PLATINE
Étymologie. Le nom «le platine vient de l'espagnol plaln , argent , diminutif platinn (petit argent), à canse de l'aspect que présente ce métul.
Propriétés physiques. Le platine a la couleur et l’éclat de l’argent; il a seulement une teinte un peu plus grisâtre. Il est extrêmement ductile et un peu moins malléable que l’or. D’après Wollaston , la ténacité du platine est à celle du fer comme 59 : 60. Lorsque le platine est parfaitement pur, il est plus mou que l’argent ; la présence d’une quantité minime d’un métal étranger le durcit beaucoup. Le platine est le moins dilatable de tous les métaux; sa dilatation linéaire est 0,000 8565 , de 0° à 100°. Le maximum de sa densité est 21,80. C’est le plus dense de tous les métaux (2). Le platine est infusible
(i) Le platine est plus pesant que l'or; sa densité est ai ,4 9, tandis que celle de l’or est 19,358.
(a) Le poids spécilique de X Iridium paraît être un peu supérieur à celui du platine ; cependant, comme l’iridiiftn ne s’obtient jamais à l'état de pureté, il est bien diflicile d'en déterminer exactement la densité.
AU R ACES.
au feu de nos fourneaux. Il ne fond qu’à la flamme du mè- / lange explosif d’oxygène et d’hydrogène , ou par l’action d’une puissante pile de Volta. A l'état de liquéfaction , il bouillonne en lançant des étincelles. A une très-haute température blanche, il se ramollit assez pour pouvoir être forgé et soudé sur lui-même comme le fer. A cette même température , on peut travailler sous le marteau le platine en éponge , et lui donner la forme de lames métalliques. Le platine du commerce n’est jamais pur : il contient ordinairement 1/2 p. 0/0 d’iridium et de palladium ; c’est ce qui le rend si dur.
Propriétés chimiques. Le platine est inaltérable à l’air dans les circonstances ordinaires. Il est complètement inoxydable , soit à froid , soit à chaud , propriété qui lui aurait valu autrefois le premier rang parmi les métaux nobles. Il ne décompose l’eauà aucune température. Il n’est lui-même attaqué que par un très-petit nombre de corps. L’eau régale seule l’ataque et le dissout facilement. Le chlore , le brome , le fluor, et surtout les eaux régales{ 1), l’attaquent et le dissolvent mieux à chaud qu’à froid. Les acides azotique et sulfurique concentrés ou étendus ne l’attaquent ni à froid ni à chaud. Cependant un alliage de platine et d’argent est facilement attaqué et dissous par l’acide azotique. Le nitre et la potasse caustique l’attaquent à chaud . il se forme du protoxyde , ou, au contact de l’air , un mélange de protoxyde et de peroxyde. Le platine en éponge se combine avec le soufre fondu ou en vapeur ; la combinaison a lieu avec dégagement de lumière. Il se combine dans les mêmes circonstances avec le phosphore. Le phosphore, l’arsenic et le soufre rendent le platine trèscassant. Le platine s’allie avec presque tous les métaux.
État. Les minerais de platine renferment presque toujours, outre le platine, du palladium , du rhodium, de l’iridium,
(i) Les combinaisons de l'acide bromhydrique , de l'acide iodhydrique et de l’acide lluorhydrique avec l'acide azotique sont de véritables eaujc régales, dont la combinaison de l'acide chlorhydrique avec l'acide azotique est le type.
