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DES COMPOSÉS D’IODE ET D’OXYGÈNE

Ils sont au nombre de trois :

L’acide hypoiodique, . . = 10*

L’acide iodique. .... = 10®

L’acide heptaiodique. . . = lO’

UE E’ACIDE HTPOIOUIQIJE.

Lorsqu’on combine l’acide sulfurique avec l’acide iodique, et que l’on chauffe le composé, il se produit de l’acide hypoiodique, 10^, qui est sans intérêt, en môme temps qu’il paraît se former une combinaison d’acide hypoiodique et d’un acide iodeux dont l’existence n’est pas encore bien démontrée = 4 10'*, lO^.

DE E’ACIDE IODIQUE. 10®. Êqulvaleut = 2078,20.

L’acide iodique est constamment le produit de l’art. Il est sous forme de croûtes cristallisées , blanches ; il est plus pesant que l’acide sulfurique, et doué d’une odeur particulière, à travers laquelle on ne peut méconnaître celle de l’iode ; à la vérité, cette odeur n’est bien manifeste qu’au moment où l’on ouvre les flacons où il est resté enfermé; sa saveur est fort aigre et astringente ; il rougit d’abord les couleurs bleues végétales et les détruit ensuite.

Si on élève sa température jusqu’à 400° environ , il se décompose entièrement et se transforme en iode et en gaz oxygène.

Chauffé avec du charbon ou du soufre, il est décomposé, cède son oxygène à ces corps simples, et il se produit une détonation. L’acide 6orique se dissout, à l’aide de la chaleur, dans la dissolution de cet acide.

L’acide sulfureux, versé dans la dissolution d’acide iodique, le décompose, lui enlève son oxygène, et en sépare instantanément de l’iode.

L’acide iodique peut être hydraté ou anhydre.— //î/rfrate par un équivalent d’eau IQ5, HO. Il est très-soluble dans l’eau, soluble, dans l’alcool à ,35 degrés de raréornètre; il perd ys d’équivalent d’eau à 130" -f-0, ou bien à une température Iongtemj)s continuée de 30" à 40° dans une atmosphère .sèche. Hydraté par y d’équivalent d’eau 3 10^, HO. Il est soluble dans l’eau , qui le transforme aussitôt en I 0^, HO; mais il est insoluble dans l’alcool. On l’obtient soit par l’action d’une chaleur convenable, soit par l’action de l’alcool absolu sur 10^, HO.

L’acide iodique est sans usages. Il a été découvert en 1814 par Gay-

Lussac , mais ce savant ne l’avait obtenu qu’à l’état liquide et combiné avec un peu d’acide sulfurique. H. Davy a décrit le premier l’acide iodique privé d’eau.

Acide anhydre 10^. On le forme en chauffant l’un ou l’autre des deux acides précédents jusqu’à 170“ -{-0° (Millon).

Caractères distinctifs. 1“ Il donne de l’oxygène et de l’iode à 400®, 2“ l’acide sulfureux en sépare de l’iode.

Il est formé de 75,94 d’iode et de 24,06 d’oxygène.

On introduit dans un ballon de verre 80 grammes d’iode pur, 75 gr. de chlorate de potasse, 1 gramme d’acide azotique, et 400 grammes d’eau. On porte le liquide à l’ébullition, et l’on relire le ballon du feu dès que le chlore commence à se dégager abondamment; pendant cette réaction , l’iode a été complètement converti en acide indique. On verse dans la dissolution 90 grammes d’azotate de baryte dissous dans l’eau; il se dépose aussitôt de l’iodate de baryte qu’on lave parfaitement; on fait bouillir ce sel pendant une demi-heure avec 40 grammes d’acide sulfurique additionné de 150 grammes d’eau; on filtre, on évapore, et l’acide indique séparé de l’iodate par l’acide sulfurique cristallise par le refroidissement. Cet acide ne cristallise que parce qu'il relient un peu d’acide sulfurique; on le débarrasse de cet acide en le faisant bouillir avec un peu d’iodale de baryte; mais alors l’acide indique se trouve contenir un peu d’acide azotique, provenant de l’azolale de baryte employé. Il faut évaporer l’acide indique jusqu’à siccité, le pulvériser et le chauffer pendant quelques heures, tant qu’il répand des vapeurs blanches; toutefois on doit éviter de le décomposer. On le redissout ensuite et on le concentre de nouveau; dans cet état, il ne cristallise plus. (Millon, Annales de chimie, tome IX, année 1843.)

DE li'AClDE DÈRIODIQUE ( BEPTAIODIQDE). I0\ Équivalent = 2278,20.

L’acide périodique , découvert en 1833 par MM. Ammermuller et Magnus, est le produit de l’art.

Il est sous forme de prismes rhomboïdaux obliques, incolores, déliquescents dans un air humide, solubles dans l’eau, dans l’alcool et l’éther. Cliauffé à l’air sec dans un bain d’acide sulfurique, il fond à 130®; à 160® il perd son eau de cristallisation.

Caractères distinctifs. 1® A 190" cent., il fournil de l’oxygène gazeux et de l’acide indique , lequel se décompose à son tour en oxygène et en iode si la température est élevée jusqu’à 400". 2" L’acide chlorhydrique

DE l/üXYDE DE PHOSPHORE. 181

le transforme en acide iodique; il se dégage du chlore, et il y a formation d’eau ; d’où il suit qu’une partie de l’oxygène de l’acide périodique s’est unie à l’hydrogène de l’acide chlorhydrique. 3° Il donne avec la soude un sel basique à peine soluble dans l’eau.

Il est formé de 69,27 d’iode et de 30,73 d’oxygène.

Préparation. On traite Vheptaiodate orangé d’argent neutre et anhydre par de l’eau à la température ordinaire, qui décompose le sel en acide heptaiodique qui reste dissous, et en sous-heptaiodate d’argent jaunepaille insoluble; on filtre et on fait évaporer la liqueur. Pour obtenir Vheptaiodate d’argent, on fait passer un courant de chlore à travers une dissolution bouillante d’iodate de soude mêlée de carbonate de soude, et on laisse refroidirla liqueur; il se dépose des houppes soyeuses d’heptaiodate de soude. On dissout ce sel dans l’acide azotique , et on le décompose par l’azotate d’argent, qui en précipite de l’heptaiodate d’argent très-peu soluble. On dissout le précipité dans l’acide azotique bouillant, et par le refroidissement de la liqueur, l’heptaiodate d’argent se dépose de nouveau.

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