CI + 6KO = IO\ KO + SKI
Les iodates de soude, de chaux , de baryte, de strontiane, se préparent comme nous venons de l’indiquer.
Lesbromates se préparent de la même manière que les iodates.
Iodure d'azote.
Syn. Azolide d’iode.
Propriétés physiques. L’iodure d’azote a l’aspect d’une poudre noirâtre. Desséché, il est, pour ainsidire , intangible. Le choc le plus léger sufiît pour le faire détoner violemment ; c'est ce qui rend ce corps si dangereux à manipuler.
CHLORACÉS.
On prévient cependant cet inconvénient en mélangeant la matière explosible avec des grains de sable , avec de la farine , de la sciure fine de bois , enfin avec des parcelles d’un corps étranger, pour écarter, les unes des autres, les molécules de la matière explosible. D’autres substances intangibles , telles que le fulminate d’argent , le fulminate de mercure, etc., sont ainsi rendues manipulables.
Propriétés chimiques. L’iodure d’azote détonne par le choc parce que les deux éléments dont il se compose se désagrègent subitement , pour reprendre l’état de fluides élastiques. L’eau le décompose mieux à chaud qu’à froid; il se produit de l'ioditeet l’iodhydrate d’ammoniaque, un peu d’azote, et de l’iode qui colore la liqueur. L’iodure d’azote a beaucoup d’analogie avec le chlorure d’azote.
Préparation. L’iodure d’azote se produit en faisant réagir sur une dissolution d’ammoniaque , de l’iode très-divisé , obtenu en précipitant In teinture d’iode par l’eau. Explication. L’ammoniaque se compose d’hydrogène et d’azote (NH3) : une partie de l’iode se substitue à l’hydrogène de l’ammoniaque, pour former l’iodure d’azote qui se dépose; et une partie de l’ammoniaque non décomposée, produit avec l’iode , de l’iodhydrate d’ammoniaque soluble. Du reste , cette réaction est tout à fait analogue à celle du chlore sur l’ammoniaque (Voy. Préparation du chlorure d'azote).
Composition. L’iodure d’azote peut être considéré comme de l’ammoniaque dans laquelle l’hydrogène a été remplacé par l’iode.
Formule : =NI3=AzT.
M. Millon avance que les composés détonants d’iode , de chlore et de brème, contiennent de l’hydrogène; et M. Marchand, ayant repris les travaux de M. Millon, donne, pour la formule de l’iodure d’azote :l’Az’H4 (1).
(1) Annales de Physique et de Chimie . Janvier, 18.40.
FLUOU.
Synonyme. Phthor ( , je détruis ) Ampère.
Le fluor paraît se combiner directement avec tous les corps connus; de là l’extrême difficulté qu’on éprouve à l'isoler. L’étude des composés, dans lesquels entre ce corps , nous porte à croire qu’il doit avoir la plus grande analogie avec le chlore , le brôme et l’iode , et former avec eux un groupe de corps très-naturel.
L’acide fluorhydrique , exposé à l’action de la pile, donne de l’hydrogène au pôle négatif, et une masse brunâtre au fil de platine du pôle positif, laquelle masse n’est autre chose que du fluorure de platine. Un courant de gaz chlore qu’on fait arriver sur du fluorure d’argent, produit du chlorure d’argent , et le fluor, en se séparant , se combine aussitôt avec la substance des vases dans lesquels on opère. Cependant, lorsqu’on fait l’opération dans un vase fait avec du fluorure de calcium , seule substance qui ne soit pas attaquée par le fluor, on remarque un gaz d’un brun jaunâtre qui prend naissance. Ce gaz est probablement le fluor dont on n’a pas encore examiné les propriétés physiques. Le symbole du fluor est :
F=233,800 (1 équivalent ) =FJ (2 atomes).
Acide fluorhydrique.
Synonymes. Acide hydrofluorique , acide fluor i que y acide hydro-phthorique , Fluss-saure , Flusswasserstoffsdure (allem.).
Propriétés physiques. L’acide fluorhydrique est analogue à l’acide chlorhydrique. Il a une saveur excessivement caustique et une odeur très-pénétrante. Il devient liquide à la température de 0° ; tandis que l’acide chlorhydrique ne se liquéfie qu’à la température de — 60°. Sa densité varie de 1,06 à 1,26 lorsqu’il contient une certaine quantité d’eau.
L’acide fluorhydrique répand à l’air des fumées blanches et
CHLORACÉS.
épaisses. Il est, comme l’acide chlorliyrique, très-avide d'eau, et il s’y dissout avec une sorte d'effervescence. Il l>out à 15°, et ne se congèle pas à — 20°.
Propriétés chimiques. L’acide fluorhydrique est très-stable , c’est-à-dire que l'affinité du fluor pour l'hydrogène est très-grande. Cette affinité est même plus grande que celle du cldore pour l'hydrogène ; ce qui le prouve , c’est qu’en faisant arriver du chlore sur du fluorure d’argent, on obtient un chlorure d'argent , et le fluor, ainsi éliminé , décompose l’eau à froid et dans robscurité aussi bien qu'à la lumière , ce que ne fait pas le chlore.
L’acide fluorhydrique rougit fortement la teinture de tournesol. On le décompose en le faisant arriver dans un tube incandescent , contenant du fer, de l’argent , etc : il se produit un fluorure de fer, d’argent , etc., et l'hydrogène se dégage. En général , tous les corps qui décomposent l’acide chlorhydrique, décomposent aussi l’acide fluorhydrique. Il forme, avec les bases, des fluorures tout à fait analogues aux chlorures , bromures , iodures et cyanures.