AliRACE.S.
de l’osmium, et peut-être d'autres corps qui restent encore à découvrir. On rencontre des minerais de platine en quantité exploitable, au Pérou et au Brésil, dans les mêmes terrains d’alluvion qui renferment l’or et le diamant. Il y existe sous forme de grains ou de larmes arrondies. On avait pensé que la forme granulaire du platine natif était due au roulement de masses d’eau considérables , venant à l’appui de l’existence d’un déluge universel ; mais cette opinion est contredite par la forme quelquefois cristalline de ces grains de platine , dont M. Boussingault a découvert près de Santa-Rosa, en Colombie, un gisement dans une siénite altérée dont personne ne peut contester l’origine ignée. On trouve les principaux gîtes de platine dans l’Amérique méridionale , comme, par exemple , dans les sables du fleuve Pinto , à Quito , à Popayan , au Choco près de Santa-Fé (Colombie) ; dans les capitaineries de Malto-Grosso et de Minas-Geraes (Brésil). On trouve quelquefois des minerais de platine en grains de la grosseur de plusieurs livres , dans les mines du mont Oural , à Nisclmé- Tagilsk, à Goroblagodask, à Kuschwa, dans des sables aurifères. Il paraît que les galènes d’AIloue , de Grand-Neuville (Charente), de Melle (Deux-Sèvres ), renferment des traces de platine. Les minerais de platine sont lavés comme les minerais d’or , afin d'en séparer les matières pierreuses légères. Après le lavage , on a les grains de platine contenant des métaux étrangers, tels que l’or , le fer litané, le fer chromé, le cuivre, le plomb , et principalement le palladium , le rhodium et l’osmiure d’iridium (1).
P réparatioji. La préparation du platine est assez compli-
(1) Pline rapporte qu’on trouve dans l’or de lavage du Portugal ( Luitania ) des grains noirs variés de taches blanches, qui ont le même poids que l'or, et qui restent avec l'or au fond des vases dans lesquels ou les recueille. Inveuiuntur et in aurariis metallis , quœ elutia vocant : nqua immitsa eluentc , calculos nigros paulunt cantlore variatos , quihus eadem gravitas quœ auro ; et ideo in calnthis in quibus aur um Colligilur , rémanent curn eu. ( J/ist . natur ., lib. xxxiv») D’après des paroles aussi explicites, pourrait-on douter que lus anciens aient connu le platine?
ALRACÉS.
quée à cause du grand nombre de substances étrangères que renferment les minerais de platine. On préfère généralement les procédés par la voie humide aux procédés par la voie sèche. On broie d’abord le minerai, afin d’en séparer les traces de fer magnétique au moyen d’un barreau aimanté ; puis on le chauffe , afin d’en éliminer le mercure , qui se volatilise ; enfin , on traite le minerai par de l’acide chlorhydrique auquel on ajoute de l’acide azotique par petites doses successives. On évapore la liqueur et on réitère l’opération jusqu’à ce que l’acide ne dissolve plus rien. La dissolution contient le platine, le palladium, le rhodium , le cuivre , un peu de fer et une certaine quantité d’iridium. Il reste un dépôt insoluble d'osmiure d’iridium (en paillettes brillantes), de fer titané, et quelquefois de l’oxyde d’iridium sous forme de poudre noire , surtout lorsque l’acide azotique a été employé en trop forte proportion. Après avoir étendu la dissolution de dix fois environ son volume d’eau , on y verse une dissolution de sel ammoniac faite à froid : le précipité qui se forme est un chlorure double de platine et d’ammonium ( chloroplalinate d’ammonium) coloré en rouge briqueté ( cette couleur est due à une certaine quantité de chlorure double d'iridium et d’ammonium). On calcine ce précipité dans un creuset de porcelaine et on traite le résidu de la calcination par de l’eau régale un peu faible , laquelle dissout le platine et laisse presque tout l'iridium intact. On précipite de nouveau la dissolution par du sel ammoniac , et tant que le dépôt qui se produit n’est pas d’un jaune pur , on le calcine et on le traite comme ci-dessus. Enfin, en calcinant le chlorure ammoniacal jaune (exempt d’iridium), on obtient le platine pur sous la forme d’une poudre noirâtre agrégée {éponge ou mousse de platine ).
