LES URINES SUCRÉES
Pour rechercher la présence de glucose dans l’urine, on peut, au lieu d’une solution cuivrique, employer une solution bismuthique. On sait qu’en présence d’alcalis caustiques les sels de bismuth sont réduits à l’ébullition par la glucose. La solution bismuthique généralement employée se prépare en dissolvant 4 grammes de sel de Seignette dans 100 centimètres cubes d’une solution de soude caustique à 10 p. 100, et faisant digérer au bain-marie dans cette liqueur 2 grammes de sous-nitrate de bismuth.
Pour reconnaître le sucre au moyen de cette liqueur, on ajoute 1 centimètre cube de cette liqueur à 10 centimètres cubes d’urine, et on porte à l’ébullition. Si l’urine contient du sucre, il se produit une coloration jaune, puis jaune brun, puis la liquëur se trouble et devient noire ; peu à peu se produit un dépôt noir généralement considéré comme constitué par du bismuth métallique pulvérulent.
Cette réaction ne présente pas les causes d’erreur que nous venons de signaler à propos de la réaction avec la liqueur de Fehling : en effet, ni l’acide urique, ni la créatinine ne réduisent la solution de bismuth. Cependant l’urine peut contenir, au moins accidentellement, des substances capables de réduire la solution de bismuth. Aussi convient-il, pour avoir une certitude absolue, de contrôler cette réaction par quelque autre, comme il est nécessaire de contrôler la réaction par la liqueur de Fehling.
l’urine.
c. La glucose est un sucre fermentescible. — Une solulion sucrée additionnée de levure de bière fermente. Cette fermentation est rendue manifeste par le dégagement de bulles de gaz carbonique. Si donc on ajoute à une urine (qu’on acidulé souvent très légèrement par l’acide tar trique qui favorise la fermentation) de la levure de bière, et si on constate un dégagement très net de gaz carbonique, on peut affirmer la présence du sucre dans l’urine.
Quant au dosage du sucre de l’urine, il se fait par les procédés dont nous avons indiqué les grandes lignes au chapitre III. Ces procédés se rangent en 3 groupes : — les procédés physiques : détermination du pouvoir rotatoire, — les procédés chimiques : détermination du pouvoir réducteur, — les procédés biologiques : détermination du gaz carbonique dégagé dans la fermentation. — On trouvera dans les ouvrages spéciaux d’analyse urinaire les indications nécessaires pour une analyse rigoureusement exacte.
3. Urines sanglantes et urines à hémoglobine. — L’urine contient parfois les éléments du sang : le microscope permet alors de constater dans l’urine la présence des éléments figurés du sang; l’analyse chimique démontre dans l’urine la présence de substances albuminoïdes coagulables par la chaleur, et d’hémoglobine démontrable par l’examen spectroscopique.
L’urine peut contenir seulement de l’hémoglobine ou des dérivés de l’hémoglobine, notamment de la méthémoglobine. L’examen spectroscopique (voir