti([ue sur la peau, qu’il désorganise et détruit rapidement; il enflamme l’arsenic en produisant, dans le sein même du liquide, une belle lumière bleue; il transforme subitement le sulfure de plomb en sulfate; il fait naître dans les sels de plomb un précipité d’oxyde puce. Le pouvoir décolorant d’un volume de ce corps est 400 fois aussi grand que celui du chlore. Pour l’obtenir M. Williamson propose de saturer de chlore gazeux une solution neutre de sulfate de

l'HEMlEKE PARTIE.

soude, el de procéder à la distillation; l’acide hypochloreux passe dans le récipient dès le commencement de l’opération ; chaque portion successive en renferme de moins en moins que la précédente ; par l’action du chlore, il se forme de l’acide hypochloreux, du chlorure de sodium, et du bisulfate de soude. {Journal de chimie médicale, naars 1846.)

Préparation de l’acide gazeux. On fait passer du chlore bulle à bulle dans un flacon d’eau de lavage, et de là dans deux tubes, dont le premier est rempli de chlorure de calcium pour le dessécher, et l’autre de bioxyde de mercure précipité et calciné jusqu’à une température voisiwe de celle à laquelle il se décompose. Ce dernier tube est soudé à un autre d’un diamètre plus étroit, dont l’extrémité plonge dans le flacon que l’on veut remplir d’acide hypochloreux ; l’air en est bientôt expulsé par ce dernier gaz. (Pelouze, Annales de chimie, février 1843.)

DE E’ACIDE CDLOREUX. €1 Équivalent = «43,9.

Ce corps a été découvert par M. Millon; il se produit toutes les fois qu’on désoxyde le chlorate de potasse à une température qui ne dépasse pas 57°-|-0. L’acide azotique est l’intermédiaire le plus favorable pour la désoxydation de l’acide chlorique du chlorate de potasse ; lorsqu’on enlève de l’oxygène à l’acide azotique, celui-ci le reprend aussitôt à l’acide chlorique, qu’il convertit en acide chloreux ; aussi obtient-on cet acide toutes les fois qu’on ajoute une substance désoxydante (métal, oxyde Inférieur, sucre, gomme, amidon, acide taiTrique, etc.) à une dissolution de chlorate de potasse dans l’acide azotique. 11 en résulte que l’acide chloreux est inerte à l’égard de presque tous les métaux et de presque toutes les substances organiques.

11 est gazeux à la température ordinaire, et ne se liquéfie pas à 15“ — 0“; il est d’un jaune verdâtre; son odeur rappelle celle du chlore. Il décolore le tournesol et le sulfate d’indigo; son poids spécifique est de 2,646. L’eau peut en dissoudre cinq ou six fois son volume à la température ordinaire.

Il se décompose à la température de 57“-}- 0“, mais en produisant une secousse très-faible et en donnant naissance à du chlore et à de l’acide perchlorique: c’est encore ce dernier acide qui se forme lorsque l’acide cliloreux est soumis aux* températures les plus élevées.

Enfermé dans un flacon sec et abandonné à la lumière diffuse, il se convertit en acide perchlorique solide, dont les cristaux recouvrent les parois du flacon. Le gaz parfaitement sec, exposé à la lumière la plus vive (celle du matin agit beaucoup plus efficacement que celle du soir),

DE l’acide CllLOREtJX. 173

se convertit en un liquide d’un rouge brun 2 Cl 0^» Cl 0^, si l’oneni- I pèche la température du flacon de dépasser + 20^ ce qui se réalise trèsbien en plongeant le flacon bien bouché dans une grande cloche de verre pleine d’eau. Ce liquide, d’un rouge brun, constitue une nouvelle combinaison de chlore et d’oxygène, qui se dédouble au contact des bases en perchlorate et en chlorite.

Ce liquide est tellement fumant au contact de l’air humide, qu’il suffit d’en verser quelques gouttes dans un appartement fraîchement arrosé pour le rendre entièrement nébuleux; le phénomène s’accomplit ■ en petit dans un flacon de plusieurs litres. Le liquide rouge 2 Cl 0^, Cl 0^ ( acide cliloroperchlorique ) finit par se transformer en acide perchloiriqiie. L’expérience du flacon nébuleux démontre que certains phénoimènes physiques peuvent se lier à des phénomènes chimiques qui n’ont I qu’une existence transitoire, et qui passent ainsi inaperçus. Sans la découverte du liquide rouge et de ses propriétés, la production du nuage qui rempdit le flacon serait entièrement inexplicable. Le liquide rouge ■jqui donne lieu aux vapeurs se forme peu à peu, et se détruit presque .aussitôt.

L’acide chloreux fulmine avec presque tous les corps non métalliques, < s’ils sont secs.

L’eau dissout sept à huit fois son volume de gaz acide chloreux; cette ilissolution participe des propriétés du gaz; elle donne des chlorites 1 ivec quelques oxydes métalliques.

L’acide chloreux présente ce caractère essentiel, qu’il n’est pas détruit par l’acide arsénieux , comme les autres composés du même genre.

Il détruit au contraire le sulfate d’indigo. L’acide carbonique le déalace de ses combinaisons.

Il est formé de 59,63 de chlore et de 40,37 d’oxygène.