C’est sous celle forme que le platine jouit de la propriété de condenser les gaz dans ses pores et d’en déterminer la combinaison avec élévation de température. Celte propriété est encore plus marquée lorsque le platine est plus divisé et en
AL J'.ACES.
poudre noire [noir de platine). On l’obtient sous celte forme en traitant le chlorure de platine et de potassium par l’alcool (Doebereincr). Cette poudre est d’un noir de suie et tache les doigts; comme l’éponge de platine, elle est susceptible de prendre le poli par le frottement. Elle absorbe jusqu’à 745 fois son volume d’hydrogène. Au contact de l’air, elle transforme l’esprit de vin en vinaigre, Je gaz sulfureux en huile de vitriol, l’hydrogèneeneau;enun mot, elle jouit de la propriété remarquable d’amener la combinaison de l’hydrogène , non- seulement avec l’oxygène, mais avec tous les métalloïdes gazeux ou vaporisables; il n’en faut pas excepter le cyanogène lui-même. Elle détermine la combustion des corps organiques sur lesquels on la chauffe légèrement. Tous les composés d’azote (matières animales) sont changées en ammoniaque , par un excès d’hydrogène , et en acide nitrique avec un excès d’oxygène. Toutes ces combinaisons s’opèrent sous l’influence du platine divisé ( noir de platine ) sans que celui-ci perde rien de sa nature (1). Le noir de platine perd en partie , par la calcination , la propriété d’absorber et d’enflammer des gaz et des vapeurs combustibles.
Séparation du palladium : Après avoir Séparé le platine à l’état de chlorure ammoniacal , on précipite par des lames de zinc les métaux qui restent dans les eaux-mères. On lave ensuite le précipité et on le traite par l’eau régale affaiblie, aGn de dissoudre le moins possible d’iridium et de palladium ; après avoir neutralisé la liqueur par du carbonate de soude, on la traite par une dissolution de cyanure de mercure qui précipite tout le palladium à l’état de cyanure. La calcination de ce cyanure dans des vases fermés donne immédiatement le palladium h l’état métallique.
Séparation du rhodium : Après avoir ainsi séparé de la liqueur le platine et le palladium , on ajoute à cette liqueur
(i) M . Kuhlmann pense qu’on pourra appliquer cette propriété du platine divisé, à la fabrication en grand de l'ammoniaque , de l’eau-forte et du bleu de Prusse ( Comptes rendus des séances de i Académie , i83j}, p. 496).
AURACÉS.
un peu d’acide chlorhydrique ; on évapore le mélange jusqu’à siccilé , et l’on traite le résidu par l’alcool à 0,84 ; le cuivre et une petite quantité d’iridium restent en dissolution ; le rhodium se dépose.
Séparation de l’iridium : Tous les autres métaux étant solubles dans l’eau régale , on obtient , pour résidu dans la liqueur , l’iridium à l’état d’oxyde. On réduit l’oxyde d’iridium par un courant d’hydrogène.
Séparation de l’osmium : Une partie de l’osmium s’obtient à l’état d’acide osmique, pendant la distillation du minerai de platine attaqué par l’eau régale. L’autre partie reste intimement combinée avec l’iridium ( osmiure d’iridium). On reeonnaît que l’iridium contient de l’osmium, lorsque, chauflé au bord extérieur de la flamme d’une lampe à alcool , il donne , une lumière étincelante , produite par des parcelles d’acide osmique qui se volatilisent. On retire l’osmium de l’ osmiure d’iridium en chauffant ce dernier composé dans un courant de chlore qui entraîne la plus grande partie de l’osmium à l’état de chlorure; mais, quoi qu’on fasse , il en reste toujours une certaine quantité combinée avec l’iridium. Lorsqu’on fait passer un mélange d'hydrogène et d’acide osmique légèrement chauffé dans un tube de verre rougi dans un point, l’osmium se dépose vers ce point sous la forme d’une masse agglomérée , d’un blanc métallique tirant sur le bleu gris , et que l’on peut aplatir sous le marteau en feuilles minces.