L’acide fluorhydrique exerce une action très-énergique sur l’économie animale. Il est facilement absorbé par les tissus qu’il corrode et détruit. Une goutte de cet acide, mise sur la peau , produit d’abord un picotement semblable à la piqûre d’une ortie ; bientôt (au bout de deux heures environ), il se forme , sur cet endroit de la peau, une grosse ampoule causant une sensation de cuisson insupportable, souvent accompagnée de symptômes fébriles. C’est un des poisons corrosifs les plus violents.
Caractères distinctifs. L’acide fluorhydrique est le seul corps qui , dans les circonstances ordinaires , attaque la silice libre ou combinée. On a mis cette propriété à profit pour graver sur verre. A cet effet, on recouvre celui-ci d’une mince couche de vernis bien uniforme ; ensuite on y trace , avec unejpointe d’acier, les dessins qu’on désire ; enfin, on fait arriver sur la plaque de verre où l’on a tracé le dessin , des va-
CHLORACÉS.
peurs d’acide fluorhydrique, qui attaquent le verre partout où il a été mis a nu par la pointe d’acier. La couche de vernis protège toutes les autres parties (t).
Préparation. Nous avons vu que, pour préparer l’acide chlorhydrique , il fallait traiter le chlorure de sodium par l’acide sulfurique ordinaire. Pour préparer l’acide fluorhydrique, il suflit de substituer le fluorure de calcium ( spath fluor, fluale de chaux), au chlorure de sodium. Seulement ici , il faut opérer à chaud.
La réaction est semblable à celle qui se produit dans la préparation de l’acide chlorhydrique.
FCa \ FH (1 équ. d’acide fluorhydrique), SOJ,HO j = CaO.SO' (1 équ. de sulfate de chaux).
On recueille et l’on conserve l’&cide fluorhydrique dans des vases de plomb, de cuivre , d’argent ou de platine. On petit encore le conserver dans des bouteilles de caoutchouc. On doit rejeter les vases de verre, car l’acide fluorhydrique attaque le verre et tous les vases dans la composition desquels entré la silice.
100 parties d’acide fluorhydrique se composent de
94,933 de fluor 5,067 d’hydrogène.
Et en établissant la proportion suivante ,
5,067 : 94,933 12,48 : x, on a l’équivalent dü fluor
= 233,80 = Fl ou Fl(i) 2 ( en atomes).
Usage. On emploie l’acide fluorhydrique pour graver sur verre.
Historique. L’acide fluorhydrique a été découvert en 1771, par Scheele qui , le regardant comme un composé d’oxygène et de fluor, l’appela acide fluorique. Davy, Thénard et
(i) Ce procédé est analogue à celui dont on se sert pour graver sur cuivre ;
seulement, à la place de l'acide fluorhydrique , on se sert de l’acide azotique.
ClILORACÉS.
Gay-Lussac ont les premiers démontré que l’acide fluorique de Sclieele est un hydracide.
Fluorures.
Sys. Phlhorures , ftuates.
Les fluorures sont analogues aux chlorures, bromures et iodures. Ils sont généralement solubles. Le fluorure d’argent lui-même est soluble. Le fluorure de calcium est seul insoluble.
Caractères distinctifs. C’est l’acide fluorhydrique qui caractérise les fluorures.
1° Les fluorures, traités par l’acide sulfurique bouillant, dégagent des vapeurs d’acide fluorhydrique dont le principal caractère est de corroder le verre, en donnant naissance à du fluorure de silicium.
2° En faisant arriver un courant de chlore sur un fluorure, et particulièrement sur le fluorure d'argent soluble, contenu dans un vase fait avec du fluorure de calcium , on obtient un gaz d’un jaune fauve, qui, probablement, n’est autre chose que le fluor ou le phthor. Ce gaz attaque rapidement tous les autres vases , et décompose l’eau en donnant naissance à de l’acide fluorhydrique.
3° Les fluorures, chauffés avec de l’acide borique , à une température très-élevée , donnent lieu à des vapeurs excessivement épaisses , très-fumantes , de fluorure de bore (acide fluo-borique).
La composition des fluorures est analogue à celle des chlorures. Formules: FIM (équivalents),
FI’M (atomes).
Fluorure de silicium.
Synonymes. Acide phthoro-iilicique , acide Jlitosiliciquc , phthorure de silicium.
Propriétés physiques. Le fluorure de silicium est un gaz incolore , fumant beaucoup à l’air. Il a une saveur et une
CHLORACÉS.
odeur analogues à celles de l’acide chlorhydrique, avec lequel il avait été autrefois confondu. Sa densité est 3,597. L’eau en absorbe 365 fois son volume. Sa dissolution aqueuse ne tarde pas à se décomposer : il se produit , aux dépens des éléments de l’eau , de l’acide silicique insoluble sous forme de gelée , et de l’acide fluorhydrique qui reste en dissolution ( Yoy. Propriétés chimiques ).
Propriétés chimiques. Le fluorure de silicium rougit fortement la teinture de tournesol. 11 se décompose dans l’eau en 1 éq. d’acide silicique et en 1 éq. d’acide fluorhydrique. Celui-ci se combine avec 2 éq. de fluorure de silicium non décomposé , pour donner lieu à un composé stable , que l’eau ne décompose plus (Voy. sfcidehydro-Jluo-silicique).
Préparation. On prépare le fluorure de silicium en faisant agir de l’acide sulfurique ordinaire sur du fluorure de calcium mélé de fragments de verre pilés ou de grains de sable. 11 faut éviter de le recueillir sur l’eau.
CaF
SiO