Préparation. On l’obtient en versant dans un petit ballon un mélange lel partie d’acide tartrique,de 4 de chlorate dépotasse, et 6 d’acide azoique pesant 1,327, et de 8 d’eau ; on adapte au col deoe ballon un tube i(ui communique avec un flacon de lavage, dans lequel on obtient l’acide ilissous, et d’où l’on peut le retirer gazeux en joignant à ce vase un iibe qui se rend dans un autre tube plus large, contenant du chlorure èe calcium; de ce dernier, le gaz est conduit dans un flacon plongeant sans un autre flacon sec et plein d’air, comme pour recueillir le chlore ’-ec et gazeux (voy. pag. 67).

On doit chauffer de manière à ne pas dépasser la température de 45® : 50"-l-0'’. L’opération est terminée quand le mélange se décolore, mais acide chloreux est mêlé d’acide carbonique.

Dans ceüe réaclion, comme on le voit, l’hydrogène et le carbone de l’acide tartrique ont désoxygéné l’acide azotique, lequel, à son tour, a désoxygéné l’acide chloriqiie, et il s’est formé de l’eau et de l’acide carbonique : aussi, quand on désire obtenir l’acide pur et gazeux, faut-il employer l’acide arsénieux comme matière désoxydante (acide arsénieux, 15 p. ; chlorate, 20 p. ; acide azotique, 60 p. ; eau, 20 p.).

DE li’ACIDE HYPOCDLORIQIIE. Cl Équivalent =; 943, f.

(oxyde de chlore du comte de Stadion.)

Cet acide, isolé par M. Millon en 1841, offre une grande analogie de propriétés avec l’acide hypoazotique.

Lorsqu’au lieu de traiter le chlorate de potasse par la méthode du comte Stadion ou parcelle de Gay-Lussac, on introduit 100 grammes environ d’acide sulfurique du commerce dans une capsule de platine ou d’argent que l’on refroidit, en la tenant au milieu d’un mélange de glace et de sel marin, et qu’on y projette ensuite peu à peu 15 ou 20 grammes de chlorate de potasse, jusqu’à ce que l’acide ait pris une consistance huileuse très-épaisse, on voit l’acide sulfurique se colorer promptement en jaune, puis en rouge, et s’arrêter à une teinte d’un beau rouge de sang.

Si l’on porte l’acide sulfurique ainsi coloré dans un appareil distillatoire composé d’une cornue munie d’un ballon, et qu’on maintienne le ballon dans un mélange réfrigérant, tandis qu’on place la cornue dans un bain-marie qu’on ne chauffe pas au-dessus de 30°, il distille un liquide rouge, qui est l’acide hypochlorique. Tous les procédés de prépation décrits avant les travaux de M. Millon fournissaient cet acide à l’état de gaz mélangé de chlore, d’oxygène et d’acide chloreux.-

L’acide hypochlorique liquide entre en ébullition à 20° et fournil le gaz. Dans cet étal, il est d’un vert brunâtre; il répand à l’air des vapeurs, détone violemment à 60°, et se décompose en deux volumes de chlore et quatre d’oxygène ; cette décomposition est accompagnée de lumière : on prévoit déjà que la préparation de cet acide est excessivement dangereuse, et qu’elle exige les plus grandes précautions. Il se comporte avec les autres corps comme les acides chloreux et chlorique; par la chaleur il se dédouble en acides chlopeux et chlorique; il ne se forme pas la moindre trace de chlorure, comme on l’avait toujours prétendu , lorsqu’on agissait sur un produit impur. Il détone de même avec tous les corps simples qui ne sont pas métalliques. Il ne donne pas (yhypochlorates avec les bases; on n’ohtienl que des chlorates et

DE l’acide chlorique. 175

des chlorites ; sa composition est donc analogue à celle de l’acide Iiypoazolique.

2 Cl Q4 2 KO ^ KO Cl Q3 KO Cl Q3

A. hypodilorique. ^ Totossn. Chlorate do pot. ’ Clilorite de pot.

Il est formé de 52,56 de chlore et de 47,44 d’oxygène.

DE L’ACIDE CHLORIQUE. Cl Équivalent := 043,».

Vacide chlorique a été découvert par Gay-Lussac en 1814; il ne se trouve jamais dans la nature, mais il fait partie constituante des chlorates, sels préparés par l’art , et connus pendant longtemps sous le nom de murîates suroxygénés.

L’acide chlorique obtenu en 1831 par Sérullas est liquide , jaunâtre, d’une odeur particulière, et n’a pas l’aspect huileux; il diffère par conséquent de celui qu’avait décrit Gay-Lussac, et qui est incolore, inodore et oléagineux. Il rougit d’abord le tournesol et le décolore trèspromplement. Par une douce chaleur, on peut le concentrer sans qu’il se décompose sensiblement et sans qu’il se volatilise ; chauffé plus fortement, il se décompose en acide chloreux qui se dégage, et en acide perchlorique, qui distille sous forme d’un liquide incolore, dense,, adhérent aux parois de la cornue, tant qu’on ne le chauffe pas assez pour le faire couler dans le récipient. Il est évident que dans celte expérience une partie de l’oxygène de l’acide chlorique décomposé s’est portée sur la portion d’acide non décomposé qu’il a transformé en acide perchlorique.

2 Cl Q5 ^ Cl Q3 Cl Q7

Acide chlori(iue. Acide chloreux. ^ Acide pcrchlorique.

La lumière n’altère pas l’acide chlorique. Il ne parait pas éprouver de changement d ['air. L'iode s’empare de son oxygène pour former de l’acide iodique, et il se dégage du clilore. Le chlore et le brome n’exercent aucune action sur lui.

Caractères distinctifs. 1“ L’acide sulfureux le décompose, même froid, lui enlève son oxygène, et il se forme de l’acide sulfurique et de l’acide chlorhydrique.

Cl O'i HO

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