Historique. Le platine a été découvert en Amérique par les Espagnols , qui , le regardant d’abord comme une espèce d’argent, lui donnèrent le nom qu’il porte encore aujourd’hui. Ce métal n’a été introduit en Europe qu’en 1740. On le connaissait depuis longtemps en Amérique; mais on n’en faisait aucun usage. Les employés du gouvernement espagnol avaient môme ordre de jeter le minerai de platine dans la mer, afin qu’on ne l’employât pas frauduleusement pour l’allier avec l’or. Ce n’est qu’en 1749 que le platine fut décrit pour la première fois, comme un métal particulier , par l’An-
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glais Watson. Turgot et Dauray , orfèvres , ont les premiers entrepris de le travailler en grand, en 1785. L’emploi des creusets de platine a fait faire de grands progrès à la chimie.
Composés oxygénés.
On connaît deux oxydes de platine , le protoxyde et Le peroxyde. On ne les obtient que par voie indirecte. Ils sont tous très-peu stables.
Ce qu'on appelait autrefois sous-oxyde n’est autre chose que du platine dans un état de division extrême , désigné aujourd’hui sous le nom de noir de platine. On peut le préparer de diverses manières. On l’obtient en versant du chlorure de platine dans une lessive chaude de potasse caustique, et en y ajoutant de l’alcool par petites doses. Comme il se produit une vive effervescence en même temps qu’il se dégage beaucoup d’acide carbonique , il faut opérer dans un vase trèslarge et en agitant continuellement la liqueur ( Liebig).
1° Protoxyde. 11 est noir et pulvérulent. A l’état de précipité récent , il est gélatineux et très-volumineux. On ne le connaît qu’à l’état d’hydrate; car, soumis à l’action de la chaleur , il abandonne tout à la fois son eau et son oxygène. Le charbon le réduit avec détonation. Les acides ( acides sulfurique , nitrique , etc. ) le dissolvent lentement et se colorent en brun verdâtre. L’acide chlorhydrique le convertit, à chaud, en perchlorure et en platine métallique. Les alcalis fixes en dissolvent une certaine quantité et se colorent en noir , quand les dissolutions sont concentrées , et en vert, quand elles sont très-étendues.
Composition. S PtO = 1233, 499 ( Pt) ,
1333, 499 (PlO).
On ne l’obtient qu’en traitant à chaud le protochlorure de platine par la potasse caustique.
2° Peroxyde ( deutoxyde ). Hydraté, il est couleur de rouille, semblable à l’hydrate de peroxyde de fer. Il est réduit par la simple chaleur. Les combinaisons qu’il forme avec les acides sont incristallisables ; ce ne sont pas de véritables sels. Il ne se combine guère avec les acides végétaux; car ces acides le réduisent sous l’influence de la chaleur. Le peroxyde de platine ( acide platinique ) se combine, comme le peroxyde d’or, avec les alcalis. Ces combinaisons {platinates) sont analogues aux auratcs. La combinaison du peroxyde de platine avec l’ammoniaque est explosive ( platine fulminant ).
Il est très-difficile d’obtenir le peroxyde de platine pur. Celui qu’on obtient par voie de précipitation ( en versant un alcali dans un sel de platine ) contient toujours une certaine quantité d’alcali. Le meilleur procédé consiste à précipiter l’azotate de platine par la soude, et à fractionner le précipité. La première portion est l’hydrate de peroxyde pur , la dernière est un sous-sel. La composition du peroxyde de platine , déduite de celle du perchlorure , est PtO\
Composés chlorés.
Les combinaisons du chlore avec le platine forment , pour ainsi dire, toute l’histoire des composés de ce métal. Le platine a, sous ce rapport, la plus grande analogie avec l’or-
Les chlorures de platine correspondent exactement aux oxydes.
1° Chlorure { protochlorure). Il est d’un vert olivâtre, pulvérulent , insoluble dans l’eau. Exposé à la lumière , il noircit à sa surface. Mouillé avec de l’acide chlorhydrique et abandonné au contact de l’air , il se convertit en perchlorure soluble. L’eau régale le change lentement en perchlorure. A chaud , les alcalis le décomposent en peroxyde et en perchlorure.
Composition. PtCl ou PtCP , analogue à celle du protoxyde (PtO ).
ALJUUliS.
On l’obtient en chauffant le perchlorure vers 230°. A cette température, le perchlorure abandonne lamoitié de son chlore. A une température plus élevée , il abandonnerait tout le chlore.
2° Perchlorure ( chloride , bichlorure , deutochlorure ). Il est d’un rouge brun à l’état solide , ou en dissolution concentrée; sa dissolution étendue est d’un jaune orange. II est déliquescent et a une réaction acide. Il est plus soluble à chaud qu’à froid, et susceptible de cristalliser par le refroidissement. Il est également soluble dans l’alcool. Par l’action de la chaleur , la dissolution alcoolique de perchlorure de platine laisse déposer du platine métallique. C’est par ce moyen qu’on peut recouvrir le verre , la porcelaine , etc., de minces couches de platine métallique. L’acide sulfhydrique précipite le perchlorure de platine en brun noir; il faut y ajouter un peu d’ammoniaque pour accélérer la précipitation. Le cyanoferrure de potassium ne le précipite pas ; c’est là une exception rare , car ce réactif précipite généralement toutes les dissolutions métalliques. La potasse ou l’ammoniaque forme un précipité jaune ( chloro-platinate .) La soude ne précipite pas le perchlorure de platine ; car le chlorure double qui se produit {chloro-platinate de sodium) est soluble. (Ceci offre un moyen de séparer la potasse de la soude). Le perchlorure de platine ( acide chloro-platinique ) se combine, comme les acides chloro-stannique et chloro-hydrargyrique , etc. , avec les cliloro-bases (chlorures de potassium, d’ammonium, etc.), pour former des chloro-platinates , composés de 2 éq. de chloracide et de 1 éq. de chloro-base.
Composition du perchlorure de platine. PtCl1, analogue à celle du peroxyde ( PtO’ ).
On le prépare en traitant le platine par l’eau régale , et en évaporant pour chasser l’excès d’eau régale. Le perchlorure de platine forme avec l’acide chlorhydrique un chlorhydrate de chlorure de platine, acide et cristallisable par évaporation.
Usages. Le perchlorure de platine peut être employé avec
AURACES.
avantage dans le traitement des maladies syphilitiques ; il est moins vénéneux que les perchlorures d'or et de mercure, avec lesquels il a de l’analogie (1).
Chloro-platinate de potassium. Il est d’un beau jaune orangé , susceptible de cristalliser en octaèdres très-petits. Il faut 144 p. d’eau froide pour le dissoudre. Il est un peu plus soluble à chaud et dans l’eau aiguisée d’acide chlorhydrique.
Composition. 2 PtClJ , KCI-
Chloro-platinate d’ammonium. Il a la même couleur et la même cristallisation que le sel précédent. Il s’en distingue , en ce qu’il est un peu plus soluble. Il donne, par la calcination, du platine métallique sous forme spongieuse; on agrège les particules métalliques sous le marteau , à l’aide de la chaleur. Ce composé est anhydre.
Composition. 2PtCl*, NH‘C1.
Chloro-platinate de sodium. Il est soluble dans l’eau et donne par évaporation de beaux cristaux d’un rouge orange, hydratés.
Composition. 2 PtCl*, NaCl.
Chloro-platinate de baryum. Il cristallise par évaporation en prismes rhomboïdaux , inaltérables à l’air. Il a la couleur du chromate de plomb natif.
Composition. 2PtCl*, BaCl.
Le chlorure de calcium et le chlorure de strontium donnent des chloro-platinates analogues.
Le magnésium , le manganèse , le fer , le cobalt , le nickel, le cuivre , le zinc et le cadmium donnent tous des chloroplatinates, dans lesquels 2éq. de chloracide sont combinés avec léq. de chloro-base.
Le brome , l’iode et le fluor peuvent donner avec le platine des composés analogues à ceux que produit le chlore.
(1) Observations et recherches experimentales sur les préparations de platine , etc. ; par le docteur Hœfer , broch. in-8, Paris. 1841.
Le perbromure ( brômide) forme, avec les dissolutions des sels de potasse et d’ammoniaque , des précipités jaunes (bromo-platinates de potassium et d’ammonium ). Les bromoplatinates sont entièrement analogues aux chloro-pialinates.
Le proio-iodure et le periodure ( iodide ) sont noirs , pulvérulents et insolubles dans l’eau. Le periodure se dissout dans l’acide iodhydrique, et la liqueur donne, par évaporation, des cristaux aciculaires noirâtres d’iodhydrate d’iodure de platine ( IH, Ptl* ).
Les iodo-platinates sont analogues aux bromo-platinatcs .
Le perfluorure ( Jluoride ) de platine forme, avec les alcalis et avec quelques métaux, des Jluo-platinates , analogues aux iodo-platinates. ,
Le cyanure de platine, qui a quelque analogie avec le chlorure , donne naissance à plusieurs composés doubles assez intéressants.
Cyano-platinate de potassium (cyanure double de platine et de potassium). On le prépare en chauffant au rouge parties égales d’éponge de platine et de cyanoferrure de potassium sec. On lessive avec de l’eau la masse calcinée et on l’évapore ; l’excès de cyanoferrure cristallise le premier ; le cyano-platinate de potassium cristallise le dernier sous forme de prismes minces, allongés, jaunes par transmission et bleus par réflexion ( L . Gmelin).
Cyano-platinate de mercure, ha dissolution de cyano-platinate de potassium donne , lorsqu’on la traite par l’azotate de protoxyde de mercure , un précipité bleu de cobalt. Lorsqu’on chauffe ce précipité dans l’eau , on obtient de l’azotate de mercure qui reste en dissolution, etun résidu blanc qui est du cyano-platinate de mercure pur [Dœbereiner).
Cyanhydrate de cyanure de platine. Ce composé cristallise en masse confuse; il se liquéfie rapidement à l’air humide. On le prépare en faisant arriver du gaz acide sulfhydrique dans de l’eau tenant du cyanoplatinate de mercure en sus-, pension. • > .
Composés sulfurés.
Il existe deux sulfures de platine correspondant aux oxydes et aux chlorures.
1° Protosulfure. Il est d’un gris métallique , semblable au platine. Il se décompose par le grillage en acide sulfureux et en platine.
Composition. Pt S, analogue à celle du protoxyde (PtO).
On le prépare en triturant le chloro-platinate d’ammonium avec du soufre et en chauffant ce mélange dans des vases clos, jusqu’à ce que le sel ammoniac et le soufre en excès se soient volatilisés.
2 Persulfure ( sulfide, deutosulfure). Il est d’un brun foncé. Il se sulfatise rapidement à l’air humide. A la chaleur rouge il se convertit en protosulfure.
Composition. Pt S1 analogue à celle du peroxyde (Pt O1).
On l’obtient par la voie humide en versant par petites doses une dissolution de perchlorure de platine dans un sulfure alcalin.
Le bore et le phosphore peuvent également se combiner avec le platine et donnent naissance à des composés friables et pulvérulents.
Alliages.
Le platine du commerce, le même qui sert à faire des creusets, etc. , est une espèce d’alliage de palladium, de rhodium et d’iridium (ces derniers métaux y entrent en quantités très-petites). Le platine chimiquement pur est plus mou que v l’argent, et par conséquent d'un usage moins avantageux.
Cuivre. Il suffît d’une très-petite quantité de platine pour changer la couleur du cuivre. Un vingt-sixième de platine lui donne une teinte rose. Avec 7 p. de platine , 16 p. de cuivre et 1 p. de zinc, on obtient un alliage ductile, inaltérable à l’air et de la même couleur que l’or ( Cooper ).
Les alliages de cuivre et de platine sont susceptibles de
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recevoir un très-beau poli ; ou s’en sert pour faire des miroirs de télescope.
Les alliages de platine et de molybdène , de tungstène , d'antimoine , de plomb ou de bismuth , sont cassants. Un cinquième de zinc rend le platine très-fragile.
On obtient un amalgame d'un blanc éclatant comme l’argent en triturant à une douce chaleur du platine en éponge avec du mercure.
Sels de platine.
A. Sels de protoxyde. Us sont d’un brun verdâtre et trèspeu stables. Ils se décomposent souvent spontanément en sels de deutoxyde et en métal. Ils sont très-peu connus.
B. Sels de peroxyde. Ils sont fortement colorés en jaune rougeâtre ou en brun. Ils sont généralement solubles dans l’eau.
Caractères essentiels . 1° Les alcalis ne les précipitent qu’incomplétement, parce qu’il se forme des sels doubles dont la plupart sont un peu solubles.
2U L’acide sulfbydrique , avec addition de quelques gouttes d’ammoniaque , les précipite en brun foncé. Ce précipité est complet à un trente-millième près.
3° Le cyanoferrure de potassium colore en brun les dissolutions acides de platine; il est sans action sur les dissolutions neutres.
4° Le gallate d’ammoniaque , avec addition de quelques gouttes d’acide chlorhydrique , y produit un précipité brun visqueux. Ce réactif suffit pour constater la présence d’un quinze-millième environ de platine.
5° Le zinc , le fer et presque tous les métaux précipitent le platine de ses dissolutions.
6° Tous les sels de platine sont réduits à une température élevée, et donnent pour résidu du platine en éponge.
auracés.
Especes.
Sulfate de protoxyde de platine. Il est d’un gris verdâtre incristallisable et très-soluble dans l’eau. Il donne, avec une dissolution de sulfate de potasse, un précipité floconneux vert bouteille (sulfate double de potasse et de platine).
On l’obtient en traitant le protochlorure de platine par l’acide sulfurique.
Azotate. Il est acide , incristallisable, et se décompose par l’évaporation à siccité.
Sulfate de peroxyde de platine. On l’obtient en traitant le perchlorure par l’acide sulfurique concentré. Sa dissolution est brune et donne, avec les sulfates alcalins, des sels doubles stables, et généralement insolubles dans l’eau. L’ammoniaque donue dans le sulfate de platine au maximum un précipité brun qui détonne par le choc du marteau {platine fulminant).
M. Gros vient de découvrir une nouvelle classe de sels de platine composée de 1 équiv. d’amidure de protochlorure de platine (Pt Cl , WH* ) et de 1 équiv. d’un sel ammoniacal. On prépare ces sels avec le chlorure de platine ammoniacal de Magnus. Le chlorure de platine ammoniacal s’obtient de la manière suivante :
On verse (par petites doses) de l’acide sulfureux dans une dissolution aqueuse de perchlorure de platine légèrement chauffée , jusqu’à ce que la liqueur se colore en rouge brun. On traite ensuite la liqueur à la température de l'ébullition par l’ammoniaque en excès. Le chlorure de platine ammoniacal se dépose par le refroidissement , sous forme d’aiguilles cristallines d’un vert foncé , dont la formule est Pt Cl + NH®. Or, ce sel , traité à une douce chaleur par l’acide nitrique , donne une poudre blanche qui , étant traitée par l’eau , donne un précipité de platine métallique et un nouveau sel soluble cristallisant, par le refroidissement, sous forme de lamelles prismatiques brillantes.
A U 11 ACES.
Ce sel (sel de Gros), en contact avec la chaux ou la potasse caustique, ne dégage de l’ammoniaque qu’à chaud; l’hydrogène sulfuré le trouble à peine.
La formule de ce sel est NH‘0,N08 4- PtCl,NHJ.
Traité par l’acide sulfurique il donne un sel (NH‘0,S03 -f- PtCl,NH’) qui ne précipite pas le sel de baryte . Avec l’acide oxalique, il donne un sel dont la composition est NH40,C!03-f- PtCUNH’.
On obtient ainsi avec les acides une série de sels dans lesquels se retrouve toujours le composé PtCl, KH’.